Ankara se prépare pour une nouvelle incursion militaire en Syrie

La Turquie contrôle désormais des zones entières dans le nord de la Syrie. (Photo, AFP)
La Turquie contrôle désormais des zones entières dans le nord de la Syrie. (Photo, AFP)
La Turquie contrôle désormais des zones entières dans le nord de la Syrie. (Photo, AFP)
La Turquie contrôle désormais des zones entières dans le nord de la Syrie. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 14 octobre 2021

Ankara se prépare pour une nouvelle incursion militaire en Syrie

  • Erdogan a déclaré que l’attaque des rebelles kurdes de l’YPG qui a tué deux policiers turcs était «la goutte d'eau qui a fait déborder le vase»
  • «La Russie et les États-Unis ont tous deux une responsabilité car ils n'ont pas tenu leurs promesses de garantir le retrait des YPG de la zone frontalière»

ANKARA: La Turquie a commencé à préparer le terrain pour une nouvelle incursion militaire dans le nord de la Syrie, alors que les attaques transfrontalières de la milice kurde syrienne YPG se multiplient.

Le président, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré lundi qu’une attaque des YPG dans le sud de la Turquie, qui a tué deux policiers turcs, était «la goutte d'eau qui a fait déborder le vase» et qu’Ankara est déterminée à éliminer la menace.

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Des membres de la milice kurde syrienne YPG lors d'une opération de contrôle dans un camp de réfugiés près d'al-Hassaké. (Photo, AFP)

 

Mercredi, le ministre des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré que Washington et Moscou n’avaient pas réussi à garantir le retrait des YPG de la zone frontalière syrienne. «Dans les dernières attaques, […] la Russie et les États-Unis ont tous deux une responsabilité car ils n'ont pas tenu leurs promesses», a expliqué Cavusoglu. «Puisqu’ils ne tiennent pas leurs promesses, nous ferons le nécessaire pour assurer notre sécurité.»

La Turquie contrôle désormais des zones entières dans le nord de la Syrie, après avoir mené trois offensives transfrontalières distinctes contre Daech et les YPG. Ankara a interrompu une offensive en 2019 en échange du retrait des militants des YPG à 30 km au sud de sa frontière, mais s'est plainte à plusieurs reprises de violations.

Le major à la retraite Nihat Ali Ozcan, analyste de la sécurité au groupe de réflexion TEPAV à Ankara, a déclaré que Cavusoglu et Erdogan ont envoyé des messages directs à la Russie et aux États-Unis.

«Dans le cadre de ses engagements envers la Russie, la Turquie s'est engagée à rouvrir la route M4, un lien vital entre Alep et Lattaquié. Si elle établit la sécurité dans cette zone, la Russie pourrait être disposée à ouvrir une entrée vers Tal Rifaat afin de permettre aux troupes turques de mener des attaques contre les YPG», a déclaré Ozcan, à Arab News.

Cependant, il a averti qu'une telle démarche pourrait nuire aux relations américano-turques à un moment où les deux parties tentent d'instaurer la confiance mutuelle après des années de désaccords sur plusieurs questions clés, notamment l'achat par la Turquie de missiles russes, les S-400.

«Une réunion entre Erdogan et Biden est prévue à Rome fin octobre. Une opération militaire contre les YPG risque d'annuler cette rencontre et d'ouvrir un nouveau chapitre de crise dans les relations bilatérales», a ajouté Ozcan.

Aydin Sezer, un expert des relations Turquie-Russie, a révélé que la Turquie était mal à l'aise face aux intrusions des YPG dans la zone de l'opération Printemps de la paix, mais que les conditions n'étaient «pas appropriées pour mener une opération d'une telle ampleur».

Sezer a aussi affirmé: «La Turquie n'a rien de stratégique à offrir à la partie russe pour obtenir son approbation pour une quelconque frappe aérienne. Cependant, les dernières déclarations d'Erdogan et de Cavusoglu pourraient utiles à Moscou qui les utiliserait comme un prétexte contre les YPG pour qu'ils fassent la paix avec Assad», a-t-il déclaré à Arab News.

«Une opération à petite échelle du côté est de l'opération Printemps de la paix est possible, mais toute opération à grande échelle à Tal Rifaat signifierait entrer en guerre directe avec Assad, car les troupes du régime sont principalement déployées dans cette région.»

Oytun Orhan, coordinateur des études sur la Syrie au groupe de réflexion Orsam à Ankara, a affirmé qu'une opération était probable, mais pas à court terme.

«Compte tenu du schéma des précédentes opérations transfrontalières de la Turquie en Syrie, les politiciens ont d'abord intensifié la rhétorique, diffusé des messages aux audiences nationales et internationales, puis ont attendu la réaction de leurs homologues, avant de lancer l'opération, parfois en quelques mois, lorsque les conditions sont devenues favorables. Ces déclarations ne peuvent donc pas être perçues comme un simple bluff», a-t-il expliqué à Arab News.

