Ons Jabeur, au firmament du tennis mondial, les pieds sur terre en Tunisie

La championne tunisienne, première joueuse de tennis du monde arabe, hommes et femmes confondus, à accéder lundi au top 10 mondial, tutoie les sommets sportifs grâce à sa détermination, mais garde un attachement viscéral à son pays. (Photo, AFP)
La championne tunisienne, première joueuse de tennis du monde arabe, hommes et femmes confondus, à accéder lundi au top 10 mondial, tutoie les sommets sportifs grâce à sa détermination, mais garde un attachement viscéral à son pays. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 19 octobre 2021

Ons Jabeur, au firmament du tennis mondial, les pieds sur terre en Tunisie

  • «Ce n'est que le début», a déclaré la Tunisienne, estimant «mériter cette place depuis longtemps» et disant son ambition de devenir numéro un mondiale
  • «Dès le début, j'ai voulu une équipe technique composée de Tunisiens, pour montrer que le Tunisien peut réussir et réaliser l'impossible à l'étranger»

TUNIS : La Tunisienne Ons Jabeur, première joueuse de tennis du monde arabe, hommes et femmes confondus, à accéder lundi au top 10 mondial, tutoie les sommets sportifs grâce à sa détermination, mais garde un attachement viscéral à son pays.

Après avoir atteint les demi-finales du tournoi d'Indian Wells, où elle a chuté face la future lauréate Paula Badosa, la Tunisienne de 27 ans a fait un bond au classement WTA, en passant de la 14e à la 8e place.

Atteindre ce rang, "c'est un rêve qui devient réalité, j'ai toujours voulu être là", a-t-elle expliqué.

"Ce n'est que le début", a ajouté la Tunisienne, estimant "mériter cette place depuis longtemps" et disant son ambition de devenir numéro un mondiale.

Dans un entretien avec l'AFP en juillet à Tunis, elle se disait "très fière de représenter une nation entière, la Tunisie" aux JO de Tokyo, ainsi que "les Arabes et l'Afrique".

L'été dernier, la droitière a vendu deux de ses raquettes au profit d'hôpitaux locaux, quand la Tunisie était submergée par une terrible vague de Covid-19.

"C'était un devoir pour moi d'aider mon pays", a-t-elle expliqué après avoir réuni 27 000 dollars (environ 23.300 euros).

«Onstoppable»

La première fois qu'Ons Jabeur a crevé l'écran sur la scène internationale, c'était à l'Open d'Australie en janvier 2020. A l'époque classée 78e mondiale, elle devient la première joueuse d'un pays arabe à se qualifier pour les quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem. Elle s'incline à ce stade contre l'Américaine Sofia Kenin, future championne.

En juin 2021, elle remporte le tournoi (WTA 250) de Birmingham, le premier titre sur le circuit principal pour une joueuse maghrébine.

En parvenant en huitièmes de finale à Wimbledon en juillet, elle devient "Onstoppable" pour les internautes tunisiens, un jeu de mots entre son prénom et "unstoppable", "inarrêtable" en anglais.

A l'AFP, elle a expliqué avoir "gagné en expérience et confiance" à partir de l'Open d'Australie. "Les autres joueuses ont commencé à avoir peur de jouer contre moi (...) Ma façon de jouer reflète ma personnalité. En tant qu'être humain, j'ai beaucoup de sentiments et durant le match, je les exprime".

Sans oublier une note d'humour, comme quand elle transforme en pompes une chute sur le court, ou quand elle prend sa balle de tennis pour faire des jongles avec ses pieds comme une footballeuse.

Ons Jabeur a un message pour la jeunesse tunisienne: "rien n'est impossible".

"Durant ma carrière, nombreux sont ceux qui ont douté de mes capacités à arriver à ce niveau, mais ma confiance en moi et mon travail m'ont permis d'avancer", a-t-elle dit à l'AFP.

«Rage de vaincre»

Née le 28 août 1994 à Ksar Hellal, ce petit format de 1,67m pour 66 kg, a commencé très tôt le tennis, à Hammam Sousse, banlieue chic de la station balnéaire Sousse.

A trois ans, son club a pour seuls terrains les courts de tennis des hôtels voisins.

Nabil Mlika qui l'a entraînée à l'époque, se souvenait auprès de l'AFP en 2020 de "son dynamisme, de son application" et de "sa rage de vaincre".

A 10 ans, elle disait à sa mère qu'elle l'emmènerait "un jour boire un café à Roland-Garros", raconte-t-il. "Elle l'a fait, c'est magique".

A 12 ans, la jeune prodige intègre le lycée sportif de El Menzah, à Tunis. 

"Ons avait une facilité de gestes techniques exceptionnelle", a témoigné auprès de l'AFP l'ex-directeur technique de la Fédération tunisienne, Hichem Riani.

D'anciens camarades se souviennent d'une adolescente qui aimait affronter les garçons. "Une fois, elle a participé à un tournoi et a gagné des matches, ce qui a démoralisé certains joueurs, vexés d'être battus par une fille", a raconté l'un d'eux, Mehdi Abid.

