Un journaliste de la BBC a demandé au Premier ministre pakistanais s’il avait «honte» d’être musulman après le 11 septembre

Martin Bashir a demandé au Premier ministre pakistanais, Imran Khan, s’il avait «honte d’être musulman» après les attentats du 11 septembre. (Photo, AFP)
Martin Bashir a demandé au Premier ministre pakistanais, Imran Khan, s’il avait «honte d’être musulman» après les attentats du 11 septembre. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 16 octobre 2021

Un journaliste de la BBC a demandé au Premier ministre pakistanais s’il avait «honte» d’être musulman après le 11 septembre

  • Selon un politicien, cette réaction est intervenue dans un contexte de «montée de l’islamophobie» en Occident
  • La BBC a découvert que M. Bashir avait utilisé des méthodes «malhonnêtes» pour obtenir une interview avec la princesse Diana

LONDRES: Martin Bashir, ancien journaliste de la BBC chargé des questions religieuses, a demandé au Premier ministre pakistanais, Imran Khan, s’il avait «honte d’être musulman» après les attentats du 11 septembre.

M. Khan a révélé dans son autobiographie qu’il était «choqué» par les questions de M. Bashir lorsqu’il a été contacté par celui-ci après la tragédie.

«Après le 11 septembre, je n’oublierai jamais qu’il [Bashir] m’a appelé et m’a demandé: “N’as-tu pas honte d’être musulman?”», raconte M. Khan, qui a été interviewé par le journaliste au Pakistan.

«Il m’a immédiatement demandé: “En tant que musulman, n’êtes-vous pas embarrassé par les attentats?” J’étais choqué», écrit-il.

«Insinuer que les 1,3 milliard de musulmans du monde entier doivent se sentir responsables d’un acte commis par une poignée de criminels, c’est comme si on demandait à un chrétien de se sentir responsable des atrocités commises par Hitler ou Staline, ou à un catholique s’il soutenait l’IRA qui tue des enfants à Omagh. Je m’attendais à un retour de bâton après le 11 septembre, mais je n’avais pas prévu sa férocité», ajoute-t-il.

Cette réaction est intervenue dans un contexte de «montée de l’islamophobie» en Occident qui dépeignait faussement tous les musulmans comme des «méchants», mentionne M. Khan, qui a été élu à la tête du Pakistan en 2018.

Il précise que l’entretien téléphonique avec M. Bashir, qui travaillait pour la chaîne ITN à l’époque, était un exemple de la manière dont certains Occidentaux ont utilisé les attentats du 11 septembre pour «juger tous les musulmans» et ont simplement « aliéné de nombreux musulmans normaux».

M. Khan conclue que Martin Bashir n’est pas «le meilleur journaliste».

Ce dernier, qui s’est retiré de la profession en mai de cette année pour des raisons de santé, a également fait l’objet d’un examen approfondi pour ses méthodes de travail dans d’autres affaires, notamment pour son interview avec feu la princesse Diana de Galles.

L’année dernière, le journal britannique Daily Mail a révélé que M. Bashir avait eu recours à la falsification et à la tromperie pour la convaincre de lui accorder une interview en 1995, que certains ont attribuée à sa séparation avec le prince Charles. Elle est décédée en 1997 dans un accident de voiture.

À la suite d’une enquête, la BBC a découvert que M. Bashir avait utilisé des méthodes «malhonnêtes» pour obtenir une interview avec elle et qu’une enquête interne «terriblement inefficace» avait brouillé les pistes.

M. Khan et la princesse Diana étaient amis et elle a visité le Pakistan à plusieurs reprises. Il a assisté à ses funérailles aux côtés de Hasnat Khan, son ancien petit ami et un parent éloigné de la star du cricket.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le variant Omicron peut avoir attrapé un morceau de virus du rhume

Les nouvelles découvertes soulignent l'importance de recevoir les vaccins actuellement disponibles contre la Covid-19. (Photo, Shutterstock)
Les nouvelles découvertes soulignent l'importance de recevoir les vaccins actuellement disponibles contre la Covid-19. (Photo, Shutterstock)
Short Url
  • Cela pourrait signifier que le virus se transmet plus facilement, tout en ne provoquant qu'une maladie bénigne ou asymptomatique
  • «Vous devez vacciner pour réduire les risques que d'autres personnes immunodéprimées rencontrent le virus SARS-CoV-2»

NEW YORK : Le variant Omicron du virus qui cause la Covid-19 a probablement acquis au moins une de ses mutations en prélevant un extrait de matériel génétique d'un autre virus, probablement celui responsable du rhume, présent dans les mêmes cellules infectées, ont annoncé des chercheurs.