«Bien qu'attaquer Ain al-Arab, un puissant symbole de l'identité nationale kurde où les YPG ont commencé à émerger, serait une décision symbolique de la part de la Turquie, Ankara ne risquerait pas de s'attirer des critiques internationales avec un tel point de départ. Elle commencera probablement par frapper les positions des YPG du côté est de la zone de l'opération Printemps de la paix, jusqu'à Qamishli.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les discussions entre le Liban et Israël à Washington vont se poursuivre vendredi

Un barbier coupe les cheveux d'un client dans son salon, endommagé par des frappes militaires israéliennes, dans le village de Srifa, au sud du Liban, le 24 juin 2026. (Photo : Fadel Itani / AFP)
Un barbier coupe les cheveux d'un client dans son salon, endommagé par des frappes militaires israéliennes, dans le village de Srifa, au sud du Liban, le 24 juin 2026. (Photo : Fadel Itani / AFP)
  • Les pourparlers entre Israël et le Liban, sous médiation américaine à Washington, se poursuivront vendredi afin de tenter de parvenir à un accord
  • Malgré les négociations, les tensions persistent : le Hezbollah accuse Israël d'avoir violé le cessez-le-feu après une frappe meurtrière, tandis qu'Israël affirme avoir ciblé des combattants du mouvement

WASHINGTON: La cinquième session de pourparlers entre Israël et le Liban sous médiation américaine censée se terminer jeudi va finalement se poursuivre vendredi à Washington, a annoncé le département d'Etat américain.

"Les discussions entre Israël et le Liban sont toujours en cours alors que nous continuons à les faciliter. Les deux parties reprendront demain à 9h00 (13h00 GMT) pour continuer leur travail en vue d'un accord", a déclaré le département d'Etat à l'AFP jeudi.

Le Hezbollah pro-iranien a de nouveau accusé jeudi Israël de "violation flagrante" du cessez-le-feu après qu'une frappe de drone a fait trois morts. L'armée israélienne a affirmé avoir tué des combattants de la formation chiite.

Le protocole d'accord irano-américain signé le 17 juin prévoit la cessation des hostilités, y compris au Liban. L'Iran a imposé que cette question soit incluse dans le protocole d'accord.


Le Hezbollah accuse Israël de nouvelle «violation» de la trêve après une frappe meurtrière dans le sud du Liban

Le Hezbollah a accusé Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu mercredi, après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du Liban, au lendemain de la mort de deux autres personnes tuées par des tirs israéliens. (FADEL ITANI / AFP)
Le Hezbollah a accusé Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu mercredi, après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du Liban, au lendemain de la mort de deux autres personnes tuées par des tirs israéliens. (FADEL ITANI / AFP)
  • Le Hezbollah "réitère que les actions de l'ennemi constituent une violation flagrante du cessez-le-feu auquel il a adhéré jusqu'à présent, et qu'il surveille et documente ces violations"
  • L'Agence nationale d'information (ANI), agence officielle libanaise, a rapporté que "deux personnes ont été tuées" lorsqu'un drone israélien a visé leur véhicule près de la localité de Kfar Roummane

BEYROUTH: Le Hezbollah a accusé Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu mercredi, après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du Liban, au lendemain de la mort de deux autres personnes tuées par des tirs israéliens.

"Pour la deuxième fois en moins de 48 heures, l'armée ennemie israélienne a délibérément visé des citoyens libanais qui inspectaient leurs maisons" près de la localité de Kfar Roummane, a déclaré le groupe soutenu par l'Iran dans un communiqué.

Le Hezbollah "réitère que les actions de l'ennemi constituent une violation flagrante du cessez-le-feu auquel il a adhéré jusqu'à présent, et qu'il surveille et documente ces violations".

L'Agence nationale d'information (ANI), agence officielle libanaise, a rapporté que "deux personnes ont été tuées" lorsqu'un drone israélien a visé leur véhicule près de la localité de Kfar Roummane.

L'armée israélienne avait indiqué plus tôt avoir visé "deux terroristes armés du Hezbollah dans le secteur de la crête d'Ali al-Taher", près de la ville de Nabatieh, "qui représentaient une menace", affirmant qu'elle "continuerait d'agir pour éliminer les menaces immédiates".

Elle a ensuite précisé avoir également visé "un véhicule transportant des suspects (...) traversant la zone de sécurité dans le secteur de la crête d'Ali al-Taher, représentant une menace pour les soldats (israéliens)".

Le Pakistan et le Qatar — médiateurs dans le conflit impliquant l'Iran — ont annoncé lundi que Téhéran et Washington avaient convenu de mettre en place une cellule préventive afin de limiter les flambées de violence au Liban.

Cette décision fait suite à des pourparlers en Suisse visant à mettre fin au conflit plus large au Moyen-Orient, un dossier que Téhéran lie à l'arrêt du conflit parallèle au Liban.

Si les violences au Liban ont reflué ces derniers jours, le ministre israélien de la Défense a insisté sur le fait que ses troupes présentes dans le sud du pays voisin n'allaient pas se retirer.

"Nous avons annoncé que, dans tous les cas, nous ne nous retirerons pas et qu'à l'heure actuelle (...) il n'y a aucune exigence américaine pour qu'Israël se retire du Liban", a dit M. Katz lors d'une interview à Tel-Aviv.

Sous la pression des Etats-Unis, des responsables libanais ont entamé en avril des pourparlers directs avec Israël à Washington, les autorités libanaises cherchant à dissocier ces négociations de l'accord entre les États-Unis et l'Iran.

Le président libanais Joseph Aoun a souligné mercredi que "les négociations à Washington sont distinctes de ce qui a découlé des réunions en Suisse" entre les Etats-Unis et l'Iran.


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.