Par les yeux de Toulouse-Lautrec: la réalité virtuelle dans un ballet en France

Au tarif normal de 63 euros, on peut visionner une dizaine de scènes de deux minutes en 3D au moyen de casques de réalité virtuelle (Photo, AFP).
Au tarif normal de 63 euros, on peut visionner une dizaine de scènes de deux minutes en 3D au moyen de casques de réalité virtuelle (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 16 octobre 2021

Par les yeux de Toulouse-Lautrec: la réalité virtuelle dans un ballet en France

  • Le chorégraphe français Kader Belarbi innove avec une technologie de pointe «qui permettra au spectateur de se projeter sur scène» en coiffant un casque
  • Ce spectacle plonge le ballet dans l'énergie de la Belle Epoque sur les rythmes endiablés du cancan et de la java

TOULOUSE, France: "On va vous donner la possibilité de vous immerger au milieu de l'action, pour quelque chose que vous n'avez jamais vu!": le chorégraphe français Kader Belarbi s'offre "une première mondiale" en introduisant la réalité virtuelle dans "Toulouse-Lautrec", son nouveau ballet.

Avec ce spectacle d'ouverture de saison au théâtre du Capitole de Toulouse dans le Sud-Ouest de la France, du 16 au 23 octobre, l'ancien danseur étoile de l'Opéra de Paris innove avec une technologie de pointe "qui permettra au spectateur de se projeter sur scène" en coiffant un casque.

"On rajoute une +annexe+ au spectacle. C'est un surplus qui apporte un nouveau regard. Celui du peintre", explique Kader Belarbi qui dirige le Ballet de l'Opéra de Toulouse depuis une dizaine d'années.

"+Toulouse-Lautrec+ c'est une création qui a été repoussée au 1er confinement, puis au 2e confinement. Mais ces reports ont permis de poser quelque chose de plus consistant." 

Kader Belarbi confesse qu'avant la danse, la peinture est sa première passion. Durant le temps suspendu par la pandémie de Covid, il a beaucoup dessiné pour peaufiner sa création sur la vie et l'oeuvre du peintre natif d'Albi (Sud-Ouest), qui incarnait "l'âme de Montmartre".

Immersion dans l'intime

"La peinture et la danse sont deux arts reliés. Le parti pris, c'est de dire la couleur c'est la femme, le noir et blanc c'est le cercle des hommes", explique-t-il.

A chacune des six représentations prévues au Capitole, une cinquantaine de spectateurs peuvent, au tarif normal de 63 euros, visionner une dizaine de scènes de deux minutes en 3D au moyen de casques de réalité virtuelle (VR), "où c'est Lautrec qui regarde". 

Ils peuvent ainsi bondir "au milieu de la scène", parmi les danseuses, croisant leur regard, s'illusionnant d'une complicité inédite. 

"Toulouse-Lautrec est un vrai jouisseur, c'est un observateur de l'âme humaine. Il a vécu trois ans dans une maison close. La proximité offerte avec la réalité virtuelle est vraiment parallèle à ce qu'a vécu le peintre", souligne le chef de ballet.

Trois scènes de VR "se détachent du spectacle" et proposent "une immersion" dans les coulisses avec les danseuses, ou dans le décor feutré d'une maison close.

"Nous avons capté une image à 360° avec huit caméras plus une au +ciel+. Ensuite, on fait de la +couture+" en post production, de façon à ce que chaque séquence de VR crée "une +sphère" (d'images) autour du spectateur", explique Luc Riolon, l'un des maîtres français du documentaire sur la danse.

L'euphorie du cancan

"Quand on filme la danse, on a toujours envie d'aller au plus près des danseurs. Ici, on transforme le spectateur en voyeur exactement comme l'était Toulouse-Lautrec", lance le réalisateur.

Cette complexité technologique n'a pas déstabilisé la danseuse étoile Natalia de Froberville. "Avec la réalité virtuelle on fait juste plus attention à l'espace", dit-elle, expliquant qu'il faut veiller à ne pas sortir du champ de chacune des caméras.

