La Jordanie va rouvrir un poste frontalier clé avec la Syrie

Le poste frontalier Jaber-Nasib fonctionnera à pleine capacité à partir du mercredi (Photo, AFP/Archives)
Le poste frontalier Jaber-Nasib fonctionnera à pleine capacité à partir du mercredi (Photo, AFP/Archives)
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Publié le Mercredi 29 septembre 2021

La Jordanie va rouvrir un poste frontalier clé avec la Syrie

  • Le poste frontalier Jaber-Nasib fonctionnera à pleine capacité à partir du mercredi
  • La proximité d’Amman avec Damas est liée à sa fatigue face à l’inaction de la communauté internationale vis-à-vis de la guerre syrienne

AMMAN: La Jordanie rouvrira un poste frontalier avec la Syrie cette semaine après avoir été fermé il y a près de deux mois à cause des combats dans la province de Daraa au sud de la Syrie.

Le ministre jordanien de l’Intérieur, Mazen Al-Faraya, a déclaré que le poste frontalier Jaber-Nasib fonctionnera à pleine capacité à partir du mercredi, quand tous les arrangements techniques et administratifs seront complétés avec le côté syrien.

Dans un communiqué publié par l’agence de presse jordanienne, Petra, Al-Faraya a ajouté que la reprise du mouvement de fret et de passagers à travers le passage Jaber-Nasib, la porte d’entrée principale de Jordanie pour la nourriture du Liban et de la Syrie vers les pays arabes du Golfe, «vise à stimuler les échanges commerciaux et le tourisme entre les deux pays frères.»

La route commerciale principale de Jordanie, située à environ 90 kilomètres au nord d’Amman, devait recommencer à fonctionner à pleine capacité à partir du 1er août, mais la décision a été suspendue en raison de la flambée des violences à Daraa, le berceau du soulèvement de 2011.

En avril 2015, la Jordanie a fermé son poste frontalier avec la Syrie à cause de l'escalade de la violence dans la ville frontalière syrienne de Nasib, qui, à l'époque, aurait été prise par les rebelles syriens et les combattants du Front Al-Nosra affilié à Al-Qaïda. 

Le dimanche, une délégation syrienne de haut niveau, comprenant les ministres des Affaires étrangères, du Commerce, de l’Eau, de l’Agriculture et de l’Électricité a rencontré ses homologues à Amman. 

Les deux côtés ont «longuement» discuté du renforcement de la coopération bilatérale entre les deux pays, a rapporté Petra.

La Jordanie, qui abrite environ 650 000 réfugiés syriens enregistrés, a récemment fait preuve d’un grand activisme envers la Syrie. Des observateurs affirment qu’Amman adopte une approche «centrée sur les intérêts» et «pragmatique» vis-à-vis de la Syrie touchée par la guerre. 

Le ministre syrien de la Défense, Ali Ayoub, qui est également le commandant en chef de l’armée, a rencontré le chef d’état-major jordanien, le général Youssef Huneiti, le dimanche. 

Les deux côtés ont discuté de sujets divers, notamment la sécurité aux frontières, la situation au sud de la Syrie et la lutte contre le terrorisme et contre la contrebande de stupéfiants.

La rencontre, décrite par des observateurs comme le «point culminant» de la diplomatie jordanienne envers la Syrie, est survenue après la capture par les troupes syrienne de plusieurs régions contrôlées par les rebelles dans la province de Daraa, près de la frontière jordanienne, dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu négocié par la Russie. 

Plus tôt en septembre, des ministres de Jordanie, du Liban, de Syrie et d’Égypte se sont rencontrés à Amman pour discuter de la coopération dans le secteur de l’énergie.

Dans une conférence de presse à la suite de leur rencontre, les ministres ont déclaré avoir discuté de détails techniques en relation avec l’exportation du gaz égyptien vers le Liban à travers la Jordanie et la Syrie.

En se rapprochant de la Syrie, la Jordanie espère protéger ses intérêts, affirme l’analyste politique Khaled Qudah. «Une Syrie unifiée et stable est au cœur des intérêts supérieurs de la Jordanie.»

«Il est évident qu’Amman vise une augmentation de la coopération économique avec la Syrie et une mise en œuvre de la crise de réfugiés, mais son objectif stratégique est de ramener Damas au monde arabe… La Jordanie veut que la Syrie soit une amie et non une ennemie.»

L’analyste stratégique Amer Sabaileh a décrit la visite récente du chef de l’armée syrienne à Amman comme le «point culminant» de la haute diplomatie et coordination jordanienne avec la Syrie.

Sabaileh a déclaré que la Jordanie avait subi les conséquences de la crise syrienne, notamment les réfugiés et les défis sécuritaires, et qu’elle devait donc adopter une approche «pragmatique» pour protéger ses intérêts. 

«La proximité d’Amman avec Damas est liée à sa lassitude face à l’inaction de la communauté internationale vis-à-vis de la guerre syrienne. La Jordanie veut une solution politique à plus de dix ans de guerre, ou au moins le calme et la sécurité à ses frontières nord avec la Syrie.»


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.