La justice turque prolonge la détention de l'homme d'affaires et philanthrope Osman Kavala

Dans cette photo d'archives prise le 31 octobre 2018, un journaliste se tient devant une affiche représentant l'homme d'affaires et philanthrope emprisonné Osman Kavala lors d'une conférence de presse de ses avocats. (Photo, AFP)
Dans cette photo d'archives prise le 31 octobre 2018, un journaliste se tient devant une affiche représentant l'homme d'affaires et philanthrope emprisonné Osman Kavala lors d'une conférence de presse de ses avocats. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 08 octobre 2021

La justice turque prolonge la détention de l'homme d'affaires et philanthrope Osman Kavala

  • Kavala est notamment ciblé pour avoir soutenu en 2013 les manifestations antigouvernementales connues comme le mouvement de Gezi, visant Erdogan
  • Le Conseil de l'Europe a récemment menacé Ankara de sanctions, qui pourront être adoptées lors de sa prochaine session si l'opposant n'est pas libéré

ISTANBUL: Un tribunal d'Istanbul a prolongé vendredi la détention de l'homme d'affaires et philanthrope turc Osman Kavala, emprisonné sans jugement depuis quatre ans, estimant manquer "d'éléments nouveaux" pour ordonner sa libération, a constaté l'AFP. 

L'opposant, figure majeure de la société civile, accusé depuis 2013 par le régime du président Recep Tayyip Erdogan de chercher à déstabiliser la Turquie, comparaîtra de nouveau le 26 novembre.

L'intéressé a toujours nié les faits qui lui sont reprochés.

Kavala est notamment ciblé pour avoir soutenu en 2013 les manifestations antigouvernementales connues comme le mouvement de Gezi, visant M. Erdogan, alors Premier ministre. 

Puis il a été accusé d'avoir cherché à "renverser le gouvernement" lors de la tentative de coup d'Etat de 2016.

Acquitté une première fois en février 2020, Osman Kavala avait été aussitôt placé en garde à vue pour avoir "soutenu" la tentative de coup d'Etat contre M.Erdogan. 

Un stratagème pour prolonger sa détention, avait-il dénoncé.

Devant une cour bondée, en présence notamment de nombreux diplomates américains et européens, Osman Kavala est apparu vendredi sur un écran, en direct de la prison de Silivri, à l'ouest d'Istanbul, où il est détenu depuis octobre 2017.

Dans un communiqué publié par son avocat pendant l'audience, Kavala estime que "prolonger (sa) détention sur des bases aussi fragiles équivaut à une exécution extrajudiciaire".

"C'est une façon de troubler les esprits, pour contourner l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH)" qui exigeait sa libération en décembre 2019.

En décembre 2019, la CEDH avait ordonné sa "libération immédiate" - en vain. 

Le Conseil de l'Europe a récemment menacé Ankara de sanctions, qui pourront être adoptées lors de sa prochaine session (30 novembre au 2 décembre) si l'opposant n'est pas libéré d'ici .  


Un symposium examine la fatwa dans les Deux Saintes Mosquées et l'amélioration de l'expérience des visiteurs

Le symposium examine la fatwa dans les Deux Saintes Mosquées. (SPA)
Le symposium examine la fatwa dans les Deux Saintes Mosquées. (SPA)
Le symposium examine la fatwa dans les Deux Saintes Mosquées. (SPA)
Le symposium examine la fatwa dans les Deux Saintes Mosquées. (SPA)
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  • Le Dr Abdul Rahman Al-Sudais a déclaré que le symposium était le premier en son genre à être organisé par l'agence gouvernementale «Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints» et qu’il visait à mettre en œuvre des programmes liés à
  • Les projets discutés lors du symposium scientifique seront lancés à la Grande Mosquée de La Mecque et traduits en 10 langues

LA MECQUE : Les responsables de la Présidence générale pour les affaires des Deux Saintes Mosquées ont récemment passé en revue les initiatives destinées à améliorer l'expérience des visiteurs des lieux de culte.

Les résultats du symposium, intitulé « La fatwa dans les Deux Saintes Mosquées et son impact sur la facilitation des procédures pour les visiteurs », ont reçu l'approbation des dirigeants saoudiens.

Dr Abdul Rahman Al-Sudais
Dr Abdul Rahman Al-Sudais

Les projets discutés lors du symposium scientifique seront lancés à la Grande Mosquée de La Mecque et traduits en 10 langues, dont l'anglais, le français, le russe, le farsi, le turc, l'ourdou, le chinois, le bengali et le haoussa.

