Comment les Frères musulmans égyptiens ont perdu la bataille des réseaux sociaux

Depuis leur chute en 2013, les Frères musulmans n'ont pas réussi à dominer la communication en ligne malgré leurs appels répétés à la protestation. (Photo, Reuters/Archives)
Depuis leur chute en 2013, les Frères musulmans n'ont pas réussi à dominer la communication en ligne malgré leurs appels répétés à la protestation. (Photo, Reuters/Archives)
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Publié le Jeudi 30 septembre 2021

Comment les Frères musulmans égyptiens ont perdu la bataille des réseaux sociaux

  • Bien qu'environ la moitié des Égyptiens soient actifs sur les réseaux sociaux, ils penchent pour des tendances loin de celles des Frères musulmans
  • Une telle expérience a menacé la paix civile quotidienne et a déstabilisé l'identité égyptienne bien établie, une identité qui ne trouve aucune différence entre la religion et la race

LE CAIRE : Il fut un temps où un Égyptien ouvrait Facebook ou Instagram pour découvrir que la grande part du contenu était lié aux Frères musulmans. Aujourd'hui, tout cela est loin de la réalité.

Depuis leur chute en 2013, les Frères musulmans n'ont pas réussi à dominer la communication en ligne malgré leurs appels répétés à la protestation. Une décennie après le printemps arabe qui a vu les réseaux sociaux agir comme des mécanismes de mobilisation, pourquoi les médias sociaux en général, et Facebook en particulier, ne sont-ils plus aujourd'hui un déclencheur potentiel de révolution en Égypte?

Bien qu'environ la moitié des Égyptiens soient actifs sur les réseaux sociaux, ils penchent pour des tendances loin de celles des Frères musulmans et en contraste avec ce qui dominait les réseaux sociaux en 2011.

Depuis lors, les fidèles des Frères musulmans ont déployé des efforts considérables pour tirer parti de l'utilisation intensive des médias sociaux par les Égyptiens. Ils profitent de toute crise nationale et l'utilisent comme un cheval de Troie pour leurs revendications, et comme cela a été vu à plusieurs reprises dans les fausses vidéos diffusées par Al Jazeera et d'autres tendances pro-Frères musulmans aussi récents qu'en septembre 2020.

Au départ, on peut affirmer que les Frères musulmans subissent leur crise la plus profonde depuis leur création en 1928 à cause de leur chute en juin 2013.

Cette crise s'incarne dans la chute politique populaire des frères musulmans puisque la Tunisie et l'Égypte ont contrecarré leurs tentatives pour avoir un rôle politique ou social à l'avenir. L'opinion populaire et les forces laïques leur ont témoigné peu de sympathie.

Le cas de l'Égypte a été similaire à celui de la Tunisie. Malgré leur énorme machine médiatique, leurs cellules dormantes et leurs plateformes et organes médiatiques qui appuyaient leur programme, les Frères musulmans n'ont pas réussi à regagner leur présence ou à maintenir leur influence sur la société égyptienne. De plus, ils ont perdu leur pouvoir de mobiliser les masses ou d'attiser des soulèvements comme ils le faisaient autrefois au plus fort du printemps arabe.

Selon l'expert politique et ancien consul général d'Égypte à Riyad, Fawzi Ashmaoui, le principal espace d'action et d'expression des Égyptiens, les médias sociaux, s'est élargi. Il constate que cela est dû au déclin de la mobilité et des performances des partis et des politiques d'une part et à la levée partielle des restrictions de la société civile et d'autres lois dans le cadre de la stratégie nationale officielle des droits de l'homme du pays qui a été lancée plus tôt ce mois-ci.

En janvier 2021, la population égyptienne s'élevait à environ 103,3 millions d'habitants, soit une augmentation de 1,9 million de personnes par rapport à janvier de l'année dernière. Le nombre d'internautes a toutefois atteint 59,9 millions avec une augmentation de 4,9 millions de plus qu'en janvier 2020, une augmentation qui a dépassé l'augmentation de la population, selon plusieurs sources officielles.

Parmi ces internautes, 49 millions sont des consommateurs réguliers de médias sociaux jusqu’en janvier 2021, soit une augmentation de 7 millions par rapport à 2020, ou 17% par rapport à l'année    précédente, indiquant à quel point l'augmentation du nombre d'utilisateurs de médias sociaux est rapidement supérieure à celle de la population.

