Islamisme radical en France: procédures contre des lieux de culte et des associations

Selon Darmanin, la lutte contre le «séparatisme» islamiste «a été à l'origine de 24 000 contrôles (...) et 650 fermetures de lieux fréquentés par des fondamentalistes» depuis 2017. (Photo, AFP)
Selon Darmanin, la lutte contre le «séparatisme» islamiste «a été à l'origine de 24 000 contrôles (...) et 650 fermetures de lieux fréquentés par des fondamentalistes» depuis 2017. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 29 septembre 2021

Islamisme radical en France: procédures contre des lieux de culte et des associations

  • Le ministre de l'Intérieur a dit avoir demandé aux préfets d'interdire «toute conversion de titre de séjour d'un imam détaché» par un Etat étranger
  • «Dans l'année qui vient, 10 autres associations vont faire l’objet d'une procédure de dissolution, dont quatre dès le mois prochain», a-t-il annoncé

PARIS : La France a enclenché des procédures pour fermer six lieux de culte et dissoudre plusieurs associations, tous soupçonnés de faire la propagande de l'islamisme radical, a indiqué mardi le ministre de l'Intérieur Gerald Darmanin.

Dans un entretien au quotidien Le Figaro, le ministre a souligné qu'un tiers des 89 lieux de culte "soupçonnés d'être radicaux et répertoriés par les services de renseignement" ont été contrôlés depuis novembre 2020.

Il a indiqué que "des procédures (étaient) enclenchées pour en fermer six" dans cinq départements français.

Selon lui, la lutte contre le "séparatisme" islamiste "a été à l'origine de 24 000 contrôles (...) et 650 fermetures de lieux fréquentés par des fondamentalistes" depuis 2017.

Le ministre a ajouté qu'il allait demander la dissolution de la maison d'édition islamiste Nawa et de la Ligue de défense noire africaine.

Nawa, basée en Ariège (sud), "incite à l'extermination des Juifs et légitime la lapidation des homosexuels", selon M. Darmanin, et la Ligue de défense noire, qui s'est fait connaître par une manifestation organisée contre les violences policières en juin 2020 devant l'ambassade des Etats-Unis à Paris, "appelle à la haine et à la discrimination".

"Dans l'année qui vient, 10 autres associations vont faire l’objet d'une procédure de dissolution, dont quatre dès le mois prochain", a-t-il annoncé.

Le 24 septembre, le Conseil d'Etat a validé la dissolution par le gouvernement du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) et de Baraka City, intervenues fin 2020 après l'assassinat du professeur Samuel Paty par un jeune islamiste.

Le ministre de l'Intérieur a dit avoir demandé aux préfets d'interdire "toute conversion de titre de séjour d'un imam détaché" par un Etat étranger.

Enfin, le "contrat d'engagement républicain", prévu dans une loi sur le "séparatisme" et qui conditionne l'octroi de subventions publiques aux associations au respect des valeurs républicaines, "entrera en vigueur en janvier 2022", a précisé le ministre.


Projet d'attaque contre Macron par un groupuscule d'ultradroite en France: jusqu'à 5 ans de prison requis

Jusqu'à cinq ans de prison ferme et une relaxe ont été requis jeudi à Paris au procès de 13 membres d'un groupuscule d'ultradroite, les Barjols, soupçonnés d'avoir préparé un projet d'assassinat du président Emmanuel Macron fin 2018. (AFP)
Jusqu'à cinq ans de prison ferme et une relaxe ont été requis jeudi à Paris au procès de 13 membres d'un groupuscule d'ultradroite, les Barjols, soupçonnés d'avoir préparé un projet d'assassinat du président Emmanuel Macron fin 2018. (AFP)
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  • La procureure antiterroriste a demandé la peine la plus lourde à l'encontre de Jean-Pierre Bouyer, un ancien garagiste de 66 ans et ex-numéro 2 des Barjols
  • Selon le ministère public, le projet d'assassiner Emmanuel Macron, dont doivent répondre 4 des 13 prévenus, n'était que «l'aboutissement de tout ce qui s'est passé au sein des Barjols»

PARIS: Des projets pas "aboutis" mais une "menace réelle": jusqu'à cinq ans de prison ferme et une relaxe ont été requis jeudi à Paris au procès de 13 membres d'un groupuscule d'ultradroite, les Barjols, soupçonnés d'avoir préparé un projet d'assassinat du président Emmanuel Macron fin 2018 mais aussi des attaques contre des migrants, des mosquées et des élus.

La procureure antiterroriste a demandé la peine la plus lourde à l'encontre de Jean-Pierre Bouyer, un ancien garagiste de 66 ans et ex-numéro 2 des Barjols, pour son rôle jugé "moteur" dans le projet d'assassinat du président Emmanuel Macron dont les contours restent flous.

