Le saoudien qui veut faire passer le commerce mondial de la politique à un système de processus

 Le candidat de l’Arabie saoudite à la tête de l’Organisation mondiale du commerce Mohammed al-Tuwaijri croit fermement au processus. (Photo AFP).
Le candidat de l’Arabie saoudite à la tête de l’Organisation mondiale du commerce Mohammed al-Tuwaijri croit fermement au processus. (Photo AFP).
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Publié le Jeudi 17 septembre 2020

Le saoudien qui veut faire passer le commerce mondial de la politique à un système de processus

  • La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine n’est qu’un des problèmes auxquels l’OMC est confrontée
  • Le plus grand problème auquel l'OMC est confrontée aujourd'hui concerne le processus de négociation qui ne fonctionne pas

LONDRES : Le candidat de l’Arabie saoudite à la tête de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) croit fermement au processus. Selon lui, les lacunes actuelles de l'Organisation et la montée des différends commerciaux mondiaux sont en grande partie liés à l’échec du processus. Pour que cet organe, qui a vingt-cinq ans d’existence, soit efficace, il doit s'acquitter de son mandat de négociation commerciale afin que les pays ne se contentent pas de le contourner et d'opter pour des moyens plus belliqueux de régler les différends.

Dans sa vision pour l’OMC, Mohammed al-Tuwaijri, ancien ministre de l’Économie et de la Planification du Royaume, souligne les dangers que cette tendance représente pour l’ordre mondial. Il considère que les inégalités croissantes au sein des nations et entre elles encouragent la montée du nationalisme dans le monde.

L'ancien pilote de chasse, banquier et ministre fait face à la concurrence de sept autres candidats au poste de directeur général (DG), originaires d'Égypte, du Kenya, du Nigéria, du Mexique, de Moldavie, du Royaume-Uni et de Corée du Sud.

Le candidat retenu sera nommé à un moment des plus difficiles. La guerre commerciale entre les deux plus grandes économies du monde n’est que l’un des problèmes auxquels l’OMC est confrontée alors que la montée du protectionnisme et les retombées de la pandémie menacent la croissance mondiale.

En juillet, pendant la première conférence de presse d’Al-Tuwaijri pour annoncer sa candidature, le moment où il a décrit la nécessité de stabiliser l’OMC a été marquant : pendant qu’il parlait, il serrait ses mains comme s’il manipulait un volant.

Il n'a jamais fait directement référence à ses débuts professionnels comme pilote de chasse, mais il ressort clairement de son langage et des analogies qu'il a utilisées qu'il s’est agi pour lui d'une expérience formatrice, qui a éclairé sa réflexion pour sa carrière ultérieure dans les affaires et au sein du gouvernement.

Il voit dans la crise actuelle du commerce mondial, et au sein même de l'OMC, une opportunité de réforme. De même, le contexte d'une économie mondiale qui tente désespérément de se redresser à la suite de la pandémie de coronavirus est présenté comme une motivation pour faire avancer les choses.

«Les gens fonctionnent mieux en temps de crise, explique-il. Ils fonctionnent mieux lorsqu'ils sont stressés.»

Au cours de cette conférence de presse, on lui a demandé quel était selon lui le plus grand défi auquel l'OMC était confrontée. «Le monde a changé de manière significative au cours de la dernière décennie et en particulier ces dernières années, a-t-il répondu. Je pense donc que le plus grand problème auquel l'OMC est confrontée aujourd'hui concerne le processus.»

Bien qu'Al-Tuwaijri a été attentif à ne pas donner d’exemples précis, beaucoup voient la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine comme le plus grand exemple d’échec du processus de négociation commerciale. On estime que les deux économies ont perdu des centaines de milliards de dollars et des dizaines de milliers d'emplois.

Le président américain, Donald Trump, à la recherche d'un second mandat, a rejeté l'OMC, basée à Genève, la qualifiant de «brisée», tandis que son administration a bloqué la nomination de deux nouveaux membres à son organe d'appel, supprimant sa capacité à statuer définitivement sur les différends.

«Pourquoi l'organe d'appel ne fonctionne-t-il pas? Quelle en est la cause principale ? C'est simplement que les négociations ne fonctionnent pas », a déclaré Al-Tuwaijri.