Les médias sociaux sont une piste réelle, quoique virtuelle, où l'opinion publique égyptienne se développe. C'est une plate-forme majeure qui permet aux gens d'exprimer des points de vue critiques, des douleurs et des interactions non seulement à l’échelle nationale mais aussi sur les événements régionaux et internationaux qui les affectent directement et indirectement.

Pour la première fois dans l'histoire, les Frères musulmans étaient arrivés au pouvoir lors d'élections libres en 2012 par l'intermédiaire de Mohammed Morsi, le premier président du groupe, qui dominait le Parlement et les organisations syndicales civiles du pays.

Au lieu de mettre en œuvre leur prétendu programme de 100 jours, connu sous le nom de programme présidentiel «Al-Nahda» (Renaissance) des Frères musulmans,  qui devrait s'attaquer aux problèmes quotidiens de carburant, de nourriture, de sécurité et de circulation, le groupe s’est accaparé de toutes les autorités pour renforcer son emprise sur le pouvoir en Égypte, ce qui l'a amené à beaucoup tarder pour former un gouvernement.

Cela n’a fait que discréditer les principes du groupe et alimenter le ressentiment du public à son encontre. Le discours des Frères musulmans et leur stratégie à double face pour répondre aux exigences des citoyens ont entraîné une montée de la fureur publique contre eux. Voici donc les raisons pour lesquelles les Frères musulmans ont perdu leur pouvoir sur les réseaux sociaux :

 

Premièrement : la stabilité de l'Égypte à l’échelle nationale

Les positions des Égyptiens sur les réseaux sociaux sont équilibrées entre soutenir et critiquer leur gouvernement, en particulier en ce qui concerne le coût de la vie via les services de base tels que l'épicerie, le carburant et l'électricité. Toutefois, les Égyptiens n'hésitent pas à louer et à soutenir ce qu'ils considèrent comme des mesures positives pour créer et attirer des investissements.

Selon un sondage de Reuters, l'économie égyptienne devrait augmenter de 5% au cours de l'exercice qui se termine en juin de l'année prochaine, sans changement par rapport aux attentes des analystes dans un sondage similaire il y a six mois et légèrement en dessous de l'objectif du gouvernement de 5,4%. En plus de cela, le produit intérieur brut du pays le plus peuplé du monde arabe a augmenté de 5,5% au cours de l'exercice qui se terminera le 30 juin 2023.

Deuxièmement : La distinction entre l'islam et les islamistes

Quoique les Égyptiens sont énormément connus pour leur nature religieuse et conservatrice qui inclut des réserves quant à toute confrontation en ligne à ce qu'ils considèrent comme sacré ou religieux, ils font principalement la différence entre l'islam et les islamistes ainsi qu'entre la religion et l'extrémisme.

Bien de nombreux groupes islamistes tentent de mettre en œuvre tout appel à renouveler le discours religieux et d’incliner toute critique de l'histoire religieuse en leur faveur, ils n'ont pas pu atteindre leurs objectifs à cause de la réticence des Égyptiens à répéter leur expérience précédente sous le règne de Morsi.

Une telle expérience a menacé la paix civile quotidienne et a déstabilisé l'identité égyptienne bien établie, une identité qui ne trouve aucune différence entre la religion et la race. C'est la même identité qui est opposée à reléguer la patrie «l'Égypte» et à promouvoir le concept d'une nation islamique ou du califat islamique en sa faveur. Cela est clair chaque année en septembre, lorsque les plateformes médiatiques des Frères musulmans appellent à des protestations et à des manifestations mais ne parviennent toujours pas à attirer un public important.

En plus de cela, la riposte et le discours critique contre l'idéologie des groupes islamistes, par les arguments et les notions fondamentales ont été actifs, passionnés et vivants, grâce à la révolution de l'information et aux débouchés numériques. Les Égyptiens sont désormais capables de lire et de prendre conscience de la critique de l'intégrisme et de la distinction entre islam, islamistes et histoire islamique.

