Rançongiciels: Washington veut fédérer la riposte internationale

«Aucun pays seul, aucun groupe isolé ne peut résoudre ce problème», a souligné le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan. (AFP)
«Aucun pays seul, aucun groupe isolé ne peut résoudre ce problème», a souligné le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan. (AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 14 octobre 2021

Rançongiciels: Washington veut fédérer la riposte internationale

  • Sullivan a salué en particulier la participation active de l'Allemagne, de l'Australie, de l'Inde et du Royaume-Uni aux préparatifs de la réunion
  • Un groupe d'experts américano-russe a été mis en place et a eu des «discussions franches», selon le haut responsable à la Maison Blanche

WASHINGTON: Collectivité locale allemande forcée de déclarer un état de« cyber-catastrophe », hôpital israélien ou port sud-africain attaqués… Lors d’un sommet virtuel organisé par les Etats-Unis, une trentaine de pays ont partagé leurs inquiétudes face au phénomène des rançongiciels.


Le Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, qui organise cette réunion sur deux jours, mercredi et jeudi, n'y a toutefois pas convié la Russie, a fait savoir un haut responsable de la Maison Blanche.


Même si Moscou nie toute responsabilité, la plupart des attaques au rançongiciel récentes contre les Etats-Unis ont été imputées à des groupes de hackeurs russophones ou agissant depuis le territoire russe.


Le sommet s'est ouvert mercredi par une session plénière, ouverte à la presse. Et rares étaient celles et ceux, parmi la trentaine de hauts responsables se succédant sur les écrans, qui n'avaient pas une récente attaque de grande ampleur à déplorer.


Participent aux discussions, entre autres: le Royaume-Uni, l'Australie, l'Inde, le Japon, la France, l'Allemagne, la Corée du Sud, l'Union européenne, Israël, le Kenya ou encore le Mexique...


Yigal Unna, qui pilote les opérations de cybersécurité du gouvernement israélien, a par exemple déclaré: "Israël connaît, pendant que nous parlons, une attaque au rançongiciel majeure contre l'un de ses grands hôpitaux".


L'Allemagne a rappelé que cet été, pour la première fois, une collectivité locale du pays, le district d'Anhalt-Bitterfeld (est), avait déclaré un état de "cyber-catastrophe" après avoir été paralysée par une attaque de type "ransomware".


Les Etats-Unis ont aussi été frappés, notamment au premier semestre 2021, par de nombreuses attaques au rançongiciel contre des entreprises.


Ces attaques consistent à s'introduire dans les réseaux d'une entité pour crypter ses données, puis à réclamer une rançon, le plus souvent en bitcoins, en échange de la clé qui permet de les déchiffrer.


"Nous avons parlé d'hôpitaux en Irlande, en République tchèque, et en Israël. De perturbations graves de l'infrastructure maritime en Afrique du Sud, d'une augmentation de 70% d'une année sur l'autre (des attaques) en Corée du Sud, de 200% dans les Emirats arabes unis", a énuméré Anne Neuberger, responsable de la cybersécurité au sen de l'administration Biden.

La Russie pas invitée 
"Aucun pays seul, aucun groupe isolé ne peut résoudre ce problème", a souligné le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan.


"Nos gouvernements peuvent avoir des approches différentes en ce qui concerne les outils" à utiliser, a-t-il dit, mais ils ont "ceci en commun: nous avons conscience de l'urgence de la menace, du besoin de protéger nos citoyens et nos entreprises, et de l'importance de la coopération internationale pour y faire face."


Il a salué en particulier la participation active de l'Allemagne, de l'Australie, de l'Inde et du Royaume-Uni aux préparatifs de la réunion.


Ces pays ont organisé les ateliers thématiques qui se succèderont mercredi et jeudi, autour de quatre thèmes: le renforcement de la résilience face à ces tentatives d'extorsion; le rôle des devises virtuelles pour blanchir les rançons; l'action policière et judiciaire; et enfin la diplomatie.


Interrogée sur l'absence de la Russie, un haut responsable de la Maison Blanche a indiqué: "Pour ce premier tour de discussions, nous n'avons pas invité les Russes pour un certain nombre de raisons."


