Irak: des législatives anticipées marquées par une abstention record

Les responsables d’un bureau de vote de Bagdad attendent l’arrivée des votants, le 10 octobre (Photo, AFP).
Les responsables d’un bureau de vote de Bagdad attendent l’arrivée des votants, le 10 octobre (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 11 octobre 2021

Irak: des législatives anticipées marquées par une abstention record

  • À Bagdad, le taux a évolué entre 31% sur la rive orientale du Tigre, et 34% sur la rive occidentale du fleuve
  • La commission électorale a annoncé un taux de participation «préliminaire» de 41% parmi les plus de 22 millions d'électeurs inscrits

BAGDAD: Une abstention record est venue entacher les législatives anticipées en Irak, selon les chiffres officiels publiés lundi, au lendemain d'un scrutin boycotté par des électeurs qui fustigent une corruption endémique, des services publics défaillants et un système jugé incapable d'améliorer leurs conditions de vie.

Le pays attend toujours les résultats des législatives, qui se sont déroulées sans incident majeur et sur la base d'une nouvelle loi électorale instaurant un scrutin uninomial censé encourager indépendants et candidats de proximité. 

La commission électorale s'est engagée à publier dès lundi le nom des vainqueurs pour chacune des 83 circonscriptions, son chef, Jalil Adnane, annonçant à la mi-journée que les résultats étaient disponibles pour dix des 18 provinces du pays, notamment Kerbala, Najaf (centre), ou encore Erbil, capitale du Kurdistan autonome (nord).

Mais il est impossible dans l'immédiat de connaître le nombre de sièges remportés par chaque formation au Parlement unicaméral (329 sièges), la commission ne dévoilant pas les affiliations des vainqueurs.

Ces législatives, les cinquièmes depuis 2003 et le renversement du dictateur Saddam Hussein dans le sillage de l'invasion américaine de l'Irak, ont été marquées par une abstention record.

En théorie, quelque 25 millions d'Irakiens étaient appelés aux urnes. La commission électorale a annoncé un taux de participation "préliminaire" de 41% parmi les plus de 22 millions d'électeurs inscrits.

À Bagdad, le taux a évolué entre 31% sur la rive orientale du Tigre, et 34% sur la rive occidentale du fleuve. Dans des bureaux de vote visités par l'AFP, l'affluence est restée très limitée, les électeurs, souvent âgés, n'arrivant qu'au compte-gouttes.

«Frictions politiques»

En 2018, la participation s'est établie à 44,52%. A l'époque, des opposants mais aussi des experts avaient estimé ces chiffres officiels gonflés.

Les élections de dimanche étaient initialement prévues en 2022. Promises par le Premier ministre Moustafa al-Kazimi, elles ont été avancées pour calmer la contestation née en octobre 2019, pour dénoncer la corruption tentaculaire, une économie en panne, et des services publics défaillants dans un pays pourtant riche en pétrole.

Réprimé dans le sang -au moins 600 morts et 30 000 blessés-, le mouvement s'est essoufflé. Des dizaines de militants ont été victimes d'enlèvements et d'assassinats. Les protestataires pointent les factions armées fidèles à l'Iran, au rôle incontournable en Irak et regroupées au sein du Hachd al-Chaabi.

Selon des experts, les blocs traditionnels devraient préserver leur représentation dans un Parlement fragmenté. L'absence d'une majorité claire oblige à négocier des alliances.

Le politologue Ihsan al-Shamari pronostique des "frictions politiques" et "des luttes pour le poste de Premier ministre et la répartition des ministères", mais in fine, "tous les indicateurs confirment un retour à un consensus politique".

Lundi, Kerar Haider, cantonnier de 26 ans, s'affairait à retirer les affiches électorales ornant le quartier de Kerrada, à Bagdad. Il n'a pas voté "car ça ne sert à rien".

"Les mêmes visages reviennent et ne changent pas".

Manque de légitimité

"Les gens ne sont pas convaincus que les élections entraîneront un changement et une amélioration des performances du gouvernement ou des services publics", explique le politologue Sajad Jiyad.

Après un scrutin marqué par un faible taux de participation, "ce n'est pas seulement la légitimité du prochain Premier ministre qui sera remise en cause. Mais aussi la légitimité du gouvernement, de l'Etat et du système entier".

À la tête d'un courant considéré comme favori, l'influent clerc chiite Moqtada al-Sadr s'est félicité du "succès" du processus électoral.

En cas de victoire, le courant sadriste devra encore composer avec les grands rivaux du Hachd al-Chaabi, entrés au Parlement en 2018 en surfant sur la victoire contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Un des partis historiques des Kurdes, l'Union patriotique du Kurdistan, a dénoncé des fraudes qui ont pénalisé quatre de ses candidats.

