Chine: net ralentissement de la croissance au 3e trimestre à 4,9%

Cette photo aérienne prise le 11 octobre 2021 montre des conteneurs empilés dans le port de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine. (Photo, AFP)
Cette photo aérienne prise le 11 octobre 2021 montre des conteneurs empilés dans le port de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 18 octobre 2021

Chine: net ralentissement de la croissance au 3e trimestre à 4,9%

  • D'un trimestre à l'autre, la croissance du géant asiatique progresse de 0,2% seulement, un rythme bien inférieur à celui de la période avril-juin (1,3%)
  • Officiellement, le gouvernement chinois vise un objectif de croissance d'au moins 6% cette année

PEKIN : La Chine a annoncé lundi un net tassement de sa croissance économique au troisième trimestre (+4,9% sur un an), du fait notamment de la crise de l'immobilier et des pénuries d'électricité qui pèsent sur les chaînes d'approvisionnement.

Au deuxième trimestre 2021, le produit intérieur brut (PIB) du pays avait enregistré une hausse de 7,9% sur un an, après un rebond sur la période janvier-mars (18,3%).

Ce ralentissement était largement anticipé. Un groupe d'analystes sondés par l'AFP tablait toutefois sur une décélération moins prononcée (5%).

D'un trimestre à l'autre, la croissance du géant asiatique progresse de 0,2% seulement, un rythme bien inférieur à celui de la période avril-juin (1,3%).

"Les incertitudes liées à la conjoncture mondiale s'accentuent, tandis que la reprise intérieure reste instable et inégale", a relevé le Bureau national des statistiques (BNS).

Bien que sujet à caution, le chiffre officiel du PIB de la Chine est toujours scruté de près compte tenu du poids du pays dans l'économie mondiale.

Désormais quasi débarrassée du Covid-19, la Chine voit sa reprise menacée par la forte hausse du coût des matières premières, en particulier du charbon, dont le pays est très dépendant pour alimenter ses centrales électriques.

Résultat: les centrales tournent au ralenti, malgré une forte demande, et l'électricité est rationnée, ce qui a fait bondir les coûts de production pour les entreprises.

Autre point d'inquiétude pour les économistes: les déboires d'Evergrande et une éventuelle faillite de ce géant de l'immobilier.

Ce secteur, qui est traditionnellement l'une des locomotives de l'économie chinoise, a joué un rôle clé pour la reprise post-pandémie. 

Officiellement, le gouvernement chinois vise un objectif de croissance d'au moins 6% cette année.

Le Fonds monétaire international (FMI) table quant à lui sur une hausse de 8% du PIB de la seconde économie mondiale.


Les accords conclus lors de la visite d'Emmanuel Macron aux Emirats

Le Louvre Abou Dhabi, qui reflète le rayonnement culturel de la France, figure parmi les accords conclus par Macron et les Emirats. Les grands noms de l'industrie française sont également impliqués dans la coopération entre les deux pays. (Photo, AFP)
Le Louvre Abou Dhabi, qui reflète le rayonnement culturel de la France, figure parmi les accords conclus par Macron et les Emirats. Les grands noms de l'industrie française sont également impliqués dans la coopération entre les deux pays. (Photo, AFP)
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  • Du contrat géant des Rafale au partenariat culturel avec le Musée du Louvre, en passant par la finance et l’industrie spatiale, un large éventail de projets communs
  • Au-delà de l’industrie de la défense, les contrats signés dans le domaine des énergies renouvelables sont à haute valeur technologique
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La première étape de la tournée dans le Golfe d'Emmanuel Macron a donné lieu à la signature de plusieurs accords entre la France et les Emirats arabes unis à Dubaï, où le président était accompagné d'une large délégation de ministres et de dirigeants d'entreprises.

 

17 milliards pour la défense

Les Emirats vont acquérir 80 avions de combat Rafale, une commande record de 16 milliards d'euros pour cet avion de chasse qui avait déjà connu un début d'année faste.

Le directeur général de Dassault Aviation Eric Trappier a signé l'accord avec Tarek Abdul Raheem Al-Hosani, PDG de Tawazun Economic Council, chargé des acquisitions de sécurité et de défense.

