Front uni Pologne-Hongrie contre l’UE devant la justice européenne

Les craintes d'un "Polexit" a poussé des dizaines de milliers de Polonais à manifester dimanche leur soutien à l'UE. (Photo, AFP)
Les craintes d'un "Polexit" a poussé des dizaines de milliers de Polonais à manifester dimanche leur soutien à l'UE. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 12 octobre 2021

Front uni Pologne-Hongrie contre l’UE devant la justice européenne

  • La décision sans précédent du tribunal constitutionnel polonais statuant la primauté du droit national sur le droit européen suscite des craintes d’un «Polexit»
  • Les deux pays risquent d’être privés de fonds européens, indispensables pour la reprise, s’ils ne respectent pas les principes de l’Etat de droit définis par l’union
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Le président hongrois Janos Ader (à droite) accueillant le président polonais Andrzej Duda au palais présidentiel de Budapest, en Hongrie, lors d'une visite officielle le 9 septembre 2021. (Photo, AFP)

 

LUXEMBOURG : La Hongrie et la Pologne ont fait front commun lundi devant la justice de l'UE pour attaquer un mécanisme qui pourrait les priver de fonds européens, sur fond de montée de tension entre Bruxelles et Varsovie.

Le dispositif que contestent les deux pays est inédit. Il permet de suspendre ou réduire le versement de fonds européens à un Etat en cas de violations des principes de l'Etat de droit (lutte insuffisante contre les conflits d'intérêts, manque d'indépendance de la justice...) portant atteinte ou risquant de porter atteinte aux intérêts financiers de l'UE.

Traduits à plusieurs reprises devant la Cour de justice de l'UE (CJUE) à Luxembourg pour de telles atteintes, Budapest et Varsovie sont cette fois les initiateurs du recours contre les institutions européennes.

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Le siège de la Cour de justice de l'UE (CJUE) à Luxembourg. (Photo, AFP)

 

La Pologne a réclamé l'annulation pure et simple du nouveau dispositif, arguant que l'UE devait s'en tenir aux dispositions des traités pour contrôler le respect de l'Etat de droit.

Sa représentante, Sylwia Zyrek, a en outre contesté la légitimité même de la Cour de Luxembourg, arbitre ultime en cas de conflit entre les Vingt-Sept et les institutions de l'UE, en raison du mode de désignation de ses juges par les Etats, qui "s'écarte du principe de séparation des pouvoirs".

Pour la Hongrie, Miklos Zoltan Feher a rejeté tout lien entre violations de l'Etat de droit et budget de l'UE, qui "doivent être examinés séparément".

Fruit d'un difficile compromis lors de l'adoption du budget à long terme de l'UE fin 2020 et réclamé de longue date par les pays "frugaux", Pays-Bas en tête, ce "mécanisme de conditionnalité" n'a toujours pas été utilisé, malgré la forte pression des eurodéputés sur la Commission européenne.

"Le respect de l'Etat de droit est une condition essentielle à la bonne gestion financière", a défendu le représentant du Parlement européen, Tamas Lukacsi, soulignant que le dispositif vise "à protéger le budget de l'Union", qui s'élève à plus de 1000 milliards d'euros sur 7 ans.

Varsovie et Budapest, qui font partie des pays potentiellement menacés par ce mécanisme de "conditionnalité", en raison de leurs démêlés récurrents avec l'UE sur l'Etat de droit, ont saisi en mars la justice européenne pour le faire annuler.

Paradoxe de la situation, l'audience se tient quelques jours après un arrêt de la plus haute juridiction polonaise - proche du parti nationaliste conservateur au pouvoir dans ce pays - en forme de déclaration de guerre à la primauté du droit européen et à la compétence de la Cour de justice de l'UE.

L'arrêt polonais "souligne l'urgence qu'il y a pour le législateur européen d'exiger le respect des règles du jeu sur lesquelles repose l'UE", a estimé devant la CJUE la représentante du Danemark, Vibeke Pasternak Jorgensen.

