Le Maroc se dote d'un nouveau gouvernement pour redresser le pays

Aziz Akhannouch, à gauche, chef du gouvernement du Maroc depuis 10 septembre 2021entouré d'Abdellatif Ouahbi et de Nizar Baraka (chef du parti Istiklal).(chef du PAM) et   (Photo, AFP)
Aziz Akhannouch, à gauche, chef du gouvernement du Maroc depuis 10 septembre 2021entouré d'Abdellatif Ouahbi et de Nizar Baraka (chef du parti Istiklal).(chef du PAM) et (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 08 octobre 2021

Le Maroc se dote d'un nouveau gouvernement pour redresser le pays

  • Le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita est maintenu dans ses fonctions dans un contexte de tensions régionales, notamment avec l'Algérie
  • Avec 24 ministres, ce nouveau cabinet compte sept femmes contre quatre dans le gouvernement sortant

RABAT: Le roi du Maroc Mohammed VI a nommé jeudi un nouveau gouvernement, présidé par le magnat Aziz Akhannouch, considéré comme proche du Palais, qui aura pour priorité de redresser le royaume confronté à la crise sanitaire et de profondes inégalités sociales. 

Dans cette équipe constituée largement de technocrates, les titulaires des ministères régaliens sont reconduits.  

Ainsi, le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita est maintenu dans ses fonctions dans un contexte de tensions régionales, notamment avec l'Algérie. Abdelouafi Laftit conserve le portefeuille de l'Intérieur. 

Avec 24 ministres, ce nouveau cabinet compte sept femmes contre quatre dans le gouvernement sortant.  

Arrivés en tête aux législatives du 8 septembre, les trois partis de la majorité gouvernementale -- le RNI (Rassemblement national des indépendants) de M. Akhannouch, le PAM (Parti de l'Authenticité et Modernité), tous deux de tendance libérale, et le parti historique de l'Istiqlal (PI, centre-droit) -- se partagent les maroquins. 

« Nouveau modèle de développement »  

Grand vainqueur du scrutin, le RNI conserve les portefeuilles stratégiques de l'Agriculture -- où succède à M. Akhannouch lui-même son numéro deux au ministère, Mohamed Sadiki -- et de l'Economie, avec Nadia Fettah, ex-ministre du Tourisme.  

Il obtient également le ministère de la Santé, avec Nabila Rmili, également nouvelle maire de Casablanca, la capitale économique. 

Le parti d'Aziz Akhannouch, décrit comme un homme de confiance de la Maison royale, avait fait une razzia sur la Chambre des représentants lors des législatives, raflant 102 des 395 sièges et délogeant les islamistes au pouvoir depuis une décennie. 

Le PAM -- fondé par un conseiller royal, Fouad Ali El Himma -- hérite lui de la Justice et de l'Aménagement du territoire. 

Quant à l'Istiqlal (« Indépendance »), le plus ancien parti du Maroc fondé dans les années 1940, il a hérité des postes de l’Équipement et de l'Industrie. 

L'Education nationale, cible de critiques et en quête de réforme en profondeur, revient à l'actuel ambassadeur du Maroc en France, Chakib Benmoussa. 

Cet ancien ministre de l'Intérieur est également président de la commission, mandatée par le monarque, qui a élaboré le Nouveau modèle de développement (NMD), un pacte politique établissant les priorités socio-économiques du royaume.  

Cette feuille de route a pour objectif de répondre au ralentissement de la croissance et de réduire les profondes inégalités qui frappent le Maroc. Elle ambitionne de doubler le PIB par habitant à l'horizon 2035. 

Significativement, parmi les nouvelles têtes à faire leur entrée dans l'exécutif, figurent deux autres membres de cette commission. 

Le gouvernement Akhannouch devra faire face aux lourdes répercussions de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19: l'économie s'est contractée de 7% en 2020, le taux de chômage a bondi à 11,9% la même année et les disparités sociales se sont creusées, d'après les rapports officiels. 

