Election en Ouzbékistan: large victoire attendue du président sortant

Le président ouzbek et candidat à la présidentielle Chavkat Mirzioïev vote lors de l'élection présidentielle dans un bureau de vote à Tachkent le 24 octobre 2021. (Photo, AFP)
Le président ouzbek et candidat à la présidentielle Chavkat Mirzioïev vote lors de l'élection présidentielle dans un bureau de vote à Tachkent le 24 octobre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 24 octobre 2021

Election en Ouzbékistan: large victoire attendue du président sortant

  • Mirzioïev affronte quatre candidats considérés comme fantoches et qui se sont abstenus de le critiquer pendant la campagne
  • Pour la majorité des observateurs, le résultat du vote est donc joué d'avance

TACHKENT : Les Ouzbeks votaient dimanche lors d'une élection présidentielle qui devrait offrir une large victoire au dirigeant sortant Chavkat Mirzioïev, dont les réformes libérales durant son premier quinquennat semblent menacées par un retour des pratiques autoritaires.

Agé de 64 ans, M. Mirzioïev, qui dirige le pays le plus peuplé d'Asie centrale depuis 2016, est salué pour avoir aboli le travail forcé, ouvert l'économie et libéré des opposants torturés par son impitoyable prédécesseur, Islam Karimov.

Mais il a renoué plus récemment avec des habitudes du passé, réprimant plusieurs personnalités critiques. Ses détracteurs l'accusent aussi d'avoir écarté toute opposition réelle lors de l'élection.

M. Mirzioïev affronte quatre candidats considérés comme fantoches et qui se sont abstenus de le critiquer pendant la campagne. Pour la majorité des observateurs, le résultat du vote est donc joué d'avance.

A peine cinq heures après l'ouverture des bureaux, la Commission électorale indiquait dimanche que la participation dépassait déjà les 50%. Le scrutin doit se conclure à 15H00 GMT.

En 2016, Chavkat Mirzioïev avait remporté l'élection avec 88,6% des voix et une participation de 87%. Des résultats semblables à ceux d'Islam Karimov, au pouvoir pendant 27 ans et qui avait fait de l'Ouzbékistan l'un des pays les plus autoritaires au monde. 

A Tachkent, la capitale, nombre d'électeurs abordaient ainsi l'élection de dimanche sans enthousiasme.

"Je n'aime aucun des choix proposés", a déclaré Georgy, un homme âgé de 45 ans ayant requis l'anonymat. Il a ajouté qu'il voterait "contre eux tous, y compris lui", une allusion à M. Mirzioïev.

Zera, une femme de 55 ans, dit soutenir le président sortant, tout en exprimant sa crainte au sujet de l'Afghanistan, pays voisin. "Ce pays m'inquiète beaucoup depuis qu'ils (les talibans) ont pris le pouvoir."

Région stratégique

Frontalier de l'Afghanistan, l'Ouzbékistan est situé dans une région aussi difficile que stratégique, où la Russie et la Chine exercent une forte influence.

Ce pays enclavé, qui compte environ 34 millions d'habitants, était autrefois une étape majeure sur l'antique Route de la Soie, une situation qui a fait la fortune de cités comme Samarcande et Boukhara.

Cinq ans après la mort de Karimov, l'Ouzbékistan a sans aucun doute l'air plus libre. 

M. Mirzioïev a notamment mis fin au travail forcé dans les champs de coton, y compris de milliers d'enfants, une mesure mondialement saluée.

Mais les deux dernières années de son premier mandat ont été marquées par la répression croissante de voix critiques. 

Un universitaire perçu comme l'un de ses rares véritables opposants, Khidirnazar Allakoulov, a été interdit de se présenter à la présidentielle.

La pandémie a aussi enrayé la forte croissance économique, plongeant le tourisme dans l'abîme et alimentant le mécontentement populaire. Le chômage et le coût de la vie ont nettement augmenté.  

Fait rarissime, des manifestations ont même éclaté l'an dernier en réaction à des pénuries énergétiques. 

Pauvreté croissante

Plusieurs Ouzbeks interrogés par l'AFP semblaient donc plus préoccupés par la pauvreté grandissante que par la liberté d'expression.

"Nous attendons des changements comme des hausses de salaire. Ils sont faibles et pas toujours versés", a déclaré Ourazali Ergachev, un étudiant de 20 ans rencontré à Tachkent avant le scrutin.

Alexandre Rakhmonov, 28 ans, employé du secteur énergétique, souligne lui que les ressources en eau, gaz et électricité manquent surtout dans les régions. "Dans la capitale, tout est plus ou moins bien."

Pour Temour Oumarov, spécialiste de l'Asie centrale, M. Mirzioïev est face à une équation délicate: continuer de réformer sans toucher au système autoritaire hérité de Karimov et dont l'élite profite.

"La corruption existe toujours au sommet du gouvernement, mais le pouvoir ferme les yeux", dit-il. Mais, "en parallèle, la société est plus dynamique qu'autrefois et ne sera pas contente si le gouvernement ne continue pas les réformes."

Le mois dernier, le président Mirzioïev a argué que la définition de la démocratie en Ouzbékistan n'était pas la même que dans d'autres pays. Et il a mis en garde contre l'instabilité.


Le chef de l'ONU appelle «tous les acteurs» à respecter le cessez-le-feu au Liban

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
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  • "Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations"
  • "Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international"

NATIONS-UNIES: Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué.

"Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations", a déclaré Stéphane Dujarric dans un communiqué.

"Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international", a-t-il ajouté, une formulation qui peut viser Israël et le Liban, mais aussi le Hezbollah.

