Les fans célèbrent un nouveau départ pour le Newcastle United et l’Arabie saoudite

Cette photo montre l’extérieur du stade St James’ Park du club de football Newcastle United, à Newcastle, dans le nord-est de l’Angleterre, le 8 octobre 2021. (Photo d’Oli Scarff/AFP)
Cette photo montre l’extérieur du stade St James’ Park du club de football Newcastle United, à Newcastle, dans le nord-est de l’Angleterre, le 8 octobre 2021. (Photo d’Oli Scarff/AFP)
Une femme passe devant une peinture murale qui représente l’équipe de Newcastle United à Newcastle, dans le nord-est de l’Angleterre, le 8 octobre 2021. (Photo d’Oli Scarff/AFP)
Une femme passe devant une peinture murale qui représente l’équipe de Newcastle United à Newcastle, dans le nord-est de l’Angleterre, le 8 octobre 2021. (Photo d’Oli Scarff/AFP)
Un supporter de l’équipe de Newcastle United brandit un drapeau au-dessus du logo du club dans le stade St James’ Park de Newcastle, dans le nord-est de l’Angleterre, le 8 octobre 2021. (Photo d’Oli Scarff/AFP)
Un supporter de l’équipe de Newcastle United brandit un drapeau au-dessus du logo du club dans le stade St James’ Park de Newcastle, dans le nord-est de l’Angleterre, le 8 octobre 2021. (Photo d’Oli Scarff/AFP)
Les supporters du Newcastle United célèbrent la vente du club à un consortium dirigé par l’Arabie saoudite devant le stade St James’ Park de Newcastle, dans le nord-est de l’Angleterre, le 8 octobre 2021. (Photo d’Oli Scarff/AFP)
Les supporters du Newcastle United célèbrent la vente du club à un consortium dirigé par l’Arabie saoudite devant le stade St James’ Park de Newcastle, dans le nord-est de l’Angleterre, le 8 octobre 2021. (Photo d’Oli Scarff/AFP)
Yasir al-Rumayyan, directeur du Fonds public d’investissement (PIF). (Photo de Fayez Nureldine/AFP)
Yasir al-Rumayyan, directeur du Fonds public d’investissement (PIF). (Photo de Fayez Nureldine/AFP)
La nouvelle directrice de Newcastle United, Amanda Staveley (à droite), et son mari Mehrdad Ghodoussi accordent un entretien aux médias, le 8 octobre 2021, après le rachat du club. (Photo d’Oli Scarff/AFP)
La nouvelle directrice de Newcastle United, Amanda Staveley (à droite), et son mari Mehrdad Ghodoussi accordent un entretien aux médias, le 8 octobre 2021, après le rachat du club. (Photo d’Oli Scarff/AFP)
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Publié le Lundi 11 octobre 2021

Les fans célèbrent un nouveau départ pour le Newcastle United et l’Arabie saoudite

  • «Nous avons retrouvé notre club», entonnent les supporters devant le St James’ Park
  • Le Fonds public d’investissement (PIF) – fonds souverain saoudien –, le PCP Capital Partners d’Amanda Staveley et les frères Reuben ont finalisé le rachat du club

DUBAÏ: Tout semblait en place: les cotillons, les chips, la baignade, les canettes… Et soudain, plus rien. La fête a été annulée.

Mais, dix-huit mois plus tard, la plus grande célébration vécue par la ville de Newcastle depuis bien des années en est à son cinquième jour, et rien ne semble pouvoir ralentir sa course effrénée.

Le mandat de quatorze ans de Mike Ashley en tant que propriétaire de Newcastle United a pris fin après que le Fonds public d’investissement (PIF) – fonds souverain saoudien –, le PCP Capital Partners d’Amanda Staveley et les frères Reuben ont finalisé le rachat du club, tant retardé, à hauteur de 410 millions de dollars (plus de 354 millions d’euros).

La fête est donc de retour. Affirmer que les fans des Geordies (l’un des surnoms du club, NDLR) ont empêché leurs voisins de dormir serait un euphémisme.

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Les supporters de Newcastle United célèbrent la vente du club à un consortium dirigé par l’Arabie saoudite devant le stade St James’ Park de Newcastle, dans le nord-est de l’Angleterre, le 8 octobre 2021. (Photo d’Oli Scarff/AFP)

 

«Nous avons retrouvé notre club», entonnent les supporters devant le St James’ Park, brandissant des drapeaux saoudiens. «Nous reprenons espoir», écrit pour sa part Alan Shearer, sans doute le meilleur joueur de l’histoire du club, sur Twitter.