Projet de couverture sociale 

L'exécutif aura aussi pour mission de mener à bien l'ambitieux projet de généralisation de la couverture médicale pour 22 millions de Marocains (sur près de 36 millions) d'ici 2025 comme annoncé par le souverain en 2020. 

Beaucoup de Marocains n'ont pas les moyens d'accéder aux soins dans le privé, aux coûts élevés, alors que les prestations du public laissent à désirer. 

Chef du RNI depuis 2016, M. Akhannouch présentera son programme dans les prochains jours devant la Chambre des représentants afin d'obtenir sa confiance, une formalité, comme le veut la Constitution. 

Discret, Aziz Akhannouch possède l'une des plus grosses fortunes du Maroc, estimée à deux milliards de dollars selon le magazine spécialisé Forbes. 

Par le passé, il a fait l'objet de vives critiques de collusion entre affaires et politique. 

Ce businessman dirige une tentaculaire holding, Akwa Group, qui opère principalement dans les hydrocarbures et l'immobilier.   

Au lendemain de sa nomination à la tête du gouvernement, il a annoncé son retrait de « toute gestion » de la holding familiale.  

En 2011, dans le contexte du Printemps arabe, le Maroc avait adopté une nouvelle Constitution accordant de larges prérogatives au Parlement et au gouvernement, plus proches des standards de la monarchie parlementaire, tout en consacrant un rôle central pour le roi, dont émane les décisions et les orientations majeures dans des secteurs clés. 

 


Piratée, l'application de Tunisie Telecom envoie un message critique du pouvoir

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
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  • L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application
  • Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche

TUNIS: Au lieu d'une offre promotionnelle, un message critique du pouvoir: à la suite d'une cyberattaque, des clients de Tunisie Telecom ont reçu, via l'application de l'opérateur public tunisien, un texte dénonçant la situation politique et économique du pays.

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante".

"Des promesses et des slogans, pour quel résultat?", demandait-il.

Incrédules et surpris, de nombreux Tunisiens ont aussitôt partagé des captures d'écran sur Facebook.

Il n'a pas été possible de confirmer combien de personnes avaient reçu ce message.

L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application.

Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche.

"Tunisie Telecom confirme que son application numérique MyTT a fait l'objet d'une cyberattaque aujourd'hui, qui a été détectée immédiatement et neutralisée avec succès en un temps record grâce aux mécanismes de protection et de surveillance mis en place, sans aucun impact sur la sécurité des données ni sur la continuité du service", a écrit l'opérateur.

"Par ailleurs, Tunisie Telecom souligne que la notification reçue par certains clients est sans lien avec les activités de l'entreprise ni avec les objectifs de cette application purement commerciale, conçue avant tout pour servir nos clients", a-t-il ajouté.

Des ONG tunisiennes et internationales dénoncent un recul des droits et libertés en Tunisie depuis le coup de force, en juillet 2021, du président Kais Saied, à la suite duquel il s'est octroyé de très larges pouvoirs.


Sud du Liban: Israël annonce la mort d'un de ses soldats

Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
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  • Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails
  • Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats survenue la veille dans le Sud du Liban, portant à 23 le nombre de morts dans ses rangs depuis le déclenchement le 2 mars de la guerre avec le Hezbollah.

Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails.

Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah.

 

 


Sous des chaleurs extrêmes, le hajj met les pélerins à rude épreuve

La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures. (AFP)
La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures. (AFP)
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  • Pour protéger les fidèles, les autorités ont déployé sur les esplanades de la Grande Mosquée  - dont le marbre blanc brûle sous le soleil de plomb - un puissant circuit de climatisation
  • Immenses ventilateurs, brumisateurs et systèmes de refroidissement des sols complètent le dispositif, tandis que des bouteilles d'eau glacée sont distribuées gratuitement aux pèlerins

LA MECQUE: Sous des températures dépassant les 40°C, Inas Gamal s'est résolue à rester dans la chambre, climatisée, de son hôtel, pour faire, entre le lever et le coucher du soleil les prières du hajj, qui débute lundi en Arabie saoudite.

