Report d'un an du sommet de la Francophonie prévu en Tunisie

Basée à Paris, l'OIF compte 88 États et gouvernements. (Photo, AFP)
Basée à Paris, l'OIF compte 88 États et gouvernements. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 14 octobre 2021

Report d'un an du sommet de la Francophonie prévu en Tunisie

  • «C'était une décision unanime et la Tunisie a exprimé elle-même son ouverture à l'idée d'un report. La réunion s'est déroulée dans un esprit de consensus en faveur d'un report d'un an»
  • Très endettée et dépendante des aides internationales, la Tunisie fait face à une profonde crise économique et sociale, aggravée par la pandémie de Covid-19

PARIS : Le 18e sommet de la Francophonie, initialement prévu sur l'île de Djerba fin novembre, est reporté d'un an, "afin de permettre à la Tunisie de pouvoir organiser cette instance importante dans les conditions les plus optimales", selon des communiqués émanant de l'Organisation internationale de la Francophonie et du ministère tunisien des Affaires étrangères.

Les représentants des Etats et gouvernements membres de l'OIF se sont réunis mardi en présentiel et visioconférence, sous la présidence de la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo.

"Les représentants des Etats et gouvernements membres ont débattu ouvertement et dans un souci de cohésion et de solidarité, sur l'organisation du sommet en Tunisie dans les délais initialement prévus. Ils sont arrivés à un consensus sur la nécessité de reporter d'un an le 18e sommet de la Francophonie, afin de permettre à la Tunisie de pouvoir organiser cette instance importante dans les conditions les plus optimales", précise le communiqué de l'OIF. 

De son côté, le ministère tunisien des Affaires étrangères a fait savoir dans un communiqué que les "discussions ont abouti au consensus des représentants des États membres concernant la Tunisie, hôte de ce sommet, et le report de la date de sa convocation sur l'île de Djerba à 2022 afin d'assurer une large participation au plus haut niveau et de ne pas avoir à le tenir à distance". 

La décision doit être formellement adoptée lors d'une Conférence ministérielle de la Francophonie. "Cette proposition (du report d'un an, NDLR) va être validée dès que les ministres auront statué", a déclaré à l'AFP Oria Vande weghe, porte-parole de la secrétaire générale.

"C'était une décision unanime et la Tunisie a exprimé elle-même son ouverture à l'idée d'un report. La réunion s'est déroulée dans un esprit de consensus en faveur d'un report d'un an et l'objectif est de permettre à la Tunisie d'organiser le sommet dans les meilleures conditions", a poursuivi la porte-parole.  

La réunion des ministres devrait se tenir dans "une dizaine de jours", a-t-elle précisé. 

Le président tunisien Kais Saied s'est attribué par décret de vastes pouvoirs le 22 septembre. En pleine crise socio-économique et sanitaire et après des mois de blocage politique, il avait invoqué le 25 juillet un "péril imminent" pour limoger le gouvernement et suspendre le Parlement. Des mesures dénoncées comme un "coup d'Etat" par ses opposants et des ONG.

Très endettée et dépendante des aides internationales, la Tunisie fait face à une profonde crise économique et sociale - chute du PIB, forte inflation, chômage à près de 18% -, aggravée par la pandémie de Covid-19.

Basée à Paris, l'OIF compte 88 États et gouvernements. La Francophonie a notamment pour missions de promouvoir la "langue française et la diversité culturelle et linguistique", "la paix, la démocratie et les droits de l'Homme", ou encore "d'appuyer l'éducation".


Jordanie: la détention de 36 manifestants soulève un tollé

Des Jordaniens portent des drapeaux et des pancartes alors qu'ils manifestent contre la déclaration d'intention pour un accord eau contre énergie. (Photo, Reuters)
Des Jordaniens portent des drapeaux et des pancartes alors qu'ils manifestent contre la déclaration d'intention pour un accord eau contre énergie. (Photo, Reuters)
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  • Trente députés signent une pétition pour la libération des étudiants alors que ces derniers affirment avoir défié la directive sur la sécurité
  • L'organisation Himam a appelé à l'abolition de la loi qui «traite les manifestants pacifiques comme des criminels»

AMMAN : Plusieurs députés jordaniens se sont joints à des militants, des groupes de défense des droits de l’homme et des organisations de la société civile dans le but de demander la libération de 36 étudiants jordaniens détenus cette semaine pour avoir participé à une manifestation contre la signature par la Jordanie d'une déclaration d'intention avec Israël d'échanger de l'électricité propre contre l'eau.

Le député Khalil Atiyeh a déclaré vendredi à Arab News qu'il était «consterné» que les étudiants n'ont pas été libérés jusqu’à présent.