"Le cancan, c'est nouveau pour moi. C'est le feu! C'est champagne!", dit l'étoile russe qui joue Jane Avril, icône du cancan et du Moulin Rouge "que l'on appelait encore +Jane la Folle+ ou +La  Mélinite+", s'amuse-t-elle.

De cette expérience, la danseuse classique retient "l'émotion du spectacle vivant", évoque l'univers de Lautrec, les couleurs fauves des perruques, l'érotisme des robes de cabarets et des dessous chics magnifiés par le costumier Olivier Bériot.

Ce spectacle plonge le ballet dans l'énergie de la Belle Epoque sur les rythmes endiablés du cancan et de la java. Avec cette technologie de l'image au service de l'émotion, quelques spectateurs peuvent entrer dans l'intimité du peintre et croiser le regard de Jane Avril, sa muse.

Une prouesse rendue possible grâce à "la camera Z CAM V1, la seule en Europe. Une autre est dans la station spatiale avec Thomas Pesquet",précise le réalisateur Luc Riolon. 


Avignon: la langue coréenne à l'honneur avec la prix Nobel de littérature Han Kang

Han Kang sera présente du 12 au 18 juillet. (AFP)
Han Kang sera présente du 12 au 18 juillet. (AFP)
  • "Alors qu'on a, ces dernières années, vu émerger une forme de soft power à travers la K-pop, des séries télé, etc., les arts vivants sud-coréens restent très méconnus de la scène européenne, de la scène française, du public du festival"
  • Publié en 2023, le roman "Impossibles adieux" de Han Kang, sur une femme découvrant des archives documentant l'assassinat sur l'île de Jeju de milliers de civils par des forces sud-coréennes en 1948-1949, sert d'inspiration à deux formes théâtrales

PARIS: Après l'anglais, l'espagnol et l'arabe, le Festival d'Avignon fait du coréen sa langue invitée pour sa 80e édition qui démarre samedi, à travers notamment la présence d'artistes de la péninsule ou de la lauréate du prix Nobel de littérature 2024 Han Kang.

"Alors qu'on a, ces dernières années, vu émerger une forme de soft power à travers la K-pop, des séries télé, etc., les arts vivants sud-coréens restent très méconnus de la scène européenne, de la scène française, du public du festival", avait expliqué le directeur de l'événement, Tiago Rodrigues, qui a décidé de mettre en valeur une langue chaque année depuis son arrivée à ce poste.

Han Kang inspire deux spectacles

Publié en 2023, le roman "Impossibles adieux" de Han Kang, sur une femme découvrant des archives documentant l'assassinat sur l'île de Jeju de milliers de civils - considérés comme communistes - par des forces sud-coréennes en 1948-1949, sert d'inspiration à deux formes théâtrales.

Y voyant un "réquisitoire contre l'oubli", la metteuse en scène Julie Deliquet va proposer "Oiseau", une lecture-performance bilingue interprétée par les actrices Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee dans la cour d'honneur du palais des papes.

"Che dolore terribile è l'amore", de l'Italienne Daria Deflorian, est aussi tiré de ce roman.

Cette dramaturge, qui avait déjà mis en scène "La végétarienne", autre roman d'Han Kang, dit aimer dans son écriture l'élargissement de "notre perception de la réalité grâce aux rêves, à la vie nocturne, aux fantômes, aux mondes parallèles".

Han Kang sera présente du 12 au 18 juillet.

Kyung-Sung Lee et le théâtre documentaire

C'est aussi l'épisode de l'île de Jeju qui inspire le metteur en scène Kyung-Sung Lee dans "Island story". Lui travaille à partir des témoignages de trois personnes âgées descendant de victimes du massacre et des travaux d'un archéologue ayant mené des recherches pour retrouver des ossements.

"Je m'interroge sur le fait que le théâtre puisse encore fonctionner comme une forme de rituel reliant des personnes dont l'histoire est lointaine", décrit-il.

Jaha Koo en force

Metteur en scène, compositeur et vidéaste, Jaha Koo présente trois spectacles. Dans "Cuckoo" (créé en 2017), un monologue avec trois autocuiseurs de riz, l'artiste de 40 ans explore la pression exercée sur la jeunesse pour être performante dans une société coréenne encore marquée par le poids de son système "hiérarchique, le patriarcat et l'inégalité de genres", raconte-t-il.

