Un capitaine italien condamné à une peine de prison pour avoir renvoyé des migrants en Libye

Migrants à bord d'un navire intercepté par les garde-côtes libyens au large de Gohneima, à l'est de Tripoli, le 24 juin 2018. (Photo AP)
Migrants à bord d'un navire intercepté par les garde-côtes libyens au large de Gohneima, à l'est de Tripoli, le 24 juin 2018. (Photo AP)
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Publié le Jeudi 14 octobre 2021

Un capitaine italien condamné à une peine de prison pour avoir renvoyé des migrants en Libye

Migrants à bord d'un navire intercepté par les garde-côtes libyens au large de Gohneima, à l'est de Tripoli, le 24 juin 2018. (Photo AP)
  • L'Asso 28 a secouru 101 migrants près d'une plate-forme pétrolière et gazière dans les eaux internationales entre l'Italie et la Libye, et les a renvoyés à Tripoli
  • «Les magistrats ont déclaré dans leur verdict que la solidarité et l'humanité n’étaient pas un crime», affirme à Arab News le député Nicola Fratoianni, du parti d'extrême gauche Sinistra Italiana

ROME: Le capitaine d'un navire battant pavillon italien a été condamné à un an de prison pour avoir forcé plus de 100 migrants à retourner en Libye. 

Le verdict est tombé à l'issue d'un procès de près d'un an, le premier de ce genre en Italie. Pour les experts juridiques, cette décision représente un jalon dans la législation italienne. Des marins, des représentants des garde-côtes, et des ONG, des diplomates et des parlementaires italiens ont été appelés à témoigner devant les juges. 

«Cela confirme que la Libye ne peut être considérée comme une plate-forme sûre pour les migrants», a écrit Nello Scavo, journaliste du quotidien catholique Avvenire qui a dévoilé les faits en 2018 avec des images exclusives. «Désormais, tout navire civil renvoyant les migrants vers la Libye pourrait être jugé et condamné en Italie.» 

Le capitaine du navire de ravitaillement Asso 28 et un représentant d'Augusta Offshore, la société propriétaire du navire, ont été reconnus coupables d'avoir enfreint les lois internationales en procédant au retour forcé de personnes vers des pays où elles courent des risques. 

Les procureurs de Naples, Barbara Aprea et Giuseppe Tittaferrante, ont déclaré que le 30 juillet 2018, le navire italien avait secouru 101 migrants près d'une plate-forme pétrolière et gazière dans les eaux internationales entre l'Italie et la Libye, avant de les emmener dans un port de Tripoli et de les remettre aux garde-côtes libyens.  

Ils ont été sauvés d'un canot pneumatique en mauvais état près de la plate-forme de Sabratha, exploitée par Mellitah Oil & Gas, un consortium de la National Oil Corporation de Libye et de l'ENI d'Italie. 

Cinq femmes enceintes et cinq enfants ont été sauvés. Les procureurs ont déclaré qu'aucun appel n'avait été fait au Centre italien de coordination du sauvetage maritime, bien que le sauvetage ait eu lieu dans une zone sous juridiction italienne. 

La société Augusta Offshore a affirmé que le sauvetage avait été coordonné par le «département maritime de Sabratha», avec le concours d’un représentant des garde-côtes libyens monté à bord de l'Asso 28. Mais les procureurs italiens n'ont trouvé aucune trace de l'existence de ce département, ni aucune preuve que les autorités libyennes ont été alertées. 

Les procureurs de Naples ont présenté des enregistrements audio des contacts radio entre l'Asso 28 et un navire de sauvetage caritatif Open Arms, qui a demandé des détails sur l'emplacement du canot et la condition des migrants. 

«Je suis heureux que justice ait été rendue à Naples. Les magistrats ont déclaré dans leur verdict que la solidarité et l'humanité n’étaient pas un crime», affirme à Arab News le député Nicola Fratoianni, du parti d'extrême gauche Sinistra Italiana. Il se trouvait à bord du navire de l'ONG pendant le sauvetage, et a déclaré qu'Open Arms avait averti l'Asso 28 que le renvoi des migrants en Libye était illégal. 

«De toute évidence, ce verdict montre que la Libye n'est pas un havre de paix, et que confier des naufragés aux prétendus garde-côtes libyens n'est pas le bon choix. En fait, c'est probablement un crime. Personne ne peut oublier qu'il existe des règles et des lois pour défendre les êtres humains et leur dignité», rappelle le député. 

«Maintenant, nous devons tous travailler pour briser le silence sur ces tragédies, les noyades et les morts, mais aussi les retours illégaux qui se produisent en Méditerranée, au mépris du droit international. Nous le devons à tous ceux qui ont perdu la vie en essayant d'atteindre l'Italie en vue d’une vie meilleure en Europe.» 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com