FMI : Les perturbations des chaînes d'approvisionnement freinent la croissance mondiale

Une déclaration de Gita Gopinath, cheffe économiste au Fonds monétaire international (Photo, AFP).
Une déclaration de Gita Gopinath, cheffe économiste au Fonds monétaire international (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 13 octobre 2021

FMI : Les perturbations des chaînes d'approvisionnement freinent la croissance mondiale

  • La désynchronisation des chaînes d'approvisionnement mondiales entraîne blocages dans les ports, pénuries pour toute une gamme de produits et matériaux et une hausse des coûts d'exportation
  • Cela pèse notamment aux États-Unis où les industriels peinent à augmenter leur cadence de production

WASHINGTON: Des pays pauvres à la traîne dans la vaccination contre le Covid et des perturbations sur les chaînes d'approvisionnement partout dans le monde freinent la croissance mondiale, a prévenu mardi le Fonds monétaire international.

"La pandémie n'est terminée nulle part tant qu'elle n'est pas achevée partout", a souligné Gita Gopinath, l'économiste en chef lors d'une conférence dans le cadre des réunions d'automne de l'institution.

Le FMI table désormais sur une hausse du PIB mondial de 5,9% cette année contre 6% en juillet.

La révision à la baisse est "marginale", a souligné Mme Gopinath. "Elle masque cependant d'importantes révisions pour certains pays" et "les perspectives pour les pays à faible revenu se sont considérablement assombries", a-t-elle ajouté.

Mme Gopinath a mis en avant la désynchronisation des chaînes d'approvisionnement mondiales, qui entraînent blocages dans les ports, pénuries pour toute une gamme de produits et matériaux, en particulier les semi-conducteurs, et une hausse des coûts d'exportation.

Cela pèsent notamment aux États-Unis où les industriels peinent à augmenter leur cadence de production.

Combinés au rebond de la demande, ils entraînent aussi une hausse des prix de l'énergie, pesante pour les ménages, même si Mme Gopinath s'attend à ce que la situation s'améliore progressivement dès "la fin du premier trimestre".

Résultat, le FMI a abaissé la prévision de croissance 2021 des États-Unis à 6%, contre 7% en juillet. Mais elle l'a révisée en hausse pour 2022, à 5,2%, en prenant en compte les projets de dépenses pharaoniques prévues par l'administration Biden, de plusieurs milliers de milliards de dollars.

Prévisions en hausse pour la France

La Chine, d'où est partie la pandémie fin 2019, a subi elle aussi une révision à la baisse, quoique marginale (-0,1 point à 8%).

À l'inverse, le Fonds voit une croissance plus forte en 2021 en zone euro (+0,4 point à 5%).

Mais là encore, les disparités sont grandes avec un relèvement de sa prévision de croissance pour la France qui a accéléré la vaccination de sa population (+0,5 point à 6,3%) et une révision en baisse pour celle de l'Allemagne qui pâtit également de la pénurie des semi-conducteurs (-0,5 point à 3,1%).

Pour la région Amérique Latine et Caraïbes qui a été durement touchée par la pandémie, les prévisions s'améliorent (+0,5 point à 6,3%) après une sévère récession (-7% contre -3,1% à l'échelle mondiale) enregistrée en 2020.

Pour 2022, le FMI table sur une croissance mondiale inchangée à 4,9%.

Toutes ces prévisions restent cependant très incertaines, reconnaît Gita Gopinath, rappelant que celles-ci reposent notamment sur un objectif de vaccination de 40% de la population mondiale d'ici à la fin de cette année et de 70% d'ici la mi-2022.

Environ 58% de la population des économies avancées a été entièrement vaccinée, contre 36% dans les économies émergentes et moins de 5% dans les pays pauvres, souligne l'institution de Washington qui a publié ses prévisions à l'occasion de ses réunions d'automne.

«Divergence dangereuse»

"Si l'impact du Covid devait se prolonger (...), le PIB mondial pourrait être réduit de 5.300 milliards de dollars au total au cours des cinq prochaines années comparé à nos prévisions actuelles", a expliqué Mme Gopinath.

Selon elle, la préoccupation la plus grande est "la dangereuse divergence" des perspectives économiques entre les pays.

Le PIB des économies avancées devrait en effet retrouver sa trajectoire d'avant la pandémie en 2022 et la dépasser de 0,9% en 2024.

En revanche, celui des marchés émergents et des économies en développement (hors Chine) devrait rester 5,5% en dessous des prévisions pré-pandémiques en 2024. Ceci entraînera "un recul important de l'amélioration du niveau de vie" de ces populations.

Mme Gopinath a également déploré une reprise du marché du travail "inégale" à travers les économies et au sein même des catégories de travailleurs, en raison de facteurs combinés comme la peur d'être infectés par le Covid et le problème de garde d'enfants.

Par ailleurs, "les prix alimentaires ont le plus augmenté dans les pays à faible revenu où l'insécurité alimentaire est la plus aiguë, alourdissant le fardeau des ménages les plus pauvres et augmentant le risque de troubles sociaux", souligne-t-elle.

Le FMI estime néanmoins que l'inflation va retrouver ses niveaux d'avant pandémie d'ici mi-2022, à la fois dans les économies avancées et émergentes.

Pour l'institution, la priorité absolue reste le contrôle de la pandémie.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.