Cette source a indiqué que Washington et Moscou avaient déjà établi un "canal de communication séparé" sur le sujet.


En juillet, le président américain Joe Biden avait demandé à Vladimir Poutine d'agir.


Un groupe d'experts américano-russe a été mis en place et a eu des "discussions franches", selon le haut responsable à la Maison Blanche.


"Nous avons vu que le gouvernement russe avait pris certaines actions et nous attendons de voir la suite", a dit la source, sans préciser quelles étaient ces actions.


Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz pour ses centres de données

Le logo du géant américain de la vente en ligne Amazon sur la façade d’un centre de redistribution à Horn-Bad Meinberg, dans l’ouest de l’Allemagne, le 9 décembre 2024. (AFP)
Le logo du géant américain de la vente en ligne Amazon sur la façade d’un centre de redistribution à Horn-Bad Meinberg, dans l’ouest de l’Allemagne, le 9 décembre 2024. (AFP)
Short Url
  • Amazon construit au Texas une centrale à gaz de 7,65 GW dédiée à ses centres de données, avec une autorisation d’émettre plus de 30 millions de tonnes de GES par an
  • Le projet illustre l’explosion des besoins énergétiques liés à l’IA, tout en soulevant de fortes inquiétudes environnementales et sanitaires malgré les engagements climatiques d’Amazon

WASHINGTON: Amazon fait construire au Texas une immense centrale à gaz qui pourrait devenir la plus importante source d'émission de gaz à effet de serre des Etats-Unis, a confirmé vendredi le géant technologique américain.

Le projet, nommé GW Ranch, est destiné à alimenter en électricité d'immenses centres de données et ne sera pas connecté au réseau électrique, une solution de plus en plus utilisée par les géants de la tech pour satisfaire à la hâte l'énergie requise par le boom lié à l'IA.

Le projet prévoit 35 turbines pour une capacité totale de 7,65 gigawatts, selon des permis, plus de quatre fois la puissance du réacteur nucléaire EPR de Flamanville en France, et plus que n'importe quelle centrale à gaz actuellement en activité aux Etats-Unis.

La centrale a l'autorisation d'émettre plus de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, plus que n'importe quelle autre infrastructure dans le pays.

A l'aide d'images satellites, le cabinet spécialisé du secteur Cleanview a fait le lien entre ce projet de centrale et trois permis de centres de données déposés cette semaine par Amazon dans cette zone aride du Texas, près de la frontière mexicaine.

Un porte-parole du géant américain a confirmé l'information, en insistant: "Amazon tient à payer intégralement le coût réel de l'alimentation de nos opérations."

"C'est exactement ce que fait notre nouveau projet de centres de données dans le comté de Pecos: il sera alimenté par une centrale dédiée qui n'augmentera pas les prix de l'électricité pour les foyers texans", a-t-il ajouté, sur fond d'inquiétude politique sur une hausse des factures.

L'entreprise affirme qu'elle "explore les possibilités" d'ajouter de l'énergie solaire au site et qu'elle utilisera de l'eau non-potable pour éviter de siphonner le réseau local. Le géant américain affirme aussi maintenir son objectif de bilan carbone neutre d'ici à 2040.

La soif d'électricité des centres de données est telle que, depuis quelques années, de plus en plus d'infrastructures installent, directement près de leurs serveurs, des centrales dédiées et hors-réseau, comme d'immenses groupes électrogènes.

Si elles sont moins polluantes que les centrales à charbon, celles à gaz restent des sources importantes d'émissions responsables du réchauffement climatique, d'autant plus que la production de gaz naturel provoque des fuites de méthane, un gaz au très puissant effet de serre.

Ces centrales émettent aussi des gaz toxiques et des particules fines qui peuvent représenter des dangers pour la santé.


Foot: Hervé Renard nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire

Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Short Url
  • Hervé Renard est nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire, un poste qu'il avait déjà occupé entre 2014 et 2015 avec une victoire à la CAN
  • Le Français succède à Emerse Faé, qui quitte ses fonctions malgré le sacre continental de 2024 et le meilleur parcours mondial de l'histoire du pays en 2026

PARIS: Le Français Hervé Renard a été nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire pour succéder à Emerse Faé, a annoncé mardi la fédération ivoirienne de football (FIF) sur ses réseaux sociaux.