À l’autre bout du monde, les supporters du club du Moyen-Orient se montrent tout aussi enthousiastes.

L’animateur radio Peter Redding, qui vit aujourd’hui à Dubaï, a longtemps détenu une carte d’abonnement pour les matchs de la saison de Newscastle. Il est parvenu à mettre des mots sur ce que beaucoup ressentent.

«Après avoir été témoins de moments passionnants et exaltants sous le règne de Kevin Keegan, la plupart des fans de Newcastle et moi-même nous sommes sentis impuissants lors des quatorze années de la période Mike Ashley», indique-t-il. «Newcastle United est la pierre angulaire de la ville, tant au niveau physique que mental. On parle de lui tout le temps.»

«Que le club se trouve entre les mains de nouveaux propriétaires qui partagent cette passion et affichent une vision claire est quelque chose d’extrêmement exaltant. D’abord, ils nous ont rendu notre club et, à en juger par les célébrations qui ont suivi l’annonce, ce n’est qu’un début pour Newcastle et l’Arabie saoudite», confie-t-il encore.

Entre 2001 et 2005, Joe Morrison a vécu une vie dont rêveraient la plupart des fans de Newcastle: pendant trois ans, il a été le responsable des médias au sein du club, lorsque Sir Bobby Robson puis Graeme Souness furent les entraîneurs de cette équipe mythique. Discuter avec les entraîneurs et les joueurs, observer les séances d’entraînement, assister aux matchs faisaient partie du quotidien de cet homme qui était toujours placé au cœur de l’action.

Aujourd’hui, Joe Morrison est un présentateur de télévision bien connu au Moyen-Orient et en Asie. Il se souvient avec émotion de cette période heureuse.

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Une femme passe devant une peinture murale qui représente l’équipe de Newcastle United à Newcastle, dans le nord-est de l’Angleterre, le 8 octobre 2021. (Photo d’Oli Scarff/AFP)

«Quand j’y étais, nous avions participé à la Ligue des champions. Depuis, nous n’avons plus jamais été qualifiés. Voilà qui met en évidence le déclin du club. Même avant Bobby Robson, nous avions participé à des campagnes européennes. C’est une véritable perte que tout s’arrête ainsi du jour au lendemain», déclare-t-il.

Ces jours heureux pourraient bientôt revenir.

«C’était la dernière période de succès du club. Après Sir Bobby, Newcastle United a perdu son lustre», déplore-t-il.

En 2005, M. Morrison emménage au Moyen-Orient et devient présentateur de la Premier League sur la nouvelle chaîne lancée par ART (Arab Radio and Television Network, NDLR). Depuis, il a pu assister au développement de la culture du football dans cette partie du monde. Une chose, cependant, demeure inchangée.

«Comment recruter les meilleurs joueurs du monde dans votre équipe? Il faut avoir beaucoup d’argent, c’est aussi simple que cela.»

Pour M. Morrison, la première chose à faire est de désigner un nouvel entraîneur.

«Quelqu’un comme Zinédine Zidane», lance-t-il. «Pourquoi? Parce que c’est un entraîneur de renommée mondiale. Quand vous ne participez pas à la Ligue des champions, il est nécessaire d’avoir un bon entraîneur. Quelqu’un pour qui les joueurs seraient prêts à se battre. Quelqu’un qu’ils connaissent et qu’ils apprécient. En ce moment, Zidane coche toutes ces cases», ajoute-t-il.

Le fait d’avoir à attendre jusqu’au mois de janvier pour consolider l’équipe n’est pas une mauvaise chose, selon M. Morrison, puisque cela permettra aux nouveaux propriétaires de prendre leur temps et de recruter les bons joueurs.

«Ce serait fabuleux d’avoir quelqu’un comme Jan Oblak, le gardien de but de l’Atlético de Madrid», affirme-t-il. «Et, au poste d’attaquant, un Harry Kane, si imprévisible, ce serait parfait. Il n’a peut-être pas été autorisé à quitter les Spurs l’été dernier, mais je suis sûr qu’on lui permettra de partir, peut-être même dès le mois de janvier prochain. Renforcer la défense, ne pas encaisser de buts et s’assurer d’en marquer: tels sont les enjeux les plus urgents pour tout nouveau propriétaire.»