Après sa victoire à Roland-Garros en 2011 dans le tournoi junior, elle quitte la Tunisie, mais y revient régulièrement se préparer avec son entraîneur Issam Jalleli, et son mari et préparateur physique, Karim Kamoun.

"Dès le début, j'ai voulu une équipe technique composée de Tunisiens", disait-elle à l'AFP, pour montrer que "le Tunisien peut réussir et réaliser l'impossible à l'étranger".


Un char israélien tire près d’une patrouille de l’armée libanaise et de la FINUL sur fond de tensions croissantes

Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri pour discuter de l'escalade israélienne, qui a notamment donné lieu cette semaine au bombardement de zones résidentielles au nord du fleuve Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles. (Fourni)
Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri pour discuter de l'escalade israélienne, qui a notamment donné lieu cette semaine au bombardement de zones résidentielles au nord du fleuve Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles. (Fourni)
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  • Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement, Nabih Berri, afin d’aborder l’escalade israélienne
  • Joseph Aoun fait face à des critiques croissantes d’activistes proches du Hezbollah, en raison de son insistance répétée sur l’autorité exclusive de l’État en matière d’armement

BEYROUTH : Un char israélien a ouvert le feu vendredi après-midi à proximité d’une patrouille conjointe de l’armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dans un nouvel incident venant accroître les tensions le long de la Ligne bleue.

L’obus serait tombé près de Wadi Al-Asafir, au sud de la ville de Khiam, alors que l’armée libanaise et la FINUL menaient une opération de terrain. Selon des témoins, le tir provenait d’une nouvelle position israélienne établie dans la zone de Hamams.

Une source militaire libanaise a déclaré à Arab News :
« Ce n’est pas la première fois que les forces israéliennes prennent pour cible des unités de l’armée libanaise et de la FINUL. Des incidents similaires ont eu lieu lors d’opérations au sud du fleuve Litani, et la FINUL a déjà condamné de tels agissements. »

Plus tôt dans la journée de vendredi, un drone israélien a tiré trois missiles sur un véhicule à Baalbek, dans l’est du Liban, lors d’une tentative d’assassinat qui a échoué. Des témoins ont indiqué que le premier missile a touché une voiture circulant sur la route Majdaloun-Baalbek. Le conducteur, présumé palestinien, a réussi à s’échapper après avoir jeté son téléphone, avant de stationner près de l’hôpital Dar Al-Amal.

Le second missile a manqué sa cible, ne causant que des dégâts matériels, tandis qu’un troisième tir a suivi sans faire de blessés.

Ces attaques interviennent dans un contexte de scepticisme renouvelé d’Israël quant aux efforts du Liban pour confisquer les armes au sud du Litani. Des responsables israéliens ont qualifié l’annonce récente de Beyrouth, faisant état de l’achèvement de la première phase du plan de désarmement, de « coup médiatique destiné à gagner du temps ». Les autorités libanaises assurent, de leur côté, que des progrès sont réalisés dans le cadre d’une stratégie nationale graduelle, soutenue par des partenaires internationaux.

Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri afin d’aborder l’escalade israélienne, qui a notamment inclus cette semaine des bombardements de zones résidentielles au nord du Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles.

Joseph Aoun fait par ailleurs face à des critiques croissantes d’activistes proches du Hezbollah, en raison de son insistance répétée sur l’autorité exclusive de l’État en matière d’armement. Une campagne sur les réseaux sociaux lancée jeudi l’a accusé de « trahir la résistance », à travers des vidéos largement diffusées en ligne.

Malgré ces attaques, Nabih Berri soutiendrait la position du président. Un responsable libanais a confié à Arab News :
« Berri continue de jouer un rôle de médiation et estime que le véritable problème réside dans l’absence de pression internationale sur Israël pour qu’il respecte le cessez-le-feu et mette fin à ses violations. »

S’adressant vendredi à une délégation de l’Association des villes frontalières du Sud, Joseph Aoun a affirmé que la stabilité du Liban est impossible sans sécurité dans le Sud.
« Nous coordonnons avec l’armée afin de renforcer sa présence dans les villages frontaliers », a-t-il déclaré. « Notre principale revendication dans les réunions du mécanisme reste le retour en toute sécurité des déplacés et la libération des prisonniers. »

Parallèlement, le Parquet a commencé à convoquer plusieurs personnes accusées d’avoir insulté le président en ligne, dont le journaliste Hassan Alik, qui ne s’est pas présenté vendredi.

Le palais présidentiel a indiqué à Arab News que le chef de l’État n’avait pas déposé de plainte et que la justice avait agi de manière indépendante, conformément au droit libanais, qui criminalise les insultes envers le président.

L’avocate de Hassan Alik, Alia Moallem, a déposé un mémoire juridique estimant que la convocation violait la Constitution et les lois sur la presse, arguant que les propos relevaient du travail journalistique et de la liberté d’expression.