Dans "The History of Korean Western Theatre" (2020), il se demande pourquoi la tradition théâtrale de son pays s'est effacée face à la culture occidentale. Enfin, dans "Haribo Kimchi" (2024), il utilise la cuisine d'un stand de street food pour parler de sa position d'"entre-deux", lui qui a quitté son pays natal il y a 15 ans.

Il met en garde contre le risque d'une culture "standardisée". "Il y a tellement de Corées différentes dans le monde", a-t-il confié.

Danse et performance visuelle

Performance visuelle originale en vue avec l'artiste Lee Jinyeob: dans "MULJIL", quatre interprètes sont immergés dans un grand bocal d'eau, en référence aux femmes qui plongent dans la mer pour récolter des coquillages sur l'île de Jeju.

Avec son spectacle "KIN: Yeonhee Project I", le musicien Inbo Lee (Liquid Sound), qui a étudié le spectacle vivant en France, revisite un art ancestral coréen, le Yeonhee, mêlant danse, cirque et percussion, en le modernisant. "J'ai cherché à supprimer des éléments traditionnels pour ne garder que son ADN et j'ai ajouté de la danse contemporaine", raconte-t-il.

Sung Im Her, chorégraphe de danse contemporaine, présente "1 Degree Celcius", sur le thème du réchauffement climatique.

Enfin, avec "Neige neige neige", Lee Jaram, diva du "pansori" - récit chanté accompagné au tambour -, emmènera le public dans une adaptation de la nouvelle de Tolstoï "Maître et serviteur".

 


Mondial-2026: «on a passé une nouvelle étape» affirme Mbappé

Mondial-2026: «on a passé une nouvelle étape» affirme Mbappé
  • "On est satisfait, on a passé une nouvelle étape dans la compétition," a commenté le capitaine des Bleus en zone mixte
  • "On va encore travailler d'ici le match contre le Paraguay (samedi à Philadelphie) pour voir ce qu'on peut améliorer", a-t-il ajouté, estimant que le jeu français était "perfectible"

EAST RUTHERFORD: La France a "passé une nouvelle étape" dans son objectif d'atteindre la finale du Mondial-2026, a affirmé Kylian Mbappé après la victoire contre la Suède (3-0) en 16es de finale, mardi à East Rutherford.

"On est satisfait, on a passé une nouvelle étape dans la compétition," a commenté le capitaine des Bleus en zone mixte.

"On va encore travailler d'ici le match contre le Paraguay (samedi à Philadelphie) pour voir ce qu'on peut améliorer", a-t-il ajouté, estimant que le jeu français était "perfectible".

L'attaquant, qui a signé son troisième doublé en quatre matches (6 buts depuis le début du Mondial) et son 18e but en Coupe du monde, a souligné que l'objectif de la France restait "d'aller le plus loin possible et de revenir ici le 19 juillet" pour la finale.

"Après, plus tu mets des buts plus tu montes dans le classement (des meilleurs buteurs), je suis persuadé que Leo (Messi) va encore mettre des buts", a-t-il dit.

Mbappé et Messi sont tous les deux en tête du classement des buteurs avec six réalisations.

Il est revenu sur la célébration du premier but français, quand Mbappé et tous les joueurs ont entouré le sélectionneur Didier Deschamps, dont la mère est décédée il y a quelques jours.

"Tout l'équipe était là avec lui", a-t-il expliqué. "Il y a des choses qui sont plus importantes que le foot, c'est l'ADN de ce groupe, d'être tous ensemble, d'être soudé, tous derrière le coach peu importe ce qu'il se passe et on voulait lui faire sentir qu'il n'était pas tout seul."

La France a montré contre les Suédois qu'elle avait des "armes", a pour sa part affirmé le défenseur Malo Gusto.

"On a nos armes offensives, on l'a bien démontré ce soir, on a des buteurs, ça aide beaucoup", a commenté l'arrière-droit de Chelsea après la qualification des Bleus en 8es de finale.

