Un câble géant pour la sécurité électrique britannique en pleine flambée du gaz

Une photo prise le 17 novembre 2015 à Lubmin, dans le nord-est de l'Allemagne, montre une coupe transversale d'un câble sous-marin vu au point d'arrivée du projet de connexion au réseau 50Hertz Ostwind 1. (Stefan Sauer/ dpa/AFP)
Une photo prise le 17 novembre 2015 à Lubmin, dans le nord-est de l'Allemagne, montre une coupe transversale d'un câble sous-marin vu au point d'arrivée du projet de connexion au réseau 50Hertz Ostwind 1. (Stefan Sauer/ dpa/AFP)
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Publié le Samedi 02 octobre 2021

Un câble géant pour la sécurité électrique britannique en pleine flambée du gaz

  • La liaison électrique sous-marine de quelque 720 kilomètres va démarrer avec une capacité maximale de 700 megawatts (MW) qui va monter graduellement à 1.400 MW sur trois mois
  • Mi-septembre, un incendie affectant une liaison électrique majeure avec la France avait réduit la capacité du pays à importer de l'électricité et contribué à faire flamber les prix du gaz, qui ont atteint jeudi de nouveaux records historiques

LONDRES : Le plus long câble électrique sous-marin du monde, qui relie la Norvège au Royaume-Uni, est entré en service vendredi et apporte un fil de sécurité supplémentaire à l'approvisionnement énergétique britannique en pleine flambée du gaz et pénurie d'essence.

La liaison électrique sous-marine de quelque 720 kilomètres va démarrer avec une capacité maximale de 700 megawatts (MW) qui va monter graduellement à 1.400 MW sur trois mois. "A pleine capacité, North Sea Link pourra alimenter 1,4 million de foyers", selon National Grid, qui gère le réseau électrique britannique et est actionnaire à 50% de la liaison avec Stattnet, son homologue norvégien.

Le Royaume-Uni pourra fournir de l'énergie éolienne à la Norvège lorsqu'elle produit un surplus, et le pays scandinave pourra envoyer côté britannique son excès d'énergie hydraulique, afin d'aider à lisser les pics de demande et de prix des deux côtés.

Le pays, qui accueille à partir de fin octobre la conférence internationale sur la transition énergétique COP26, veut atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 et cette liaison y contribue.

Déjà connecté à la France, la Belgique, les Pays-Bas et l'Irlande, le Royaume-Uni prévoit d'autres interconnexions avec les pays du continent, notamment grâce à un nouveau câble sous-marin le reliant au Danemark, Viking Link (765 km).

Mi-septembre, un incendie affectant une liaison électrique majeure avec la France avait réduit la capacité du pays à importer de l'électricité et contribué à faire flamber les prix du gaz, qui ont atteint jeudi de nouveaux records historiques.

- Conséquences inattendues -

Une envolée qui a entraîné une série de faillites d'opérateurs, pris en étau entre des cours du gaz record et une limite sur les prix de l'électricité qu'ils peuvent facturer aux ménages.

Près de deux millions de foyers britanniques se sont ainsi retrouvés privés de fournisseur d'énergie à l'orée de l'hiver, même si l'autorité de supervision promet que tous se verront attribuer un nouvel opérateur.

La Grande-Bretagne est particulièrement exposée à la crise du gaz naturel en Europe car elle dépend davantage de cette énergie pour produire de l'électricité que d'autres pays, notamment la France où le nucléaire domine.

Autre conséquence: la flambée du gaz a mis à l'arrêt le plus gros fournisseur de CO2 du pays, ce qui risquait de fragiliser sérieusement la sécurité alimentaire du pays car ce gaz est crucial dans la chaîne du froid et l'abattage.

Le gouvernement est venu à la rescousse de cette entreprise la semaine dernière et un autre fournisseur important de CO2, Ensus, a repris sa production, a indiqué vendredi le ministère des Entreprises et de l'Energie dans un communiqué.

Le ministère a également annoncé qu'il exemptait temporairement certaines entreprises productrices de CO2 des règles de la concurrence pour les aider à "livrer en priorité les branches qui en ont le plus besoin, comme l'industrie alimentaire".

Mais l'exécutif se refuse pour l'instant à renflouer les énergéticiens. Les groupes les plus gros, comme E.on ou Centrica, devraient sortir gagnants, tout comme les groupes les plus axés sur les renouvelables, comme SSE et Octopus Energy.

Ces deux fournisseurs "ont su voir où le vent soufflait et se sont taillé une place de choix dans le marché des énergies renouvelables", remarque Susannah Streeter, analyste de Hargreaves Lansdown interrogée par l'AFP.

