Royaume-Uni: malgré les crises, Boris Johnson promet un avenir resplendissant

Le Premier ministre britannique Boris Johnson prononce son discours d'ouverture le dernier jour de la conférence annuelle du Parti conservateur au centre des congrès de Manchester Central, le 6 octobre 2021 (Photo, AFP)
Le Premier ministre britannique Boris Johnson prononce son discours d'ouverture le dernier jour de la conférence annuelle du Parti conservateur au centre des congrès de Manchester Central, le 6 octobre 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 06 octobre 2021

Royaume-Uni: malgré les crises, Boris Johnson promet un avenir resplendissant

Le Premier ministre britannique Boris Johnson prononce son discours d'ouverture le dernier jour de la conférence annuelle du Parti conservateur au centre des congrès de Manchester Central, le 6 octobre 2021 (Photo, AFP)
  • Boris Johnson a promis de tirer les salaires et la productivité vers le haut dans un discours passionné
  • En politique étrangère, il s'est félicité des «libertés» acquises grâce au Brexit, avançant que cela a permis au pays de renforcer ses règles en matière d'immigration et de nouer des accords commerciaux

MANCHESTER: Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est attaché mercredi à insuffler une bonne dose d'optimisme aux militants de son Parti conservateur réunis en congrès, promettant une économie au beau fixe, malgré les crises actuelles.  

Faisant fi des pénuries qui frappent le Royaume-Uni en raison d'un manque de main-d'oeuvre, Boris Johnson a promis de tirer les salaires et la productivité vers le haut dans un discours passionné, ponctué comme à son habitude de plaisanteries et de jeux de mots destinés à remonter le moral des troupes.  

Le pays se dirige « vers une économie à salaires élevés, compétences élevées, productivité élevée et, oui, à faible fiscalité », leur a-t-il fait miroiter.  

En politique étrangère, il s'est félicité des « libertés » acquises grâce au Brexit, avançant que cela a permis au pays de renforcer ses règles en matière d'immigration et de nouer des accords commerciaux, par exemple avec les Etats-Unis que le gouvernement a « persuadé d'importer du boeuf britannique », après des décennies de refus.  

Malgré ce discours confiant, le premier en personne depuis deux ans devant ses troupes au congrès de son parti, le pays est confronté actuellement à un manque de main-d'oeuvre, des employés d'abattoirs aux chauffeurs routiers, qui sème le doute face au slogan martelé par le dirigeant conservateur de 57 ans de « reconstruire en mieux » après la pandémie et le Brexit.  

Lors de la grand-messe des conservateurs à Manchester (nord-ouest), Boris Johnson a mis en avant l'action de son gouvernement, assurant avoir pris en main les « problèmes auxquels aucun gouvernement n'a eu les tripes de s'attaquer auparavant ».  

L'ombre de Thatcher  

Défendant une hausse critiquée des prélèvements sociaux pour remettre d'aplomb un système de santé à bout de souffle à cause de la pandémie, Boris Johnson a cité l'ancienne Première ministre Margaret Thatcher, qui reste un modèle pour nombre de conservateurs.  

« Je peux vous dire que Margaret Thatcher n'aurait pas ignoré la météorite qui vient de s'écraser sur les finances publiques », a-t-il déclaré. « Elle aurait agité le doigt et aurait dit ‘davantage d'emprunts maintenant, c'est juste des taux d'intérêt plus élevés, et encore plus d'impôts plus tard’ ».  

Il a aussi défendu son choix de durcir les règles d'immigration après le Brexit, affirmant tourner le dos à un « vieux système cassé » reposant sur « de bas salaires, une faible croissance, de faibles qualifications et une faible productivité, le tout rendu possible et facilité par une immigration incontrôlée ».  

L'opposition travailliste, par la voix de la présidente du Labour Anneliese Dodds, l'accuse de « ne pas voir la crise qui le regarde en face ».  

Parmi les militants conservateurs réunis à Manchester, Charles Boote, 82 ans, s'est félicité de cette volonté de « tirer vers le haut » le pays et de »dire au secteur privé qu'il ne peut se reposer de manière indéfinie sur des travailleurs étrangers bon marché ».  

« Nous avons besoin de cet enthousiasme après la Covid, nous avons pris beaucoup de coups », a aussi dit Jacqueline Hampson, 50 ans.   

En matière d'immigration, le gouvernement de Boris Johnson a cependant dû assouplir au moins temporairement sa ligne, un des engagements du Brexit pour lequel il a tant milité, en accordant 10.500 visas de travail temporaires pour venir à la rescousse de secteurs comme le transport ou l'élevage de volailles.  

Climat en sourdine  

Si l'économie était en premier plan de ce discours, le sujet de la lutte contre le changement climatique a en revanche été survolé, à moins d'un mois de la COP26 sur le climat organisée à Glasgow (Ecosse) que Boris Johnson a pourtant qualifié de « sommet de notre génération ».  

Son gouvernement a fixé à 2035 l'objectif d'une production d'électricité décarbonée, ajoutant selon Boris Johnson aux vertus environnementales l'avantage de ne plus dépendre des hydrocarbures venant de l'étranger, en pleine flambée des prix du gaz.  

Mais depuis l'ouverture du congrès conservateur dimanche, le climat est le grand absent des discours de ses ministres.  

Un « mauvais signal » avant la COP26, selon Rebecca Newsom, de Greenpeace UK.  

Si le sujet a été évoqué mardi par la ministre de l'Intérieur Priti Patel, c'est pour promettre un durcissement des l'arsenal policier et judiciaire contre les militants écologistes qui bloquent régulièrement des axes routiers ces dernières semaines. Des militants que l'optimiste Boris Johnson a qualifié de « grincheux irresponsables ». 


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.