"On ne se sent pas invincibles mais on a la confiance avec nous", a-t-il ajouté, assurant que le match contre le Paraguay serait "compliqué".

Les Paraguayens "ont réussi à sortir l'Allemagne, ça veut dire qu'ils ont beaucoup de qualités, ça va être à nous de travailler au maximum pour passer le prochain tour", a-t-il dit.

 


Mondial-2026: le Maroc en liesse après la qualification des Lions de l'Atlas pour les 8es

Klaxons, feux d'artifice et cris de joie: le match a eu beau se tenir à 02H00 du matin heure du Maroc, la victoire des Lions de l'Atlas sur les Pays-Bas, après une folle rencontre en 16e de finale du Mondial-2026, a suscité la liesse dans les rues de Rabat. (AFP)
Klaxons, feux d'artifice et cris de joie: le match a eu beau se tenir à 02H00 du matin heure du Maroc, la victoire des Lions de l'Atlas sur les Pays-Bas, après une folle rencontre en 16e de finale du Mondial-2026, a suscité la liesse dans les rues de Rabat. (AFP)
  • "L'ambiance au stade est incroyable. Les joueurs étaient à la hauteur. On était très stressés après le but néerlandais, on pensait qu'on allait perdre mais on a fait une remontada"
  • Les demi-finalistes du Mondial-2022 au Qatar s'envolent ainsi pour les huitièmes de finale de cette Coupe du monde après avoir sorti les Néerlandais aux tirs au but

RABAT: Klaxons, feux d'artifice et cris de joie: le match a eu beau se tenir à 02H00 du matin heure du Maroc, la victoire des Lions de l'Atlas sur les Pays-Bas, après une folle rencontre en 16e de finale du Mondial-2026, a suscité la liesse dans les rues de Rabat.

Le choc Maroc/Pays-Bas a tenu en haleine tout un pays. A peine la fin du match sifflée, de nombreux supporters ont conflué à pied, en voiture ou à moto vers l'avenue Mohammed V, l'une des principales artères du centre-ville de la capitale.

"Le Maroc entier est heureux de cette victoire. Nos Lions de l'Atlas ont fait preuve de combativité et de niaque", s'exclame l'un d'eux, Mehdi Bejdid.

Le stade Moulay El Hassan, à Rabat, a vibré au rythme de la ferveur des nombreux Marocains venus regarder le match sur un écran géant.

"L'ambiance au stade est incroyable. Les joueurs étaient à la hauteur. On était très stressés après le but néerlandais, on pensait qu'on allait perdre mais on a fait une remontada", s'est réjoui auprès de l'AFP Ahmed Al Khourassani après le match.

Les demi-finalistes du Mondial-2022 au Qatar s'envolent ainsi pour les huitièmes de finale de cette Coupe du monde après avoir sorti les Néerlandais aux tirs au but (1-1, 3 tab à 2) à Monterrey, au Mexique.

"Match épique" 

"Honnêtement, les tirs au but et la tension du match ont été difficiles à gérer. Ça nous a rappelé les moments que nous avons vécus au Mondial-2022 contre l'Espagne. Dieu merci, nous avons gagné aujourd'hui", commente Yahia Bakhtaoui.

"Nous allons atteindre les demi-finales, puis la finale, pour remporter la coupe, si Dieu le veut. Dima Maghrib (vive le Maroc, en dialecte marocain)!", espère ce supporter de 20 ans qui a suivi le match au stade Moulay El Hassan.

Ce mardi matin, les médias marocains ont à l'unanimité encensé l'exploit de l'équipe nationale, parlant de "match épique" et de "qualification héroïque".

"Les Lions de l'Atlas continuent de faire rêver tout un peuple", écrit ainsi le site d'information Le360.

Sous la conduite de Mohamed Ouahbi, nommé il y a quatre mois seulement, le Maroc affrontera le Canada en 8e de finale. L'équipe a entamé ce Mondial-2026 sous de bons auspices en faisant d'abord match nul contre le Brésil (1-1), puis en battant l'Ecosse (1-0) et Haïti (4-2).

"C'est l'équipe nationale qu'on voulait et qui est capable de remporter la Coupe du monde", veut croire Samir Al Houti, 26 ans.