Royaume-Uni: la fin du chômage partiel fait craindre une crise sociale

Le taux de chômage se situait à 4,6% en juillet, après un sommet à 5,2% fin 2020. Avant la pandémie, il se maintenait un peu en dessous de 4%. (Photo, AFP)
Le taux de chômage se situait à 4,6% en juillet, après un sommet à 5,2% fin 2020. Avant la pandémie, il se maintenait un peu en dessous de 4%. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 30 septembre 2021

Royaume-Uni: la fin du chômage partiel fait craindre une crise sociale

  • En 18 mois, le programme a soutenu près de 12 millions d'emplois dans les secteurs contraints de fermer ou de diminuer leur activité à cause de la Covid-19
  • Les ouvriers de la construction ou la production manufacturière sont "particulièrement à risque", selon l'institut. 270 000 personnes sont concernées

LONDRES: La fin jeudi du dispositif gouvernemental de chômage partiel, qui a soutenu l'emploi au Royaume-Uni pendant la pandémie, fait craindre à certains économistes une hausse du chômage qui pourrait frapper surtout les plus fragiles à l'orée de l'hiver.

Le programme d'aide à l'emploi gouvernemental "a permis d'éviter des hausses catastrophiques du chômage" au plus fort de la pandémie, mais le risque d'une augmentation du nombre de chômeurs "est toujours réel", d'autant qu'elle se produirait au même moment qu'une baisse des minimas sociaux, remarque Daniel Tomlinson, du centre de réflexion Resolution Foundation.

En 18 mois, le programme a soutenu près de 12 millions d'emplois dans les secteurs contraints de fermer ou de diminuer leur activité à cause de la Covid-19, en finançant jusqu'à 80% des salaires à hauteur de 2 500 livres par mois.

Mais près d'un million de personnes dépendaient encore intégralement de ce dispositif pendant l'été et "certains perdront leur emploi" lorsqu'il s'arrêtera jeudi, prévient le centre de réflexion Institute for Fiscal Studies (IFS).

Les ouvriers de la construction ou la production manufacturière sont "particulièrement à risque", selon l'institut. 270 000 personnes sont concernées, dont "la moitié vit dans un foyer où un seul adulte travaille" et qui pourraient se retrouver en situation très précaire, poursuit l'IFS.

Le taux de chômage se situait à 4,6% en juillet, après un sommet à 5,2% fin 2020. Avant la pandémie, il se maintenait un peu en dessous de 4%.

Qualifications inadaptées

Le chômage partiel, qui a coûté près de 70 milliards de livres au gouvernement britannique, a initialement aidé les travailleurs les plus jeunes, particulièrement présents dans la distribution ou l'hôtellerie-restauration qui ont dû fermer leurs portes pendant de longs mois avec les restrictions sanitaires.

Il concerne aujourd'hui davantage des salariés plus âgés, abonde Daniel Tomlinson.

Les économistes et certaines ONG avertissent aussi que la baisse des minimas sociaux dès la semaine prochaine, s'ajoutant à une hausse des prix de l'énergie de 12% au 1er octobre et des prix du gaz qui grimpent à des niveaux record, pourrait faire basculer les plus vulnérables dans l'extrême pauvreté à l'approche de l'hiver.

Face aux critiques de ceux qui demandaient de maintenir les minimas sociaux, le gouvernement britannique a annoncé jeudi un fonds de 500 millions de livres pour les familles vulnérables, mais était accusé de tenter de sauver la face à la dernière minute avec une mesure trop chiche. 

Pour autant, la fin du chômage partiel "ne sera pas un grand problème pour l'économie britannique, car le PIB a rebondi à un niveau suffisamment élevé" pour soutenir l'emploi, estime Paul Dales de Capital Economics.

Le chômage pourrait remonter à 4,9% en octobre mais devrait recommencer à baisser en novembre, selon lui, et l'arrêt du dispositif "pourrait aider à améliorer une partie des pénuries de main d’œuvre" qui touchent actuellement le pays, assure-t-il.

La croissance s'est accélérée plus rapidement qu'initialement mesuré au Royaume-Uni, à 5,5% au deuxième trimestre a annoncé jeudi l'Office national des statistiques, contre 4,8% pour une première lecture en août.

Elle a cependant perdu de l'élan en juillet avec une hausse du PIB de seulement 0,1%, notamment à cause de pénuries de travailleurs dans certains secteurs. Le pays dénombre plus d'un million d'emplois vacants, un record.

Mais les organisations professionnelles britanniques avertissent que l'arrivée de nouveaux chômeurs sur le marché du travail ne résoudrait pas les pénuries de main d’œuvre, malgré des salaires en hausse dans les secteurs qui manquent de bras, comme le transport routier.

Le cas des chauffeurs de poids lourds est emblématique: il en manquerait 100 000 dans le pays, en raison notamment de la pandémie et du Brexit, ce qui se traduit pas des problèmes d'approvisionnement de plus en plus critiques dans tous les secteurs de l'économie britannique.

Le gouvernement conservateur s'est finalement résolu samedi à amender sa politique d'immigration post-Brexit et à accorder jusqu'à 10 500 visas de travail, mais pour trois mois seulement pour les chauffeurs routiers ou secteur de la volaille, où les manques de bras étaient le plus criants.


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.