Poutine appelle Mouratov à ne pas «utiliser le prix Nobel comme un bouclier»

Dimitri Mouratov devant l'entrée du siège de son journal Novaïa Gazeta à Moscou. Le rédacteur en chef a perdu 6 membres de son équipe, assassinés par des "inconnus" dont la célèbre journaliste Anna Politkovskaïa, connue pour être très critique envers la Guerre de Tchétchénie, assassinée dans l'entrée de son immeuble le 7 octobre 2006, jour d'anniversaire de Vladimir Poutine. (Photo, AFP)
Dimitri Mouratov devant l'entrée du siège de son journal Novaïa Gazeta à Moscou. Le rédacteur en chef a perdu 6 membres de son équipe, assassinés par des "inconnus" dont la célèbre journaliste Anna Politkovskaïa, connue pour être très critique envers la Guerre de Tchétchénie, assassinée dans l'entrée de son immeuble le 7 octobre 2006, jour d'anniversaire de Vladimir Poutine. (Photo, AFP)
Parmi les instruments de la répression figure le statut d'"agent de l'étranger" attribué à de nombreux journalistes et médias critiques du Kremlin, une désignation qui complique grandement leur activité. La politique de Vladimir Poutine, lui même ex officier du KGB soviétique, rappelle ainsi d'autres désignations historiques utilisées dans le même but. (Photo, AFP)
Parmi les instruments de la répression figure le statut d'"agent de l'étranger" attribué à de nombreux journalistes et médias critiques du Kremlin, une désignation qui complique grandement leur activité. La politique de Vladimir Poutine, lui même ex officier du KGB soviétique, rappelle ainsi d'autres désignations historiques utilisées dans le même but. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 14 octobre 2021

Poutine appelle Mouratov à ne pas «utiliser le prix Nobel comme un bouclier»

  • Le président russe demande au journaliste primé par la prestigieuse académie suédoise de ne pas profiter «pour enfreindre les lois russes et attirer l'attention sur soi»
  • La menace intervient dans un contexte de répression accrue contre les médias notamment par le biais de l'infamant statut «d'agent de l'étranger» attribué aux critiques du Kremlin
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Dimitri Mouratov devant l'entrée du siège de son journal Novaïa Gazeta à Moscou, assailli par les journalistes le jour de l'annonce de son attribution du prix Nobel de la Paix. Sur le mur d'en face, les portraits de la journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée, ainsi que 5 autres collègues du même journal pour leurs positions critiques envers le Kremlin. (Photo, AFP)

 

MOSCOU : Le président russe Vladimir Poutine a prévenu mercredi que le prix Nobel de la paix attribué à Dmitri Mouratov, rédacteur en chef d'un journal critique, n'était pas un "bouclier" le protégeant du statut "d'agent de l'étranger".

M. Mouratov, qui dirige les équipes du journal Novaïa Gazeta, a reçu la semaine dernière le prix Nobel de la paix avec la journaliste philippine Maria Ressa, dans un contexte de répression accrue contre les médias indépendants en Russie.

Parmi les instruments de cette répression figure l'infamant statut d'"agent de l'étranger" attribué à de nombreux journalistes et médias critiques du Kremlin, une désignation qui complique grandement leur activité.

Si M. Mouratov "n'enfreint pas le droit russe, s'il ne donne aucune raison justifiant d'être déclaré agent de l'étranger, alors cela n'arrivera pas", a affirmé M. Poutine mercredi, lors d'un forum sur l'énergie à Moscou.

Le chef d'Etat russe a appelé M. Mouratov à ne pas "utiliser le prix Nobel comme un bouclier" pour enfreindre les lois russes et "attirer l'attention sur soi".

"Quel que soit son mérite, il faut que chacun comprenne ceci: il est nécessaire de se soumettre aux lois russes", a-t-il insisté.

Les ONG dénoncent régulièrement les pressions contre les médias en Russie, pays qui occupe la 150e place sur 180 dans le dernier index de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières (RSF).

Novaïa Gazeta est l'un des derniers bastions indépendants dans un paysage médiatique russe largement mis au pas.

Le journal est notamment connu pour ses enquêtes sur la corruption et les atteintes aux droits humains en Tchétchénie.

Cet engagement de Novaïa Gazeta a coûté la vie à six de ses collaborateurs depuis les années 1990, dont la célèbre journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée en 2006.

Après avoir été distingué, M. Mouratov s'était interrogé sur les conséquences de ce prix Nobel sur la "censure" dans son pays. Quelques heures plus tard, les autorités ajoutaient neuf personnes et entités à la liste des "agents de l'étranger".


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com