Les Etats membres avaient accepté en décembre d'attendre l'avis de la CJUE sur ce mécanisme avant que la Commission européenne n'y ait recours.

Les eurodéputés ont menacé de poursuivre la Commission si elle n'enclenche pas rapidement cette procédure, qui comporte plusieurs étapes et devra être validée par les Etats membres à la majorité qualifiée avant de se traduire éventuellement par une suspension ou une réduction des financements.

Sous leur pression, la Commission pourrait lancer la première étape dans les prochaines semaines, selon des sources européennes.

La décision de la CJUE, qui a prévu deux jours d'audience, ne sera pas rendue avant plusieurs mois.

La décision sans précédent du tribunal constitutionnel polonais, qui a jugé jeudi dernier certains articles des traités de l'UE incompatibles avec la Constitution nationale, a suscité des craintes de "Polexit" et poussé des dizaines de milliers de Polonais à manifester dimanche leur soutien à l'UE.

Dans ce contexte, le coup de tonnerre provoqué par la cour polonaise risque encore de retarder l'approbation du plan de relance de Varsovie (36 milliards d'euros). Celui de la Hongrie est aussi en suspens, en raison d'inquiétudes de Bruxelles sur la lutte anticorruption et la transparence sur la passation des marchés publics.

 


Christine Lagarde appelle les dirigeants européens à "agir" pour la compétitivité de l'UE

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, s’exprime lors d’une conférence de presse sur la politique monétaire de la zone euro, au siège de la banque centrale à Francfort-sur-le-Main, dans l’ouest de l’Allemagne, le 30 avril 2026. (AFP)
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, s’exprime lors d’une conférence de presse sur la politique monétaire de la zone euro, au siège de la banque centrale à Francfort-sur-le-Main, dans l’ouest de l’Allemagne, le 30 avril 2026. (AFP)
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  • Christine Lagarde a exhorté les dirigeants européens à agir rapidement pour renforcer la compétitivité de l’UE, en s’appuyant sur les recommandations du rapport de Mario Draghi
  • Le rapport Draghi souligne les faiblesses structurelles de l’Europe : marché unique inachevé, fragmentation énergétique et financière, bureaucratie excessive et manque d’intégration face à la concurrence des États-Unis et de la Chine

BERLIN: La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) à appelé mercredi les dirigeants européens à "agir" pour la compétitivité de l'Union européenne (UE), citant le "diagnostic" de son prédécesseur Mario Draghi, qui doit recevoir jeudi le prix Charlemagne 2026.

"Son rapport sur la compétitivité européenne – pour lequel il reçoit ce prix – a mis en évidence les faiblesses de l’Europe avec une précision déconcertante : un marché unique encore inachevé ; des marchés de l’énergie trop fragmentés ; des marchés des capitaux trop segmentés ; des industries de défense toujours divisées selon des clivages nationaux", a t-elle déclaré dans un discours prononcé au diner précédent la remise du prix et reçu en avance par l'AFP.

"Cette responsabilité incombe aux dirigeants européens. Ce sont eux qui doivent agir suivant le diagnostic de Mario", a-t-elle ajouté, citant son prédécesseur, qui a dirigé la BCE de 2011 à 2019.

Largement crédité d'avoir sauvé l'euro de l'effondrement après avoir promis en 2012 de faire "tout ce qu'il faudra" pour soutenir la monnaie unique au plus fort de la crise de la dette dans la zone euro, Mario Draghi a depuis exhorté l'UE à approfondir son intégration économique pour mieux rivaliser avec les États-Unis et la Chine.

Dans son rapport phare de 2024 sur la compétitivité prônant des "réformes radicales" au sein de l'UE, M. Draghi avait formulé 383 recommandations, appelant à une réglementation commune des marchés de capitaux du continent et à une réduction globale de la bureaucratie pour les entreprises.