Cette séquence génétique n'apparaît dans aucune version antérieure du coronavirus, appelé SARS-CoV-2, mais elle est omniprésente dans de nombreux autres virus, notamment ceux qui causent le rhume, ainsi que dans le génome humain, ont déclaré les chercheurs.

En insérant cet extrait particulier en lui-même, Omicron pourrait se faire passer pour un virus «plus humain», ce qui l'aiderait à échapper aux attaques du système immunitaire humain, a révélé Venky Soundararajan de Cambridge, Massachusetts, société d'analyse de données, qui a dirigé l'étude publiée jeudi sur le site OSF Preprints.

Cela pourrait signifier que le virus se transmet plus facilement, tout en ne provoquant qu'une maladie bénigne ou asymptomatique. Les scientifiques ne savent pas encore si Omicron est plus infectieux que les autres variants, s'il provoque une maladie plus grave ou s'il dépassera Delta en tant que variant le plus répandu. Cela peut prendre plusieurs semaines afin d’obtenir des réponses à ces questions.

Selon des études antérieures, les cellules des poumons et du système gastro-intestinal peuvent héberger simultanément le SRAS-CoV-2 et les coronavirus du rhume. Une telle co-infection prépare le terrain pour la recombinaison virale, un processus au cours duquel deux virus différents présents dans la même cellule hôte interagissent tout en se reproduisant, générant de nouvelles copies contenant du matériel génétique des deux «parents».

Cette nouvelle mutation aurait pu se produire pour la première fois chez une personne infectée par les deux agents pathogènes lorsqu'une version du SRAS-CoV-2 a récupéré la séquence génétique de l'autre virus, ont expliqué Soundararajan et ses collègues dans l'étude, qui n'a pas encore été évaluée par des pairs.

La même séquence génétique apparaît plusieurs fois dans l'un des coronavirus qui provoque le rhume chez l'homme, connu sous le nom de HCoV-229E, et dans le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) qui cause le sida, a averti Soundararajan.

L'Afrique du Sud, où Omicron a été identifié pour la première fois, a le taux de VIH le plus élevé au monde, ce qui affaiblit le système immunitaire et augmente la vulnérabilité d'une personne aux infections par les virus du rhume et d'autres agents pathogènes. Dans cette partie du monde, a souligné le chercheur, il y a de nombreuses personnes chez qui la recombinaison qui a ajouté cet ensemble omniprésent de gènes à Omicron aurait pu se produire.

«Nous avons probablement raté de nombreuses générations de recombinaisons» qui se sont produites au fil du temps et qui ont conduit à l'émergence de l'omicron, a ajouté Soundararajan.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer les origines des mutations d'Omicron et leurs effets sur la fonction et la transmissibilité. Il existe également des hypothèses concurrentes selon lesquelles le dernier variant pourrait avoir passé un certain temps à évoluer chez un hôte animal.

En attendant, les nouvelles découvertes soulignent l'importance pour les personnes de recevoir les vaccins actuellement disponibles contre la Covid-19, a soutenu Soundararajan.

«Vous devez vacciner pour réduire les risques que d'autres personnes immunodéprimées rencontrent le virus SARS-CoV-2», a conseillé le chercheur.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


A Chypre, le pape dénonce l'«esclavage et la torture» lors d'une prière avec des migrants

Il a accusé une nouvelle fois la Turquie d'«instrumentaliser la migration à Chypre». (Photo, AFP)
Il a accusé une nouvelle fois la Turquie d'«instrumentaliser la migration à Chypre». (Photo, AFP)
Short Url
  • Le pape François s'exprimait lors d'une prière œcuménique avec des migrants dans une église de Nicosie au deuxième jour de sa visite sur l'île divisée de Chypre
  • Le pape, qui a mis la question migratoire au coeur de sa visite, doit emmener 50 migrants, dont 10 migrants en situation irrégulière détenus, avec lui en Italie

NICOSIE : Le pape a dénoncé avec force vendredi à Nicosie le traitement réservé à certains migrants en proie à l'"esclavage" et la "torture", estimant que leur sort rappelle des épisodes sombres de l'Histoire comme ceux des nazis ou de la dictature de Staline.