Pour Mohsin Khan, un fan de Newcastle qui vit à Dubaï, l’aspect le plus important du rachat est le départ de l’ancien propriétaire.

 

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La nouvelle directrice de Newcastle United, Amanda Staveley (à droite), et son mari Mehrdad Ghodoussi accordent un entretien aux médias le 8 octobre 2021, après le rachat du club. (Photo d’Oli Scarff/AFP)

«Le sentiment dominant est le soulagement. Pour moi, le plus important est de se débarrasser de Mike Ashley», déclare M. Khan.

Il accepte l’idée que les fans d’autres clubs soient «envieux» et espère que le club se développera de façon «organique» grâce à des investissements consacrés à la rénovation du stade et des environs, ainsi qu’à la création d’emplois, et pas seulement à l’achat de joueurs.

M. Khan estime que ce n’était qu’une question de temps pour l’entraîneur du Newcastle, Steve Bruce, sans même parler de ce rachat, et que le moment est venu de le remplacer par quelqu’un qui a vraiment l’ambition de faire progresser l’équipe.

«Plusieurs noms ont été mentionnés, comme [Antonio] Conte, mais ce dernier a expliqué qu’il ne souhaitait pas faire partie d’un projet à un stade aussi précoce, donc je ne lui accorde aucune importance. Ce genre de personnalité ne m’intéresse pas», décrète M. Khan, qui serait heureux de voir un entraîneur prometteur à la tête de son équipe préférée.

«Quelqu’un comme Graham Potter, [l’entraîneur] de Brighton, par exemple. Je pense qu’il fait un excellent travail. Ou encore Steven Gerrard», suggère-t-il. «Il possède les compétences nécessaires. Évidemment, les Rangers ne sont pas en Premier League, mais ferait sûrement un entraîneur intéressant. Et peut-être qu’il faudrait justement un entraîneur tel que lui pendant cette phase précoce au cours de laquelle nous essayons de développer le club.»

Et, en ce qui concerne un nom plus connu encore, son premier choix aurait été, dans l’idéal, une personne qui a toujours été adorée à Newcastle.

«Peut-être que, à ce stade, il nous faut un entraîneur chevronné pour attirer des joueurs, donc Rafa [Benitez] aurait constitué le choix idéal, mais il est malheureusement trop tard.»

M. Khan révèle que des fans s’amusent à lancer des appels au recrutement de joueurs comme Kylian Mbappé ou Neymar.

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Défenseur anglais de Newcastle United, Jamaal Lascelles (au centre) effectue une tête lors du match de Premier League qui opposait le club au Leeds United, le 17 septembre 2021. (Photo de Lindsey Parnaby/AFP)

«Les fans de Newcastle sont suffisamment intelligents pour savoir que les joueurs recrutés seront expérimentés et intéressants, mais pas de ce calibre non plus», indique-t-il. «Peut-être que [Philippe] Coutinho sera notre seule véritable star. Sinon, ce serait formidable de recruter des joueurs qui ont une expérience en Premier League, comme James Tarkowski, qui joue au Burnley FC. Nous avons besoin de quelques défenseurs et d’un attaquant. J’aimerais aussi que Jonjo Shelvey soit remplacé, car je ne suis pas très fan de lui.»

Né au Royaume-Uni, M. Khan a grandi à Abu Dhabi avant de retourner dans son pays d’origine pendant l’adolescence. Il est alors est tombé amoureux de l’équipe de Newcastle entraînée par Kevin Keegan dans le milieu des années 1990, et en particulier de l’attaquant Andy Cole. En 2018, il emménage à Dubaï et découvre à quel point le football anglais est populaire dans cette région.

«J’ai été extrêmement surpris de constater que le football occupait une place aussi importante», confie-t-il. «Quand je me suis installé ici pour la première fois, pendant la Coupe du monde, il y a trois ans, il était extraordinaire de voir l’engouement de tous pour le football. Si Newcastle peut devenir l’un des candidats au titre, beaucoup plus de personnes soutiendront cette équipe. C’est un grand club. Je serais vraiment ravi de voir plus de fans exhiber leurs maillots de Newcastle d’ici à un an.»

