Une exposition en France plonge le visiteur dans le «Domaine du Sourd», lieu de création de Goya

Des visiteurs se rassemblent dans une salle devant des dessins lors de l'exposition «Expérience Goya», au musée des Beaux-Arts de Lille, dans le nord de la France, le 12 octobre 2021 (Photo, AFP)
Des visiteurs se rassemblent dans une salle devant des dessins lors de l'exposition «Expérience Goya», au musée des Beaux-Arts de Lille, dans le nord de la France, le 12 octobre 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 13 octobre 2021

Une exposition en France plonge le visiteur dans le «Domaine du Sourd», lieu de création de Goya

Des visiteurs se rassemblent dans une salle devant des dessins lors de l'exposition «Expérience Goya», au musée des Beaux-Arts de Lille, dans le nord de la France, le 12 octobre 2021 (Photo, AFP)
  • Intitulée «Expérience Goya», l'exposition, qui s'ouvre vendredi au Palais des Beaux-Arts de Lille, invite le visiteur à explorer l'art du maître du beau et de l'étrange à travers une quarantaine d'œuvres du peintre
  • Vidéos immersives, ambiances sonores... Le parcours de l'exposition a été imaginé de façon à proposer au visiteur une expérience esthétique et sensorielle

LILLE: Pour la première fois depuis sa destruction il y a plus de 100 ans, le légendaire « Domaine du Sourd », lieu de vie et de création du peintre espagnol Francisco de Goya (1746-1828), a été partiellement reconstruit en France à l'occasion d'une exposition immersive inédite.  

Intitulée « Expérience Goya », l'exposition, qui s'ouvre vendredi au Palais des Beaux-Arts de Lille, ville du Nord de la France, invite le visiteur à explorer l'art du maître du beau et de l'étrange à travers une quarantaine d'œuvres du peintre, parmi lesquelles « Les Jeunes » et « Les Vieilles », deux chefs d'œuvre énigmatiques détenus par le Palais des Beaux-Arts de Lille.  

Vidéos immersives, ambiances sonores... Le parcours de l'exposition a été imaginé de façon à proposer au visiteur une expérience esthétique et sensorielle.  

Elle s'ouvre sur la reproduction graphique de la façade du « Domaine du Sourd » (Quinta del Sordo), propriété rurale que l'artiste avait achetée sur la rive droite de la rivière du Manzanares, à Madrid. C'est là que Goya vécut avant de s'exiler à Bordeaux, dans le Sud-Ouest de la France.  

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Un visiteur passe devant un tableau lors de l'exposition «Expérience Goya», au musée des Beaux-Arts de Lille, dans le nord de la France, le 12 octobre 2021 (Photo, AFP) 

Bien qu'il n'y soit resté que quelques années, le maître espagnol a eu le temps d'y réaliser ses célèbres Peintures noires, qui sont également projetées dans l'exposition.  

Imaginée par Régis Cotentin, co-commissaire de l'exposition, cette reconstitution visuelle reconstruit de façon sobre -- sans meuble --  le salon et salle à manger de ce lieux de vie et de création.  

« C'est ici qu'il vivait, où il recevait et à la fois où il dînait, il déjeunait (...) et c'est là aussi où il recevait ses amis, donc il vivait parmi ses peintures », détaille M. Cotentin.  

Malgré son exil en France et sa surdité, Goya était « un bon vivant. Il aimait la vie, les femmes, l'Humanité... mais qui évidemment ne cessait de représenter ses vices », poursuit le commissaire.  

Le domaine a survécu à sa mort et les peintures furent sauvées in extremis à la fin du 19e siècle. La reproduction se base également sur les photos du Français Jean Laurent, qui avait immortalisé la demeure en 1874.  

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Une sculpture lors de l'exposition «Expérience Goya», au musée des Beaux-Arts de Lille, dans le nord de la France, le 12 octobre 2021 (Photo, AFP)  

L'exposition convoque aussi d'autres artistes comme le peintre espagnol Salvador Dali, le photographe français Henri Cartier-Bresson ou les Britanniques Jake et Dinos Chapman. Tous, à leur manière, interprètes de l'univers macabre et mystérieux de Goya.  


