L’ONU «extrêmement préoccupée» par la souffrance des migrants en Libye

Des migrants attendent devant le bureau de négociation du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Tripoli, en Libye, le 10 octobre 2021. (Reuters)
Des migrants attendent devant le bureau de négociation du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Tripoli, en Libye, le 10 octobre 2021. (Reuters)
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Publié le Mercredi 13 octobre 2021

L’ONU «extrêmement préoccupée» par la souffrance des migrants en Libye

  • Le Haut-Commissariat réclame une enquête indépendante sur les allégations de meurtres, d’abus et d’expulsions illégales de migrants et de demandeurs d’asile
  • Les détenus sont soumis à «une myriade de violations et d’abus quotidiens commis par des acteurs étatiques et non étatiques»

NEW YORK: Les experts des droits de l’homme de l’ONU sont «extrêmement préoccupés» par la souffrance des migrants et des demandeurs d’asile détenus dans des centres en Libye. Les détenus sont soumis à «une myriade de violations et d’abus quotidiens commis par des acteurs étatiques et non étatiques», ont-ils indiqué.

Marta Hurtado, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), a attiré l’attention mardi sur l’augmentation du nombre de perquisitions menées contre des migrants et des demandeurs d’asile, qui ont fait des morts et des blessés, et sur l’augmentation du nombre de personnes détenues dans des conditions déplorables.

Elle a également souligné le nombre croissant d’expulsions du pays sans procédure régulière, en violation du principe de non-refoulement, qui consiste à ne pas forcer les réfugiés et les demandeurs d’asile à retourner dans un endroit où ils risquent d’être persécutés ou tués.

Mme Hurtado a cité en exemple la mort d’une personne et la détention de 4 000 personnes lors de la perquisition par des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur d’un campement à Gergaresh, à l’ouest de Tripoli, qui abritait des migrants et des demandeurs d'asile en attente de la fin du processus de réinstallation. Au cours de cette descente, des femmes, des enfants et des hommes ont été arrêtés et menottés, a-t-elle mentionné.

«Les forces de sécurité ont fait usage d’une force inutile et disproportionnée pour les détenir, notamment en tirant sur ceux qui résistaient ou tentaient de s’échapper ou en les frappant», a-t-elle ajouté.

Les détenus ont été transférés dans un centre de détention géré par le gouvernement à Tripoli et détenus dans «des cellules bondées, dans des conditions insalubres, et avec un accès limité à la nourriture et à l’eau», a précisé Mme Hurtado.

Ceux qui ont tenté de s’échapper du centre ont été visés par des gardes utilisant des balles réelles, a-t-elle poursuivi. Au moins quatre personnes ont été tuées et de nombreuses autres ont été blessées, mais le nombre réel de victimes «reste inconnu».

«Cette série d’événements horribles qui a duré huit jours n’est que le dernier exemple en date de la situation précaire, parfois mortelle, à laquelle sont confrontés les migrants et les demandeurs d’asile en Libye», a déclaré Mme Hurtado.

«Ils sont criminalisés uniquement en raison de leur statut de migrants, sont régulièrement détenus dans des conditions abominables, font fréquemment l’objet d’extorsions et d’abus et sont, dans certains cas, tués.»

Un rapport récent publié par la Mission indépendante d’établissement des faits sur la Libye détermine que les «violations systématiques» infligées aux migrants pourraient constituer des crimes contre l’humanité.

Bien que le HCDH ait salué la promesse du gouvernement libyen de libérer certains des migrants, il a déclaré qu’«ils n’auraient pas dû être détenus de toute manière» et a rappelé aux autorités leur «obligation de protéger toute personne se trouvant sur leur territoire, y compris les migrants et les demandeurs d’asile».

Le HCDH a exhorté les responsables libyens à réclamer une enquête indépendante sur les allégations de l’usage disproportionné de la force par les forces de sécurité et les groupes armés affiliés et à les tenir pour responsables de leurs actes. Le Haut-Commissariat a également appelé à la libération de tous les migrants et demandeurs d’asile détenus arbitrairement, l’arrêt des perquisitions dans leurs campements et la fin des expulsions, tout en soulignant la nécessité de leur assurer un hébergement sûr avec un accès adéquat aux soins de santé, à la nourriture et à l’eau.

Le communiqué du HCDH intervient après que le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a salué l’accord conclu vendredi à Genève par le Comité militaire mixte libyen (comité 5+5) sur un processus de retrait des mercenaires et des combattants étrangers du pays.

M. Guterres a affirmé que ce plan d’action constitue «un pilier de la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2020» et a appelé les autorités libyennes et internationales à y donner suite.