"Les États-Unis et la Chine sont entrés dans une nouvelle ère de stratégie industrielle et de concurrence géopolitique – exacerbée par les guerres tarifaires et les batailles autour des terres rares – et tout cela au milieu de la pire crise énergétique jamais enregistrée", a alerté Mme Lagarde.

Et "l’Europe se retrouve désormais dans un monde bien moins indulgent", a-t-elle ajouté.

Le prix Charlemagne avait été créé en 1949 pour promouvoir la construction européenne, après les destructions de la Seconde guerre mondiale.

Parmi les lauréats précédents figurent le pape François, Volodymyr Zelensky et le peuple ukrainien, ainsi que le chef de l'État français Emmanuel Macron et l'ancien président tchèque et dissident anticommuniste Václav Havel.


Au sommet des grandes puissances, Xi prévient Trump du risque de "conflit" sur Taïwan

Le président chinois Xi Jinping, à droite, serre la main du président américain Donald Trump au Grand Palais du Peuple à Pékin, le 14 mai 2026. (Photo Pool via AP)
Le président chinois Xi Jinping, à droite, serre la main du président américain Donald Trump au Grand Palais du Peuple à Pékin, le 14 mai 2026. (Photo Pool via AP)
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  • Xi Jinping a averti Donald Trump qu’une mauvaise gestion de la question de Taïwan pourrait provoquer de graves tensions, voire un conflit, entre la Chine et les États-Unis
  • Malgré les différends commerciaux et géopolitiques, les deux dirigeants ont affiché une volonté de stabilité et de coopération économique, notamment via l’ouverture accrue du marché chinois aux entreprises américaines

PEKIN: Le président Xi Jinping a prévenu jeudi son homologue Donald Trump que la Chine et les Etats-Unis pourraient entrer en "conflit" si Washington gérait mal la question de Taïwan, dès les premiers instants d'un sommet dont l'île est annoncée comme un des enjeux.

Sur un mode plus conciliant, M. Xi a promis aux premières heures de ce sommet aux enjeux globaux d'ouvrir davantage son pays aux entreprises étrangères, y compris américaines.

En dehors de propos faisant assaut de cordialité devant les caméras au début des entretiens, M. Trump est resté discret à l'entame du séjour sur fond de désaccords multiples et de tensions globales généralisées. Il a promis un "avenir fabuleux" aux relations entre Etats-Unis et Chine.

Les propos de M. Xi sur Taïwan rapportés par la télévision d'Etat alors que les discussions avec M. Trump étaient toujours en cours ont détonné.

"La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays (Chine et Etats-Unis) pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit", a déclaré M. Xi, employant un mot en mandarin ne signifiant pas nécessairement conflit militaire.

La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique mais se réserve la possibilité de recourir à la force.

- Tapis rouge -

La politique américaine sur Taïwan repose sur un soutien militaire robuste à l'île, sans reconnaissance à part entière ni soutien ouvert aux velléités d'indépendance.

"La partie américaine a réaffirmé à plusieurs reprises son soutien clair et ferme à Taïwan", a réagi la porte-parole du gouvernement taïwanais, Michelle Lee.

La question de Taïwan est l'un des sujets de crispation qui abondent à l'ouverture du sommet: relations commerciales, guerre avec l'Iran, accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle... autant de querelles aux prolongements internationaux.

Au-delà du caractère exceptionnel de la visite, la première d'un président américain depuis celle que M. Trump avait lui-même effectuée en 2017, le sommet est largement présenté comme l'occasion pour les deux parties de maintenir une certaine stabilité entre les deux premières puissances économiques mondiales et de ne pas envenimer les crises existantes.

M. Xi a déroulé le tapis rouge à Donald Trump à son arrivée au monumental Palais du Peuple, haut lieu du pouvoir jouxtant au coeur de la capitale l'immense place Tiananmen pavoisée aux couleurs chinoises et américaines.