«Le monde de Banksy» transposé dans la gare de Milan

Alors que des milliers de voyageurs transitent chaque jour par la gare de Milan à un rythme effréné, l'exposition les invite à «s'arrêter et prendre le temps de la réflexion» en se plongeant dans le monde énigmatique de Banksy. (Photo, AFP)
Alors que des milliers de voyageurs transitent chaque jour par la gare de Milan à un rythme effréné, l'exposition les invite à «s'arrêter et prendre le temps de la réflexion» en se plongeant dans le monde énigmatique de Banksy. (Photo, AFP)
Alors que des milliers de voyageurs transitent chaque jour par la gare de Milan à un rythme effréné, l'exposition les invite à «s'arrêter et prendre le temps de la réflexion» en se plongeant dans le monde énigmatique de Banksy. (Photo, AFP)
Alors que des milliers de voyageurs transitent chaque jour par la gare de Milan à un rythme effréné, l'exposition les invite à «s'arrêter et prendre le temps de la réflexion» en se plongeant dans le monde énigmatique de Banksy. (Photo, AFP)
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  • Le but de l'exposition qui s'ouvre vendredi est de rendre son art accessible à tous. 
  • Plus de 130 fresques murales et sérigraphies sont exposées dans des halls de cette gare d'architecture mussolinienne jusqu'au 27 février

MILAN: L'imposante gare centrale de Milan se transforme en galerie d'art, le temps d'une exposition sur « Le monde de Banksy » qui reconstruit grandeur nature les fresques provocatrices de l'artiste de rue britannique qui entretient savamment le mystère sur son identité. 

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«Fille au Ballon». (Photo, AFP)

Alors que ses oeuvres affolent les maisons de vente aux enchères où elles battent des records, avec la célèbre « Fille au Ballon » en partie autodétruite qui a été adjugée 21,8 millions d'euros, le but de l'exposition qui s'ouvre vendredi est de rendre son art accessible à tous. 

« L'idée est de faire voyager les gens sans devoir se déplacer à travers le monde pour voir les oeuvres de Banksy, d'autant qu'elles ont été en majorité détruites, recouvertes ou volées », a expliqué le curateur de l'exposition, Manu De Ros. 

Plus de 130 fresques murales et sérigraphies sont exposées dans des halls de cette gare d'architecture mussolinienne jusqu'au 27 février, au milieu d'un décor qui reproduit fidèlement l'univers du mystérieux artiste de Bristol. 

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Les fresques ont été réalisées par un collectif de jeunes graffeurs et étudiants. (Photo, AFP)

« Nous avons reproduit les murs sur lesquels Banksy a peint, des briques, du béton, la saleté des rues, la pollution », raconte Manu De Ros. Les fresques ont été réalisées par un collectif de jeunes graffeurs et étudiants. 

Si l'on retrouve les grands classiques comme « Le lanceur de fleurs » mettant en scène un jeune homme masqué qui s'apprête à jeter un bouquet de fleurs en guise de cocktail Molotov et de nombreux pochoirs représentant son animal fétiche, le rat, il y a aussi des oeuvres plus récentes rarement exposées jusqu'ici. 


Le magazine de mode ELLE exclut la fourrure de toutes ses publications

Valeria Bessolo LLopiz, vice-présidente et directrice internationale de ELLE. (Photo, AFP)
Valeria Bessolo LLopiz, vice-présidente et directrice internationale de ELLE. (Photo, AFP)
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  • ELLE est la première grande publication du secteur à annoncer cette mesure dans le monde, interdisant la fourrure non seulement dans son contenu éditorial mais aussi dans ses espaces publicitaires
  • Ces dernières années, sous la pression des défenseurs des animaux, le monde de la mode a progressivement tourné le dos à la fourrure

CHIPPING: Pour « promouvoir une industrie de la mode plus humaine », la fourrure animale va disparaître de toutes les éditions et plateformes du magazine de mode ELLE, a annoncé jeudi la publication, qui s'inscrit dans une tendance croissante dans le secteur du luxe.  

ELLE est la première grande publication du secteur à annoncer cette mesure dans le monde, interdisant la fourrure non seulement dans son contenu éditorial mais aussi dans ses espaces publicitaires.   

« La présence de fourrure dans nos pages et sur nos supports numériques n'est plus en phase avec nos valeurs, ni avec celles de nos lecteurs », a déclaré Valeria Bessolo Llopiz, vice-présidente et directrice internationale de la publication, propriété du groupe français Lagardère.   

Il s'agit de « promouvoir une industrie de la mode plus humaine », a-t-elle déclaré en annonçant cette décision lors de la conférence The Business of Fashion VOICES 2021 organisée par le site d'information spécialisé The Business of Fashion, à Chipping Norton, dans le centre de l'Angleterre.   

« Nous sommes dans une nouvelle ère et la Gen Z, qui est la cible privilégiée de la mode et du luxe, a de très grandes attentes en termes de durabilité et d'éthique », a-t-elle ensuite expliqué, en référence à la génération née à partir la fin des années 90.  

Du Mexique à l'Australie, en passant par le Japon ou les États-Unis, les 45 éditions de cette publication, qui revendique 33 millions de lecteurs et cent millions de visiteurs par mois sur ses 55 plateformes numériques, se sont engagées à exclure la fourrure.   