Troisièmement : La stagnation et l'hostilité du discours

En classant continuellement l'État égyptien comme takfiri (apostat) et en maintenant un ton discriminatoire à l'égard des minorités chrétiennes et des groupes de la société civile laïque, le récit des Frères musulmans est devenu latent et stagnant dans la communication avec les changements actuels qui se produisent au sein de la société égyptienne en évolution.

L'exemple le plus clair en est celui de Wagdy Ghoneim, un prédicateur des Frères musulmans qui s'est vu interdire l'entrée en Tunisie en 2019 après avoir qualifié l'ancien président tunisien Beji Caid Essebsi d'«apostat» qui s'était battu contre Dieu et l'islam.

Dans la compréhension de nombreux Égyptiens, l'expérience sous le règne des Frères musulmans en 2013 reste la principale raison de la peur des citoyens de leur retour, ou de répondre à nouveau à leur appel à la mobilisation et aux manifestations.

Quatrièmement : L’ampleur de l'expérience : l'Égypte dans une perspective panarabe

La sécurité, l'ordre et la stabilité sont les trois exigences fondamentales des Égyptiens et sont au cœur de leurs discussions sur les plateformes de médias sociaux. Des voix critiques s'expriment à travers le cadre de l'État qui maintient l'ordre et la sécurité, et les Égyptiens prennent sérieusement en considération les modèles voisins d'États défaillants ainsi que la montée des groupes islamistes dans les pays voisins ou d'autres pays de la région.

Le rôle diplomatique de l'Égypte dans la région joue également un rôle important, car les citoyens louent leur gouvernement en raison de son rôle régional actif dans le conflit entre la Palestine et Israël, en Irak et envers la Libye, dans ses liens étroits avec les pays du Golfe et dans leurs efforts stratégiques pour mettre fin à toute occasion pour un retour des extrémistes dans le pays. Cela n'aurait certainement pas été possible grâce à un gouvernement dirigé par les Frères musulmans ou à travers un récit en ligne dominé par le groupe.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Les calculs à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien

« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
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  • Ibrahim Olabi déclare au Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a frappé la base aérienne d’Abu Al-Duhur à huit reprises et que les incursions et les « actes d’agression » se poursuivent, notamment les enlèvements, les bombardements et d’autres violations
  • La Syrie se trouve « à un moment charnière » alors que des millions de personnes déplacées rentrent enfin chez elles, a déclaré le coordinateur adjoint des secours d’urgence de l’ONU, mais « ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », a-t

NEW YORK : Les frappes militaires et les incursions israéliennes poussent la région vers la catastrophe, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Ibrahim Olabi. 

« La région tout entière se trouve au seuil d’une guerre régionale qui n’épargnerait personne », a-t-il déclaré, en raison des « calculs électoraux étroits du Premier ministre israélien ». 

Ses remarques interviennent alors que de hauts responsables de l’ONU ont informé le Conseil de la situation humanitaire en Syrie et de l’avancement de la transition politique post-Assad. 

Israël a mené huit frappes aériennes contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, a poursuivi ses incursions sur le territoire syrien et a persisté dans des « actes d’agression, notamment des enlèvements, des bombardements et des violations » qui « ne cessent pas », a déclaré M. Olabi. 

Il a critiqué « l’attitude irresponsable » du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui s’est rendu cette semaine auprès des troupes israéliennes du côté syrien du mont Hermon et a déclaré qu’elles y resteraient indéfiniment, qualifiant cela de « défi flagrant à la légitimité internationale et aux résolutions de ce Conseil ». 

Il a indiqué que la Syrie s’engageait sérieusement dans les efforts diplomatiques menés sous l’égide des États-Unis visant à désamorcer l’escalade, mais a averti que « tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région risquent désormais d’être réduits à néant par les illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement imprudent et extrémiste ». 

Les attaques israéliennes « ne nous feront pas changer de cap », a ajouté M. Olabi, ni « le choix de la Syrie en faveur de la stabilité », qui, selon lui, ne peut être réalisé que si Israël met fin à ses attaques, cesse ses incursions, se conforme pleinement à l’accord de désengagement de 1974 et se retire des territoires qu’il occupe depuis le 8 décembre 2024. 

Abordant la question du Golan occupé, M. Olabi a cité la résolution 497 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, et en a rappelé la conclusion selon laquelle la « décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le Golan syrien occupé » était « nulle et non avenue, et sans effet juridique international ». 