Il insiste sur la nécessité de fournir aux membres suffisamment d'informations et de données pour qu’ils puissent évaluer avec précision les implications dans des conflits dommageables et s'assurer que les négociations initiales sont efficaces pour s'attaquer aux failles entre les parties belligérantes et pour les concilier. «Sinon, un cercle vicieux s'ensuit rapidement», estime-t-il.

«Les gens sont insatisfaits, le processus est interrompu, des solutions sont recherchées à l'extérieur et rien ne se passe», dit-il.

Puis, dans la salle de conférence de presse, le pilote en lui est de retour. «Sommes-nous dans cette position aujourd'hui? Oui, nous calons. La première chose qu'un DG doit faire est de se stabiliser. Stabilisez la machine avant qu'elle ne continue de caler et de tourner.»

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Le Hezbollah a tiré une trentaine de roquettes sur le nord d'Israël mercredi matin 

Les camarades du sergent-major (réserve) Ayal Uriel Bianco, qui aurait été tué au combat dans le sud du Liban, se tiennent au garde-à-vous devant son cercueil recouvert du drapeau lors de ses funérailles à Katzrin, dans le plateau du Golan annexé par Israël, le 14 avril 2026. (AFP)
Les camarades du sergent-major (réserve) Ayal Uriel Bianco, qui aurait été tué au combat dans le sud du Liban, se tiennent au garde-à-vous devant son cercueil recouvert du drapeau lors de ses funérailles à Katzrin, dans le plateau du Golan annexé par Israël, le 14 avril 2026. (AFP)
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  • Ces tirs interviennent au lendemain de discussions directes, à Washington, entre Israël et le Liban, les premières en plus de 30 ans, dénoncées par le Hezbollah
  • "Environ 30 tirs ce matin", a déclaré vers 06h40 GMT le porte-parole militaire à l'AFP, en réponse à une question sur le nombre de roquettes tirées depuis les premières heures de la matinée par le mouvement chiite

JERUSALEM: Les combattants du mouvement libanais Hezbollah ont tiré une trentaine de roquettes sur Israël à partir du Liban mercredi matin, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'armée israélienne.

Ces tirs interviennent au lendemain de discussions directes, à Washington, entre Israël et le Liban, les premières en plus de 30 ans, dénoncées par le Hezbollah. A l'issue de ces discussions, Israël et le Liban ont accepté d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable, selon le département d'Etat américain qui accueillait la rencontre.

"Environ 30 tirs ce matin", a déclaré vers 06h40 GMT le porte-parole militaire à l'AFP, en réponse à une question sur le nombre de roquettes tirées depuis les premières heures de la matinée par le mouvement chiite, allié de l'Iran.

 

 


Liban: frappe israélienne au sud de Beyrouth 

Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable. (AFP)
Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable. (AFP)
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  • "L'aviation ennemie a visé une voiture à Saadiyat", une localité côtière, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle)
  • Depuis ses frappes massives du "mercredi noir", le 8 avril, qui avaient fait plus de 350 morts à Beyrouth et ailleurs dans le pays, Israël n'a plus visé la capitale libanaise à la suite de pressions diplomatiques

BEYROUTH: Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable.

"L'aviation ennemie a visé une voiture à Saadiyat", une localité côtière, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Depuis ses frappes massives du "mercredi noir", le 8 avril, qui avaient fait plus de 350 morts à Beyrouth et ailleurs dans le pays, Israël n'a plus visé la capitale libanaise à la suite de pressions diplomatiques.

 

 

 


Le pape dans les pas de saint Augustin au 2e jour de sa visite en Algérie

Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté mardi Alger pour Annaba, sur les traces de saint Augustin, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape. (AFP)
Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté mardi Alger pour Annaba, sur les traces de saint Augustin, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape. (AFP)
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  • La veille, dans l'avion qui l'amenait en Algérie, le pape avait estimé que l'Eglise avait "le devoir moral de s'exprimer très clairement contre la guerre"
  • Soulignant ne pas avoir "peur" de l'administration Trump, il avait toutefois indiqué ne pas vouloir "entrer dans un débat" avec elle

ALGER: Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté mardi Alger pour Annaba, sur les traces de saint Augustin, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape.