Atiyeh a organisé la signature d'une pétition par 30 députés protestant contre les arrestations, qui ont été critiquées par des groupes de défense des droits humains et des organisations de la société civile.

«J'ai parlé au parlement de l'affaire demandant leur libération immédiate et on m'a promis qu'ils seraient libérés, mais jusqu'à présent, ils n'ont pas été libérés», a révélé Atiyeh.

Jamal Jeet, membre du Forum national pour la défense de la liberté, a déclaré à Arab News que le gouverneur d'Amman avait ordonné que les étudiants détenus soient détenus dans des prisons éloignées de la capitale afin de les punir, eux et leurs familles.

Jeet a qualifié les ordres de détention d'«illégaux», affirmant qu'ils violent les articles 7 et 8 de la constitution jordanienne, qui garantissent le droit des citoyens à la liberté d'expression et de rassemblement.

«Ils sont arrêtés conformément à des lois qui visent à éloigner les criminels du grand public parce qu'ils sont dangereux», a-t-il expliqué.

Environ 3 000 manifestants se sont rassemblés vendredi dans le centre-ville d'Amman pour protester contre l'accord avec Israël. Beaucoup tenaient des pancartes portant les noms des étudiants détenus.

Un responsable jordanien, qui a demandé à garder l'anonymat, a démenti les allégations selon lesquelles les autorités visaient toute personne exprimant son opposition à l'accord et a souligné qu'aucun étudiant n'avait été arrêté pour avoir manifesté sur un campus universitaire.

Les 36 étudiants détenus avaient enfreint la loi en manifestant dans le cercle (intérieur) de Dakhiliyah, «une zone centrale vitale au cœur d'Amman, où ils ont bloqué le déplacement des personnes et la circulation», a signalé le responsable.

«Les responsables de la sécurité ont demandé à plusieurs reprises aux étudiants de partir et de manifester dans une autre zone afin d’éviter de compromettre la sécurité routière et de perturber la circulation, le déplacement des personnes et des marchandises, mais ils ont refusé», a ajouté le responsable. «Nos règlements protègent le droit de manifester pacifiquement et garantissent la sécurité des participants, mais lorsque la loi est violée, les autorités doivent agir».

Le responsable a souligné le fait que des centaines de citoyens avaient manifesté vendredi et a insisté sur le fait que personne ne serait arrêté pour avoir manifesté tant qu'il respecterait la loi.

«Il est toutefois injuste et inexact de prétendre que nous prenons pour cibles ceux qui s'opposent à l'accord», a réitéré le responsable.

Le Centre semi-gouvernemental des droits de l'homme a qualifié les arrestations de «violation des droits d'expression et de réunion et une violation flagrante de la constitution, qui garantit les libertés et considère la violation de la liberté des Jordaniens comme un crime».

Zaid O. Nabulsi, membre de la Commission royale pour la modernisation des systèmes politiques, a déclaré à Arab News que les arrestations envoyaient un «message dévastateur» à la jeune génération, à qui on a promis que leur voix serait entendue.

«Si vous aviez eu l'intention de détruire le travail acharné du Comité royal au cours des quatre derniers mois, vous n'auriez pas pu mieux atteindre votre objectif», a averti Nabulsi.

Himam, une coalition d'organisations de la société civile, a publié une déclaration appelant à la libération immédiate des étudiants et a mis en évidence «la nécessité d'enquêter s'ils ont été victimes d'actes de violence physique et de mauvais traitements qui sont considérés comme une forme de torture».

Himam a également appelé à l'abolition de la loi qui «traite les manifestants pacifiques comme des criminels».

Muath Momani, conseiller juridique d'Avocats sans frontières, basé en Jordanie, a déclaré à Arab News que ce qui est arrivé aux étudiants est inacceptable.

«La loi pénale est utilisée pour empêcher les gens de s'exprimer», a indiqué Momani. «L'atmosphère politique devrait être plus ouverte de manière à permettre aux gens de s'exprimer».

Ammar Borini, qui surveille les médias sociaux pour le site Web Amman Net, a déclaré à Arab News que la question de l'arrestation d'étudiants est devenue une tendance en Jordanie.

«Beaucoup expriment leur colère et citent le roi disant aux jeunes «Nous voulons entendre votre voix». Ils affirment sur les réseaux sociaux : «Voici (des jeunes) qui ont exprimé leurs opinions et ils se sont retrouvés en prison».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La coalition publie des images satellite de la dernière frappe à Sanaa

Des images satellites ont montré le palais présidentiel et sa liaison avec une installation souterraine secrète située au sud du palais. (Photo, JFC)
Des images satellites ont montré le palais présidentiel et sa liaison avec une installation souterraine secrète située au sud du palais. (Photo, JFC)
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  • Les photos du service de renseignement montraient les conséquences des frappes aériennes menées par les avions de la coalition ainsi qu'un transfert d'armes depuis l'installation secrète
  • «L'opération a été menée conformément au droit international humanitaire et à ses règles coutumières»

RIYAD : La coalition arabe a publié vendredi les détails d'une opération qui a pris pour cible les camps militaires houthis dans le palais présidentiel de Sanaa, la capitale du Yémen, sous le contrôle de la milice, a rapporté l'agence de presse saoudienne (SPA).

