Au moins 41 morts dans un attentat-suicide à Kandahar, fief des talibans

Des membres des talibans montent la garde près d'une mosquée chiite dans la province de Kandahar le 15 octobre 2021, après qu'au moins 37 personnes ont été tuées lors d'explosions dans une mosquée chiite, a déclaré à l'AFP un porte-parole d'un hôpital. (Javed Tanveer / AFP)
Des membres des talibans montent la garde près d'une mosquée chiite dans la province de Kandahar le 15 octobre 2021, après qu'au moins 37 personnes ont été tuées lors d'explosions dans une mosquée chiite, a déclaré à l'AFP un porte-parole d'un hôpital. (Javed Tanveer / AFP)
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Publié le Samedi 16 octobre 2021

Au moins 41 morts dans un attentat-suicide à Kandahar, fief des talibans

  • «Le premier kamikaze a fait exploser sa veste explosive (...) dans un couloir de la mosquée, tandis que le second kamikaze a fait exploser sa veste explosive au centre de la mosquée»
  • Cette attaque survient exactement une semaine après un autre attentat-suicide meurtrier contre une mosquée chiite, à Kunduz (nord-est), aussi revendiqué par l'organisation jihadiste Etat islamique

KANDAHAR : Le groupe Etat islamique - Khorasan (EI-K) a revendiqué l'attentat-suicide qui a fait au moins 41 morts lors de la prière du vendredi dans une mosquée chiite de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, le berceau des talibans, ainsi défiés en plein cœur de leur fief traditionnel.


Selon des témoins, plusieurs explosions ont frappé la mosquée Fatemieh, dans le centre de Kandahar, la deuxième plus grande ville du pays, au moment de la prière hebdomadaire du vendredi.


"Nous nous préparions pour la prière, quand nous avons entendu des tirs. Deux personnes ont pénétré dans la mosquée et ont tiré sur les gardes qui ont tiré en retour. L'un d'eux s'est fait exploser dans la mosquée, après lui, deux autres se sont aussi fait exploser", a indiqué à l'AFP Sayed Rohullah, employé de sécurité à la mosquée, faisant état d'un troisième kamikaze à l'extérieur de l'édifice.


Dans un communiqué publié sur les chaînes Telegram de l'organisation jihadiste, celle-ci affirme que deux kamikazes ont mené des attaques distinctes à l'intérieur de la mosquée chiite de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, lors de la prière du vendredi.


"Le premier kamikaze a fait exploser sa veste explosive (...) dans un couloir de la mosquée, tandis que le second kamikaze a fait exploser sa veste explosive au centre de la mosquée", précise le communiqué.


Il s'agit du premier attentat de l'EI-K à Kandahar, berceau des talibans.


Cette attaque survient exactement une semaine après un autre attentat-suicide meurtrier contre une mosquée chiite, à Kunduz (nord-est), aussi revendiqué par l'organisation jihadiste Etat islamique (EI).


Le chef de la police talibane à Kandahar, Maulvi Mehmood, a déclaré lors d'une conférence de presse "condamner fermement l'attaque" et assuré que "tous les services" de sécurité "sont à l'oeuvre pour retrouver les personnes impliquées et les punir". 


Selon lui, la sécurité de la communauté chiite avait été jusqu'à présent assurée, à sa demande, par la communauté elle-même. Mais "à l'avenir, nous comptons prendre la responsabilité de tous ces lieux de culte en leur assignant des gardes", a ajouté M. Mehmood.

«Trop de cadavres»

"Selon les informations recueillies dans nos hôpitaux, 41 personnes ont été tuées et environ 70 blessées", a indiqué à l'AFP Hafiz Abdulhai Abbas, responsable de la santé à Kandahar. 


"Nous sommes débordés. Il y a trop de cadavres et de blessés amenés à notre hôpital. Nous avons un besoin urgent de sang", a-t-il ajouté.


A l'intérieur et à l'entrée de la mosquée, le sol était par endroits recouvert de débris et certains murs perforés par le souffle des explosions, a constaté un journaliste de l'AFP.


