La France veut donner un coup de jeune à sa relation avec l'Afrique

(FILES) Dans cette photo d'archive prise le 28 novembre 2017, le président français Emmanuel Macron (C) salue les habitants, marchant avec le président du Burkina Faso Roch Marc Christian Kabore (L), alors qu'il quitte l'Université de Ouagadougou après avoir prononcé un discours, dans le cadre de sa première tournée africaine depuis sa prise de fonction. LUDOVIC MARIN / AFP
(FILES) Dans cette photo d'archive prise le 28 novembre 2017, le président français Emmanuel Macron (C) salue les habitants, marchant avec le président du Burkina Faso Roch Marc Christian Kabore (L), alors qu'il quitte l'Université de Ouagadougou après avoir prononcé un discours, dans le cadre de sa première tournée africaine depuis sa prise de fonction. LUDOVIC MARIN / AFP
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Publié le Vendredi 08 octobre 2021

La France veut donner un coup de jeune à sa relation avec l'Afrique

  • Ce sommet se tient à un moment où l'influence de la France dans son ancien pré-carré est de plus en plus disputée, particulièrement par la Russie, et où Paris est en crise ouverte avec le Mali et l'Algérie
  • Pour la première fois depuis 1973, début des sommets France-Afrique (devenus Afrique-France), aucun chef d'Etat du continent n'est invité

MONTPELLIER : Des centaines de jeunes de la "société civile" africaine sont invités vendredi à Montpellier (sud de la France) par le président Emmanuel Macron, pour un sommet Afrique-France inédit visant à "refonder" la relation, mais qualifié de "rupture en trompe-l'oeil" par certains intellectuels africains.

Ce sommet se tient à un moment où l'influence de la France dans son ancien pré-carré est de plus en plus disputée, particulièrement par la Russie, et où Paris est en crise ouverte avec le Mali et l'Algérie.

Pour la première fois depuis 1973, début des sommets France-Afrique (devenus Afrique-France), aucun chef d'Etat du continent n'est invité. Ce nouveau format doit permettre, selon la présidence française, "d'écouter la parole de la jeunesse africaine" et de "sortir des formules et des réseaux obsolètes". En clair, rompre, encore et toujours, avec la "Françafrique", ses pratiques opaques et ses réseaux d'influence.

Ce seront donc de jeunes entrepreneurs, artistes, sportifs du continent qui rencontreront leurs alter ego français et de la diaspora pour discuter de sujets économiques, politiques et culturels. Puis un panel de douze jeunes Africains, du Mali, de la Côte d'Ivoire, de la Tunisie, d'Afrique du Sud, du Kenya... s'entretiendra l'après-midi avec le président Macron en séance plénière.

Ce panel a été sélectionné à l'issue des dialogues menés pendant des mois à travers le continent par l'intellectuel camerounais Achille Mbembe, chargé de préparer le sommet.

Dans son rapport, remis mardi au président français, M. Mbembe estime notamment que la France est trop déconnectée "des nouveaux mouvements et des expérimentations politiques et culturelles" portés par la jeunesse africaine.

Il souligne également que de tous les différends, "aucun n'est aussi corrosif que l'appui présumé de la France à la tyrannie sur le continent". Le récent exemple tchadien, lorsque le président français a immédiatement apporté son soutien à la junte militaire mise en place par le fils Deby après l'assassinat de son père, est dans toutes les têtes.

Interventions militaires françaises, souveraineté, gouvernance, démocratie, "les sujets qui fâchent seront sur la table", insiste l'Elysée.

"L'Afrique est travaillée par deux forces: celles de l'innovation et celles de la clôture, des forces de mort. La question principale que poseront les jeunes à Macron c'est: de quel côté êtes-vous ?", assurait jeudi M. Mbembe au micro de France inter.

Trompe-l'oeil

Le penseur du postcolonialisme a été sévèrement critiqué par certains de ses pairs africains pour avoir accepté de piloter le sommet.

Dans une tribune publiée jeudi sur le site senegalactu.info, l'écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop dénonce "un faux coup de pied dans la fourmillière". "Le face-à-face entre Macron et la société civile africaine aurait été beaucoup plus crédible ou même fructueux si on avait au moins senti sur le terrain des signes concrets de sa volonté de changement", écrit-il.

De  leur côté, les intellectuels du collectif panafricain Cora critiquent "une société civile taillée sur mesure" à Montpellier, "l'Afrique qui réussit", "pour donner l'illusion" que la France est "à l'écoute des populations africaines et de leurs intellectuels".

Au-delà des sujets politiques, le sommet donne une large place aux acteurs économiques. Il a été précédé par des rencontres pendant deux jours à Paris avec 350 entrepreneurs africains. 

Une autre table ronde sera consacrée aux questions des restitutions des biens culturels, un des domaines dans lesquels les intellectuels les plus critiques reconnaissent à Emmanuel Macron des gestes forts.

Pour le philosophe canadien d'origine guinéenne Amadou Sadjo Barry, "les lignes ont bougé sur le plan symbolique, il y a eu des gestes importants" comme la restitution de biens pillés au Bénin, l'annonce de la fin du franc CFA, la reconnaissance des "responsabilités accablantes" de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994...

