Merkel fait ses adieux à l'Europe en lançant un dernier avertissement

La chancelière allemande Angela Merkel donne une conférence de presse à la fin de la deuxième journée d'une réunion des dirigeants de l'Union européenne à Bruxelles, le 22 octobre 2021. (Photo, AFP)
La chancelière allemande Angela Merkel donne une conférence de presse à la fin de la deuxième journée d'une réunion des dirigeants de l'Union européenne à Bruxelles, le 22 octobre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 22 octobre 2021

Merkel fait ses adieux à l'Europe en lançant un dernier avertissement

  • « Je quitte maintenant cette Union européenne dans ma responsabilité de chancelière dans une situation qui m'inquiète », a déclaré Mme Merkel
  • « Nous avons surmonté de nombreuses crises, par le respect et les efforts pour trouver des solutions communes, mais nous avons une série de problèmes non résolus », a-t-elle averti

BRUXELLES : La chancelière allemande Angela Merkel a lancé vendredi un avertissement à l'Europe, s'inquiétant de sa capacité à relever les défis sociétaux, migratoires et économiques, à l'issue de son 107e et dernier sommet à Bruxelles, après seize ans au pouvoir. 

"Je quitte maintenant cette Union européenne dans ma responsabilité de chancelière dans une situation qui m'inquiète", a déclaré Mme Merkel. "Nous avons surmonté de nombreuses crises, par le respect et les efforts pour trouver des solutions communes, mais nous avons une série de problèmes non résolus", a-t-elle averti.

Concernant l'Etat de droit (indépendance de la justice, liberté des médias...), sujet pour lequel la Pologne est actuellement dans le collimateur de l'UE, la chancelière a répété son souhait d'un débat plus apaisé, appelant au dialogue et à plus de compréhension pour l'histoire de cet ancien pays communiste. "Nous devons nous respecter mutuellement. Je pense que c'est très important", a-t-elle martelé.

En matière de migrations, l'UE est "toujours vulnérable de l'extérieur", a-t-elle prévenu, alors que le Bélarus est accusé de faire passer clandestinement des migrants via ses frontières, en représailles à des sanctions européennes.

Manque d'innovation

Angela Merkel s'est aussi inquiétée pour la compétitivité du Vieux continent, en particulier dans les nouvelles technologies comme l'intelligence artificielle. "L'Europe n'est pas le continent le plus innovant", a-t-elle regretté, estimant que ses successeurs auraient de "grands chantiers" à mener.

Alors qu'elle tire sa révérence sur la scène européenne, à 67 ans, la chancelière a recueilli une pluie d'hommages. Son départ suscite la peur du vide au sein de l'UE, confrontée à des chantiers décisifs: reconstruction économique post-Covid, changement climatique, affirmation de son rôle géopolitique face aux Etats-Unis et à la Chine.

"Votre peuple allemand bien-aimé et le monde entier ont une dette de reconnaissance pour votre hauteur de vue pendant tant d'années", a salué l'ancien président américain, Barack Obama dans une vidéo.

Les sommets des Vingt-Sept "sans Angela c'est comme Rome sans le Vatican ou Paris sans la Tour Eiffel", a déclaré à Bruxelles le président du Conseil européen Charles Michel.

L'ex-Premier ministre belge a salué "la sagesse" de la chancelière qui manquera aux Européens "en particulier dans les périodes délicates", dans un discours accueilli par une ovation debout des chefs d'Etat et de gouvernement réunis depuis jeudi.

Un cadeau, une oeuvre en transparence du jeune designer franco-néerlandais Maxim Duterre, évoquant le bâtiment du Conseil qui accueille les sommets, a été remis à Mme Merkel, comme à son homologue suédois Stefan Löfven, lui aussi sur le départ.

Le départ d'Angela Merkel "laissera un grand vide", a déclaré le nouveau chancelier autrichien Alexander Schallenberg, soulignant sa "grande influence sur l'évolution de l'Union européenne".

"C'est quelqu'un qui pendant seize ans a vraiment marqué l'Europe, et nous a aidés à prendre les bonnes décisions avec beaucoup d'humanité à des moments qui étaient difficiles", a déclaré le Premier ministre belge Alexander de Croo.

« Machine à compromis »

"C'était une telle machine à compromis, que quand les choses n'avançaient pas, on avait quand même Angela (...) Elle trouvait toujours quelque chose pour nous unir et nous permettre d'aller plus loin", a observé le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel, qui l'a côtoyée pendant huit années.

"Elle me manquera. Elle manquera à l'Europe", a-t-il dit.

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ancienne ministre de la Défense de la chancelière chrétienne-démocrate (CDU), avait récemment souligné à quel point l'esprit d'analyse de cette docteure en chimie avait été crucial pour débloquer les négociations européennes parfois interminables.

Ces derniers mois, les dirigeants de l'UE ont multiplié hommages et remerciements à celle qui a dirigé l'Allemagne depuis 2005, presque aussi longtemps que le chancelier de la Réunification, Helmut Kohl (1982-1998).

A la tête de la première puissance économique du continent, Angela Merkel avait cependant été très critiquée pour l'attitude de Berlin durant la crise de la zone euro suite à l'effondrement financier mondial de 2008-2009, mais a été ensuite largement saluée pour sa réponse à la crise migratoire de 2015 et pour s'être ralliée in fine à un endettement commun des Vingt-Sept.

L'Allemagne devrait avoir un nouveau chancelier avant Noël. Sociaux-démocrates, écologistes et libéraux ont dévoilé jeudi le calendrier de leurs négociations visant à installer Olaf Scholz (SPD) aux commandes du pays début décembre.

 


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.