Washington a condamné l'attaque par la voix du porte-parole du département d'État américain, Ned Price, et a réitéré son appel aux "talibans pour qu'ils respectent l'engagement qu'ils ont pris en matière de lutte contre le terrorisme, et en particulier pour qu'ils s'attaquent à la menace commune à laquelle nous sommes confrontés", celle de l'EI-K.


"Nous sommes déterminés à faire en sorte qu'aucun groupe... ne puisse plus jamais utiliser le sol afghan comme rampe de lancement pour des attaques contre les États-Unis ou d'autres pays", a ajouté M. Price. 


Depuis leur arrivée au pouvoir le 15 août, les talibans, qui font du retour de la sécurité dans le pays après 20 ans de guerre leur priorité, sont confrontés à une vague d'attentats sanglants menés par l'EI.


Sa branche locale, l'État islamique-Khorasan (EI-K), a ciblé ces dernières semaines les talibans et la minorité chiite afghane.


Vendredi dernier, à Kunduz, à la même heure, un kamikaze avait déclenché un gilet explosif dans la foule lors de la grande prière à la mosquée chiite de Gozar-e-Sayed, tuant au moins une quarantaine de fidèles.


L'attentat de Kunduz est l'attaque la plus meurtrière depuis le départ des troupes américaines du pays le 30 août.

«Défi aux talibans»

L'EI-K, groupe sunnite rival des talibans qui se présente comme le seul garant d'une vision rigoriste de l'islam, a ciblé à de nombreuses reprises ces dernières années la minorité chiite, considérée comme "hérétique" - et en particulier les hazaras.


Les talibans eux-mêmes s'en sont souvent pris dans le passé aux chiites, qui représentent entre 10% et 20% de la population afghane (environ 40 millions d'habitants au total), avant d'affirmer vouloir désormais garantir leur sécurité.


"Le massacre d'innocents qui prient est injustifiable, dans aucune religion (...) Ces actes n'ont rien à voir avec l'Islam", a réagi lors d'un entretien avec l'AFP le responsable chiite Mohammad Reza Muzaffar, imam de la mosquée Qalai Shahada à Kaboul, assurant être prêt "à coopérer pour assurer la sécurité des mosquées", si les talibans n'y parvenaient pas. 


Cette attaque, en plein fief taliban, est également "un défi lancé aux talibans qui prétendent détenir le contrôle du pays", analyse de son côté Abdul Sayed, chercheur spécialisé dans le suivi des groupes jihadistes afghans pour la plateforme ExTrac.


"S'ils ne peuvent pas protéger Kandahar d'une attaque de l'EI-K, comment pourraient-ils protéger le reste du pays de l'EI-K?", demande l'analyste.

Les événements en Afghanistan depuis la chute de Kaboul

De la prise de pouvoir des talibans aux explosions survenues vendredi dans une mosquée chiite de Kandahar, rappel des principaux événements en Afghanistan depuis la mi-août.

Les talibans à Kaboul, chaos à l'aéroport 

Le 15 août, les talibans entrent dans Kaboul sans rencontrer de résistance, à l'issue d'une offensive éclair entamée en mai à la faveur du retrait des forces américaines et de l'Otan.

Le président Ashraf Ghani, en fuite à Abou Dhabi, admet que "les talibans ont gagné", vingt ans après avoir été chassés du pouvoir par une coalition internationale menée par les Etats-Unis.

L'évacuation de diplomates, d'autres étrangers et d'Afghans s'organise dans l'urgence. Une marée humaine se précipite à l'aéroport de Kaboul dans le chaos pour tenter de fuir le nouveau régime.

Le 16, le président américain Joe Biden affirme que la mission de Washington n'a jamais été de bâtir une nation démocratique mais "d'empêcher une attaque terroriste sur le sol américain".

« Inquiets » pour les femmes 

Bruxelles et Washington se disent "profondément inquiets" de la situation des femmes, dans une déclaration co-signée par 18 autres pays.