A l'issue du sommet, le président français, probable candidat à sa réélection dans sept mois, pourrait faire des annonces générales, s'appuyant sur les propositions d'Achille Mbembe. Parmi elles, la création d'un Fonds destiné à soutenir les initiatives de promotion de la démocratie, des programmes permettant une plus grande mobilité étudiante, ou la mise en place d'un "forum euro-africain sur les migrations".


Budget: le gouvernement ne va pas «annoncer de mesures» mardi mais «un cap»

 Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel. (AFP)
Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel. (AFP)
  • "On actualisera évidemment nos prévisions", en prenant en compte les effets de l'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran en juin et les négociations actuelles autour du stratégique détroit d'Ormuz
  • Le gouvernement reviendra également sur le niveau des "dépenses de l'Etat", de la "Sécurité sociale" et des "collectivités"

PARIS: Le gouvernement ne va pas "annoncer de mesures" mardi lors d'une nouvelle réunion du comité d'alerte des finances publiques, mais "un cap", a fait savoir lundi le ministre des Comptes publics David Amiel.

"Où en sommes-nous sur la croissance" et sur "l'inflation" du fait de la guerre au Moyen-Orient?, sera la question sur laquelle reviendra le gouvernement, a détaillé David Amiel sur RTL.

"On actualisera évidemment nos prévisions", en prenant en compte les effets de l'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran en juin et les négociations actuelles autour du stratégique détroit d'Ormuz.

Le gouvernement reviendra également sur le niveau des "dépenses de l'Etat", de la "Sécurité sociale" et des "collectivités".

Sur ce sujet, David Amiel a indiqué que "les aides qui ont été apportées aux entreprises et aux ménages" pour faire face aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient se sont élevées à 1,4 milliard d'euros.

"C'est 50 fois moins que ce qui avait été fait" par le gouvernement "en 2022-2023" après le début de la guerre en Ukraine et l'envolée des prix de l'énergie, a-t-il rappelé. Il s'est réjoui d'un "changement de doctrine" sur les dépenses publiques.

Le gouvernement avait alors décidé de largement diminuer les taxes sur l'électricité et le gaz pour contenir l'envolée des prix, ce qui avait coûté plusieurs dizaines de milliards d'euros à l'Etat.

"Heureusement, le gouvernement n'a pas (...) écouté ceux qui nous appelaient à déverser des milliards et des milliards d'euros", a-t-il affirmé.

Car "il n'y a pas eu de cagnotte" fiscale, a poursuivi le ministre des Comptes publics, qui a mis en avant le fait que les recettes fiscales liées aux carburants avaient diminué de plus de 80 millions d'euros sur les six premiers mois de 2026 par rapport à la même période en 2025, la baisse des volumes consommés ayant pris le pas sur la hausse des prix.

Dans ses dernières prévisions, le gouvernement tablait toujours sur 0,9% de croissance pour 2026.

La Banque de France a déjà abaissé les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% escomptés avant), et l'Insee table sur 0,7%. Ces prévisions, publiées en juin, ne prenaient pas en compte l'évolution actuelle autour du conflit au Moyen-Orient.

 


La «lutte acharnée» se poursuit contre un incendie dans le sud, 4.600 hectares brûlés

Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités. (AFP)
Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités. (AFP)
  • Le sinistre a connu une progression fulgurante depuis qu'il s'est déclaré près du village de Trévillach samedi soir, et 700 pompiers sont à l'oeuvre pour tenter de le contenir en dépit des conditions météo défavorables, vent, air sec et fortes chaleurs
  • "Les habitants de 26 communes ont été invités à évacuer", précisent les services de l'Etat français dans un communiqué, soit environ 10.000 personnes

ILLE-SUR-TET: Des centaines de pompiers français poursuivent lundi matin leur "lutte acharnée" contre un incendie qui a déjà parcouru 4.600 hectares depuis samedi dans le sud du pays, entraînant l'évacuation de 10.000 personnes et perturbant le Tour de France, selon les autorités.

Le feu "a parcouru à cette heure 4.600 hectares (...) Notre priorité de la journée est évidemment de reprendre cette lutte acharnée pour contenir sa propagation sur sa tête et sur ses flancs", a indiqué lors d'un point presse Pierre Regnault de la Mothe, le préfet du département des Pyrénées-Orientales, frontalier de l'Espagne.

Le sinistre a connu une progression fulgurante depuis qu'il s'est déclaré près du village de Trévillach samedi soir, et 700 pompiers sont à l'oeuvre pour tenter de le contenir en dépit des conditions météo défavorables, vent, air sec et fortes chaleurs.

"Les habitants de 26 communes ont été invités à évacuer", précisent les services de l'Etat français dans un communiqué, soit environ 10.000 personnes.

Cet incendie, qui s'est propagé au massif des Aspres, aride et difficile d'accès, a par ailleurs blessé cinq personnes, dont deux sapeurs-pompiers. Le préfet a également fait état d'un bilan provisoire de "50 bâtiments impactés (...) à des degrés divers".