«Le secrétaire général est convaincu que le déploiement d’une première équipe d’observateurs du cessez-le-feu des Nations unies contribuera à établir les conditions d’une mise en œuvre réussie du plan d’action», a souligné le porte-parole Stéphane Dujarric.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Israël va «intensifier» ses opérations au Liban, après avoir détruit un pont reliant Tyr au reste du pays

Israël va «intensifier» ses opérations au Liban, après avoir détruit un pont reliant Tyr au reste du pays
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  • Des images de l'AFP ont montré de la fumée s'élever après l'attaque contre le pont de Qasmiyeh, situé sur la principale route côtière reliant la région de Tyr au reste du pays
  • Le président libanais Joseph Aoun a aussitôt "condamné le ciblage et la destruction par Israël d'infrastructures et d'installations vitales"

BEYROUTH: Israël a annoncé dimanche qu'il allait "intensifier" ses opérations terrestres au Liban et étendre son "contrôle" sur le terrain, après avoir détruit un pont stratégique dans le sud du pays, utilisé selon lui par le Hezbollah pro-iranien.

Des images de l'AFP ont montré de la fumée s'élever après l'attaque contre le pont de Qasmiyeh, situé sur la principale route côtière reliant la région de Tyr au reste du pays.

Le président libanais Joseph Aoun a aussitôt "condamné le ciblage et la destruction par Israël d'infrastructures et d'installations vitales".

"Ces attaques représentent une escalade dangereuse et une violation flagrante de la souveraineté du Liban, et sont considérées comme un prélude à une invasion terrestre", a-t-il estimé dans un communiqué.

Peu de temps après ces déclarations, l'armée israélienne a annoncé intensifier ses "opérations terrestres ciblées" et ses frappes.

"L'opération contre l'organisation terroriste Hezbollah ne fait que commencer (...) Il s'agit d'une opération de longue haleine et nous y sommes préparés", a affirmé le chef d'état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir.

"Nous n'arrêterons pas avant que la menace ne soit repoussée loin de la frontière et qu'une sécurité à long terme soit assurée aux habitants du nord d'Israël", a-t-il ajouté.

Dans un autre communiqué, le porte-parole de l'armée israélienne Effie Defrin a précisé que ces opérations terrestres débuteraient "dans la semaine".

"Nous commencerons à consolider notre emprise", a-t-il déclaré. "Nous allons étendre notre contrôle sur le terrain et nos manœuvres pour empêcher des tirs directs".

Détruire "tous les ponts" 

Le ministre de la Défense, Israël Katz, avait annoncé plus tôt avoir ordonné de "détruire immédiatement tous les ponts au-dessus du fleuve Litani qui servent à des activités terroristes, afin d'empêcher le passage (...) du Hezbollah et d'armes vers le sud".

D'après l'agence nationale d'information libanaise, l'Ani, quatre frappes ont visé le pont de Qasmiyeh, le rendant impraticable. Ces frappes ont également causé des dommages "aux réseaux électriques, ainsi que de graves dégâts aux commerces, aux vergers et aux parcs situés à proximité du pont", précise l'Ani.

L'armée israélienne avait déjà indiqué mercredi avoir détruit deux ponts sur le fleuve, qui traverse le Liban à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël, dans le cadre de son offensive contre le Hezbollah, organisation chiite libanaise.

Plus tôt dimanche, les secours israéliens avaient annoncé la mort d'un civil près de la frontière.

Le Hezbollah a revendiqué avoir ciblé des soldats, mais l'armée israélienne a ouvert une enquête pour déterminer si cette mort était liée à un tir de ses propres soldats.

Il s'agit de la première victime civile sur la frontière nord du pays depuis le début de la guerre entre le mouvement libanais et Israël début mars.

"Deux véhicules se sont entièrement embrasés après un impact direct dans le kibboutz de Misgav Am: les pompiers ont dégagé une victime décédée sur les lieux", ont précisé les services de secours de cette région.

Le 8 mars, deux soldats israéliens avaient été tués par des tirs du Hezbollah dans le sud du Liban, tout près de la frontière.

Destructions de maisons 

Le Hezbollah est entré dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour des frappes israélo-américaines sur Téhéran.

Depuis, Israël mène des représailles massives à travers une vaste campagne de frappes aériennes sur le Liban et des avancées terrestres dans une zone tampon le long de la frontière, qui ont fait plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés.

Selon Israël Katz, l'armée va aussi "accélérer la destruction des maisons libanaises dans les villages de contact" à la frontière, "afin de contrer les menaces qui pèsent sur les communautés israéliennes".

