La coopération de défense franco-britannique en question

Une tête de missile exocet dans le banc d'essai dynamique de la salle Bedyra pour radars et autodirecteurs à la Direction générale de l'armement (DGA) le 30 mai 2017 à Bruz, près de Rennes, dans l'ouest de la France. (Damien Meyer / AFP)
Une tête de missile exocet dans le banc d'essai dynamique de la salle Bedyra pour radars et autodirecteurs à la Direction générale de l'armement (DGA) le 30 mai 2017 à Bruz, près de Rennes, dans l'ouest de la France. (Damien Meyer / AFP)
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Publié le Samedi 09 octobre 2021

La coopération de défense franco-britannique en question

  • La discorde franco-britannique sur la suite du programme de développement de missiles s'ajoute aux nombreux points de tensions entre les deux pays provoqués par le Brexit
  • Une première étude de 100 millions d'euros, financée à parts égales, avait démarré en mars 2017, à la veille du lancement officiel du processus de sortie de l'UE par le Royaume-Uni

PARIS : La coopération militaire franco-britannique traverse elle aussi une zone de turbulences, Paris et Londres ne parvenant pas à s'accorder sur la suite du programme de missiles antinavires et de croisière qu'ils avaient prévu de développer en commun.

Cette discorde sur un projet jugé crucial pour l'autonomie stratégique européenne intervient dans un contexte politique très tendu après l'annonce d'un partenariat stratégique entre les États-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni pour contrer la Chine, AUKUS, incluant la fourniture de sous-marins à propulsion nucléaire à Canberra et qui a sorti de fait Paris du jeu.

Et elle s'ajoute aux nombreux points de tensions entre les deux pays provoqués par le Brexit, que ce soit sur la pêche ou l'immigration.

«Indubitablement c'est un programme en difficulté, compte tenu de l'état de nos relations avec le Royaume-Uni. Nous sommes en train  de réfléchir à ce qu'il est possible de faire ou non avec les Britanniques», a confié mardi la ministre des Armées Florence Parly devant la commission défense des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

Une rencontre prévue fin septembre entre Florence Parly et son homologue britannique Ben Wallace a été annulée à la demande de Paris, selon une source au ministère français.

Dans le cadre du Traité de Lancaster House de 2010, qui scelle la coopération franco-britannique dans la défense, Paris et Londres travaillent sur un programme destiné développer à l'horizon 2030 une nouvelle génération de missiles antinavires pour remplacer les Exocet de la marine française et les Harpoon de fabrication américaine de la Royal Navy, ainsi que des missiles de croisière pour succéder aux Scalp et Storm Shadow développés par MBDA pour les deux pays.

Mais ce projet FMAN/FMC (futur missile antinavire/futur missile de croisière) patine.

«Ce programme devait faire l'objet de discussions intenses dans les prochaines semaines, précisément parce que nous devions nous assurer que nous avions bien des besoins convergents. Cette discussion sera différée par rapport au calendrier initial», expliquait Mme Parly fin septembre dans un entretien au Monde.

«Au moment où ils ont fait le choix, d'abord du Brexit, ensuite du Global Britain (concept stratégique qui oriente la politique étrangère britannique vers les États-Unis et l'Indo-Pacifique) et, enfin, de la dépendance encore accrue vis-à-vis des États-Unis, la balle est dans leur camp», concluait-elle.

- Furtivité ou vélocité -

Une première étude de 100 millions d'euros, financée à parts égales, avait démarré en mars 2017, à la veille du lancement officiel du processus de sortie de l'UE par le Royaume-Uni. Celle-ci portait sur une phase de concept.

Les deux pays négocient depuis plusieurs mois une nouvelle étude de trois ans sur les deux concepts retenus: un concept subsonique furtif pour remplir le besoin de missile de croisière longue portée aéroporté et un concept supersonique pour le missile antinavire aéroporté ou tiré des bâtiments de surface, détaillait un rapport de députés français fin 2020.

Dans ces discussions, les Britanniques mettaient l'accent sur la furtivité de l'engin, les Français sur sa vélocité, selon les députés.

Mais les Britanniques tendent à se désintéresser du projet de missile antinavire porté par les Français, selon une source française proche du dossier.

L'enjeu de cette coopération est d'importance, les deux pays représentent 60% des dépenses européennes de défense et 80% des dépenses de recherche et développement dans le domaine de la défense. Et même si Paris a multiplié les coopérations avec Berlin depuis 2017 et appelle à l'avènement d'une autonomie stratégique européenne, Londres reste au cœur de ses projets de coopération militaires.

La relation franco-britannique «subit de facto un coup de froid», affirme Christian Cambon, président de la commission de la Défense du Sénat et «le Brexit, qu'on le veuille ou non, n'a pas créé le climat le plus favorable».

Mais, selon lui, «nos intérêts industriels et en matière de défense et de sécurité sont tellement importants et communs que les choses vont reprendre leur place».

Outre la coopération sur les missiles, les accords de Lancaster House ont notamment instauré le partage des capacités de simulation dans le domaine des armes nucléaires (programme Teutates) ou encore la création d'une Force expéditionnaire interarmées combinée (CJEF), prévoyant le déploiement de 10.000 militaires. Et au Mali, Londres met à disposition des hélicoptères lourds Chinook dont les Français ont cruellement besoin.


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.