"Il fait très chaud, beaucoup plus que je ne l'imaginais", dit à l'AFP cette Egyptienne mère de quatre enfants, qui effectue pour la première fois le grand pèlerinage annuel musulman.

"Je n'arrive pas à m'adapter" à la chaleur extrême de la péninsule arabique, admet avec gêne cette quadragénaire, en ajustant ses lunettes de soleil.

"J'avais prévu de faire toutes mes prières à la Grande Mosquée", au coeur de laquelle trône la Kaaba, ce cube noir géant vers lequel les musulmans du monde entier se tournent pour prier, "mais je n'ai pas pu y aller pour les prières qui se tiennent en journée", explique-t-elle.

Le Centre national de météorologie prévoit des températures diurnes comprises entre 42 et 47 degrés pendant le hajj et sa série de rites codifiés se déroulant, souvent en plein air, sur plusieurs jours à la Mecque et dans ses environs.

Sous un soleil brûlant et dans une atmosphère étouffante, les pèlerins s'exposent aux coups de chaleur, malaises et même arrêts cardiaques.

Comme Mme Gamal, 1,5 million de fidèles sont déjà arrivés en Arabie saoudite pour effectuer ce pèlerinage, un des cinq piliers de l'islam, qui doit être entrepris par tout musulman au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens.

"Le seul obstacle" 

Pour beaucoup, la chaleur et l'aridité du climat sont un choc.

"Je veille à boire de grandes quantités d'eau et des boissons riches en sels et en minéraux, parce que nous transpirons en permanence et que nous sommes constamment en mouvement", assure à l'AFP Imad Ahmed, venu du Royaume-Uni.

Pour protéger les fidèles, les autorités ont déployé sur les esplanades de la Grande Mosquée  - dont le marbre blanc brûle sous le soleil de plomb - un puissant circuit de climatisation, que la télévision d'Etat saoudienne vante comme sans équivalent au monde.

Immenses ventilateurs, brumisateurs et systèmes de refroidissement des sols complètent le dispositif, tandis que des bouteilles d'eau glacée sont distribuées gratuitement aux pèlerins.

Mais quand même "il fait vraiment très chaud", souffle sous son chapeau Mohamed Nabil, Algérien venu d'Oran, où les températures ne dépassent actuellement pas les 25°C.

Pour ce professeur de 43 ans, qui explique parcourir plus de 30.000 pas par jour, la chaleur constitue "le seul obstacle" au plaisir d'accomplir les rites à La Mecque, berceau de l'islam.

Coups de chaleur 

Les stands de glaces sont pris d'assaut, les pèlerins faisant la queue pour obtenir un pot vendu environ deux euros.

La chaleur accablante pousse aussi des dizaines de fidèles à chercher refuge à l'ombre des bâtiments jouxtant la mosquée ou dans les galeries intérieures.

Certains rites du hajj restent particulièrement éprouvants, comme l'étape phare du Mont Arafat, mardi, où les pèlerins seront exposés au soleil brûlant sur un promontoire rocheux.

Le ministère saoudien de la Santé a annoncé samedi que ses équipes médicales avaient déjà pris en charge 144 personnes souffrant de coups de chaleur.

En 2024, plus de 1.300 pèlerins avaient péri sous des températures dépassant les 50°C, d'après les autorités.

Dans la vallée de Mina, près de La Mecque, où le pèlerinage doit se conclure avec le rituel de la lapidation de Satan, un hôpital se tient prêt à accueillir les personnes souffrant de coups de chaleur.

Sans cacher sa préoccupation, Jamil Abualenain, directeur général exécutif du Centre national de gestion des crises et des catastrophes sanitaires, y répète pour l'AFP les consignes de base: "consommer suffisamment d'eau, utiliser des parapluies et éviter toute exposition prolongée aux rayons du soleil".