Si la scène politique reste polarisée sur les mêmes dossiers sensibles --que ce soit la présence des troupes américaines ou l'influence du grand voisin iranien-- les partis entameront de longues tractations pour s'accorder sur un nouveau Premier ministre. Ce poste revient traditionnellement à un musulman chiite.

Moustafa al-Kazimi n'est, lui, officiellement pas candidat à sa succession mais il continue de mettre en avant sa politique: il a annoncé lundi l'arrestation de Sami Jasim al-Jaburi, un haut responsable de l'EI recherché par les Etats-Unis.


Iran: la télévision d’État écourte l’interview du négociateur iranien

La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
  • Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures"
  • La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir

TEHERAN: La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe.

"Cette discussion a été remise à l'Organisation de la radiotélévision de la République islamique d’Iran (IRIB) plus de deux heures avant l'heure de diffusion; mais malheureusement, la diffusion a été interrompue en plein milieu", a regretté mercredi un communiqué du centre médiatique du Parlement.

Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures", a ajouté le communiqué.

La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir.

Le centre médiatique du Parlement a précisé que la partie non diffusée portait notamment sur des questions au coeur du protocole d'accord conclu le 17 juin entre Téhéran et Washington, soit les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le dégel d'avoirs iraniens et la ligne de crédit prévue de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Iran.

De nombreux partisans de l'inflexibilité face aux Etats-Unis, notamment des parlementaires conservateurs et des personnalités médiatiques, ont ces dernières semaines critiqué ce texte visant à mettre fin au conflit dans la région.

Le mois dernier, un présentateur de la télévision d’État avait appelé à la fermeture de l’aéroport de Téhéran afin que l’équipe de négociation iranienne ne puisse pas se rendre en Suisse pour discuter avec la délégation américaine.

Certains estiment qu'après la signature de cet accord, sous la médiation du Pakistan et du Qatar, l’Iran a rouvert de manière prématurée le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, sans obtenir en retour de bénéfices tangibles.

Dans la partie de l'entretien diffusée mardi, M. Ghalibaf a soutenu que l'entente avec les Américains avait permis à l’Iran de vendre son pétrole grâce à la levée, aux termes de l'accord, du blocus américain des ports iraniens.

Depuis "nous avons exporté plus de 40 millions de barils de pétrole (...) En revanche, durant les 50 à 60 jours précédents, nous avions été dans l'impossibilité totale d'exporter ne serait-ce qu'un seul baril de pétrole", a-t-il affirmé.


Netanyahu affirme depuis le sud du Liban que son armée restera tant que le Hezbollah «nous menace»

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
  • Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place
  • "Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici"

JERUSALEM: Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace".

"Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici", a-t-il affirmé à des troupes israéliennes sur place selon une vidéo diffusée par son bureau.

 


L’Arabie saoudite en tête du classement de sécurité publique du G20

Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
  • 97,7 % des habitants déclarent se sentir en sécurité en marchant seuls la nuit

RIYAD: L’Arabie saoudite occupe la première place parmi les pays du G20 dans l’Indice de sécurité 2025, selon les données de la base des indicateurs des Objectifs de développement durable des Nations unies, publiées lundi par l’Autorité générale des statistiques du Royaume.

Les résultats indiquent que 97,7 % de la population se sent en sécurité en marchant seule la nuit dans son quartier, selon l’Agence de presse saoudienne (Saudi Press Agency).

Ils montrent également que 94,9 % des femmes, 97 % des citoyens saoudiens et 97,2 % des personnes âgées de 60 à 64 ans se sentent en sécurité en marchant seules la nuit dans les zones résidentielles.

Ces résultats soulignent les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité dans l’ensemble du Royaume, a ajouté la SPA. Ils s’inscrivent dans les initiatives visant à renforcer la sécurité, la stabilité et la qualité de vie dans les secteurs économique, alimentaire, environnemental, sanitaire, social, politique, intellectuel, technologique et de cybersécurité, conformément à la Vision 2030 de l’Arabie saoudite.

L’Autorité générale des statistiques mène ses travaux selon une méthodologie unifiée basée sur le Statistical Business Process Manual, conforme aux normes statistiques internationales.

Dans un autre rapport, l’autorité a indiqué que 75,3 % de la population saoudienne a participé à des événements ou activités culturelles en 2025, reflétant une participation croissante à la vie culturelle dans le Royaume.

Ces données ont été publiées dans le cadre de l’initiative Raqam Saudi, qui met en avant les réalisations nationales, renforce la fierté nationale et les valeurs de citoyenneté, et souligne le rôle des statistiques officielles dans le suivi des progrès vers les objectifs de Vision 2030 et du développement durable. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com