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


L’art de vivre français revisité à Dubaï, signé CQ French Brasserie

Un jardin-orangerie inspiré des jardins français, signature du nouveau CQ French Brasserie à Dubaï. (Photo: Arab News en français)
Un jardin-orangerie inspiré des jardins français, signature du nouveau CQ French Brasserie à Dubaï. (Photo: Arab News en français)
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  • CQ French Brasserie offre une vision contemporaine de la cuisine française à Dubaï, mêlant patrimoine culinaire, exigence de qualité et convivialité intergénérationnelle
  • Avec son nouveau lieu et son modèle d’hospitalité sans contraintes, le restaurant propose une expérience accessible et durable, centrée sur le service et le partage

​​​​​​DUBAÏ: À Dubaï, où la restauration oscille souvent entre extravagance et formalisme, CQ French Brasserie trace une voie singulière : celle d’une cuisine française enracinée dans la culture, ouverte à tous et portée par une obsession assumée de la qualité. Derrière ce projet, Ziad Kamel, fondateur et directeur de Rosy Hospitality, revendique plus de vingt ans d’expérience et une vision claire : faire de la brasserie française un lieu de convivialité intergénérationnelle, accessible et sincère.

« CQ signifie Consistent Quality », explique-t-il. « C’est la philosophie qui nous a permis de réussir : une qualité constante dans la cuisine, le service, l’expérience et même dans le beurre et la baguette. »

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Des huîtres françaises issues de fermes familiales aux légumes de saison cultivés localement, CQ privilégie une sélection rigoureuse de produits via des distributeurs certifiés. (Photo: Arab News en français)

Une cuisine française ancrée dans le patrimoine… et dans son époque

Chez CQ, la carte rend hommage aux grands classiques de la culture culinaire française : soupe à l’oignon, steak frites, escargots, foie gras, baguette et beurre de caractère. « Ce sont des plats qui appartiennent à une culture. La France a fait un travail remarquable pour les préserver », souligne Ziad Kamel.

Mais loin d’un exercice nostalgique, la brasserie adapte cette tradition à la réalité cosmopolite de Dubaï. Le menu s’élargit pour accueillir végétariens, pescatariens et amateurs de viande, tout en restant fidèle à son ADN français. « Nous avons voulu une brasserie pour les amis et la famille, où chacun trouve sa place, quelle que soit sa culture », ajoute-t-il.

Le nouveau lieu : un jardin français “sur mesure”

Ouverte en janvier 2026, la deuxième adresse de CQ French Brasserie marque une nouvelle étape. Pensée “sur mesure” pour son quartier, elle prolonge l’âme de l’établissement de JLT tout en affirmant une identité forte. Sa signature : un jardin-orangerie, inspiré des jardins français.

« Nous ne parlons pas de terrasse, mais de “jardin”. C’est une orangerie inversée, utilisable toute l’année », raconte le fondateur. Un projet ambitieux, fruit de six mois de travaux et de deux ans de réflexion, transformant un ancien espace en véritable cœur du restaurant.

Une expérience fondée sur l’hospitalité

CQ se distingue également par son modèle opérationnel, à contre-courant des standards de nombreux restaurants à Dubaï : pas de créneau horaire imposé ni de dress code, entre autres. « Nous sommes une brasserie humble. Vous pouvez rester six heures si vous le souhaitez. Nous voulons que les gens se sentent chez eux », affirme Ziad Kamel.

Cette philosophie se reflète dans une proposition de valeur assumée : une cuisine de haute qualité à des prix accessibles, avec un ticket moyen autour de 250 AED, boissons incluses. Une démarcation dans un marché dominé par des concepts haut de gamme.

La qualité comme fil conducteur

Des huîtres françaises issues de fermes familiales aux légumes de saison cultivés localement, CQ privilégie une sélection rigoureuse de produits via des distributeurs certifiés. « Tout ce que nous faisons vise à préserver la qualité, sans compromis, tout en restant accessibles », insiste-t-il.

Livraison, menus saisonniers et programmes hebdomadaires emblématiques (steak frites, moules-frites, gentlemen’s menu) : chaque détail renforce la cohérence du concept.

Au final, CQ French Brasserie n’est pas seulement un restaurant. C’est une déclaration : celle d’une cuisine française vivante, généreuse et profondément humaine, pensée pour durer et rassembler.

Un groupe multi-concepts

Aux côtés de son épouse Rawan, Ziad Kamel pilote Rosy Hospitality, garantissant stratégie, cohérence et gestion efficace de ses restaurants et concepts innovants.