Les talibans, assurant qu'ils ne chercheront pas à "se venger" de leurs adversaires, déclarent une amnistie générale pour les responsables gouvernementaux ou militaires afghans. Mais un rapport confidentiel des Nations unies affirme qu'ils traquent ceux qui ont travaillé avec les forces étrangères.

Le 22, les talibans annoncent le lancement d'une offensive d'envergure contre la vallée du Panchir, (est) dernière poche de résistance qui abrite le Front national de résistance (FNR) emmené par Ahmad Massoud, fils du commandant Ahmed Shah Massoud assassiné en 2001 par le groupe jihadiste Al-Qaïda.

Attentat sanglant de l'EI

Le 26, soixante-douze personnes, dont treize soldats américains, sont tuées devant l'aéroport de Kaboul dans un attentat-suicide revendiqué par le groupe Etat islamique au Khorasan (EI-K).

Deux jours plus tard, des drones de l'armée américaine bombardent des "cibles importantes" de l'EI-K dans l'Est afghan, tuant deux jihadistes de haut rang.

Retrait américain 

Le 30 août, l'armée américaine quitte l'Afghanistan.

Le gigantesque pont aérien a permis l'évacuation de plus de 123.000 civils Afghans et étrangers.

Manifestations

Début septembre, des femmes descendent dans les rues d'Hérat, capitale de l'Ouest, pour revendiquer leur droit à travailler et réclamer la participation de femmes au nouvel exécutif.

D'autres manifestations pour la défense des libertés sont dispersés avec brutalité.

Le 6, les talibans affirment contrôler le Panchir. Toute nouvelle tentative d'insurrection sera "durement réprimée", préviennent-ils. Le FNR assure "continuer" la lutte.

Gouvernement exclusivement taliban

Le 7, les talibans annoncent la nomination des principaux ministres de leur gouvernement, tous issus de leurs rangs et dirigés par Mohammad Hassan Akhund, un ancien proche de leur fondateur, le mollah Omar.

Le nouveau gouvernement interdit tout rassemblement non autorisé.

Le 10, l'ONU dénonce la répression de manifestations pacifiques qui ont fait au moins quatre morts, selon un décompte "non exhaustif" du Haut-commissariat des droits de l'homme.

Le 15, l'Iran, après le Pakistan, reprend ses vols commerciaux avec l'Afghanistan.

Attentats de l'EI et aide humanitaire

Les 18 et 19, des attaques contre les talibans revendiquées par l'EI-K à Jalalabad font au moins deux morts.

Le 22, l'ONU débloque 45 millions de dollars d'aide d'urgence.

Le 3 octobre, un attentat à la bombe contre une mosquée de Kaboul fait au moins cinq morts. Il est revendiqué par l'EI, ainsi qu'un autre attentat suicide perpétré le 8 octobre lors de la grande prière du vendredi dans une mosquée chiite de Kunduz (nord-est), qui fait plusieurs dizaines de morts.

Le 9, les talibans exhortent les Etats-Unis à ne pas "déstabiliser" leur gouvernement, lors de la première rencontre à Doha entre des représentants des deux parties depuis le retrait américain.

Le 11, l'ONU dénonce des promesses non tenues par les talibans à l'égard des femmes et des filles.

Le 12, les talibans rencontrent pour la première fois une délégation conjointe américaine et européenne à Doha. L'UE promet lors d'un sommet du G20 une aide humanitaire pour l'Afghanistan d'un milliard d'euros.

Le 15, des explosions dans une mosquée chiite, à Kandahar (sud), font plusieurs dizaines de morts et de blessés, selon un bilan provisoire.

L'EI compte 2 000 hommes en Afghanistan et veut s'étendre en Asie centrale selon Poutine

Le Nord de l'Afghanistan abrite au moins 2.000 combattants du groupe jihadiste État islamique, qui a l'ambition de s'étendre en Asie centrale, la zone d'influence de la Russie, a déclaré vendredi Vladimir Poutine.

