Le Conseil de sécurité de l'ONU au Sahel ce week-end pour réclamer un pouvoir civil au Mali

Une vue aérienne de Ménaka le 22 novembre 2020. En octobre 2020, le groupe armé local Gatia et le groupe armé pro-gouvernemental Mouvement de Salut de l'Azawad ont lancé une opération conjointe appelée "Menaka Sans Armes". Photo d'illustration SOULEYMANE AG ANARA / AFP
Une vue aérienne de Ménaka le 22 novembre 2020. En octobre 2020, le groupe armé local Gatia et le groupe armé pro-gouvernemental Mouvement de Salut de l'Azawad ont lancé une opération conjointe appelée "Menaka Sans Armes". Photo d'illustration SOULEYMANE AG ANARA / AFP
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Publié le Mercredi 20 octobre 2021

Le Conseil de sécurité de l'ONU au Sahel ce week-end pour réclamer un pouvoir civil au Mali

  • Le Conseil de sécurité de l'ONU sera ce week-end au Sahel en visite au Mali et Niger, pour pousser Bamako à revenir à un pouvoir civil après deux coups d'Etat militaires en neuf mois dans une région marquée par une forte poussée djihadiste
  • Les relations de la junte malienne avec la France sont au plus bas et ce voyage survient alors que Bamako cherche des partenaires alternatifs à Paris, notamment en Russie

NATIONS-UNIES : Le Conseil de sécurité de l'ONU sera ce week-end au Sahel en visite au Mali et Niger, pour pousser Bamako à revenir à un pouvoir civil après deux coups d'Etat militaires en neuf mois dans une région marquée par une forte poussée djihadiste.

"La région du Sahel est exposée à tous les défis. C’est là que sont les enjeux de la lutte contre le terrorisme, de la problématique humanitaire, de l’impact du changement climatique, de la bonne gouvernance", déclare à l'AFP l'ambassadeur du Niger auprès des Nations Unies, Abdou Abarry, qui co-dirige ce déplacement avec son homologue français. 

"La situation au Sahel demeure très fragile", renchérit Nicolas de Rivière, en évoquant "la stabilisation du Mali" et la nécessité de "discuter de la façon de soutenir les efforts des pays du G5 Sahel pour assurer leur sécurité".

Les relations de la junte malienne avec la France sont au plus bas et ce voyage survient alors que Bamako cherche des partenaires alternatifs à Paris, notamment en Russie. Un déploiement au Mali de paramilitaires russes du groupe privé Wagner, réputé proche du Kremlin, est rejeté par les Européens qui le jugent incompatible avec leur engagement dans la mission de Casques bleus Minusma ou de forces antijihadistes.

Pour les 15 membres du Conseil de sécurité, aller dans un pays dirigé par un militaire n'équivaut pas à "cautionner les coups d'Etat au Mali" (août 2020 et mai 2021), assurent plusieurs diplomates occidentaux et africains. Ils vont "dans la région soutenir les organisations régionales comme la Cédéao, insister sur le respect des délais électoraux et, si ce n’est pas possible, avoir au moins un calendrier réaliste", précise l'un d'eux.

La Cédéao (Communauté des Etats ouest-africains) a imposé des élections au Mali le 27 février 2022 mais le pouvoir estime qu'un report de quelques semaines ou mois n'est pas à exclure, l'important étant leur crédibilité.

Si Chine, Russie et Inde seront représentées par des ambassadeurs adjoints, les Etats-Unis envoient au Sahel Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice à l'ONU au rang de ministre au sein du gouvernement Biden. Une participation rare à ce niveau et Européens comme Africains espèrent en profiter pour tenter d'infléchir la position américaine sur la force antijihadiste G5 Sahel.

Jusqu'à présent, Washington privilégie l'aide bilatérale et refuse - comme Londres - l'idée défendue par le secrétaire général de créer un Bureau de soutien de l'ONU, avec des fonds onusiens communs, à cette force composée de troupes du Niger, du Burkina Faso, du Mali, du Tchad et de Mauritanie.

«Contre-terrorisme»

Dans une lettre au Conseil de sécurité, Antonio Guterres a révélé récemment que l'Otan examinait "des options pour un soutien accru au G5 Sahel".

"Les Américains veulent des options alternatives", tente de décrypter un diplomate sous couvert d'anonymat. Mais "l'Otan n’apparaît pas à première vue comme une option très faisable" et "ce n’est pas ce que l’Afrique demande", note-t-il.

Les Etats-Unis soutiennent que "le maintien de la paix n'est pas du contre-terrorisme", poursuit ce diplomate. Le premier est du ressort de l'ONU alors que le deuxième relève d'une approche plutôt nationale.

Mais "en Afrique, où la menace terroriste augmente ou se diversifie, les opérations de maintien de la paix vont devoir se poser de plus en plus de questions" sur leur rôle antidjihadiste, ajoute-t-il, en demandant: quelle différence y a-t-il entre protéger des civils face à une menace terroriste et face à des groupes armés?

Lorsqu'un pays combat sur son sol une menace, la règle à l'ONU est qu'il n'y a guère de raison pour qu'elle le soutienne financièrement, rapporte toutefois une autre source diplomatique.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu par l'AFP auprès de la mission diplomatique américaine à l'ONU sur les motivations de Linda Thomas-Greenfield à l'égard de son premier voyage au Sahel avec le Conseil de sécurité.

Côté français, l'enjeu du voyage est aussi d'essayer de débloquer une demande de Paris d'augmenter la Minusma de 2.000 Casques bleus dans le centre du pays (la mission compte 13.289 militaires et 1.920 policiers). Formulée en juin après l'annonce d'un désengagement au Mali de la force Barkhane, cette requête est rejetée par plusieurs membres du Conseil, notamment pour des raisons financières, selon des diplomates.   


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.