Rosy Hospitality ne se limite pas à CQ French Brasserie. Le groupe possède également Girl & the Goose, un restaurant latino-américain situé à l’Anantara Downtown Dubai Hotel, ainsi que Butter by the Dozen, une marque dédiée aux cookies en livraison.


Un nouveau livre explore 12 chefs-d’œuvre de l’art du manuscrit islamique à travers les siècles

« Illuminated » par William Greenwood. (Fourni)
« Illuminated » par William Greenwood. (Fourni)
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  • William Greenwood évoque son nouveau livre consacré à une douzaine de manuscrits islamiques d’exception

DUBAÏ : Un nouveau livre consacré à 12 manuscrits islamiques extraordinaires vient d’être publié, avec pour ambition de rendre ces chefs-d’œuvre richement illustrés accessibles au plus grand nombre.

Intitulé « Illuminated: Art, Knowledge, and Wonder in Twelve Islamic Manuscripts » et publié par Empty Quarter Press, l’ouvrage présente une sélection de douze des plus beaux manuscrits jamais produits. Parmi eux figurent des classiques arabes médiévaux tels que Maqamat al-Hariri, Kalila wa Dimna, Aja’ib Al-Makhluqat Wa Ghara’ib Al-Mawjudat et Kitab Al-Diryaq, ainsi que des œuvres spectaculaires issues des mondes timouride, safavide et moghol, du XIIIe au XVIIe siècle.

Son auteur, William Greenwood, est spécialiste de l’art et de la culture islamiques. Les manuscrits présentés étaient conçus à la fois comme des réceptacles de savoir et comme des objets artistiques à part entière. Des traités médicaux aux cartes célestes, de la poésie épique aux fables, chacun reflète la richesse et la diversité des traditions intellectuelles et artistiques du monde islamique.

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« Maqamat Al Hariri » (vers 1236-1237). (Fourni)

Pour Greenwood, qui a travaillé plus de dix ans comme conservateur — dernièrement au Zayed National Museum d’Abou Dhabi — ces manuscrits sont importants pour plusieurs raisons. D’abord, ce sont des œuvres d’art remarquables. Ensuite, chacun constitue « un instantané de l’époque de sa création, tant par son style artistique et son contenu que par son contexte historique ».

Le premier chapitre du Kitab al-Diryaq, par exemple, est attribué à Mossoul au milieu du XIIIe siècle et « vise clairement à glorifier le souverain », explique Greenwood. Kitab Suwar al-Kawakib al-Thabita, copié au XVe siècle à Samarcande, témoigne de l’essor des sciences durant la Renaissance timouride, tandis que le Hamzanama, réalisé dans l’Inde du XVIe siècle, marque l’émergence d’un style pictural proprement moghol.

« La troisième raison, poursuit-il, est que, aussi belles que soient les peintures et les enluminures, elles sont presque toujours destinées à magnifier des textes qui sont en eux-mêmes remarquables — qu’il s’agisse d’épopées nationales comme le Shahnameh, d’ouvrages encyclopédiques comme Aja’ib al-Makhluqat, ou de démonstrations de virtuosité linguistique telles que les Maqamat d’Al-Hariri. »

Enfin, ces manuscrits constituent, selon lui, « des témoignages remarquables d’un monde islamique multiculturel et cosmopolite, capable d’absorber, de raffiner et de repenser des influences aussi diverses que les fables indiennes ou l’astronomie classique pour en faire un ensemble cohérent et distinctement “islamique” ».

L’intérêt de Greenwood pour les manuscrits enluminés a été éveillé par une copie mamlouke du milieu du XIVe siècle de Sulwan al-Muta’ fi ‘Udwan al-Atba’, qu’il a découverte alors qu’il travaillait au Musée d’art islamique de Doha.

« Il s’agit de la seule copie médiévale illustrée de ce texte, probablement réalisée pour un mécène royal », explique Greenwood, qui a également travaillé au British Museum de Londres. « Le mélange d’éléments byzantins, persans et chinois dans les peintures correspondait parfaitement à mon intérêt pour les échanges interculturels. Le texte appartient au genre des “miroirs des princes”, destiné à conseiller les souverains — un type d’écriture fondamental, également représenté dans Illuminated par une copie mamlouke du début du XIVe siècle de Kalila wa Dimna. »

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« Kalila wa Dimna » (vers 1310). (Fourni)

Cependant, ce n’est pas une découverte isolée qui l’a poussé à écrire ce livre, mais le constat progressif que, bien que le grand public s’intéresse aux manuscrits islamiques illustrés et enluminés, il existe peu d’ouvrages de synthèse accessibles.