Face à une "situation très difficile", le représentant de l'Etat a annoncé dimanche soir que la troisième étape du Tour de France, reliant Granollers en Espagne aux Angles dans les Pyrénées-Orientales, aurait bien lieu lundi, mais "sans public" dans sa partie française, notamment à l'arrivée, en raison de la mobilisation des secours.

"Ma priorité du jour, c'est de venir en aide à la population qui a été évacuée. Donc j'ai décidé qu'il n'y aurait pas un seul sapeur-pompier qui serait mobilisé sur le Tour de France. Ce qui n'empêche pas que l'étape puisse avoir lieu", a-t-il dit lundi matin.

Les pompiers français luttent également contre de multiples feux ailleurs dans le sud du pays.

Les Pyrénées-Orientales continuent d'être, comme 15 autres départements français lundi, en vigilance orange canicule avec des températures qui pourraient monter à certains endroits jusqu'à 40°C, quelques jours après un premier épisode caniculaire historique.

Même si la plupart des départs de feu sont d'origine humaine, selon les pompiers, leur développement est favorisé par la multiplication des vagues de chaleur et de sécheresse sous l'effet du changement climatique.

 


Trois jours avant le jugement, un dernier banquet à Liévin pour Le Pen et Bardella

Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella (à droite), et la présidente du groupe parlementaire du parti, Marine Le Pen, quittent une réunion avec le Premier ministre français à l'Hôtel Matignon, à Paris, le 17 septembre 2025. (AFP)
Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella (à droite), et la présidente du groupe parlementaire du parti, Marine Le Pen, quittent une réunion avec le Premier ministre français à l'Hôtel Matignon, à Paris, le 17 septembre 2025. (AFP)
  • Marine Le Pen et Jordan Bardella organiseront à Liévin un événement pour montrer leur unité avant la décision de la cour d’appel de Paris sur son inéligibilité
  • Une possible condamnation pourrait empêcher Marine Le Pen de se présenter, renforçant l’hypothèse d’un rôle accru de Bardella pour 2027

PARIS: A trois jours de la décision de la cour d'appel de Paris, qui déterminera qui des deux sera candidat à la présidentielle, Marine Le Pen et Jordan Bardella participeront samedi soir à un "banquet champêtre" à Liévin, en plein coeur du fief électoral de la patronne du Rassemblement national.

Ensemble, devant leurs militants, les deux chefs du RN afficheront leur unité, à moins de 72 heures du couperet judiciaire tant attendu, par le parti à la flamme comme par ses adversaires.

Si elle se voit confirmer une peine d'inéligibilité de plus de deux ans, Marine Le Pen ne pourra pas concourir une quatrième fois à l'Elysée. Elle estime aussi que si les juges lui imposent un bracelet électronique, il ne lui sera "pas possible" de faire campagne. En fonction de la sentence, elle annoncera sa décision mardi soir, probablement dans un journal télévisé.

Comme elle, tout le parti est dans l'expectative depuis la fin du procès en février. "On n'a plus les cartes, donc elle comme moi on patiente", confie en privé son dauphin, Jordan Bardella, appelé à "reprendre le flambeau" si la "candidate naturelle" était empêchée.

Ces dernières semaines, leurs prises de positions parfois dissonantes ont fait ressurgir des doutes sur la solidité du ticket qu'ils entendent présenter aux électeurs. Ce "banquet champêtre" à Liévin tombe donc à point nommé pour resserrer les rangs.

Loin d'être une tradition, l'événement a été monté par le nouveau maire RN de cet ex-bastion socialiste, Dany Paiva, avec l'appui du député Bruno Bilde, membre du premier cercle de Marine le Pen -elle-même élue de la circonscription voisine d'Hénin-Beaumont.

- "On reste soudés" -

Samedi soir à Liévin, ils seront 1.200 militants à se presser autour des deux leaders. L'ambiance sera résolument amicale et champêtre. Un podium sera installé pour de brèves prises de parole, 10 minutes pour Jordan Bardella puis 10 minutes pour Marine Le Pen, avant un bain de foule.

"Pas de discours" à proprement parler, ni de "thèmes prédéterminés" selon un conseiller de Marine Le Pen. Mais une expression conjointe qui "montrera que tout va bien, et que quel que soit le résultat du 7 juillet on reste soudés", glisse un proche de la patronne et de Jordan Bardella.

Celle qui se vante d'avoir "la peau dure" viendra refaire le plein de soutiens auprès de ses électeurs du Pas-de-Calais, avant d'affronter l'épreuve fatidique.

"La politique, c'est de l'amour. Si vous n'aimez pas les gens, il faut faire autre chose", mais "quand l'amour vous porte, on prend les coups les uns après les autres et on se crée une carapace", dit-elle après quatre décennies d'une carrière jalonnée d'une vingtaine de scrutins (dont deux finales présidentielles perdues face à Emmanuel Macron).

Entourés de nombreux cadres locaux du mouvement d'extrême droite, les deux favoris des sondages enverront aussi un signal à leurs adversaires à l'affût de la moindre faille. A commencer par le mieux placé, Edouard Philippe, que Marine Le Pen espère affronter au second tour, et qui tiendra son premier grand meeting dimanche à Paris.