Au moins 6 000 manifestants à Tunis «contre le coup d'Etat» du président Saied

Des Tunisiens brandissent des drapeaux nationaux lors d'un rassemblement contre leur président le long de l'avenue Habib Bourguiba dans la capitale Tunis, le 10 octobre 2021 (Photo, AFP)
Des Tunisiens brandissent des drapeaux nationaux lors d'un rassemblement contre leur président le long de l'avenue Habib Bourguiba dans la capitale Tunis, le 10 octobre 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 10 octobre 2021

Au moins 6 000 manifestants à Tunis «contre le coup d'Etat» du président Saied

Des Tunisiens brandissent des drapeaux nationaux lors d'un rassemblement contre leur président le long de l'avenue Habib Bourguiba dans la capitale Tunis, le 10 octobre 2021 (Photo, AFP)
  • Malgré un filtrage et beaucoup de contrôles, plus de 5 000 personnes ont convergé vers l'avenue Bourguiba, à l'appel de différentes formations opposées au président dont le parti d'inspiration islamiste Ennahdha
  • Une voix dans la foule a protesté à l'adresse des contrôles policiers: «le rassemblement est bloqué», «honte à vous»

TUNIS: « Le peuple contre le coup d'Etat »: au moins 6 000 personnes sont descendues dans la rue dimanche à Tunis, pour la plus importante manifestation contre le président Kais Saied depuis qu'il s'est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet. 

Ce rassemblement survient une semaine après une démonstration de force en faveur du président avec plus de 10 000 de ses partisans rassemblés dans toute la Tunisie, selon des sources policières. 

Malgré un filtrage et beaucoup de contrôles, plus de 5 000 personnes ont convergé vers l'avenue Bourguiba, à l'appel de différentes formations opposées au président dont le parti d'inspiration islamiste Ennahdha, a constaté une journaliste. 

Selon une source policière, elles étaient entre 6 000 et 8 000 au plus fort de la manifestation.  

« Je suis venu en tant que démocrate et partisan de Moncef Marzouki », l'ex-président tunisien (2011-2014) qui réside à Paris, a confié un quinquagénaire, en achetant un petit drapeau à un vendeur.  

Le gros des protestataires s'étaient massés devant le théâtre municipal. Toute une portion de l'avenue Bourguiba était néanmoins interdite aux manifestants et des checkpoints ont été mis en place aux extrémités avec contrôle des sacs et filtrage des manifestants.  

Certains se sont plaints de manœuvres d'intimidation des policiers pour les empêcher d'avancer. 

Une voix dans la foule a protesté à l'adresse des contrôles policiers: « le rassemblement est bloqué », « honte à vous ». 

« Je ne suis pas votre ennemi, je suis ici par amour de la Tunisie », a dit un manifestant, drapeau national dans la main, à l'adresse d'un agent de police qui lui interdisait de rejoindre la foule. 

Un cordon policier avait été mis en place au milieu de l'avenue Bourguiba pour empêcher tout accès vers le ministère de l'Intérieur à l'extrémité de l'avenue. 

« Nous sommes une génération qui a connu la torture et qui n'a pas eu une vie facile! C'est nous qui avons élu Saied et ça sera nous qui le ferons chasser du pouvoir », a lancé un sexagénair. 

« Ce n'est pas l'Egypte »  

« Le peuple contre le coup d'Etat » ou « Elève la voix, la Révolution ne meurt pas », ont crié les manifestants, dont beaucoup d'hommes et femmes, qui se sont identifiés comme sympathisants d'Ennahdha, la bête noire du président Saied. 

D'autres ont lancé des slogans hostiles au régime égyptien: « Ici c'est la Tunisie et ce n'est pas l'Egypte », »Sissi (le président égyptien) est l'ennemi de Dieu », ont-ils scandé. 

Des Tunisiens considèrent le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi comme un « dictateur » qui « réprime » les libertés. Des ONG internationales font état de plus de 60 000 détenus d'opinion en Egypte, pays régulièrement épinglé sur la question des libertés.  

« Un peuple qui a connu le goût de la liberté ne cèdera jamais ni à Saied, ni au diable même », a lancé un manifestant d'une quarantaine d'années, la manche de sa chemise déchirée, après avoir été bousculé de façon musclée par un policier, a constaté la journaliste. 

En pleine crise socio-économique et sanitaire et après des mois de blocage politique, M. Saied a invoqué le 25 juillet un « péril imminent » pour limoger le Premier ministre, suspendre les activités du Parlement et reprendre en main le pouvoir judiciaire. 

Après deux mois d'incertitudes, le 22 septembre, il a promulgué un décret qui officialise la suspension de plusieurs chapitres de la Constitution et instaure des « mesures exceptionnelles », censées être provisoires, le temps de mener des « réformes politiques », dont des amendements à la Constitution de 2014.  

En attendant, le président a maintenu le gel du Parlement - et les salaires des députés - légifère lui-même par décrets et préside le conseil des ministres.  

Le 29 septembre, il a nommé la scientifique Najla Bouden comme Premier ministre et la formation d'un nouveau gouvernement est attendue d'un jour à l'autre. 

Après le coup de force du président, des organisations tunisiennes et internationales ont critiqué un « accaparement du pouvoir » et dit craindre pour les droits et libertés publiques. 


L'Iran appelle les civils à quitter les zones situées à proximité des forces américaines dans la région

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre. (AFP)
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre. (AFP)
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  • Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News, après que l'Iran a menacé de cibler les hôtels du Golfe
  • "Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ajoutent-ils

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre.

Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News, après que l'Iran a menacé de cibler les hôtels du Golfe.

"Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ajoutent-ils.

 


Attaque de drones sur le principal port de Koweït, des dégâts

Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
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  • L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X
  • Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics

KOWEIT: Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires.

L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X.

Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics.

Selon cette source, le port de Mubarak al-Kabeer a été touché tôt vendredi matin par des drones et des missiles qui ont causé, là aussi, des dégâts matériels mais n'ont pas fait de victimes.

Les pays du Golfe font l'objet d'une campagne de représailles iraniennes depuis le début de l'offensive américano-israélienne sur l'Iran il y a un mois et les tirs - pour la plupart interceptés - sont quasiment quotidiens.


L'armée israélienne dit avoir mené des frappes d'ampleur sur Téhéran

L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails
  • Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques"

JERUSALEM: L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails.

Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques".

Elle a aussi annoncé avoir "frappé diverses cibles liées aux dispositifs de puissance de feu du régime" dans l'ouest de l'Iran, dont "des lanceurs de missiles et des sites de stockage de missiles, qui constituaient une menace" pour Israël.

Le Moyen-Orient est plongé depuis le 28 février dans une guerre déclenchée par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, auxquelles Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant Israël et plusieurs pays de la région.