« Il existe de nombreuses publications très spécialisées consacrées soit à des manuscrits précis, soit à certains éléments décoratifs, mais peu de livres destinés à un public curieux mais non universitaire. Il était aussi stimulant de rassembler, dans un même ouvrage, des peintures issues de manuscrits très différents. Cela permet de suivre l’évolution des styles et des idées du XIIIe au XVIIe siècle, ce qui est particulièrement utile pour les non-spécialistes. »

Le résultat est un livre richement illustré, conçu pour un large public. À la fois célébration des traditions artistiques du livre islamique et invitation à en découvrir la beauté et les trésors, Illuminated réunit art islamique, savoir et récit dans une forme accessible et attrayante.

« J’espère que le fait de voir ces œuvres réunies dans une même publication ouvrira les yeux des lecteurs sur leur caractère exceptionnel », conclut Greenwood. « Ce livre s’adresse vraiment à tout le monde, et s’il suscite un intérêt plus large pour les manuscrits présentés, il aura déjà une valeur unique. Toutes ces œuvres sont liées, d’une manière ou d’une autre, à la transmission du savoir et de la sagesse, et si ce livre peut contribuer à les diffuser un peu plus, alors il aura pleinement rempli sa mission. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Tarboosh Jedde Maallak : une histoire d’amour libanaise entre mémoire et diaspora

Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
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  • Tarboosh Jedde Maallak arrive à Dubaï pour une représentation unique, après avoir rempli plus de 25 salles au Liban
  • À travers le destin croisé de ses personnages, la pièce offre une réflexion sensible sur la diaspora libanaise et le lien profond avec la terre natale

​​​​​​DUBAÏ: Après une tournée exceptionnelle de plus de 25 représentations à guichets fermés au Liban, la pièce théâtrale Tarboosh Jedde Maallak s’apprête à rencontrer le public de Dubaï pour une représentation très attendue.

Écrite par Marwa Khalil et Riad Chirazi (également auteurs de la pièce Mafroukeh), qui signe aussi la mise en scène, la production met en scène le comédien et stand-uppeur Junaid Zeineddine, aux côtés de l’actrice Marwa Khalil. Ensemble, ils livrent une pièce à la fois touchante et teintée d’humour, explorant l’amour, la perte et la quête d’identité.

Mêlant romance et regard socio-politique acéré, la pièce aborde les thèmes du départ et du retour, des promesses brisées, de l’amour qui persiste malgré le chaos, ainsi que de la nostalgie et de la mémoire collective.

L’histoire se déroule sur fond de l’histoire mouvementée du Liban, de 1980 à 2025. Elle suit deux personnages principaux dont les trajectoires divergent profondément. Hala, contrainte de quitter son pays, traverse Paris, Montréal et Dubaï, incarnant l’expérience de la diaspora libanaise tout en portant en elle le poids émotionnel de sa terre natale. Ibrahim, quant à lui, choisit de rester au Liban, ancré dans un pays marqué par la lutte, la résilience et l’espoir.

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Sur scène, l’émotion et l’humour se mêlent dans Tarboosh Jedde Maallak. (Photo: fournie)

Leur histoire d’amour devient un miroir sensible de l’impact des bouleversements nationaux sur les relations intimes, offrant une réflexion poignante sur l’appartenance, l’identité et le coût émotionnel de l’instabilité politique et sociale. Avec finesse et tendresse, Tarboosh Jedde Maallak évoque les souvenirs partagés d’une génération tout en touchant à des expériences universelles de séparation et de manque.

À Dubaï, la pièce sera présentée lors de deux représentations à 19h et 21h30, offrant au public une occasion de découvrir une œuvre qui a marqué les spectateurs arabophones de la région.

Présentée par Bayroute Events et BYL Events, en collaboration avec Art For All, cette soirée promet d’attirer les passionnés de théâtre, les membres de la diaspora libanaise et les amateurs de théâtre arabe contemporaine.

Véritable hommage à l’esprit humain libanais, Tarboosh Jedde Maallak s’annonce comme une pièce, émouvante et profondément culturelle.