Le président russe a relevé qu'une multitude de groupes "extrémistes et terroristes" sont actifs dans le Nord afghan, y compris l'EI, Al-Qaida et le Mouvement islamique d'Ouzbékistan.

"Selon nos informations, le nombre de combattants de l'EI est d'environ 2.000, leurs chefs préparent des plans pour étendre leur influence dans les pays d'Asie centrale et des régions russes en attisant les conflits ethno-confessionnels et la haine religieuse", a-t-il dit, lors d'un sommet virtuel des pays de la CEI, organisation de pays ex-soviétiques.

L'État islamique - Khorasan (EI-K), le groupe islamiste armé le plus radical d'Afghanistan, a revendiqué une série d'attentats destinés à déstabiliser "l'émirat" proclamé par les talibans.

La Russie s'inquiète de l'escalade des attaques, craignant que toute la région, située sur son flanc sud, puisse être déstabilisée.

M. Poutine a exprimé sa préoccupation une première fois cette semaine, relevant que des jihadistes endurcis venus de Syrie et d'Irak arrivaient en Afghanistan.

Moscou considère les talibans comme une organisation extrémiste mais entretient néanmoins des relations avec eux depuis de longues années.

Ses émissaires doivent participer à une première réunion internationale en Russie le 20 octobre.

Des représentants de la Chine, de l'Iran, du Pakistan et de l'Inde sont également attendus, et l'émissaire du Kremlin Zamir Kaboulov, qui sera à la tête de la délégation russe, a assuré que les États-Unis étaient "invités".

Il y sera notamment question des moyens de "normaliser la situation" en Afghanistan, selon le président russe. 

La Russie souhaite que les talibans ouvrent leur gouvernement à d'autres forces pour faciliter la réconciliation et le combat contre des groupes comme l'EI.  

Vingt ans après avoir été chassés du pouvoir par les États-Unis, les talibans ont fait un retour spectaculaire aux commandes du pays en août, dans la foulée du retrait militaire américain.

La Russie s'intéresse de près à la situation en Afghanistan, pays que les forces soviétiques ont occupé pendant 10 ans jusqu'à leur retrait en 1989, au terme d'une guerre sanglante.


Berlin, Paris et Londres prêts à des «actions défensives» pour «détruire» les capacités militaires de l'Iran

Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale. (AFP)
Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale. (AFP)
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  • Téhéran a répliqué à l'offensive américaine et israélienne débutée samedi avec des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours
  • Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale

BERLIN: Les dirigeants allemands, français et britanniques se sont dit prêts dimanche à des "actions défensives nécessaires et proportionnées" face aux ripostes iraniennes afin de "détruire à la source" les capacités militaires de Téhéran.

"Nous prendrons des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région", potentiellement en empêchant la République islamique de tirer des missiles et des drones, a mis en garde le groupe E3, qui rassemble les trois puissances, dans une déclaration commune.

Téhéran a répliqué à l'offensive américaine et israélienne débutée samedi avec des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours.

Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale.

Les frappes "ont ciblé nos alliés proches et menacent notre personnel militaire et nos civils dans toute la région", ajoute le communiqué.

Berlin, Paris et Londres discuteront de ces mesures défensives avec les États-Unis et leurs alliés dans la région.

Dimanche, Washington a aussi fait état des premiers soldats américains tués dans le cadre de l'opération qui a mené à la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

L'Iran ne se fixe "aucune limite" dans son droit à se défendre, a déclaré dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans un entretien avec la chaîne de télévision américaine ABC. "Ce que font les États-Unis est un acte d'agression. Ce que nous faisons, c'est nous défendre. C'est très différent", a-t-il insisté.