Dans un communiqué, le Syndicat des rédacteurs en chef de la presse libanaise a appelé les journalistes à faire preuve de responsabilité dans ce contexte sensible, tout en réaffirmant l’importance de protéger la liberté d’expression garantie par la loi libanaise.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’Arabie saoudite accueillera la réunion du WEF sur la collaboration et la croissance mondiale en avril

Le ministre de l'Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de la réunion de haut niveau. (SPA)
Le ministre de l'Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de la réunion de haut niveau. (SPA)
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  • L’Arabie saoudite accueillera à Djeddah, en avril 2026, la réunion du WEF sur la collaboration et la croissance mondiale, confirmant son rôle croissant sur la scène économique internationale
  • L’événement s’inscrit dans la continuité des initiatives du Royaume, visant à favoriser un dialogue pragmatique et des décisions à impact pour soutenir la croissance mondiale

RIYAD : L’Arabie saoudite accueillera la réunion du Forum économique mondial (WEF) consacrée à la collaboration et à la croissance mondiale à Djeddah, les 22 et 23 avril 2026.

Le ministre de l’Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de cette rencontre de haut niveau, annoncée lors de la réunion annuelle du WEF en 2025, selon l’Agence de presse saoudienne.

Dans ses remarques de clôture au forum, le ministre a souligné la nécessité d’un dialogue soutenu pour accélérer la croissance mondiale, appelant les participants à s’impliquer activement dans la réunion à venir.

Il a indiqué que cet événement s’inscrira dans la continuité de l’élan créé par la réunion spéciale du WEF organisée à Riyad en 2024, affirmant que le Royaume s’est imposé comme une capitale mondiale du pragmatisme et de la prise de décisions à fort impact.

Le président du WEF, Børge Brende, a pour sa part salué l’approfondissement de l’engagement du Forum avec le Royaume.

« Nous sommes ravis de revenir en Arabie saoudite en 2026 pour poursuivre les discussions engagées lors de notre réunion annuelle, en créant un espace où les dirigeants peuvent travailler ensemble, instaurer la confiance et faire en sorte que le dialogue débouche sur une collaboration et des actions concrètes », a-t-il déclaré.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Tunisie: trois ans et demi de prison pour deux célèbres chroniqueurs

 Deux célèbres chroniqueurs tunisiens, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, ont été condamnés jeudi à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale", ont annoncé des médias locaux et la soeur de l'un d'eux. (AFP)
Deux célèbres chroniqueurs tunisiens, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, ont été condamnés jeudi à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale", ont annoncé des médias locaux et la soeur de l'un d'eux. (AFP)
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  • Les deux hommes sont déjà en détention depuis presque deux ans pour des déclarations considérées comme critiques du pouvoir du président Kais Saied, dans des émissions de radio et de télévision ainsi que des publications sur les réseaux sociaux
  • Condamnés à une année de prison, ils avaient vu leur peine réduite à huit mois en appel

TUNIS: Deux célèbres chroniqueurs tunisiens, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, ont été condamnés jeudi à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale", ont annoncé des médias locaux et la soeur de l'un d'eux.

Les deux hommes sont déjà en détention depuis presque deux ans pour des déclarations considérées comme critiques du pouvoir du président Kais Saied, dans des émissions de radio et de télévision ainsi que des publications sur les réseaux sociaux.

Condamnés à une année de prison, ils avaient vu leur peine réduite à huit mois en appel.

Ils auraient dû sortir de prison en janvier 2025 mais sont restés en détention pour une affaire de "blanchiment d'argent" et d'"évasion fiscale".

"Trois ans et demi pour Mourad et Borhen", a écrit sur Facebook la soeur de M. Zeghidi, Meriem Zeghidi Adda.

Jeudi, lors de la dernière audience du procès, M. Zeghidi a réclamé sa libération tandis que M. Bsaies a demandé à ce que justice lui soit rendue, a rapporté à l'AFP l'avocat du premier, Ghazi Mrabet.

Un autre avocat de M. Zeghidi, Fethi Mouldi, a affirmé que son client avait été inculpé en raison d'une déclaration fiscale incomplète, "une situation qui a été réglée ce qui invalide l'inculpation pour blanchiment d'argent" selon lui.

Les arrestations de MM. Zeghidi et Bsaies avaient coïncidé avec celles de l'avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, libérée fin novembre, et d'une dizaine de militants de l'aide aux migrants.

Depuis le coup de force du président Saied, qui s'est octroyé tous les pouvoirs depuis le 25 juillet 2021, des ONG locales et internationales dénoncent une régression des droits et libertés en Tunisie.

Des dizaines d'opposants et militants de la société civile sont poursuivis en vertu d'un décret présidentiel visant officiellement à lutter contre "les fausses informations" mais sujet à une interprétation très large dénoncée par des défenseurs des droits humains.

Des chefs de l'opposition ont notamment été condamnés à de lourdes peines dans un méga-procès de "complot contre la sûreté de l’Etat".

En 2025, la Tunisie a chuté de 11 places dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF), passant de la 118e à la 129e place sur 180 pays.