Le pape François s'exprimait lors d'une prière œcuménique avec des migrants dans une église de Nicosie au deuxième jour de sa visite sur l'île divisée de Chypre, porte vers l'Union européenne pour beaucoup de migrants. 

Le pape, qui a mis la question migratoire au coeur de sa visite, doit emmener 50 migrants, dont 10 migrants en situation irrégulière détenus, avec lui en Italie, selon Nicosie.  

Des dizaines de personnes, dont une majorité d'étrangers, se sont pressées devant l'église de la Sainte-Croix à Nicosie, située à quelques mètres de la zone tampon administrée par l'ONU, dans l'espoir peut-être de pouvoir être du voyage.

Bassel Ismail, un réfugié syrien d'une vingtaine d'années, à Chypre depuis environ sept mois attendait avec sa femme et son bébé. 

"Nous sommes venus voir le pape et peut-être il nous amènera avec lui au Vatican (...) On veut rejoindre mon frère" de 12 ans en Italie, a-t-il dit.

"Votre présence, frères et sœurs migrants, est très significative pour cette célébration", a dit le pape de 84 ans dans l'église.

Dieu nous appelle "à ne pas nous résigner à un monde divisé (...) mais à cheminer dans l’histoire attirés par le rêve de Dieu : une humanité sans murs de séparation, libérée de l’inimitié", a-t-il ajouté.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué que deux Camerounais "bloqués dans la zone tampon" séparant les deux parties de l'île divisée figuraient parmi les migrants qui devaient partir avec le pape.

«Bénédiction»

Il a accusé une nouvelle fois la Turquie d'"instrumentaliser la migration à Chypre", appelant les "partenaires européens" à faire preuve de "solidarité" avec Nicosie face "aux difficultés liées au flux croissant de migrants".

Dans l'église, Marina Nouwo une Camerounaise de 33 ans, a exprimé son émotion de rencontrer le pape: "C'est une bénédiction que Dieu nous accorde".

Cette mère de quatre enfants a quitté son pays il y a un mois avec son mari et espère, elle aussi, pouvoir être accueillie en Italie.

"J'ai fui les violences, les bombes, la faim et la douleur", explique pour sa part un Sud-asiatique s'exprimant sous le couvert de l'anonymat. "J'ai dû me cacher dans des coffres de voitures et j'ai été jeté dans des embarcations qui prenaient l'eau. Déçu, exploité, oublié, ignoré… J'ai été forcé de migrer."

Le pape François a appelé à "ouvrir les yeux" devant l'"esclavage" et la "torture", que subissent les migrants dans les camps, dressant un parallèle avec la Seconde Guerre mondiale.

"Cela nous rappelle l'histoire du siècle dernier, des nazis, de Staline, et on se demande comment cela a pu se passer. Mais ce qui s'est passé autrefois est en train d'arriver aujourd'hui sur les côtes voisines (…) Il y a des lieux de torture, des gens qui sont vendus. Je le dis car c'est ma responsabilité d'ouvrir les yeux", a déclaré le pape dans une longue improvisation au cours de la prière œcuménique avec des migrants.

Dans la matinée, le pape a célébré une grande messe dans le grand stade de la capitale chypriote devant des milliers de personnes.

«Rester unis»

"Si nous ne nous rassemblons pas, nous ne dialoguons pas (...) nous ne pourrons pas guérir pleinement de nos aveuglements", a-t-il lancé, en présence du président chypriote Nicos Anastasiades et d'un important dispositif de sécurité et face aux fidèles agitant des drapeaux libanais, argentins ou encore philippins.