Aux Rafale s'ajoutent 12 hélicoptères Caracal et des éléments associés. Au total, la commande représente un montant de plus de 17 milliards d'euros, selon la présidence française.

Les avions seront livrés à partir de 2027 au standard F4, un programme en développement de près de deux milliards d'euros livrable en 2024.

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Prolongation de la licence du Louvre Abou Dhabi

L'accord de licence du Louvre Abou Dhabi, ouvert en grande pompe en 2017 et dont l'architecture a été signée par le Français Jean Nouvel, a été prolongé de dix ans, jusqu'en 2047.

Ce prolongement va représenter le versement de 165 millions d'euros par Abou Dhabi entre 2022 et 2023, a précisé la ministre française de la Culture Roselyne Bachelot, qui a signé l'accord acté entre M. Macron et le dirigeant de facto des Emirats, le prince héritier d'Abou Dhabi Mohammed ben Zayed Al-Nahyane.

En contrepartie, le Louvre s'engage à prêter quatre de ses œuvres emblématiques, dont les noms n'ont pas été communiqués.

 

Coopération et investissements avec deux fonds souverains

Le ministère français de l’Économie a signé deux accords de coopération avec des fonds souverains d'Abou Dhabi, Mubadala et ADQ.

Le premier prévoit de développer les investissements de Mubadala dans des fonds français pour 1,4 milliard d'euros sur dix ans.

Le second, avec ADQ, va mobiliser 4,6 milliards d'euros sur cinq ans pour soutenir ou renforcer des partenariats entre le fonds émirati et des entreprises françaises en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique dans les secteurs de la logistique, de la santé, de l'agriculture et des énergies vertes.

Pour sa part, la banque publique française Bpifrance annonce par ailleurs le renouvellement de sa coopération avec le fonds Mubadala, chaque partie s'engageant à investir 2 milliards d'euros sur dix ans.

Ces investissements se feront en capital-investissement à travers le Franco Emirati Fund (FEF) pour 3,2 milliards, les 800 millions d'euros restants étant dédiés à des fonds français de capital-risque ou à des entreprises françaises innovantes.

 

Coopération dans le spatial

Une lettre d'intention a été signée entre le Centre national d'études spatiales et le centre spatial Mohammed ben Rached - du nom de l'émir de Dubaï - relative à la coopération portant sur un second rover lunaire émirati Rached-2. Le premier doit être envoyé en 2022 par la société japonaise d'exploration lunaire iSpace.

Les Émirats, nouveaux venus dans la course spatiale dans laquelle ils cherchent à s'imposer, ont aussi placé en février 2021 leur sonde "Amal" autour de l'orbite de Mars, devenant le premier pays arabe à réaliser un tel exploit.

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Soutien à des grands contrats

Plusieurs autres accords, notamment dans le secteur de l'énergie, ont été conclus pour près de 6 milliards d'euros entre des entreprises françaises et émiraties à l'occasion de la visite de M. Macron, selon le ministère français de l’Économie et l'agence officielle émiratie WAM.

Un accord de coopération entre le géant français de l'énergie Engie et l'entreprise d'énergies renouvelables Masdar, filiale du fonds Mubadala, a été conclu dans le secteur de l'hydrogène pour un montant de 4,4 milliards d'euros.

Technip Energies, société d'ingénierie et de services dans l'énergie, a signé un contrat de 1,5 milliard de dollars (1,33 milliard d'euros) avec la compagnie nationale pétrolière des Emirats, l'ADNOC, pour la construction d'un craqueur d'éthane.

Cette dernière a aussi conclu un partenariat avec TotalEnergies qui vise à identifier des projets communs en matière de capture et de stockage de carbone, mais aussi d'investissements dans la production d'hydrogène et d'ammoniac bas carbone.

Enfin, la Emirates Nuclear Energy Corporation (Enec), filiale d'ADQ qui a notamment mené le consortium à la tête de la construction de la première centrale nucléaire du monde arabe, située près d'Abou Dhabi, a signé avec EDF un protocole d'accord sur le partage d'expérience entre exploitants nucléaires et sur la recherche et le développement.