 


Trump dit qu'il «va parler» aux dirigeants iraniens 

Donald Trump, qui multiplie dimanche les coups de fil avec les journalistes depuis sa résidence de Floride, a déclaré au magazine The Atlantic qu'il "allait parler" aux dirigeants iraniens, mais sans dire quand ni quels seraient ses interlocuteurs. (AFP)
Donald Trump, qui multiplie dimanche les coups de fil avec les journalistes depuis sa résidence de Floride, a déclaré au magazine The Atlantic qu'il "allait parler" aux dirigeants iraniens, mais sans dire quand ni quels seraient ses interlocuteurs. (AFP)
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  • "Ils veulent parler, et j'ai accepté de parler, donc je vais leur parler", a dit Trump
  • "La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts", a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens "avaient voulu la jouer trop finement"

PALM BEACH: Donald Trump, qui multiplie dimanche les coups de fil avec les journalistes depuis sa résidence de Floride, a déclaré au magazine The Atlantic qu'il "allait parler" aux dirigeants iraniens, mais sans dire quand ni quels seraient ses interlocuteurs.

"Ils veulent parler, et j'ai accepté de parler, donc je vais leur parler", a-t-il dit, selon les propos rapportés par le mensuel américain.

"La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts", a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens "avaient voulu la jouer trop finement".

48 dirigeants iraniens tués

Donald Trump a déclaré dimanche que 48 dirigeants iraniens avaient été tués et 9 navires iraniens coulés dans l'offensive déclenchée samedi, tout en se disant prêt au dialogue avec Téhéran.

"Cela avance rapidement. Personne n'arrive à croire à notre réussite, 48 dirigeants ont été éliminés d'un coup", a dit le président américain, selon une journaliste de Fox News qui lui a parlé au téléphone et qui a retranscrit ses propos sur son compte X.

"Je viens juste d'être informé que nous avons détruit et coulé 9 navires iraniens, pour certains relativement grands et importants. Nous traquons le reste", a-t-il écrit par ailleurs sur son réseau Truth Social. "Dans une attaque différente, nous avons en grande partie détruit leur quartier général maritime."

Le président américain, qui supervise les opérations depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, n'a pas jusqu'ici commenté la mort de trois militaires américains, premières pertes des Etats-Unis depuis le déclenchement du conflit.

Donald Trump, qui n'est pas apparu en public depuis le début de la guerre, annoncée dans un message vidéo enregistré, a multiplié les conversations téléphoniques avec des journalistes.

Des dirigeants iraniens "veulent parler, et j'ai accepté de parler, donc je vais leur parler", a-t-il ainsi dit à un journaliste de The Atlantic.

"La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts", a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens "avaient voulu la jouer trop finement".

Dans un entretien avec un journaliste de la chaîne d'informations financières CNBC, il a assuré que l’opération militaire contre l'Iran "progressait très bien" et "plus vite que prévu".

Des bombardiers furtifs B-2 ont participé aux bombardements, a dit dimanche le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom. Ce sont les mêmes appareils qui avaient frappé en juin dernier des installations d'enrichissement d'uranium en Iran.


Trump mécontent de l'Iran malgré une percée selon le médiateur omanais

Le président Donald Trump quitte la salle de réception diplomatique pour monter à bord de Marine One depuis la pelouse sud de la Maison-Blanche, vendredi 27 février 2026, à Washington. (AP)
Le président Donald Trump quitte la salle de réception diplomatique pour monter à bord de Marine One depuis la pelouse sud de la Maison-Blanche, vendredi 27 février 2026, à Washington. (AP)
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  • Donald Trump se dit mécontent des négociations avec l’Iran et n’exclut pas des frappes, tout en affirmant n’avoir pris aucune décision finale, malgré un important déploiement militaire américain au Moyen-Orient
  • Le médiateur omanais Badr Albusaidi annonce une percée : l’Iran accepterait de ne pas stocker d’uranium enrichi, tandis que Washington exige toujours l’arrêt total de l’enrichissement

WASHINGTON: Donald Trump tient le monde en haleine: il a affiché vendredi son mécontentement envers l'Iran, mais dit n'avoir pas pris de "décision finale" sur d'éventuelles frappes, alors que le médiateur omanais s'est targué d'une percée dans les négociations pour éviter la guerre.