Le Dr Abdul Rahman Al-Sudais, chef de la présidence générale pour les affaires des Deux Saintes Mosquées, a déclaré que le symposium était le premier en son genre à être organisé par l'agence gouvernementale et qu'il visait à mettre en œuvre des programmes liés à la fatwa de la présidence générale, à la fatwa dans les Deux Saintes Mosquées, et aux efforts pour faciliter l'accès des visiteurs à la Grande Mosquée et à la Mosquée du Prophète à Médine.


Crise au Liban : les militaires souffrent aussi

Des soldats de l'armée libanaise patrouillent pendant les élections législatives dans la capitale Beyrouth, le 15 mai 2022. (AFP).
Des soldats de l'armée libanaise patrouillent pendant les élections législatives dans la capitale Beyrouth, le 15 mai 2022. (AFP).
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  • La crise économique au Liban affecte non seulement les moyens de subsistance des civils, mais aussi ceux du personnel de l'armée libanaise
  • Un soldat a déclaré que la nourriture de la cantine est parfois satisfaisante, mais que d'autres jours, elle ne l'est pas, en raison de l'augmentation du prix des aliments dans le pays

BEYROUTH : La crise économique du Liban découle de décennies de corruption et de mauvaise gestion de la part des élites politiques qui ont dominé le pays. Depuis le début de l'effondrement, les responsables n'ont pratiquement rien fait pour mettre en œuvre les réformes exigées par la communauté internationale afin de débloquer investissements et prêts. La crise affecte non seulement les moyens de subsistance des civils, mais aussi ceux du personnel de l'armée libanaise.

Avant la crise économique, le salaire d'un soldat libanais équivalait presque à 1 380 000 LL, soit environ 920 dollars (856 euros) selon le taux de change officiel. Cependant, avec l'hyperinflation que connaît le Liban, la valeur réelle de ce salaire a atteint un plancher historique de 37$ (34 euros) le 27 mai - avant de remonter à 50$ (46 euros). Ce avec le changement du taux du dollar.

Lors d'une récente interview télévisée sur la chaîne Al Jadeed, un soldat de l'armée libanaise a confié qu'il ne pouvait rien se permettre avec son salaire actuel. Il doit travailler à l'extérieur comme charpentier mécanique et bétonneur afin de survivre. De nombreux soldats sont également contraints de travailler à temps partiel, par exemple en conduisant des taxis ou en travaillant comme livreurs pour gagner un peu d'argent supplémentaire.

Ce soldat a déclaré que la nourriture de la cantine est parfois satisfaisante, mais que d'autres jours, elle ne l'est pas, en raison de l'augmentation du prix des aliments dans le pays.

Selon le soldat, la hausse du prix du carburant les empêche de se déplacer, malgré les efforts déployés pour obtenir des bus pour transporter les soldats à leur poste de travail. L'homme a également souligné que la plupart de ses confrères se sentent fatigués et qu'ils ne peuvent pas s'exprimer.

« Depuis trois ans, je patiente en espérant que cette crise soit résolue, mais je ne peux plus dépendre de ma famille pour vivre », a-t-il déclaré.

Au Liban, tous les passeports des membres du personnel de sécurité, y compris les militaires et les forces de sécurité intérieure, sont retenus au prétexte de les empêcher de fuir le pays. Il y a environ un mois, les autorités libanaises ont suspendu toutes les demandes de renouvellement de passeports pour tous les citoyens du pays, en raison d'une ruée qui a épuisé les stocks de passeports disponibles. Depuis 2020, les demandes de renouvellement de passeport ont été multipliées par dix ce qui a fait monter la pression sur les centres de passeport et « a affecté les stocks de passeports disponibles », a déclaré la Sécurité générale dans un communiqué. Tout citoyen tenté de chercher ailleurs de meilleures conditions de vie, y compris le personnel de l'armée libanaise, ne pourra donc pas le faire de sitôt.


Le président algérien veut «rassembler» pour tourner la page du Hirak

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune arrive au Palais Chigi pour une réunion avec le Premier ministre italien Mario Draghi (non vu), à Rome, le 26 mai 2022. (AFP).
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune arrive au Palais Chigi pour une réunion avec le Premier ministre italien Mario Draghi (non vu), à Rome, le 26 mai 2022. (AFP).
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  • A l'approche de la célébration le 5 juillet du 60e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie après 132 ans de colonisation française, le pouvoir a estimé que l'occasion était propice pour tenter d'alléger les crispations
  • L'agence officielle APS a publié un commentaire décrivant M. Tebboune comme un «président rassembleur» qui «met toute son intelligence pour rassembler ceux qui ne pouvaient pas s'entendre par le passé»

ALGER : Trois ans après les manifestations prodémocratie du Hirak qui ont ébranlé le pouvoir, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a lancé une initiative pour briser l'immobilisme politique, dont le succès dépend de gestes concrets face à une opposition sceptique, selon des analystes et des politiciens.