Après avoir passé en revue une garde militaire au son d'une salve de canons, puis salué une foule d'enfants portant des fleurs et agitant les drapeaux des deux pays en scandant "bienvenue, bienvenue, chaleureuse bienvenue!", MM. Xi et Trump sont rapidement entrés dans le dur des sujets qui fâchent.

- "Stabilité" -

Avant que les portes ne se referment sur les journalistes pour deux heures et quart d'entretiens, M. Trump, qui croit fort dans les relations personnelles entre puissants et affirme sa proximité avec M. Xi, a proclamé son "honneur d'être à (ses) côtés" et "l'honneur d'être (son) ami".

"Les relations entre la Chine et les Etats-Unis vont être meilleures que jamais", a-t-il dit. "Nous allons avoir ensemble un avenir fabuleux", a-t-il renchéri.

M. Trump n'a évoqué spécifiquement aucune des querelles du moment, se concentrant sur les affaires qu'il espère voir réaliser par les nombreux chefs d'entreprise qui l'ont accompagné.

En haut de la liste de voeux de Washington figurent des accords dans le domaine de l'agriculture par exemple et peut-être la confirmation d'une commande massive d'avions auprès de Boeing.

M. Trump espère aussi en la promesse d'investissements chinois aux Etats-Unis.

"La porte de l'ouverture de la Chine continuera de s'ouvrir toujours plus grand", a dit le président chinois aux patrons américains, selon un média d'Etat, répondant à un appel en ce sens de M. Trump cette semaine.

Pékin a insisté à l'approche du sommet sur sa quête de "stabilité". MM. Xi et Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une "relation de stabilité statégique constructive", ont dit les Affaires étrangères chinoises.

Les deux superpuissances se sont livré en 2025 une farouche guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples, dès après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

- "Pas des rivaux" -

MM. Xi et Trump ont conclu en octobre une trêve dont les suites devraient figurer parmi les sujets de discussion du sommet. Le sommet a été précédé de consultations commerciales en Corée du Sud. Elles ont eu des "résultats généralement équilibrés et positifs", a dit Pékin.

Depuis octobre, la Chine ressent directement l'impact d'autres politiques conduites par M. Trump, au Venezuela et plus encore en Iran.

"Nous devons être des partenaires, pas des rivaux", a dit M. Xi à M. Trump.

Selon le gouvernement américain, Donald Trump entend faire pression pour que la Chine, un partenaire stratégique et économique primordial de l'Iran - elle est le principal pays importateur de son pétrole - use de son influence en vue d'une sortie de crise dans le Golfe.

Les deux présidents ont discuté de la situation au Moyen-Orient, en Ukraine et sur la péninsule coréenne, ont indiqué les Affaires étrangères chinoises sans plus de précision.


Trump arrive en Chine pour un sommet de grandes puissances aux lourds enjeux

Trump a atterri à bord d’Air Force One à l’aéroport international de Pékin-Capitale à 19h50. (REUTERS)
Trump a atterri à bord d’Air Force One à l’aéroport international de Pékin-Capitale à 19h50. (REUTERS)
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  • Donald Trump est arrivé en Chine pour un sommet crucial avec Xi Jinping, abordant des tensions majeures sur le commerce, Taïwan, l’intelligence artificielle et la guerre en Iran
  • Les deux puissances cherchent un équilibre fragile entre coopération et rivalité, dans un contexte de guerre commerciale, de pressions économiques internes et de fortes incertitudes géopolitiques

PEKIN: Le président américain Donald Trump est arrivé mercredi en Chine pour un sommet aux lourds enjeux globaux avec son homologue Xi Jinping, du commerce international à la guerre en Iran en passant par Taïwan, ont constaté des journalistes de l'AFP.

L'avion présidentiel s'est posé vers 19H50 locales (11H50 GMT). Il s'agit de la première visite d'un président américain depuis celle que M. Trump lui-même a effectuée en novembre 2017.

M. Xi recevra M. Trump avec pompe jeudi à 10H00 locales (02H00 GMT) au Palais du Peuple sur la place Tianamen, haut lieu du pouvoir au coeur de la capitale placée sous haute protection.

