Irak: vote sanction pour les piètres performances politiques du Hachd al-Chaabi

Des partisans du Hachd protestent contre les résultats des élections, le 14 octobre à Mossoul (Photo, AFP).
Des partisans du Hachd protestent contre les résultats des élections, le 14 octobre à Mossoul (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 18 octobre 2021

Irak: vote sanction pour les piètres performances politiques du Hachd al-Chaabi

  • Deuxième force au Parlement sortant avec 48 députés, l'Alliance de la conquête, vitrine politique du Hachd, a remporté une quinzaine de sièges au scrutin anticipé du 10 octobre
  • Ses dirigeants ont immédiatement crié à l'«escroquerie» et annoncé qu'ils feraient appel, les résultats définitifs du scrutin devant être publiés dans les prochaines semaines.

BAGDAD: Une débâcle: le Hachd al-Chaabi, anciens paramilitaires proches de l'Iran, a perdu deux tiers de ses députés aux législatives irakiennes, un vote sanction d'électeurs qui rejettent le pouvoir des armes et attendent avant tout la relance économique d'un pays en crise.

Deuxième force au Parlement sortant avec 48 députés, l'Alliance de la conquête, vitrine politique du Hachd qui regroupe plusieurs partis, a remporté une quinzaine de sièges au scrutin anticipé du 10 octobre, selon des résultats préliminaires.

Ses dirigeants ont immédiatement crié à l'"escroquerie" et annoncé qu'ils feraient appel, les résultats définitifs du scrutin devant être publiés dans les prochaines semaines.

Pour les experts, un constat s'impose: confronté à l'exercice du pouvoir, le Hachd n'a pas répondu aux attentes de la population, après avoir fait son entrée dans l'hémicycle pour la première fois en 2018, porté par les victoires contre le groupe Etat islamique (EI).

Principaux griefs: des accusations de violence et pratiques répressives à l'encontre de ses factions, composées de plus de 160.000 combattants intégrés désormais aux forces régulières.

Il y a aussi l'absence de projets visant à assurer le décollage économique dans un pays riche en pétrole mais souffrant encore de services publics défaillants et d'une corruption endémique, deux ans après la révolte populaire déclenchée en 2019 pour réclamer des changements.

L'Irak «en chute libre»

Salwa n'a pas voté pour l'Alliance de la conquête, comme elle l'avait fait en 2018. "Ils n'ont porté que des slogans creux", justifie la jeune étudiante. "Mon père a insisté pour que ma mère et moi votions pour la Conquête", assure-t-elle. A la place, elle a opté pour Nouri al-Maliki, ex-Premier ministre détenant le record de longévité à ce poste (2006-2014).

Grande surprise des élections, M. Maliki, allié du Hachd et pilier du camp pro-Iran, a remporté une trentaine de sièges.

Pour le politologue Ihsane al-Chamari, les armes du Hachd ont été "une cause essentielle de sa défaite". Et son alliance assumée avec l'Iran "a grandement nui à sa popularité".

A plusieurs reprises, le mouvement "est apparu au-dessus de l'Etat, ce qui est inacceptable pour son public et pour la rue", souligne l'expert.

Après la révolte d'octobre 2019, des dizaines de militants ont été victimes d'enlèvements, d'assassinats et de tentatives d'assassinat. Les factions pro-Iran ont été pointées du doigt.

Jalal Mohamed, épicier de 45 ans, n'a pas voté pour le Hachd. "Le pays est en chute libre, alors que ses dirigeants (du Hachd, NDLR) vivent dans la Zone verte (secteur ultra-sécurisé de Bagdad), ils ont des convois de protection interminables et ils ne voient personne".

Electorat fragmenté, votes perdus

"D'un point de vue organisationnel, ces élections sont les pires dans l'histoire de l'Irak", fustige Hassan Salem, député de l'Alliance de la conquête, dénonçant dans un communiqué "une opération organisée pour voler les votes".

Une source du camp pro-Iran rapporte des querelles au sein du Hachd, les dirigeants se rejetant la responsabilité du fiasco: plusieurs candidats du même bord ont été mis en compétition, fragmentant ainsi l'électorat.

"Les différents partis ont tenté d'imposer leur propre candidat dans une même circonscription et les votes ont été perdus", estime cette source sous couvert de l'anonymat.

Malgré sa déroute, le Hachd devrait peser au Parlement, grâce à la cooptation des "indépendants" et au jeu des alliances notamment avec Nouri al-Maliki.

Le chercheur Harith Hasan impute le succès de M. Maliki à des "candidats forts qui ont rencontré un écho parmi l'électorat chiite, associant (M. Maliki) à un Etat chiite fort, plutôt qu'à un Etat dominé par des milices".

Nouri al-Maliki a "attiré les votes des catégories sociales ayant bénéficié des largesses de son gouvernement en matière d'emploi et de clientélisme, quand les prix du pétrole étaient au plus haut", écrit l'expert dans une analyse publiée par le Carnegie Middle East Center.