Octopus vient notamment de récupérer des centaines de milliers de clients d'exploitants qui ont mis la clé sous la porte, et d'obtenir de nouveaux capitaux à hauteur de près de 500 millions de livres d'un fonds dans lequel le très écologiste ex-vice-président américain Al Gore est investisseur.

On ne voit toutefois "pas de fusions acquisitions majeures pour l'instant", mais cette consolidation de fait du marché britannique "incite à se poser la question du modèle de tarification des opérateurs" à l'heure de l'électrification la société, remarque Sylvain Cognet-Dauphin, analyste à IHS Markit.

Selon lui, il faudrait peut-être songer à lisser sur plusieurs années les prix facturés, à l'heure où les renouvelables et le gaz naturel présagent d'une plus grande volatilité des coûts de l'électricité.

Pour les consommateurs, la flambée du gaz devrait faire grimper les factures électriques, alors même qu'une hausse des plafonds de tarification entre en vigueur vendredi, pression supplémentaire sur les ménages les plus fragiles.

Cette crise s'ajoute à une pénurie d'essence dans les stations-service, la plus grave depuis plus de dix ans, à cause d'un manque de chauffeurs routiers pour livrer le carburant.


Flambée des prix de l'énergie: en France, "baisse des taxes pas envisagée" à ce stade

La cité industrielle de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié et de transformation gaz-liquide du Qatar, administré par QatarEnergy, située à environ 80 kilomètres au nord de Doha, le 6 février 2017. (AFP)
La cité industrielle de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié et de transformation gaz-liquide du Qatar, administré par QatarEnergy, située à environ 80 kilomètres au nord de Doha, le 6 février 2017. (AFP)
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  • Le gouvernement français, via sa porte-parole Maud Bregeon, n’envisage pas de baisser les taxes sur les carburants malgré la hausse des prix liée aux tensions au Moyen-Orient
  • Le président Emmanuel Macron appelle à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et insiste sur la nécessité de maîtriser le déficit public

PARIS: Le gouvernement français n'envisage pas à ce stade de baisser les taxes sur les prix des carburants, a indiqué jeudi sa porte-parole, alors que les prix du gaz et du pétrole ont grimpé de nouveau après des attaques par l'Iran d'installations énergétiques au Qatar.

"Le scénario d'une baisse des taxes n'est pas envisagé à l'heure où on se parle. En revanche, on entend les difficultés par exemple sur la trésorerie" de différents secteurs comme les transporteurs ou les pêcheurs, a affirmé sur BFMTV la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon qui est également chargée du portefeuille de l'Energie.

Elle a expliqué que le gouvernement n'avait "plus les moyens du quoi qu'il en coûte" comme pendant l'épidémie de Covid et devait tenir le déficit public à 5% du Produit intérieur brut (PIB), en rappelant avoir fait "le choix" dans le budget 2026 de "ne pas augmenter l'impôt des Français".

Maud Bregeon a souligné aussi que la situation n'avait "rien à voir" avec 2022, quand les prix de l'énergie avaient augmenté après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Evoquant une réunion prévue sur l'énergie, jeudi en fin de matinée autour du Premier ministre Sébastien Lecornu, la porte-parole a indiqué que ce rendez-vous visait à faire "le point sur la situation pour envisager les différentes possibilités en fonction de la durée du conflit, en fonction de la difficulté que rencontrent les secteurs économiques".

"Toutes les options sont sur la table", a-t-elle dit.

"J'entends ceux qui voudraient qu'on débourse d'ores et déjà des milliards pour aider des gens dont j'entends les difficultés (...) mais il faut aussi porter ce discours de vérité" sur la "nécessité" de réduire le déficit, a-t-elle insisté.

La représentante du gouvernement a aussi rappelé les initiatives d'Emmanuel Macron en faveur du déblocage du détroit d'Ormuz.

Le président a en outre appelé jeudi à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures civiles au Moyen-Orient, notamment énergétiques, et a dit avoir échangé avec le président américain Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.


Les marchés boursiers les yeux tournés vers les banques centrales plus que vers le Moyen-Orient

Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
  • Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre
  • Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones)

PARIS: Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole.

Dans ce contexte, Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre.

Symbole de ce rebond, l'action du constructeur automobile Stellantis a progressé de 2,89% à Paris.

A Francfort, les investisseurs ont privilégié les valeurs défensives, moins exposées à la conjoncture, comme l’énergéticien E.ON (+3,20%, 20,30 euros), les réassureurs Hannover Re (+4,03%, 273,80 euros) et Munich Re (+2,48%, 553,40 euros).

Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones).

"Comme hier (lundi), nous sommes dans une vague de reprise, peut-être technique", résume Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour la banque privée Mirabaud.

Cette légère amélioration "ne constitue pas vraiment une lueur d’espoir", tempère Andreas Lipkow à Francfort.