Parmi eux, des membres de la communauté catholique latine de Chypre, composée d'environ 25.000 membres, aujourd'hui majoritairement des travailleurs immigrés asiatiques et des réfugiés africains.

Dans le stade, Janine Daou, 39 ans, a fait le voyage depuis le Liban "malgré les difficultés économiques", afin de "demander de l'aide" au pape pour son pays.

Jeudi, le pontife argentin de 84 ans avait lancé un vibrant appel à l'"unité", déplorant la "terrible lacération" de l'île divisée depuis l'invasion turque de 1974.

"Le chemin de la paix, qui guérit les conflits (...), est balisé par un mot: dialogue", a-t-il déclaré, alors que les pourparlers avec l'autoproclamée République turque de Chypre Nord (RTCN, reconnue uniquement par Ankara) pour la réunification de l'île sont au point mort depuis 2017.

Aux portes d'une région minée par les conflits et la crise migratoire, le pape a de nouveau mis en garde le continent européen contre "les murs de la peur" et les "intérêts nationalistes".


Peng Shuai: des Chinois percent des trous dans la censure

Peng Shuai. (Photo, AFP)
Peng Shuai. (Photo, AFP)
Short Url
  • Pour contourner la censure, les internautes ont d'abord commencé à utiliser les initiales ("PS") de l'ex-numéro une mondiale du double
  • Un subterfuge vite répéré et censuré

PÉKIN : Expressions codées, références aux "pastèques" ou à une certaine "PS": l'affaire de la tenniswoman Peng Shuai est passée sous silence en Chine mais des internautes font preuve d'ingéniosité pour contourner la censure des réseaux sociaux.

Dans un message publié en ligne début novembre, la championne évoquait longuement sa relation compliquée avec l'ancien vice-Premier ministre chinois Zhang Gaoli et évoquait un rapport sexuel avec lui qu'elle s'est sentie "forcée" d'accepter.

Le texte est resté seulement quelques minutes sur le compte officiel de la joueuse de 35 ans sur le réseau social chinois Weibo, avant d'être effacé par les censeurs. 

Depuis, l'affaire est totalement passée sous silence dans les médias chinois. Et les censeurs redoublent d'efforts pour effacer toute allusion au scandale sur les réseaux sociaux.

La majorité des Chinois ne sont ainsi pas au courant de l'affaire, d'autant plus que la plupart des sites internet de médias étrangers sont bloqués en Chine.

Mais l'information circule tout de même via les messageries privées et le bouche-à-oreille.

Pour contourner la censure, les internautes ont d'abord commencé à utiliser les initiales ("PS") de l'ex-numéro une mondiale du double. Un subterfuge vite répéré et censuré.

D'où l'apparition d'un ingénieux mot-dièse "codé": "#Peng Yuyan est super beau", une référence à Peng Yuyan, un acteur taïwanais populaire en Chine. 

"Beau" se disant "shuai" en mandarin, le hashtag a donc pour premier et dernier caractère chinois "Peng" et "Shuai" -- soit le nom de la championne.

D'autres utilisateurs de Weibo se sont rendus sur la page consacrée au tennis pour y évoquer une "grosse pastèque" ayant fait les gros titres de l'actualité.

En chinois, l'expression "manger de la pastèque" signifie s'intéresser aux nouvelles racoleuses ou qui attirent l'oeil.

"Même quand je dors, je me réveille pour manger de la pastèque", écrivait un utilisateur de Weibo dans un message depuis supprimé. Il n'évoquait pas nommément Zhang Gaoli mais en parlait comme de "la personne sensible politiquement".

Sur le compte Weibo de la WTA, l'instance internationale gérant le circuit féminin de tennis, certains affichaient leur "soutien" à l'organisation qui a décidé d'annuler ses tournois en Chine, ceci sans mentionner explicitement Peng Shuai.

Les internautes se réfugient aussi parfois dans les recoins les plus insoupçonnés du web.

Certains commentaient ainsi l'affaire sur le site de critiques de films Douban, à la page consacrée à une série sud-coréenne au nom évocateur: "Le Premier ministre et Moi"...

Ces différentes astuces n'ont pas tenu bien longtemps face à la vigilance des censeurs.