C'est son arrestation, le 6 novembre 2018 dans l'est de la France, avec trois autres prévenus qui a lancé cette affaire d'association de malfaiteurs terroriste, finalement correctionnalisée à l'issue de près de quatre années d'enquête.

Au cours de son réquisitoire, la procureure a également ciblé Denis Collinet, 63 ans, ex-militant d'extrême droite et fondateur des Barjols en avril 2017.

Son groupuscule, a-t-elle relevé, s'est mué en "incubateur d'actions violentes" contre les migrants, les élus ou les musulmans avec un objectif: que "la peur change de camp".

Selon le ministère public, le projet d'assassiner Emmanuel Macron, dont doivent répondre 4 des 13 prévenus, n'était que "l'aboutissement de tout ce qui s'est passé au sein des Barjols": les réunions secrètes aux accents paramilitaires dans l'est de la France, la recherche d'armes ou la collecte de recettes d'explosifs.

La procureure a reconnu que certains projets des prévenus, qui présentent quasiment tous un casier judiciaire vierge, peuvent sembler "farfelus" ou peu "aboutis" et que leur "corpus idéologique" s'avère "pauvre".

Mais elle a mis en garde contre la tentation de réduire ce dossier à de simples élucubrations lancées lors de soirées arrosées, par des prévenus aux "parcours de vie très abimés".

La "menace était bien réelle" et il n'y a aucune raison que la justice fasse preuve d'une "mansuétude" particulière. "Oserait-on, si ce dossier était lié au jihadisme, vous dire que les éléments matériels sont insuffisants ?", a-t-elle lancé au tribunal correctionnel, ajoutant: "pourquoi devrait-on avoir plus de mansuétude dans un dossier d'ultradroite ?"

Si elle admet que les Barjols étaient "animés d'une révolte sociale" faisant écho au mouvement des "gilets jaunes", en pleine éclosion en 2018, établir un parallèle entre les deux mouvances reviendrait, en revanche, à "tordre le cou à la réalité".

Les Barjols, a-t-elle argumenté, étaient focalisés sur une double "obsession": "la haine" des migrants et d'Emmanuel Macron.

En réponse, la défense a commencé à plaider pour dénoncer "une grosse farce" judiciaire, reposant sur les "déclarations foutraques" et dépourvue d'éléments matériels.

"Vous n'avez ni projet ni actes préparatoires ni le début de commencement d'une action", a affirmé Me Camille Fonda, une des avocates de M. Collinet, récusant tout parallèle avec le djihadisme.


Mbappé absent 3 semaines et forfait à l'aller pour PSG-Bayern

L'attaquant français du Paris Saint-Germain Kylian Mbappé est allongé sur le sol après s'être blessé lors du match de football français de L1 entre le Montpellier Hérault SC et le Paris Saint-Germain (PSG) au Stade de la Mosson à Montpellier, le 1er février 2023. (Photo, AFP)
L'attaquant français du Paris Saint-Germain Kylian Mbappé est allongé sur le sol après s'être blessé lors du match de football français de L1 entre le Montpellier Hérault SC et le Paris Saint-Germain (PSG) au Stade de la Mosson à Montpellier, le 1er février 2023. (Photo, AFP)
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  • Le N.7 du PSG souffre «d'une lésion de la cuisse gauche» après la rencontre de Ligue 1 de mercredi à Montpellier (3-1)
  • Mbappé est actuellement en tête du classement des buteurs de la compétition européenne à égalité avec Mohamed Salah (7 buts)

PARIS: L'attaquant star du Paris SG Kylian Mbappé, blessé à une cuisse, est indisponible pour une durée estimée à trois semaines et manquera la réception du Bayern Munich le 14 février en huitième aller de la Ligue des champions, a annoncé son club jeudi.

Le N.7 du PSG souffre "d'une lésion de la cuisse gauche" après la rencontre de Ligue 1 de mercredi à Montpellier (3-1).

Il manquera également le huitième de finale de Coupe de France mercredi à Marseille, mais son indisponibilité semble compatible avec un retour en vue de la deuxième manche face au Bayern, le 8 mars en Bavière.

L'absence du Français pour la C1 est une grande perte pour le PSG, tant l'attaquant de 24 ans domine les tableaux statistiques cette saison: Mbappé est actuellement en tête du classement des buteurs de la compétition européenne à égalité avec Mohamed Salah (7 buts).

Mercredi, l'entraîneur Christophe Galtier s'était pourtant montré rassurant. "C'est une contusion ou un hématome, on ne sait pas encore. Il n'y a pas trop d'inquiétude", avait-il déclaré, évoquant "un coup derrière le genou et sur le muscle".