Ralentissement de la hausse du pétrole 

Aucune amélioration géopolitique au Moyen-Orient n'explique la résilience des marchés boursiers.

Le président français Emmanuel Macron a indiqué que la France n'était pas prête à s'engager dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz "dans le contexte actuel".

La compagnie aérienne British Airways a annoncé mardi suspendre jusqu'au 31 mai inclus ses vols vers Amman, Bahreïn, Dubaï et Tel-Aviv "en raison de l'incertitude persistante de la situation au Moyen-Orient".

Surtout, les prix du pétrole continuent à augmenter, moins fortement que la veille: vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à 102,17 dollars (+1,96%) et son équivalent américain du WTI progressait de 1,82% à 95,20 dollars.

Passée la "stupéfaction" des premiers jours, "il y a une forme de normalisation (...) au bout de deux ou trois semaines de conflit (...) le marché se remet en mode économie de guerre", décrypte Frédéric Rozier.

Détente sur les taux d'emprunt des États 

De fait, les marchés boursiers semblent anticiper les décisions des banques centrales de ne pas relever leurs taux directeurs malgré des risques d'inflation liée à la hausse du pétrole.

"Le marché a envie de croire que les banques centrales vont considérer cette inflation comme temporaire et donc ne vont pas sur-réagir par une hausse des taux", commente Frédéric Rozier.

"Nous anticipons que la Fed laissera ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion de cette semaine", estime aussi Bénédicte Kukla, stratégiste en chef chez Indosuez Wealth Management

"Il est probable que l'inflation dépasse temporairement les 3% d'ici la fin 2026 (...) Malgré ces tensions, nous n'anticipons pas de modification des taux directeurs de la BCE cette semaine — trop tôt", ajoute Mme Kukla.

Dans ce contexte, les taux d'intérêt sur les emprunts émis par les États pour financer leurs dettes reculaient, après avoir bondi aux premiers jours du conflit.

Aux alentours de 17H00 GMT, le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, se maintenait à 2,90% contre 2,95% la veille. Il évoluait autour de 2,64% avant la guerre.

Son équivalent français affichait un rendement à 3,55% contre 3,61% lundi en clôture (et contre 3,22% avant le début du conflit).

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, l'échéance la plus scrutée, se maintenait à 4,19%.

La Banque centrale australienne (RBA) a de son côté relevé mardi son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, invoquant la "forte hausse des prix des carburants".

 


Commerce: la Chine envoie samedi son vice-Premier ministre en France pour des discussions avec Washington

Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng se rendra en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec les États-Unis, avec des discussions prévues à Paris avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent
  • Ces négociations interviennent sur fond de tensions commerciales persistantes entre Washington et Pékin, avant une possible visite du président américain Donald Trump en Chine fin mars

PEKIN: La Chine a confirmé vendredi que son vice-Premier ministre He Lifeng, chargé des questions économiques, effectuera à partir de samedi une visite en France, pour mener des discussions avec les Etats-Unis sur le commerce.

Ces négociations de haut niveau se dérouleront quelques semaines avant une possible visite à Pékin du président américain Donald Trump, lors de laquelle il rencontrerait son homologue Xi Jinping.

Le Trésor américain avait déjà indiqué jeudi que ces discussions commerciales bilatérales auraient lieu dimanche et lundi à Paris, entre He Lifeng et le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

Le dirigeant chinois "conduira une délégation en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec la partie américaine" sur des questions "d'intérêt mutuel", a indiqué vendredi le ministère chinois du Commerce.

Scott Bessent sera accompagné à Paris par le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer.

Le président américain prévoit de se rendre à Pékin du 31 mars au 2 avril, a indiqué la Maison Blanche. Les autorités chinoises n'ont pas confirmé cette visite ni ce calendrier, ce qui est habituel de leur part.

Les Etats-Unis et la Chine se sont livré l'an passé une âpre bataille aux retombées mondiales, à coups de droits de douane et de restrictions diverses. Une trêve précaire a ensuite été conclue, sous l'égide, déjà, de Scott Bessent et He Lifeng.

Des points de friction subsistent toutefois.

La Maison Blanche a annoncé mercredi lancer une série d'enquêtes destinées à documenter des préjudices économiques subis par les Etats-Unis. Elles visent une quinzaine de pays ou bloc (l'Union européenne), dont la Chine. Elles sont une première étape vers de potentiels nouveaux droits de douanes.

Cette initiative est un "exemple typique d'unilatéralisme" qui "porte gravement atteinte à l'ordre économique et commercial international", a dénoncé vendredi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué séparé.

"La Chine exhorte les Etats-Unis à revenir sur leurs pratiques contestables et à privilégier le dialogue et la consultation pour résoudre les différends", a-t-il souligné.