Attaque à l'arc en Norvège: la piste de l'acte terroriste se précise

Cette capture vidéo datant du 14 octobre 2021 montre Espen Andersen Bråthen, l'auteur présumé de l'attaque de Kongsberg, dans une vidéo de 2017. (Photo, AFP)
Cette capture vidéo datant du 14 octobre 2021 montre Espen Andersen Bråthen, l'auteur présumé de l'attaque de Kongsberg, dans une vidéo de 2017. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 14 octobre 2021

Attaque à l'arc en Norvège: la piste de l'acte terroriste se précise

  • Résident de cette petite ville sans histoire d'environ 25 000 habitants à quelque 80 kilomètres à l'ouest d'Oslo, Bråthen a été arrêté mercredi soir
  • L'attaque s'est produite en plusieurs endroits de Kongsberg, notamment dans la rue, à l'intérieur d'un logement et dans un supermarché

KONGSBERG: L'attaque à l'arc qui a fait cinq morts en Norvège ressemble à ce stade à un "acte terroriste", ont estimé les services de sécurité norvégiens (PST) jeudi, contribuant à conforter la piste du terrorisme islamiste.

La police, de son côté, a désigné l'auteur présumé de l'attaque qui a endeuillé la ville de Kongsberg (sud-est) mercredi soir: Espen Andersen Bråthen, un citoyen danois de 37 ans converti à l'islam et suspecté par le passé de radicalisation.

"Il n'y aucun doute que l'acte lui-même a des apparences qui font penser que ça peut être un acte terroriste mais il importe maintenant que l'enquête avance et que l'on clarifie les motivations du suspect", a déclaré le chef du PST, Hans Sverre Sjøvold, lors d'une conférence de presse.

Résident de cette petite ville sans histoire d'environ 25 000 habitants à quelque 80 kilomètres à l'ouest d'Oslo, Bråthen a été arrêté mercredi soir, peu après l'attaque sanglante au mode opératoire inhabituel.

Le suspect, qui a reconnu les faits lors de son interrogatoire durant la nuit, "est connu" du PST, a indiqué le chef de ces services chargés de l'antiterrorisme.

Un juge se prononcera vendredi matin sur son placement en détention provisoire, probablement en son absence selon une procédure simplifiée. 

Selon la procureure chargée du dossier, il a également commencé jeudi à faire l'objet d'une évaluation psychiatrique. "Cela prendra peut-être quelques mois" avant qu'une conclusion arrive, a déclaré Ann Iren Svane Mathiassen

"C'est une personne qui a fait des allers-retours dans le système de santé pendant un certain temps", a aussi indiqué Hans Sverre Sjøvold, laissant ainsi planer des doutes sur son état mental.

Selon des médias norvégiens, Bråthen a été visé par deux décisions judiciaires dans le passé: une interdiction l'an dernier de rendre visite à deux membres proches de sa famille après avoir menacé de tuer l'un d'eux et un cambriolage et achat de haschich en 2012.

Une vidéo de lui remontant à 2017 a également été mise au jour par plusieurs médias, où on le voit faire une profession de foi d'un ton menaçant. "Je suis un messager. Je suis venu avec un avertissement: 'est-ce vraiment ce que vous voulez?' (...) Soyez témoin que je suis musulman", y déclare-t-il.

"Il y a eu des craintes liées à une radicalisation précédemment", a expliqué un responsable de la police, Ole Bredrup Saeverud. Ces craintes remontaient à 2020 et avant, et avaient donné lieu à un suivi de la police, a-t-il dit.

Menace modérée 

Cinq personnes, quatre femmes et un homme âgés entre 50 et 70 ans, ont été tuées et trois autres blessées dans l'attaque qui a choqué le paisible royaume scandinave, déjà meurtri par deux attentats d'extrême droite au cours de la dernière décennie. 

L'attaque s'est produite en plusieurs endroits de Kongsberg, notamment dans la rue, à l'intérieur d'un logement et dans un supermarché où un policier, qui n'était alors pas en service, a été blessé.

L'assaillant a vraisemblablement agi seul, selon la police.

Le PST a laissé inchangé son niveau de menace d'attentat dans le pays, considérée comme "modérée". 

Alertés à 18H12 (16H12 GMT), les policiers ont arrêté le suspect plus d'une demi-heure plus tard, à 18H47. Ils ont essuyé des tirs de flèches au moment de l'interpellation et ont répliqué avec des tirs de semonce. 

Selon la police, le suspect a aussi utilisé d'autres armes, dont la nature n'a pas été précisée.

Claquement et cliquetis

Un voisin a sous le couvert de l'anonymat décrit le suspect comme une personne à la carrure imposante et aux cheveux ras. "Jamais un sourire, aucune expression sur le visage", a-t-il dit, ajoutant l'avoir vu "toujours seul".

Knut Olav Ouff allait fumer une cigarette sur le pas de sa porte quand il a été plongé au milieu de la tragédie.

"J'ai vu un de mes amis s'abriter derrière une voiture et soudain j'ai entendu comme un claquement. J'ai été archer et j'ai reconnu le bruit d'un arc et le cliquetis d'une flèche qui atteint la chaussée", a raconté le quinquagénaire.

"Après ça, j'ai vu un homme extirpant un enfant d'une voiture et courant vers ma maison", a-t-il dit.

L'attaque s'est produite au dernier jour du mandat de la Première ministre conservatrice Erna Solberg, qui a cédé ce jeudi les rênes à un nouveau gouvernement de centre gauche dirigé par Jonas Gahr Støre, vainqueur des législatives du 13 septembre.

Le nouveau chef de gouvernement a déploré des "actes horribles". 

Plusieurs projets d'attentats islamistes ont été déjoués en Norvège dans le passé.

Mais le pays a été endeuillé par deux attaques d'extrême droite au cours des dix dernières années, notamment celle du 22 juillet 2011 commise par Anders Behring Breivik (77 tués).


Le pétrole monte fasse à l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
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  • "Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous"
  • "L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown

LONDRES: Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars.

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

"L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, "pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe", rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre "ce chiffre s'approche du milliard de barils" perdus pour le marché.

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record.

"On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés", juge M. Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, "nous devrons peut‑être commencer à nous inquiéter d'une ré‑escalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région", a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier "n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser", a précisé M. Patterson.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.