Treize d'entre elles appliquent déjà cette mesure, 20 la mettront en place le 1er janvier et le reste début 2023.  

Saluant cette décision, PJ Smith, responsable de la mode de la branche américaine de l'ONG Human Society International, a déclaré qu'il espérait que « d'autres magazines de mode suivent son exemple ».   

« Cette annonce va déclencher un changement positif dans l'ensemble de l'industrie de la mode et peut potentiellement sauver d'innombrables animaux d'une vie de souffrance et d'une mort cruelle », a déclaré M. Smith à Chipping Norton.  

« La promotion de la fourrure appartient aux vieux numéros de magazines de mode d'antan », a aussi estimé auprès de l'AFP la directrice de PETA UK, Elisa Allen.   

Cette organisation de défense des animaux « félicite les principales publications actuelles - dont British Vogue, InStyle USA, Cosmopolitan UK et le tout nouveau Vogue Scandinavia - pour avoir exclu la fourrure de leur contenu éditorial, et nous n'avons aucun doute qu'elles élargiront cette mesure à la publicité », a-t-elle ajouté.   

Pression des associations et des consommateurs  

Ces dernières années, sous la pression des défenseurs des animaux, le monde de la mode a progressivement tourné le dos à la fourrure.   

Mais tandis que celle-ci est bannie des podiums de défilés à Amsterdam, Oslo, Melbourne ou Helsinki  - qui a également exclu le cuir - les plus prestigieuses « Fashion Weeks » organisées à Paris, Milan et New York laissent le choix à chaque marque.   

Les marques sont cependant de plus en plus nombreuses à y renoncer: parmi elles les Italiens Gucci, Versace et Prada, les Britanniques Burberry, Vivienne Westwood et Alexander McQueen, les Américains Donna Karan, DKNY et Michael Kors et les Français Jean-Paul Gaultier et Balenciaga.  

Des engagements en concordance avec l'opinion publique: en 2020 un sondage YouGov indiquait que 93% des Britanniques refusent de porter de la fourrure et un autre de Research Co montrait que 71% des Américains sont opposés à l'abattage d'animaux pour leur fourrure.   

En France, neuf personnes sur dix sont opposées au commerce de la fourrure, selon un sondage IFOP pour la Fondation 30 millions d'amis. En juin, Israël est devenu le premier pays au monde à interdire sa vente pour la mode.  

De son côté, l'industrie de la fourrure dénonce la substitution de ce produit naturel par des peaux synthétiques faites de matières plastiques nocives pour l'environnement.  

En novembre, la Fourrure française a écrit une lettre ouverte au magazine Vogue France jugeant « absurde » de  « désigner des vêtements en matière plastique comme ‘eco-friendly’ parce que réalisés à partir de ‘matières soigneusement sélectionnées de fourrure acrylique et modacrylique’ ».   

La filière française de la fourrure estime que les décisions des créateurs et des consommateurs sont dues à un « climat de terreur » provoqué par « la violence et le harcèlement » des militants défendant la cause animale. 


«Baalbek mon amour», un concert en hommage au Liban

Simon Ghraichy, le directeur artistique du concert «Baalbek mon amour» (Photo fournie)
Simon Ghraichy, le directeur artistique du concert «Baalbek mon amour» (Photo fournie)
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  • Ce projet, parrainé par François Hollande, est porté par le pianiste Simon Ghraichy et les artistes Nach (Anna Chedid), Camille el-Bacha, Rana Gorgani et Jacopo Baboni-Schilingi
  • Au moment où le pays du Cèdre traverse l’une des crises économique, sociale et politique les plus profondes de son histoire, ce concert se veut une note – musicale – d’espérance

PARIS: «Baalbek mon amour» est le titre du concert exceptionnel qui aura lieu ce soir à l’Institut du monde arabe (IMA) en hommage au Liban et en soutien au Festival de Baalbek. 

Ce projet, parrainé par François Hollande, est porté par le pianiste Simon Ghraichy et les artistes Nach (Anna Chedid), Camille el-Bacha, Rana Gorgani et Jacopo Baboni-Schilingi. 

Son but est de lever les fonds qui garantiront la tenue de la prochaine édition du mythique Festival de Baalbek, emblème de la florissante vie culturelle libanaise d’antan. Au moment où le pays du Cèdre, réputé dans toute la région pour son effervescence culturelle, traverse l’une des crises économique, sociale et politique les plus profondes de son histoire, ce concert se veut une note – musicale – d’espérance. 