La vente de Rafale aux Emirats entraîne toute la filière aéronautique

Une usine du motoriste Safran, fournisseur du réacteur du Rafale. (Photo, AFP)
Une usine du motoriste Safran, fournisseur du réacteur du Rafale. (Photo, AFP)
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  • Derrière Dassault Aviation, 400 entreprises de toutes tailles sont impliquées dans sa production, dont l'électronicien Thales et le motoriste Safran
  • Au-delà de l'avion proprement dit, les ventes se doublent en général de contrats pour le fabricant européen de missiles MBDA
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C'était en 2003, le président russe Vladimir Poutine, en visite à l'usine Thales dans le bordelais, observe un simulateur de vol et un casque intégré conçu et produit par l'électronicien français. (Photo, AFP)

 

Des années de production assurées pour des centaines d'entreprises qui ont été fragilisées par la crise du Covid-19: la vente aux Emirats arabes unis de 80 avions de combat Rafale pour un total de 16 milliards d'euros entraîne toute la filière aéronautique française.

L'appareil, entré en service en 2004 et destiné à voler jusque dans les années 2060, est le fer de lance à l'export de l'industrie de défense française, troisième exportatrice mondiale.

"Ce contrat nous garantit que la pérennité de la chaîne de production du Rafale est assurée jusqu'à fin 2031, cela donne énormément de visibilité à notre industrie", observe-t-on au cabinet de la ministre des Armées Florence Parly.

Derrière Dassault Aviation, c'est un écosystème de 400 entreprises de toutes tailles impliquées dans sa production.

Nombre de ces entreprises du secteur aéronautique n'ont qu'une partie de leur activité dans le domaine militaire et ont été affaiblies par l'effondrement du trafic aérien mondial provoqué par la pandémie. Les commandes militaires jouent donc un rôle d'amortisseur de crise.

L'appareil est construit par un groupement d'intérêt économique (GIE Rafale), regroupant Dassault qui supervise 60% de la valeur de l'avion, l'électronicien Thales (22%) et le motoriste et équipementier de défense Safran (18%).

Thales et ses sous-traitants fournissent ainsi le radar, les systèmes électroniques embarqués ou encore Spectra, système de protection de l'avion Spectra.

Safran et ses fournisseurs apportent de leur côté les deux moteurs M-88 de l'appareil, le train d'atterrissage, le siège éjectable, le système de navigation inertielle (qui permet le repérage hors signal GPS) ou encore les câblages électriques.

Dassault Aviation produit lui l'avion sur sept sites répartis sur le territoire: Seclin (Nord) pour les pièces mécaniques, Biarritz pour les pièces composites, Argenteuil (Val d'Oise, fuselage), Martignas (Gironde, voilures), Argonay (Haute-Savoie, commandes de vol), Poitiers pour les verrières ou encore Mérignac (Gironde) où a lieu l'assemblage final.

Et au-delà de l'avion proprement dit, les ventes de Rafale se doublent en général de contrats pour le fabricant européen de missiles MBDA.

De la forge de la première pièce jusqu'à la sortie d'usine, il faut compter trois ans pour produire un avion.

Avec près de 200 appareils à livrer au total d'ici 2031, il va falloir augmenter les cadences et passer d'un appareil produit par mois (soit 11 par an), à deux puis à trois, convient le patron de Dassault Aviation Eric Trappier, pour qui "il n'y a pas de restrictions, il faut juste un peu de temps pour se préparer".

"Onze Rafale par an, c'est 7000 emplois directs" très souvent hautement spécialisés, selon le cabinet de la ministre. "Avec les montées en cadence, "mécaniquement il va y avoir des embauches", selon cette source, "probablement des milliers".


De la Grèce aux Emirats, la folle année du Rafale

Les avions émiratis seront livrés entre 2027 et 2031 au standard F4, un programme en cours de développement de près de deux milliards d'euros et présenté comme un "saut technologique, industriel et stratégique" à l'horizon 2024. (Photo, AFP)
Les avions émiratis seront livrés entre 2027 et 2031 au standard F4, un programme en cours de développement de près de deux milliards d'euros et présenté comme un "saut technologique, industriel et stratégique" à l'horizon 2024. (Photo, AFP)
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  • Quatrième succès à l'export depuis le début de l'année pour l'avion de combat, désormais davantage vendu à l'étranger qu'à l'armée française
  • Les EAU est un «pays double source», qui acquiert ses avions tant auprès des Etats-Unis que de la France pour ne pas se retrouver en situation de dépendance exclusive

Les compteurs s'emballent: la commande de 80 Rafale passée par les Emirats arabes unis, la plus importante jamais conclue avec un pays étranger, marque le quatrième succès à l'export depuis le début de l'année pour l'avion de combat, désormais davantage vendu à l'étranger qu'à l'armée française.

