Liban: célébration timide du deuxième anniversaire de la contestation

Des manifestants marquent le premier anniversaire d'un mouvement de contestation inédit à Beyrouth (Photo, AFP)
Des manifestants marquent le premier anniversaire d'un mouvement de contestation inédit à Beyrouth (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 17 octobre 2021

Liban: célébration timide du deuxième anniversaire de la contestation

Des manifestants marquent le premier anniversaire d'un mouvement de contestation inédit à Beyrouth (Photo, AFP)
  • La journée du 17 octobre 2019 avait marqué au Liban le début d'un mouvement sans précédent à travers toutes les régions du pays, réclamant le départ de l'ensemble d'une classe politique inchangée depuis des décennies
  • «Si quelqu'un se demande pourquoi il n'y a pas beaucoup de manifestants, c'est parce que nous sommes privés d'essence, d'électricité et d'argent», a affirmé Rabih Zein

BEYROUTH: Des dizaines de manifestants ont marqué dimanche le deuxième anniversaire d'un mouvement de contestation inédit à Beyrouth, trois jours après des affrontements meurtriers sanglants, alors que le pays est en proie à une crise économique et sociale aiguë.  

Sous un ciel nuageux et pluvieux, des dizaines de personnes ont manifesté dans le centre de la capitale, selon un photographe, brandissant pancartes et banderoles hostiles à la classe dirigeante accusée de corruption, d'incompétence et d'inertie.    

La journée du 17 octobre 2019 avait marqué au Liban le début d'un mouvement sans précédent à travers toutes les régions du pays, réclamant le départ de l'ensemble d'une classe politique inchangée depuis des décennies.    

Mais les manifestations monstres se sont progressivement estompées sur fond d'une répression musclée, d'une crise économique sans précédent, aggravée par une pandémie et une explosion dévastatrice au port de Beyrouth l'an dernier.   

« Si quelqu'un se demande pourquoi il n'y a pas beaucoup de manifestants, c'est parce que nous sommes privés d'essence, d'électricité et d'argent », a affirmé Rabih Zein, un manifestant de la première heure.  

Depuis l'automne 2019, les Libanais sont soumis à des restrictions bancaires draconiennes qui empêchent les Libanais d'avoir librement accès à leur argent, tandis que la monnaie locale a perdu plus de 90% de sa valeur par rapport au dollar sur le marché noir.   

Près de 80% de la population vit désormais dans la pauvreté sur fond d'une inflation galopante et de graves pénuries de médicaments, de carburant et de courant.   

« Il s'agit d'un sit-in symbolique. Si Dieu le veut, nous marcherons vers le changement lors des élections législatives » prévues au printemps prochain, a ajouté M. Zein.  

Le mouvement de contestation de 2019 a donné naissance à une myriade de groupes politiques embryonnaires qui se préparent à cette échéance électorale cruciale.   

Selon certains manifestants, plusieurs Libanais ont préféré rester chez eux dimanche après les incidents armés sanglants ayant fait sept morts jeudi dans la capitale, en marge d'une manifestation organisée par le Hezbollah et son allié chiite Amal appelant à la récusation du juge chargé de l'enquête sur l'explosion du port.   

Ce drame, survenu en août 2020, avait fait plus de 210 morts et dévasté des quartiers entiers de Beyrouth sans qu'aucun responsable ne soit encore traduit en justice.      

« Il y a de la peur et de la lassitude », avoue Fatima Mehyo, une mère de deux enfants venue manifester. « Les gens sont épuisés ».    


Maroc: un ex-ministre des Droits de l'Homme poursuivi en justice

L'avocat marocain et ex-ministre des Droits de l'Homme, Mohamed Ziane (Photo, AFP).
L'avocat marocain et ex-ministre des Droits de l'Homme, Mohamed Ziane (Photo, AFP).
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  • M. Ziane, 78 ans, qui a été laissé en liberté, est poursuivi pour onze chefs d'accusation
  • La diffusion de la vidéo le montrant dans une chambre d’hôtel en compagnie d’une femme mariée avait fait grand bruit sur les réseaux sociaux

RABAT: L'avocat marocain et ex-ministre des Droits de l'Homme, Mohamed Ziane, a indiqué mercredi qu'il serait jugé à partir du 9 décembre notamment pour "outrage à la justice" et "adultère" à la suite d'une plainte déposée contre lui en début d'année par le ministère de l'Intérieur. 

Cet ancien grand commis d'Etat, devenu critique à l'égard des autorités, avait accusé en novembre 2020 les services de sécurité marocains d'avoir "truqué" une vidéo pour présenter de façon compromettante une entrevue entre lui et une cliente mariée dans une chambre d'hôtel.

M. Ziane, 78 ans, qui a été laissé en liberté, est poursuivi pour onze chefs d'accusation, dont ceux d'"outrage à des fonctionnaires publics et à la justice", "injure contre un corps constitué", "diffamation", "adultère" ou encore "harcèlement sexuel", a précisé à l'AFP l'ex-bâtonnier de Rabat. 

