Les députés libanais se cachent par peur des assassins du Hezbollah

Un combattant du Hezbollah fait feu lors des funérailles le 15 octobre 2021 de membres tués lors d'affrontements dans la banlieue sud de Beyrouth, un jour plus tôt. (Photo, IBRAHIM AMRO / AFP)
Un combattant du Hezbollah fait feu lors des funérailles le 15 octobre 2021 de membres tués lors d'affrontements dans la banlieue sud de Beyrouth, un jour plus tôt. (Photo, IBRAHIM AMRO / AFP)
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Publié le Dimanche 17 octobre 2021

Les députés libanais se cachent par peur des assassins du Hezbollah

  • La crise entoure l'enquête menée par le juge Tarek Bitar, qui veut interroger d'anciens ministres ainsi que des ministres en exercice liés au Hezbollah et à son allié, le parti Amal sur leur responsabilité dans l'explosion meurtrière du port de Beyrouth
  • Bassil, qui est le gendre du président Michel Aoun et dont on pense généralement qu'il cherche à le remplacer, fait l'objet de sanctions américaines pour corruption présumée et pour avoir des liens avec le Hezbollah

BEYROUTH : Des membres du parlement se sont cachés chez eux samedi de peur d'être assassinés par des hommes armés du Hezbollah alors que de nouveaux troubles au Liban risquent de devenir incontrôlables.

Les services de sécurité ont conseillé aux députés du parti des Forces libanaises de ne pas s'aventurer au milieu des tensions croissantes concernant une enquête judiciaire sur l'explosion du port de Beyrouth en août 2020, qui a fait plus de 200 morts et dévasté des zones de Beyrouth. 

«Oui, ce conseil a été donné aux députés des Forces libanaises», a déclaré à Arab News, le chef des services médias du parti, Charles Jabbour. «On craint qu'ils ne soient exposés à des assassinats et à des meurtres, ce que le Hezbollah a pratiqué auparavant. La solution exige que le Hezbollah remette ses armes à l'État».

La crise entoure l'enquête menée par le juge Tarek Bitar, qui veut interroger d'anciens ministres ainsi que des ministres en exercice liés au Hezbollah et à son allié, le parti Amal sur leur responsabilité dans l'explosion meurtrière du port de Beyrouth. Les ministres affirment que les actions du juge sont purement politiques et ont refusé de coopérer.

Les tensions ont dégénéré en violence jeudi dernier, lorsque sept personnes ont été tuées après que des coups de feu ont éclaté lors d'une manifestation du Hezbollah et d'Amal contre l'enquête dans un quartier majoritairement chrétien du centre de Beyrouth.

Le ministre de la Justice Henry El-Khoury a déclaré samedi qu'il soutenait le juge Bitar, qui avait le droit de convoquer quiconque il voulait dans l'affaire. «Je soutiens l'enquêteur», a assuré El-Khoury. Il a affirmé qu'il n'avait pas le pouvoir de remplacer Bitar et qu'il n'avait subi aucune pression pour le faire.

Le ministre a eu des réunions de crise samedi dans le but de discuter de l'enquête avec le Premier ministre Najib Mikati, le président du Conseil supérieur de la magistrature Souhail Abboud et le procureur général Ghassan Oueidat. Ils ont également décidé d'inviter Bitar à une réunion du conseil mardi.

«Le juge Abboud est attaché à des approches judiciaires, et non politiques, pour résoudre le problème», a révélé une source judiciaire à Arab News. 

L'enquête de Bitar a de plus été soutenue par une source inattendue, l'ancien ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, chef du Mouvement patriotique libre, le plus grand bloc chrétien du Liban.  «Le Mouvement patriotique libre est pour la poursuite de l'enquête, la révélation de la vérité et le jugement des coupables», a souligné Bassil samedi. 

Bassil, qui est le gendre du président Michel Aoun et dont on pense généralement qu'il cherche à le remplacer, fait l'objet de sanctions américaines pour corruption présumée et pour avoir des liens avec le Hezbollah.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.