Le pontife américain est devenu lundi le tout premier pape à fouler le sol algérien, étape initiale d'une tournée dans quatre pays d'Afrique, en partie occultée par une diatribe de Donald Trump à son encontre.

Dans la nuit de lundi à mardi, le vice-président américain JD Vance, récemment converti au catholicisme, a appelé le Vatican à "s'en tenir aux questions morales" et à "laisser le président des Etats-Unis se charger de définir la politique publique américaine".

La veille, dans l'avion qui l'amenait en Algérie, le pape avait estimé que l'Eglise avait "le devoir moral de s'exprimer très clairement contre la guerre". Soulignant ne pas avoir "peur" de l'administration Trump, il avait toutefois indiqué ne pas vouloir "entrer dans un débat" avec elle.

Sur fond de guerre au Moyen-Orient, Donald Trump avait déclaré dimanche ne pas être "un grand fan" du pape, l'accusant de soutenir le programme d'armement nucléaire iranien et de s'être opposé à l'opération militaire américaine au Venezuela en janvier.

Les évêques italiens et américains ont apporté leur soutien au chef de l'Eglise catholique, tout comme la Première ministre italienne Giorgia Meloni, réputée proche de M. Trump, qui a jugé "inacceptables" ses déclarations.

Grand penseur 

A Annaba (est), l'antique Hippone, le chef de l'Eglise catholique vivra une étape à la dimension personnelle et spirituelle, dans les pas de saint Augustin (354-430).

Le grand penseur chrétien qui y fut évêque a légué son nom à l'ordre religieux dont est issu le pape américain, fondé au XIIIe siècle et aujourd'hui composé d'environ 3.000 membres à travers le monde prônant la charité et la vie communautaire.

Léon XIV visitera le site archéologique romain et une maison d'accueil pour personnes âgées démunies, majoritairement musulmanes, prises en charge par des religieuses catholiques.

L'islam sunnite est religion d'Etat en Algérie, où les catholiques représentent moins de 0,01 % des 47 millions d'habitants.

L'après-midi, devant environ 1.500 fidèles, il célèbrera une messe à la basilique Saint-Augustin, perchée sur une colline, en présence de religieux africains de différentes nationalités.

Lundi, accueilli avec les honneurs sous un ciel d'Alger inhabituellement pluvieux, Léon XIV a rendu hommage, devant le Monument des martyrs, aux victimes de la sanglante guerre d'indépendance contre la France (1954-1962).

La "paix qui permet d'envisager l'avenir avec un esprit réconcilié n'est possible que par le pardon", a-t-il déclaré, appelant à ne "pas ajouter du ressentiment au ressentiment, de génération en génération".

 "Vivante, dynamique et libre" 

Devant les plus hautes autorités dont le président Abdelmadjid Tebboune, Léon XIV a aussi invité les responsables du pays à "ne pas dominer" le peuple et à promouvoir "une société civile vivante, dynamique et libre".

Depuis l'élan du mouvement prodémocratie Hirak en 2019, qui réclamait des réformes profondes et plus de transparence, les autorités algériennes ont repris le contrôle de l'espace public, dénoncent des ONG de défense des droits humains.

L'après-midi, le pape a visité la Grande Mosquée, au plus haut minaret du monde (267 mètres), avant de se rendre à la basilique Notre-Dame d'Afrique, qui surplombe la baie d'Alger.

Là, il s'est recueilli dans la chapelle des 19 "martyrs d'Algérie", des prêtres et religieuses assassinés pendant la décennie noire de guerre civile (1992-2002) entre groupes islamistes et forces gouvernementales, qui a fait 200.000 morts selon un bilan officiel.

Le pape a rappelé que ces religieux étrangers, dont les sept moines de Tibhirine (à 100 km au sud d'Alger), avaient choisi de rester en Algérie malgré des attentats meurtriers.

Mercredi, le pape de 70 ans quittera Alger pour le Cameroun, suite d'un premier voyage africain qui le conduira également en Angola et en Guinée équatoriale jusqu'au 23 avril, un périple de 18.000 km à l'agenda très dense.