Elu en décembre 2019 pour succéder à Abdelaziz Bouteflika, chassé par un soulèvement populaire inédit, M. Tebboune s'efforce depuis de surmonter la défiance des militants du Hirak et de l'opposition, aux yeux desquels le président de 76 ans, pur produit de l'appareil d'Etat, ne saurait incarner le renouveau attendu par la jeunesse.

Le Hirak, lancé en février 2019 pour réclamer un changement radical du système en place, s'est largement estompé depuis, mais selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), plus de 250 personnes sont toujours emprisonnées en lien avec ce mouvement ou pour des revendications concernant les libertés individuelles.

A l'approche de la célébration le 5 juillet du 60e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie après 132 ans de colonisation française, le pouvoir a estimé que l'occasion était propice pour tenter d'alléger les crispations.

Ainsi, l'agence officielle APS a publié début mai un commentaire décrivant M. Tebboune comme un "président rassembleur" qui "met toute son intelligence pour rassembler des personnes et des parties qui ne pouvaient pas s'entendre par le passé". 

L'Algérie "a besoin de tous ses enfants pour fêter tous ensemble le 60e anniversaire de l'Indépendance", a ajouté l'agence, sans mentionner spécifiquement les militants de l'Hirak. 

Selon elle, "la nouvelle Algérie" de M. Tebboune "tend les bras pour ouvrir une nouvelle page" à "ses enfants".

«Marasme politique»

Les jours suivants, M. Tebboune a rencontré séparément les chefs de plusieurs formations politiques, dont le parti d'opposition le Mouvement de la société de la paix (MSP, islamistes).

Il a publiquement évoqué son initiative pour la première fois à la mi-mai lors d'une rencontre avec des représentants de la diaspora algérienne en marge d'une visite en Turquie, affirmant qu'elle était "nécessaire pour la création d'un front interne soudé".

Il a également annoncé la "tenue d'une rencontre inclusive des partis politiques dans les prochaines semaines", sans en préciser la finalité.

L'initiative a reçu le soutien public de l'influente armée algérienne, un pilier du pouvoir, dont le chef d'état-major Saïd Chanegriha a jugée qu'elle était "en parfaite adéquation avec les aspirations légitimes de notre jeunesse à un avenir meilleur".

"Face aux contraintes croissantes auxquelles il est confronté politiquement, le pouvoir n'a d'autre choix que de s'ouvrir, dans le cadre d'un nouveau processus politique consensuel, pour parvenir à la stabilité qu'il recherche depuis le Hirak", estime auprès de l'AFP l'analyste politique Toufik Bougaada.

"Le pouvoir n'a pas été en mesure de créer une dynamique politique autour de son projet d'Algérie nouvelle. Le marasme politique ainsi que les critiques acerbes concernant la situation des droits humains ont laissé le pouvoir sans réel soutien politique ou populaire", ajoute ce professeur de relations internationales à l'Université d'Alger 3.

«Mesures d'apaisement»

Le chef du parti MSP, Abderrazak Makri, a émis l'espoir après sa rencontre avec M. Tebboune que les Algériens "parviendront à une vision commune garantissant les libertés et une transition politique effective".

Mais Mohcine Belabbas, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), un parti d'opposition qui avait boycotté les dernières législatives en 2021, a mis en doute les intentions du pouvoir.

"S'il y avait eu une réelle volonté, le pouvoir aurait (..) libéré tous les détenus politiques et prisonniers d'opinion et mis fin aux poursuites arbitraires contre les militants et activistes politiques", a écrit M. Belabbas sur Facebook.

Le professeur de droit et de sciences politiques à l'université d'Alger, Ismail Maaraf, abonde dans le même sens. Selon lui, un "dialogue politique sérieux" requiert des "mesures d'apaisement, avec en tête la libération des détenus politiques et l'ouverture du champ politique et médiatique".

Karim Tabbou, figure du Hirak et chef d'un petit parti d'opposition, a estimé que "le pouvoir n'est nullement préoccupé par la question des détenus du Hirak, rappelant que "le chef de l'Etat peut, à n'importe quel moment prendre des mesures pour leur libération." 

"Le seul et unique problème du pouvoir reste le Hirak. Il s'emploie par toutes les manoeuvres possibles à rendre impossible son retour", a-t-il ajouté sur Facebook.