Le faste de l'accueil et les marques d'attention témoignées envers un invité qui a reporté ce voyage initialement prévu fin mars à cause de la guerre en Iran ne feront pas disparaître les multiples désaccords qui attendent les deux leaders à huis clos.

M. Trump, apparemment concentré sur le business, a emmené avec lui un certain nombre de chefs d'entreprise, dont Elon Musk, le patron de Tesla et de SpaceX et l'homme le plus riche de la planète, les patrons d'Apple et Boeing Tim Cook et Kelly Ortberg, et celui du géant américain des puces électroniques Nvidia, Jensen Huang.

"Je demanderai au président Xi, dirigeant hors pair, d'ouvrir la Chine afin que ces personnes brillantes puissent opérer leur magie et contribuer à hisser la République populaire à un niveau encore plus élevé !", a écrit M. Trump sur son réseau Truth social, en route vers la Chine.

En haut de la liste de voeux américaine figure l'annonce d'accords dans des domaines comme l'agriculture et peut-être la confirmation d'une commande massive d'appareils auprès de Boeing.

"La Chine salue la visite d'Etat du président Trump", a déclaré un porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Guo Jiakun.

Pékin est prête à "élargir la coopération et gérer les différends". Il a répété le mantra de Pékin à l'approche du sommet: la recherche de "plus de stabilité et de certitude dans un monde en proie aux changements et aux turbulences".

MM. Trump et Xi devraient ainsi chercher à prolonger la trêve conclue en octobre dans la guerre des droits de douanes.

Mais les autres points de friction abondent: restrictions sur les approvisionnements en terres rares ou en semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle, Taïwan.

- "Longue conversation" sur l'Iran -

La guerre avec l'Iran s'y est ajoutée depuis fin février avec ses retombées mondiales.

Selon l'administration américaine, M. Trump entend faire pression pour que Pékin, partenaire stratégique et économique primordiale de l'Iran, principale importatrice de son pétrole, use de son influence pour une sortie de crise dans le Golfe.

Le président américain a cherché à mettre fin aux achats de pétrole iranien par la Chine en prenant diverses sanctions, condamnées par Pékin. Sans que cela ne dégénère jusqu'alors en crise diplomatique ouverte.

"Nous aurons une longue conversation à propos de l'Iran", a déclaré M. Trump aux journalistes venus assister à son départ de la Maison Blanche, tout en assurant qu'il n'avait besoin de l'aide de personne à ce propos.

La quasi fermeture du détroit d'Ormuz sous l'effet des blocus iranien et américain impacte directement les approvisionnements chinois. La guerre commence à faire ressentir ses effets sur la Chine.

La veille de l'arrivée de M.Trump, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a appelé le Pakistan à "intensifier" ses efforts de médiation entre Téhéran et Washington, selon l'agence Chine Nouvelle.

- Position de force -

Etats-Unis et Chine se livrent depuis des années une compétition acharnée, stratégique, technologique ou économique.

"Le sommet aura l'air poli en apparence, mais sur le plan tactique, ce sera un match de rugby lors duquel chaque partie voudra prendre l'avantage", prédit Melanie Hart, spécialiste de la Chine à l'Atlantic Council.

Les deux superpuissances se sont livré en 2025 une farouche guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples, dès après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Le sommet survient à un moment difficile sur le plan intérieur de part et d'autre.

Donald Trump fait face à des sondages catastrophiques et à une poussée d'inflation nourrie par la guerre contre l'Iran.

L'économie chinoise, dans le même temps, est confrontée à une faible consommation intérieure et à une crise de la dette persistante dans l'immobilier.

Les experts estiment que Xi Jinping aborde le sommet en relative position de force face à un Donald Trump empêtré dau Moyen-Orient et soumis à la pression grandissante des élections américaines de mi-mandat en novembre. Mais elle n'a pas intérêt à ce que la situation dans le Golfe dure, nuancent-ils.