Sur des images de Canal+ prises après la rencontre, on voit Mbappé commenter sa blessure dans le couloir des vestiaires, déclarant: "Je me suis blessé sur un appui, j'ai trop mal".

Egalement sorti sur blessure à Montpellier, le défenseur espagnol Sergio Ramos devait effectuer "des examens complémentaires" ce jeudi, a précisé le PSG.

Le club parisien, toujours en quête de son premier sacre en Ligue des champions, objectif ultime de ses propriétaires qataris, est actuellement déjà privé, en défense, de Presnel Kimpembe et Nordi Mukiele, tandis que Neymar a été préservé mercredi pour se remettre d'une "fatigue musculaire".


Retraites: la rapporteure du projet de loi n'a «pas envie d'un 49.3 sur ce texte»

Stéphanie Rist, prend la parole lors d'une conférence de presse à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre et des parlementaires de la majorité à Paris le 11 janvier 2023. (Photo, AFP)
Stéphanie Rist, prend la parole lors d'une conférence de presse à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre et des parlementaires de la majorité à Paris le 11 janvier 2023. (Photo, AFP)
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  • Avec «  »déjà 70% de gens qui sont mobilisés contre" la réforme selon les sondages, « ça ne changera rien pour la rue qu'il y ait un 49.3 ou pas»
  • «Par contre tout ce qu'on pourra être amenés à faire après... Une fois que vous avez fait un 49.3 sur une réforme comme ça, politiquement vous êtes quand même affaiblis »

PARIS: Après un examen inachevé en commission, la députée Stéphanie Rist, rapporteure de la réforme des retraites, "espère aller jusqu'au bout" du texte en séance, en évitant un recours au 49.3 dont le gouvernement et sa majorité sortiraient "politiquement affaiblis".

"On n'a pas envie d'un 49.3 sur ce texte, évidemment", a déclaré Mme Rist, députée Renaissance, jeudi lors d'une rencontre avec l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis). Déjà utilisée à dix reprises pour les budgets de l'Etat et de la Sécu, cette arme constitutionnelle permet à l'exécutif de faire passer un projet de loi sans vote.

"On (n'en) a envie sur aucun texte, mais particulièrement sur des textes forts comme celui-là", a-t-elle ajouté, jugeant que le risque serait moins social que politique.

Avec "déjà 70% de gens qui sont mobilisés contre" la réforme selon les sondages, "ça ne changera rien pour la rue qu'il y ait un 49.3 ou pas". "Par contre tout ce qu'on pourra être amenés à faire après... Une fois que vous avez fait un 49.3 sur une réforme comme ça, politiquement vous êtes quand même affaiblis", a-t-elle souligné.

La rapporteure "espère vraiment qu'on pourra aller jusqu'au bout" lors des débats dans l'Hémicycle, alors que trois jours d'examen en commission n'ont pas permis d'aller plus loin que les deux premiers articles du texte - qui en contient vingt au total.

"Ca dépendra du nombre d'amendements déposés et de la stratégie de nos oppositions", a-t-elle expliqué, pointant "une vraie possibilité pour que chaque amendement soit un prétexte de blocage", en particulier lors des mobilisations syndicales - à commencer par celle de mardi.

Si les discussions avancent assez vite, un scrutin sera nécessaire sur la première partie du texte (qui inclut la suppression des régimes spéciaux) avant de passer à la seconde (avec le report de l'âge légal à 64 ans).

Or, "pour qu'on ait une majorité il faut que d'autres votent avec nous", a relevé Mme Rist, qui "trouverai(t) vraiment incohérent que Les Républicains ne votent pas le texte", alors qu'il y a "déjà eu des avancées par rapport à leurs demandes", notamment sur la revalorisation des petites pensions.

Le député Renaissance Marc Ferracci a lui aussi dit jeudi à l'AFP souhaiter "ardemment qu'on n'adopte pas ce texte avec un 49.3".

"Je pense qu'on va réussir", mais "si on n'arrive pas à dégager une majorité sur un texte de cette importance, je pense qu'il faudra chercher une autre majorité", a-t-il affirmé, alors qu'Emmanuel Macron a déjà évoqué l'hypothèse d'une dissolution ces derniers mois.

"Je ne sais pas comment on continue un quinquennat si on a pas réussi à dégager une majorité sur un texte comme ça", a-t-il insisté. Dans un tel scénario, "on fera voter des choses consensuelles. Mais on a été élus pour transformer le pays et je pense que c'est en continuant de transformer le pays qu'on aura les meilleures chances de battre l’extrême-droite en 2027".