Des images satellites ont montré le palais présidentiel et sa liaison avec une installation souterraine secrète située au sud du palais et liée à Jabal Al-Nahdain.

Les photos du service de renseignement montraient les conséquences des frappes aériennes menées par les avions de la coalition ainsi qu'un transfert d'armes depuis l'installation secrète après que la coalition l’avait pris pour cible avec des frappes plus tôt cette semaine.

Cette semaine également, la coalition a révélé avoir lancé des frappes sur des sites de drones houthis dans la capitale Sanaa, affaiblissant les capacités de missiles de la milice soutenue par Téhéran.

«Nous avons pris des mesures préventives pour épargner les civils et leurs biens des dommages collatéraux», a indiqué le communiqué de la SPA. «L'opération a été menée conformément au droit international humanitaire et à ses règles coutumières».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Washington menace d'escalade dans le conflit nucléaire avec Téhéran

Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a déclaré mercredi qu'il ne sait pas si l'atelier fonctionnera à nouveau. (Photo, Reuters)
Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a déclaré mercredi qu'il ne sait pas si l'atelier fonctionnera à nouveau. (Photo, Reuters)
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  • Une session extraordinaire de l'AIEA pourrait adopter une résolution contre Téhéran
  • Cela pourrait compromettre les pourparlers indirects entre l'Iran et les États-Unis sur la relance du JCPOA, qui devraient reprendre lundi

 

VIENNE : Les États-Unis ont menacé d'affronter l'Iran à l'Agence internationale de l'énergie atomique le mois prochain s'ils ne coopèrent pas davantage avec l'organisme de surveillance nucléaire de l'ONU. Cette escalade qui pourrait saper les pourparlers sur la relance de l'accord, dit JCPOA, de 2015 avec l'Iran.

Téhéran est aux prises avec plusieurs impasses avec l'AIEA, dont le conseil des gouverneurs composé de 35 pays tient une réunion trimestrielle cette semaine.

L'ancien président américain Donald Trump a retiré Washington du JCPOA, également connu sous le nom d'accord sur le nucléaire iranien, qui a levé les sanctions contre Téhéran en échange de restrictions sur ses activités atomiques.

Trump a réimposé des sanctions affaiblissantes, après quoi Téhéran accroitra ses travaux nucléaires et réduira sa coopération avec l'AIEA.

L'Iran refuse actuellement à l'agence l'accès pour réinstaller des caméras de surveillance dans un atelier du complexe TESA Karaj.

L'AIEA exige également des réponses sur l'origine des particules d'uranium trouvées sur des sites apparemment anciens mais non déclarés, et affirme que Téhéran continue de soumettre ses inspecteurs à des «fouilles corporelles poussées».

Dans un communiqué, l’AIEA a signalé: «Si la non-coopération de l'Iran n'est pas immédiatement corrigée, le conseil d'administration n'aura d'autre choix que de se réunir à nouveau en session extraordinaire avant la fin de cette année dans le but de résoudre la crise».

Elle a ajouté qu'elle se référait «en particulier» à la réinstallation des caméras de l'AIEA sur le site de Karaj, qui fabrique des pièces pour des centrifugeuses avancées pour l'enrichissement d'uranium.

Cet atelier a été touché par un acte de sabotage visible en juin, ce qui, selon Téhéran, était une attaque d'Israël. Israël n'a toutefois pas commenté l'incident.

L'une des quatre caméras de l'AIEA installées dans le site de Karaj a été détruite et ses images sont manquantes. L'Iran a retiré toutes les caméras après l'incident.

Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a déclaré mercredi qu'il ne sait pas si l'atelier fonctionnera à nouveau et que le temps était compté pour parvenir à un accord, ajoutant qu'aucun progrès n'avait été réalisé sur plusieurs autres différends.

Une réunion extraordinaire du conseil d'administration de l'AIEA viserait très probablement à adopter une résolution contre l'Iran, une escalade diplomatique susceptible de contrarier Téhéran.

Cela pourrait compromettre les pourparlers indirects entre l'Iran et les États-Unis sur la relance du JCPOA, qui devraient reprendre lundi.

L'Iran souhaite la levée de toutes les sanctions dans un processus vérifiable, a soutenu vendredi son ministre des Affaires étrangères Hossein Amirabdollahian.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com