Abou Dhabi a signé vendredi matin le contrat, "historique" selon Dassault Aviation", pour la fourniture de 80 exemplaires du fleuron de l'aéronautique de défense française. Le montant de la vente s'élève à 16 milliards d'euros, dont deux milliards pour les armements.

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Les avions seront livrés entre 2027 et 2031 au standard F4, un programme en cours de développement de près de deux milliards d'euros et présenté comme un "saut technologique, industriel et stratégique" à l'horizon 2024.

Cette commande, qui vise à remplacer les 60 Mirage 2000-9 acquis en 1998 par les Emirats, intervient dix ans après de vaines négociations en ce sens poussées par l'ancien président Nicolas Sarkozy qui voulait à tout prix trouver un débouché pour le Rafale.

Les Emirats, riches de leur pétrole et situés à un bras de mer de l'ennemi iranien, sont un client majeur de l'industrie française de l'armement.

"Les Emirats achètent des Mirage depuis toujours, c'est un pays double source", qui acquiert ses avions de combat tant auprès des Etats-Unis que de la France pour ne pas se retrouver en situation de dépendance exclusive, selon une source proche du dossier.

En contrepartie de la normalisation de ses relations avec Israël en septembre 2020, Abou Dhabi a ainsi obtenu l'accord de l'administration Trump pour acquérir 50 chasseurs F-35 afin de remplacer ses F-16 de fabrication américaine. Mais les négociations avec Washington sur ce méga-contrat de 23 milliards de dollars, qui comprend également des drones Reaper, n'ont toujours pas abouti, au grand mécontentent d'Abou Dhabi.

L'avion de combat français, entré en service en 2004, a eu longtemps eu du mal à s'exporter.

Son utilisation au combat à partir de 2007 en Afghanistan, puis en Libye, au Sahel et au Levant, parfois au terme de longs raids conduits depuis la France, a démontré son efficacité, même s'il a fallu attendre 2015 pour qu'il connaisse ses premiers succès à l'export avec l'Egypte (24 avions), le Qatar (36 puis l'Inde l'année suivante (36).

Six clients étrangers

Et son tableau de chasse s'est garni de façon exceptionnelle en 2021: 18 appareils vendus à la Grèce (dont douze d'occasion), 30 à l'Egypte et 12 d'occasion à la Croatie. Sans compter donc les 80 appareils destinés à Abou Dhabi, de loin la plus importante commande à l'export pour l'appareil.

Au total, le Rafale, conçu pour maintenir l'autonomie stratégique aéronautique française, a davantage été vendu à des pays partenaires qu'à l'armée française: sur les 404 avions neufs commandés à ce stade, 212 l'ont été par les six clients étrangers, selon son constructeur Dassault Aviation.

Et malgré la déconvenue essuyée en juin en Suisse, où le F-35 américain lui a été préféré, l'avionneur compte bien voir plusieurs prospects se concrétiser prochainement.

Athènes a ainsi annoncé en septembre son intention d'acquérir six appareils supplémentaires, la Finlande doit décider d'ici la fin de l'année quel avion a été choisi pour remplacer ses 64 chasseurs F-18. Le Rafale, qui fait figure d'outsider dans cette campagne, est en compétition avec l'Eurofighter d'Airbus, le Gripen suédois et les F-35 et F-18 américains, et un projet de vente de 36 autres à l'Indonésie est "très bien avancé", selon la ministre des Armées Florence Parly.

Enfin, Dassault Aviation espère remporter des appels d'offres indiens pour 110 Rafale pour l'Indian Air Force et 57 pour la Marine. A moins que New Dehli ne change son fusil d'épaule et ne passe directement commande de 36 Rafale supplémentaires.