La diffusion de la vidéo par une web-tv marocaine avait fait grand bruit sur les réseaux sociaux. A l'époque, l'avocat avait accusé le patron de la police et des renseignements intérieurs, Abdelatif Hammouchi, d'être responsable du "trucage" des images.

En réponse à ces accusations, le ministère de l'Intérieur avait déposé en janvier 2021 une plainte "basée sur des faits matériels concrets, à travers lesquels des institutions de l'Etat ont été offensées via la diffusion d'accusations et d'allégations fallacieuses, sanctionnées par le Code pénal", selon un communiqué officiel. 

Mohamed Ziane fut ministre des Droits de l'Homme entre 1995 et 1996.

Proche des cercles du pouvoir, il fut également l'avocat du gouvernement dans les années 1990. Ces dernières années, ce personnage tonitruant est devenu célèbre pour ses positions critiques notamment envers les services sécuritaires. 


Le Liban applique à nouveau certaines mesures de prévention contre la Covid-19

Un infirmier aide une patiente pendant que d'autres attendent dans un couloir du Rafic Hariri University Hospital, au Liban, qui imposera un couvre-feu nocturne à partir du 17 décembre et pendant trois semaines aux personnes non vaccinées. (STR/AFP via Getty Images)
Un infirmier aide une patiente pendant que d'autres attendent dans un couloir du Rafic Hariri University Hospital, au Liban, qui imposera un couvre-feu nocturne à partir du 17 décembre et pendant trois semaines aux personnes non vaccinées. (STR/AFP via Getty Images)
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  • La vaccination sera obligatoire pour tous les fonctionnaires et travailleurs des secteurs de la santé, de l'éducation, du tourisme et des transports publics
  • Une décision prise dans le cadre d’un regain de la pandémie et de l’apparition du variant Omicron

BEYROUTH: Le Liban imposera un couvre-feu nocturne à partir du 17 décembre et pendant trois semaines aux personnes non vaccinées. 
La vaccination sera obligatoire pour tous les fonctionnaires et travailleurs des secteurs de la santé, de l'éducation, du tourisme et des transports publics, à compter du 10 janvier, a indiqué mercredi le comité de lutte contre la Covid-19. Des nouvelles mesures décidées dans un contexte d’inquiétudes liées à la propagation du coronavirus. 
Le nouveau variant Omicron découvert la semaine dernière en Afrique du Sud et détecté dans plusieurs pays a en effet été considéré comme un variant préoccupant par l'Organisation mondiale de la santé, et a conduit à renforcer les restrictions liées à la Covid-19 dans le monde. 
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Reprise d'une liaison maritime entre la Libye et la Turquie

Une ligne maritime reliant la ville libyenne de Misrata (ouest) à celle d'Izmir sur la mer Égée en Turquie, a été inaugurée mercredi (AFP)
Une ligne maritime reliant la ville libyenne de Misrata (ouest) à celle d'Izmir sur la mer Égée en Turquie, a été inaugurée mercredi (AFP)
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  • Il s'agit de la première ligne maritime pour passagers au départ de la Libye depuis l'interruption de ce moyen de transport pour les voyageurs il y a 25 ans
  • La Libye tente de s'extraire d'une décennie de chaos depuis la révolte de 2011, à la faveur d'un processus politique parrainé par l'ONU

MISRATA: Une ligne maritime reliant la ville libyenne de Misrata (ouest) à celle d'Izmir sur la mer Égée en Turquie, a été inaugurée mercredi, marquant la reprise d'une liaison entre ces deux pays après 40 ans d'interruption.

Cette première traversée, opérée par la compagnie Kevalay, doit durer 48 heures, pour un retour programmé le 7 décembre.

Il s'agit de la première ligne maritime pour passagers au départ de la Libye depuis l'interruption de ce moyen de transport pour les voyageurs il y a 25 ans dans ce pays d'Afrique du Nord qui dispose d'un littoral de 1 770 km sur la Méditerranée. 

"Nous avons des accords pour lancer de nouvelles liaisons, notamment avec l'Egypte et la Tunisie" voisines, a déclaré à l'AFP Taha Hadid, un responsable du port de Misrata, troisième ville de Libye située à quelque 200 kilomètres de la capitale Tripoli et qui abrite de nombreuses entreprises turques. 

La Libye tente de s'extraire d'une décennie de chaos depuis la révolte de 2011, à la faveur d'un processus politique parrainé par l'ONU et dont l'aboutissement doit être l'élection présidentielle prévue le 24 décembre.

Pendant des années du temps du dirigeant Mouammar Kadhafi, au pouvoir entre 1969 et 2011, le pays a fait l'objet de sanctions, et était largement fermé aux touristes.

Les violences ayant éclaté après la révolte ont par ailleurs grandement entravé les déplacements des Libyens à l'étranger. Les liaisons aériennes ont pour la plupart été suspendues ces dernières années du fait de l'instabilité, mais commencent à reprendre progressivement avec la fin des combats entre camps rivaux à l'été 2020.