Âgé de 57 ans, Renard, qui a brièvement dirigé la Tunisie lors du Mondial-2026 en étant arrivé en pleine compétition, avait déjà occupé ce poste entre 2014 et 2015, avec à la clé une Coupe d'Afrique des nations en 2015.

Renard, dont l'arrivée avait été annoncée dès mardi par le journal le Parisien, prend la suite de Faé, non reconduit par la FIF malgré une Coupe d'Afrique des nations remportée en 2024 et une qualification en 16e de finale lors du Mondial 2026, une première dans l'histoire du pays.

Renard, qui a dirigé au cours de sa carrière de nombreuses sélections, avait pris la tête de la Tunisie à la suite du lourd revers contre la Suède (5-1) lors du premier match des Aigles de Carthage au Mondial, une déroute qui avait coûté sa place à Sabri Lamouchi.

Il a officié à deux reprises, avec deux défaites à la clé, contre le Japon (4-0) et les Pays-Bas (3-1).

Libre de tout contrat après ce court intérim, Hervé Renard retrouve onze ans plus tard le banc de la Côte d'Ivoire où il jouit d'une très grande popularité, gagnée grâce au sacre de la CAN-2015 avec la génération de Yaya Touré, après près de 25 ans de disette.

Déjà vainqueur de la CAN trois ans plus tôt avec la Zambie, le technicien s'est bâti une réputation solide sur le continent africain où il a multiplié les expériences à la tête d'équipes nationales (Ghana, Angola, Maroc...).

Il a toutefois connu ces dernières années des expériences plus mitigées notamment à la tête de la sélection saoudienne, dont il a été limogé en avril malgré une qualification au Mondial-2026, ou sur le banc de l'équipe de France féminine, avec laquelle il a atteint les quarts des JO-2024 à Paris.

M. Renard est attendu à Abidjan dans les prochains jours afin de prendre officiellement ses fonctions, a précisé la fédération ivoirienne.


Trump dit que soit le détroit d'Ormuz "ouvrira très bientôt", soit l'Iran sera frappé "très fort"

Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
Short Url
  • Donald Trump affirme qu'un accord avec l'Iran sur la réouverture du détroit d'Ormuz est proche, tout en menaçant Téhéran de représailles en cas d'échec
  • Un accord temporaire de 60 jours serait à l'étude pour encadrer la navigation dans le détroit, alors que les incidents sécuritaires se poursuivent

Rancho Palos Verdes, États-Unis:  Donald Trump a déclaré mardi que le détroit d'Ormuz ouvrirait "très bientôt, ou alors (les Iraniens) seront frappés très fort", dans un entretien accordé à la chaîne Fox News.

"Nous avons de très bonnes discussions", a encore dit le président américain, en déplacement en Californie (ouest), assurant que l'Iran voulait passer un accord.

"J'ai le temps", a aussi déclaré le dirigeant républicain à propos de ce conflit qui dure depuis plus de cinq mois.

Selon le site Axios, qui cite des "sources régionales", un accord temporaire de 60 jours est en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l'Iran et le sultanat d'Oman.

Cet accord préliminaire, qui pourrait être annoncé dès mercredi, prévoit selon Axios que tout transport maritime entrant via le détroit emprunterait une voie nord dans les eaux iraniennes, et tout navire sortant suivrait une trajectoire méridionale dans les eaux contrôlées par Oman, le tout sans péage ou droit de passage.

Pendant cette période de soixante jours, et dans l'attente d'un accord définitif, la voie médiane du détroit serait déminée, toujours selon Axios, qui prévient que ce compromis n'est pas encore scellé.

"Il y a une chance que nous parvenions aujourd'hui ou demain à un accord visant à rouvrir le détroit et à aller vers une normalisation", a déclaré mardi le ministre des Finances américain Scott Bessent dans un entretien à la chaîne CNBC.

Les tensions dans le détroit, devenu un enjeu de premier plan dans la guerre au Moyen-Orient, restent vives. Mardi, l'agence maritime britannique UKMTO a indiqué qu'un navire y avait été touché par un "projectile inconnu".