Samedi soir, plusieurs partis chiites ont durci le ton, accusant dans un communiqué la commission électorale de ne pas avoir "corrigé des violations majeures" dans le décompte, lui imputant "l'échec du processus électoral" et mettant en garde contre "les répercussions négatives sur la marche démocratique".


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.


Trump annonce un accord sur le désarmement du Hamas à Gaza

Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain. (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain. (AFP)
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  • Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre
  • Cette phase prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif du territoire palestinien et le déploiement d'une force internationale de stabilisation

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain.

Des hauts responsables du mouvement islamiste palestinien ont confirmé à l'AFP qu'un accord avait été trouvé "concernant la question des armes" et "un retrait progressif" des forces israéliennes de Gaza.

Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre.

Cette phase prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif du territoire palestinien et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

"Aujourd'hui, le Conseil de Paix", créé par Donald Trump pour la reconstruction de Gaza, "a conclu un accord historique pour le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza. Il s'agit d'une étape monumentale vers une paix et une sécurité durables", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a également déclaré que les forces israéliennes se retireraient de Gaza "à mesure que le désarmement s'achève".

Le Hamas compte sur les médiateurs et le "Conseil de paix" pour obliger Israël à respecter les termes de l'accord, ont dit à l'AFP des responsables du mouvement.

"Grande convergence" 

La Force internationale de stabilisation, une structure naissante censée regrouper des troupes multinationales opérant sous l'égide du "Conseil de paix", collaborera ensuite "avec une nouvelle force de police palestinienne pour garantir la sécurité à Gaza", a ajouté le président américain.

Une réunion des médiateurs, parmi lesquels figurent l'Egypte, les États-Unis, le Qatar et la Turquie, doit se dérouler "bientôt" au Caire, a rapporté tôt vendredi la chaîne Al-Qahera News, proche de l'État égyptien.

Selon un responsable du Hamas, les armes doivent être remises au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), une instance de technocrates palestiniens qui doit gérer, pendant la période de transition, la vie quotidienne à Gaza.

"Le Comité national sera la seule entité habilitée à détenir, stocker ou contrôler des armes à Gaza", a déclaré ce responsable à l'AFP.

Actuellement basé en Egypte, le NCAG est empêché par Israël d'accéder à la bande de Gaza, selon les médias égyptiens et palestiniens.

Transfert des responsabilités 

Israël, qui contrôle aujourd'hui plus de 60% de ce territoire, exigeait un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route.

Le Hamas avait annoncé début juillet dissoudre le comité qui administrait les affaires civiles de la bande de Gaza depuis 2007, quand il avait pris le pouvoir dans le territoire côtier, et dit vouloir transférer ces responsabilités au NCAG.

Alors que le NCAG est présenté comme une structure temporaire, plusieurs responsables européens et arabes insistent sur la nécessité d'une perspective politique plus large impliquant les institutions palestiniennes existantes.

Israël, opposé à tout retour du Hamas au pouvoir, refuse aussi à ce stade une prise de contrôle directe de Gaza par l'Autorité palestinienne, basée à Ramallah.

L'Egypte joue depuis longtemps un rôle de médiateur entre les groupes armés palestiniens et Israël auquel Le Caire est lié par un traité de paix.

L'attaque sans précédent menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a déclenché une offensive israélienne dévastatrice dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.300 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent à Gaza où des frappes israéliennes ont fait jeudi au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales.

Ce territoire surpeuplé reste plongé dans une profonde crise humanitaire.

 


Liban: l'armée israélienne procède à des explosions massives près du château de Beaufort

L'armée israélienne a utilisé 700 tonnes d'explosifs pour détruire ce qu'elle affirme être un réseau de tunnels. (Tsahal)
L'armée israélienne a utilisé 700 tonnes d'explosifs pour détruire ce qu'elle affirme être un réseau de tunnels. (Tsahal)
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  • L'armée israélienne affirme avoir détruit des tunnels du Hezbollah près de la forteresse de Beaufort, classée au patrimoine mondial en péril de l'Unesco, à l'aide de 700 tonnes d'explosifs
  • L'opération est présentée comme une réponse à une violation du cessez-le-feu imputée au Hezbollah

BEYROUTH: Les forces israéliennes ont procédé à des explosions massives dans la nuit près de la forteresse de Beaufort dans le sud du Liban, classée par l'Unesco, a rapporté un média officiel libanais vendredi, Israël affirmant détruire des tunnels du Hezbollah pro-iranien.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Ce château fort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a indiqué avoir entendu d'énormes explosions et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région de Beaufort", à l'aide de quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que ces explosions étaient intervenues après la "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah d'avoir violé le cessez-le-feu en lançant un drone explosif contre un véhicule militaire israélien dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

La formation chiite avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire du pays voisin.