Le président américain a déclaré à des journalistes "ne pas être très content de la manière des Iraniens de négocier", au lendemain d'une troisième session de pourparlers à Genève sous médiation omanaise.

Mais "nous n'avons pas pris (de) décision finale" sur de possibles frappes, a-t-il déclaré, sur fond de déploiement militaire américain massif au Moyen-Orient, le plus important depuis des décennies, et de craintes d'un embrasement régional en cas d'attaque américaine.

Le chef de la diplomatie omanaise a cependant assuré vendredi qu'une percée avait eu lieu, affirmant que l'Iran avait accepté de ne pas stocker d'uranium enrichi.

"C'est quelque chose de complètement nouveau, qui rend vraiment l'argument de l'enrichissement moins pertinent, parce que désormais nous parlons de l'absence de stockage", a expliqué Badr Albusaidi sur la chaîne américaine CBS.

Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait exigé que l'Iran n'effectue "aucun enrichissement" d'uranium. "Vous n'avez pas besoin d'enrichir quand vous avez autant de pétrole", a-t-il déclaré à la presse lors d'un déplacement au Texas (sud).

- Porte-avions déployés -

Dans ce contexte de tensions, les Etats-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël - leur allié, et ennemi juré de l'Iran - en raison "de risques pour leur sécurité".

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, se rendra lundi en Israël - que l'Iran avait frappé en juin en riposte à une attaque israélienne sur son territoire -, a annoncé le département d'Etat.

Les Etats-Unis ont dépêché dans la région deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d'Israël après avoir quitté jeudi la Crète.

Washington a également inscrit vendredi l'Iran sur sa liste noire de pays pratiquant "des détentions injustifiées", et appelé les ressortissants américains s'y trouvant à "partir immédiatement".

Dans le centre de Téhéran, tout en disant préférer éviter la guerre et souhaiter la levée des sanctions internationales qui asphyxient l'économie iranienne, Hamid Beiranvand, un employé de 42 ans, affirme qu'"il ne faut faire aucune concession" aux Américains.

Accusant Téhéran - qui dément - de vouloir se doter de la bombe atomique, les Etats-Unis insistent pour une interdiction totale d'enrichissement d'uranium, tandis que l'Iran défend son droit au nucléaire civil.

Washington veut aussi limiter le programme balistique iranien, une question que Téhéran refuse d'aborder.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé vendredi les Etats-Unis à éviter "toute exigence excessive", tempérant l'optimisme qu'il avait affiché la veille à l'issue des pourparlers.

- Risque d'aggravation "rapide" -

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Volker Türk, s'est dit "extrêmement inquiet du risque d'escalade militaire régionale".

Le Royaume-Uni et le Canada ont dit retirer une partie de leur personnel diplomatique de Tel-Aviv, le centre économique d'Israël où la plupart des pays ont leur ambassade, par mesure de précaution.

Pékin et Ottawa ont tous deux appelé leurs ressortissants à évacuer l'Iran, tandis que Londres a retiré le personnel de son ambassade à Téhéran.

Le ministre iranien Abbas Araghchi s'était prévalu jeudi de "très bons progrès" dans les discussions avec les Etats-Unis.

Une prochaine session doit se tenir "très bientôt", après des discussions "entre équipes techniques" lundi à Vienne en Autriche, assistées "d'experts" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), avait-il ajouté.

"La paix est à portée de main", a même assuré vendredi sur X l'Omanais Badr Busaidi, disant s'être entretenu à Washington avec le vice-président JD Vance.

Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de "10 à 15 jours" pour décider si un accord était possible ou s'il allait recourir à la force.

Les deux pays avaient repris des pourparlers l'année dernière, interrompus par la guerre israélo-iranienne de 12 jours en juin à laquelle Washington s'était brièvement joint.

Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang, en janvier, d'un vaste mouvement de contestation d'Iraniens, auxquels Donald Trump avait promis de venir "en aide".