Il a noté qu’une résolution de l’Assemblée générale adoptée ce mois-ci, réaffirmant ce principe, avait recueilli le soutien de 123 États, contre 97 auparavant. 

M. Olabi a exposé sa vision de ce qu’il a qualifié de tournant pour la Syrie. Il a notamment mis en avant trois événements marquants survenus ce mois-ci. Premièrement, la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Damas, qui, selon lui, a mis fin à « une ère de tensions entre les Nations unies et la Syrie » au profit d’« une nouvelle phase […] placée sous le signe du partenariat ». 

Deuxièmement, la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, qui a marqué ce qu’il a qualifié de fin de « l’ère des déplacements et des réfugiés » et le début d’une ère de « retour », plus de 3 millions de Syriens étant déjà rentrés chez eux. 

Et troisièmement, la visite de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui, selon lui, a ouvert «une nouvelle phase de coopération plus large» après «l’ère de l’ambiguïté». 

M. Olabi s’est également félicité de la décision prise cette semaine par les États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans, et a remercié le président Donald Trump. 

Il a évoqué le réchauffement des relations avec la Russie, la Chine et le Pakistan, et a souligné que l’intégration et la dissolution complètes des Forces démocratiques syriennes au sein de l’Armée arabe syrienne constituaient la preuve d’« un véritable processus d’intégration nationale […] fondé sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas sectaires ». 

Il a cité une série de signes de reprise économique en Syrie : la reprise des vols internationaux vers l’Allemagne ; de nouveaux systèmes de paiement électronique ; les préparatifs en vue de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les pays présentant des faiblesses reconnues dans leurs efforts de lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres crimes financiers ; et la réouverture du salon commercial de la Foire internationale de Damas. 

Pour les Syriens, « le rétablissement d’un vol direct ou l’ouverture d’un compte bancaire… ce ne sont pas des détails mineurs ; ce sont au contraire des signes du retour à la vie elle-même », a déclaré M. Olabi. 

Il a également noté que les tribunaux avaient rendu des jugements à l’encontre de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, de son frère Maher et d’autres membres de l’ancien régime pour des crimes commis contre des citoyens syriens, et a remercié le Liban d’avoir extradé un ancien officier recherché. 

Moment charnière

Lors d’un point d’information au Conseil sur la situation humanitaire en Syrie, Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim et coordinateur adjoint des secours d’urgence, a déclaré que le pays se trouvait « à un moment charnière », avec près de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés ayant regagné leur foyer depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024. 

Il a toutefois averti que « le retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », soulignant que plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. 

Il a indiqué que les engins explosifs avaient fait plus de 2 400 victimes, dont 865 morts, depuis décembre 2024, et que l’appel humanitaire international en faveur de la Syrie n’était financé qu’à hauteur de 30 %. 

« C’est précisément le moment où les investissements peuvent transformer des progrès fragiles en une reprise durable », a déclaré M. Ratwatte, appelant à un financement soutenu, à un soutien aux rapatriés et à des efforts pour « empêcher la Syrie d’être entraînée dans un conflit régional ». 

S’exprimant depuis Damas, le représentant spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, s’est félicité de la décision américaine de lever la désignation de la Syrie comme «État soutenant le terrorisme », et a cité une projection du Fonds monétaire international prévoyant «une croissance à deux chiffres en 2026» pour le pays. 

Il a toutefois averti que « la pauvreté généralisée et la recrudescence de l’inflation signifient que les conditions restent très difficiles pour la plupart des Syriens ». 

M. Cordone a également fait part de ses inquiétudes concernant la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, « notamment les incursions terrestres répétées, les perquisitions domiciliaires et la destruction de biens privés et agricoles », et a déclaré que la présence d’Israël à l’est de la ligne de cessez-le-feu « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ». 

Il a condamné la frappe israélienne du 18 août contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idlib, et s’est félicité des « récents contacts directs entre Israël et la Syrie et des pourparlers en Jordanie », ainsi que des efforts de médiation américains. Il a également soulevé un certain nombre de préoccupations d’ordre national, notamment des informations faisant état de décès en détention et de disparitions, et a exhorté les autorités syriennes à instaurer « un moratoire sur toutes les exécutions ».


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
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  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
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  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.