D'après l'agence Ani, les forces israéliennes ont détruit "un certain nombre de maisons" dans le village de Taybeh. Le Hezbollah a lui annoncé avoir pris pour cible des soldats israéliens dans la ville frontalière de Khiam, où des affrontements ont lieu depuis plusieurs jours, ainsi qu'à Maroun al-Ras, Marwahin et dans d'autres zones frontalières avec Israël.

L'Ani a aussi rapporté plusieurs frappes ailleurs dans le sud, notamment dans la localité stratégique de Khiam et la ville côtière de Naqoura, mais aussi dans la vallée de la Bekaa (est).

 

 


L'Arabie saoudite et ses voisins du Golfe à nouveau attaqués

La région de Ryad en Arabie saoudite a été visée par deux missiles balistiques, a annoncé lundi le ministère de la Défense du royaume au 24e jour de la guerre au Moyen-Orient, d'autres pays du Golfe faisant également état de tirs iraniens vers leurs territoires. (AFP)
La région de Ryad en Arabie saoudite a été visée par deux missiles balistiques, a annoncé lundi le ministère de la Défense du royaume au 24e jour de la guerre au Moyen-Orient, d'autres pays du Golfe faisant également état de tirs iraniens vers leurs territoires. (AFP)
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  • Un des missiles a été intercepté et l'autre est tombé dans une zone inhabitée, a précisé le ministère saoudien
  • Aux Emirats arabes unis, autre pays régulièrement visé par Téhéran depuis le début de la guerre, le ministère de la Défense a annoncé lundi qu'il "réagissait actuellement à des menaces de missiles et de drones en provenance d'Iran"

RYAD: La région de Ryad en Arabie saoudite a été visée par deux missiles balistiques, a annoncé lundi le ministère de la Défense du royaume au 24e jour de la guerre au Moyen-Orient, d'autres pays du Golfe faisant également état de tirs iraniens vers leurs territoires.

Un des missiles a été intercepté et l'autre est tombé dans une zone inhabitée, a précisé le ministère saoudien.

Aux Emirats arabes unis, autre pays régulièrement visé par Téhéran depuis le début de la guerre, le ministère de la Défense a annoncé lundi qu'il "réagissait actuellement à des menaces de missiles et de drones en provenance d'Iran", expliquant que "les bruits entendus sont le résultat de l'interception de missiles et de drones par les systèmes de défense aérienne".

Une alerte a également été déclenchée à Bahreïn. "Les citoyens et les résidents sont invités à rester calmes et à se rendre à l'endroit sûr le plus proche", a indiqué le ministère de l'Intérieur du pays sur les réseaux sociaux.

Les pays du Golfe, qui se sont longtemps présentés comme des oasis de sécurité et de stabilité dans une région en proie aux conflits, ont été entraînés dans la guerre au Moyen-Orient alors que la République islamique riposte aux frappes américano-israéliennes.

L'Iran a pris pour cible des installations militaires américaines ainsi que des infrastructures civiles, notamment des aéroports, des ports et des installations pétrolières autour du Golfe.

 


Les autorités saoudiennes saluent le succès du plan opérationnel durant le Ramadan

Des fidèles musulmans se rassemblent autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l’islam, dans l’enceinte de la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. (AFP)
Des fidèles musulmans se rassemblent autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l’islam, dans l’enceinte de la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. (AFP)
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  • L’autorité souligne que ce succès repose sur un système opérationnel intégré fondé sur une planification proactive, une coordination entre les services, la sécurité, les opérations et la santé, ainsi qu’une exécution efficace sur le terrain

LA MECQUE : L’Autorité générale pour la gestion des Deux Saintes Mosquées a salué le succès de son plan opérationnel pour le Ramadan, mettant en avant la capacité du Royaume à gérer l’une des opérations de foule les plus vastes et complexes au monde.

Des millions de pèlerins ont visité les deux saintes mosquées durant le Ramadan, bénéficiant d’un flux de fidèles et de services fluide et minutieusement organisé, reflétant l’engagement du Royaume à leur service.

L’autorité a souligné que ce succès est le fruit d’un système opérationnel intégré reposant sur une planification proactive, une coordination entre les entités de service, de sécurité, opérationnelles et sanitaires, ainsi qu’une exécution efficace sur le terrain.

Cette approche a permis une gestion très efficace des foules et la fourniture de services de haute qualité, améliorant l’expérience spirituelle des fidèles et des visiteurs.

Au cours des dix derniers jours du mois sacré, plus de 18 000 agents et près de 6 000 véhicules ont été mobilisés, alors que les fidèles entamaient l’itikaf dans les deux saintes mosquées.

Durant cette période, divers services leur ont été fournis, notamment orientation, soins de santé, traduction, hospitalité et fournitures essentielles, afin de garantir une expérience confortable et spirituellement enrichissante. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com