Simon Ghraichy est le directeur artistique de la soirée. Ce célèbre pianiste franco-libanais de 36 ans, que l’on présente souvent comme «la rock star du piano», fut l’un des premiers à militer pour la tenue de ce concert au profit du festival À quelques heures du concert, il répond aux questions d’Arab News en français

Comment est née l’initiative de ce concert? 

Elle est venue de l’ancien président de la république François Hollande, que je connais en dehors du monde politique et que je rencontre de temps en temps à titre personnel. Nous étions réunis à son bureau peu après l’explosion du 4-Août avec un groupe d’amis libanais. Le président a voulu que nous réfléchissions à un moyen pour soutenir le pays. D’où l’idée de ce concert. 

Pourquoi avez-vous choisi le Festival de Baalbek en particulier? 

Nous avons opté pour à la culture parce qu’elle est essentielle et c’est le domaine qui souffre le plus en temps de crise. J’ai donc suggéré cette initiative pour aider le Festival de Baalbek. Je me suis toujours senti proche de ce festival auquel j’ai participé en 2015, ce qui constitue le meilleur souvenir de toute ma vie. J’y avais interprété une création de Gabriel Yared avec l’Orchestre national libanais. Ce festival nous rappelle un peu ce qu’était le Liban d’antan. Ce pays, malgré toutes les difficultés qu’il a rencontrées, n’a jamais cessé de produire. Nous avons donc décidé de le soutenir pour le symbole qu’il représente sur le plan culturel. 

Comment se sont déroulés les préparatifs? 

Nous avons longtemps essayé de trouver une disponibilité, ce qui n’était pas chose aisée, notamment en raison de la pandémie et des restrictions qu’elle a entraînées. Nous avons contacté Jack Lang et l’Institut du monde arabe (IMA) nous a accueillis à bras ouverts, mettant à notre disposition les locaux et la logistique. Nous avons attendu la réouverture des salles. Il nous est alors apparu opportun, en fin d’année, avant Noël, de finir cette année en beauté avec un geste fort pour la culture et le Liban. Si l’organisation artistique de la soirée m’a été confié, l’idée n’était pas de donner un récital de piano, mais de proposer à d’autres artistes de se joindre à l’aventure. Et c’est ainsi que j’ai pu rassembler un groupe de cinq artistes formidables, certains libanais, d’autres non, avec lesquels je vais jouer. Certains ont eu carte blanche pour proposer ce qu’ils souhaitent. 

Pouvez-vous nous présenter ces artistes qui vous accompagnent? 

Nous ne jouons pas tous ensemble, mais en alternance – même si certains morceaux sont communs. Il y a un autre pianiste que moi, un Libanais, Camille El Bacha, le fils du célèbre pianiste franco-libanais Abdel Rahman El Bacha. Il interprétera ses propres compositions. 

Anna Chedid, la sœur de Mathieu Chedid, était également invitée. Cette chanteuse franco-libanaise devait chanter ses propres chansons mais elle ne pourra être présente, car elle est souffrante. Elle est remplacée par la chanteuse franco-grecque Dafné Kritharas. 

Jacopo Baboni-Schilingi se joindra également à nous. C’est un compositeur franco-italien qui mêle écriture et interactivité. Spécialement pour cet événement, il nous propose une pièce particulièrement belle. Il a aussi composé des interludes qui assureront la transition des artistes. 

La mezzo-soprano égyptienne Farrah el-Dibany interprétera pour sa part deux airs tirés de l’opéra Carmen ainsi que deux chansons de Fairouz. 

La chorégraphe Rana Gorgani proposera quant à elle plusieurs danses soufies. 

Quel message voulez-vous faire passer ce soir? 

Certainement un message d’universalité, de pluriculturalisme, de solidarité et de soutien. Nous célébrons le Liban, celui des arts et de la culture, et un festival prestigieux qui possède de nombreuses facettes car il est extrêmement éclectique: il célèbre les arts et la musique de tous les styles. 

*Créé en 1956, le Festival de Baalbek a réuni pendant plus de soixante ans des artistes du monde entier au cœur d’un site archéologique exceptionnel. Parmi ceux qui ont foulé la terre de la «Cité du soleil» romaine, on peut citer Matthieu Chedid et toute sa famille, Jean-Michel Jarre, Ibrahim Maalouf, Carolyn Carlson, Ella Fitzgerald, Miles Davis, Oum Kalthoum, Fairouz, ou encore Deep Purple, l’Orchestre philharmonique de New York, Maurice Béjart, Rudolf Noureev, la troupe de la Comédie-Française… La dernière édition du festival, The Sound of Résilience, avait eu lieu sans public en raison de la crise sanitaire, mais elle a recueilli plus de 15 millions de vues sur YouTube.