 

 

 


Trump estime les Etats-Unis et l'Iran «très proches» d'un accord

Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
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  • "Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait
  • "Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté

WASHINGTON: Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

"Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait.

"Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté.

"Ils ont accepté de nous rendre la poussière nucléaire", a assuré Donald Trump sans plus de détail, utilisant le terme qu'il emploie pour désigner les stocks d'uranium enrichi, une des demandes américaines clés pour parvenir à un accord.

La République islamique n'a pas confirmé cet élément dans l'immédiat.

Donald Trump a en outre annoncé jeudi un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT. Cette trêve, dont sont convenus le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président du Liban Joseph Aoun, inclut le Hezbollah libanais, mouvement chiite pro-iranien, a dit le président américain.

"Pas de date"

Entre l'Iran et les Etats-Unis, les tractations se poursuivent sous l'égide du Pakistan afin d'organiser une deuxième session de négociations, après l'échec de la première à Islamabad le week-end dernier, pour mettre durablement fin à la guerre.

L'influent chef de l'armée pakistanaise Asim Munir était en Iran jeudi pour y rencontrer le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, considéré comme le principal interlocuteur du côté de Téhéran.

Face à un conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, depuis l'offensive israélo-américaine déclenchée le 28 février, et qui secoue l'économie mondiale, le monde espère a minima une prolongation du cessez-le-feu de deux semaines, en vigueur depuis le 8 avril.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, et Washington impose depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

"Si l'Iran fait le mauvais choix, alors il y aura un blocus et des bombes qui tomberont sur ses infrastructures électriques et énergétiques", a menacé le ministre de la Défense américain Pete Hegseth.

L'Iran menace lui de bloquer également la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier.

L'ambassadeur iranien à l'ONU a qualifié Téhéran de "prudemment optimiste" quant à ces pourparlers et a exprimé son espoir d'un "résultat significatif".

Première historique ? 

Israël a de son côté menacé l'Iran de frappes "encore plus douloureuses" s'il refusait de se plier aux demandes des Etats-Unis, notamment sur l'armement nucléaire.

A Washington, la Chambre des représentants a rejeté à nouveau jeudi une initiative des députés démocrates qui souhaitaient forcer Donald Trump à obtenir l'aval du Congrès pour éventuellement poursuivre les hostilités contre l'Iran.

La France a annoncé jeudi soir qu'une "trentaine de participants" assisteraient vendredi à une visoconférence coprésidée par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer visant à mettre en place une mission de sécurisation du détroit d'Ormuz quand les conditions le permettront.

Au Liban, "les deux parties veulent la PAIX, et je crois que ça va se réaliser rapidement", a commenté Donald Trump, avant d'inviter les dirigeants israélien et libanais à se rencontrer à la Maison Blanche "au cours des quatre ou cinq prochains jours" - une première à un tel niveau de représentation entre les deux pays depuis 1993.

Le Liban s'est engagé à prendre des "mesures concrètes pour empêcher" toute attaque du Hezbollah contre Israël dans le cadre de la trêve, selon la diplomatie américaine.

Le mouvement pro-iranien compte respecter le cessez-le-feu "à condition qu'il s'agisse d'un arrêt global des hostilités contre nous", a déclaré à l'AFP un de ses députés, Ibrahim Moussaoui.

Echange de tirs 

S'il y voit une occasion de "paix historique" avec Beyrouth, Benjamin Netanyahu a rappelé son exigence d'un désarmement du Hezbollah comme préalable et indiqué que l'armée israélienne allait maintenir sa présence "dans le sud (du Liban) dans une bande frontalière de dix kilomètres de profondeur".

Dans les heures qui ont précédé l'entrée en vigueur de la trêve, Israël et le Hezbollah ont échangé de nouveaux tirs transfrontaliers.

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé des lanceurs de roquettes du Hezbollah après que deux personnes ont été blessées, dont une grièvement, par des tirs vers le nord du pays,selon un bilan de l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Plus tôt dans la journée, au moins sept personnes ont été tuées et 33 blessées dans une frappe israélienne sur le village de Ghazieh, dans le sud du Liban, selon les autorités.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient début mars quand le Hezbollah a visé Israël pour soutenir l'Iran, les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 2.000 morts et un million de déplacés.

 

 


Blocus des ports iraniens: l'armée américaine dit avoir refoulé dix navires

Blocus des ports iraniens: l'armée américaine dit avoir refoulé dix navires
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  • Le Centcom avait initialement annoncé que neuf navires avaient été refoulés, mais en a ajouté un dixième qui aurait été "redirigé" vers l'Iran par un destroyer américain, dans son décompte
  • Les données de suivi maritime mardi indiquaient toutefois qu'au moins trois navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d'Ormuz après l'entrée en vigueur du blocus militaire américain

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir empêché dix navires de quitter les ports iraniens au cours des premières 48 heures du blocus imposé par les Etats-Unis à la République islamique.

"Dix navires ont été refoulés et AUCUN navire n'a réussi à franchir le blocus depuis son entrée en vigueur lundi", a déclaré le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), dans une publication sur X.

Le Centcom avait initialement annoncé que neuf navires avaient été refoulés, mais en a ajouté un dixième qui aurait été "redirigé" vers l'Iran par un destroyer américain, dans son décompte.

Les données de suivi maritime mardi indiquaient toutefois qu'au moins trois navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d'Ormuz après l'entrée en vigueur du blocus militaire américain, même si certains ont ensuite fait demi-tour, selon le fournisseur de données maritimes Kpler.

Le détroit d'Ormuz, stratégique pour le transport maritime, notamment d'hydrocarbures, est paralysé par l'Iran depuis le début de la guerre.

Faute d'accord avec Téhéran pour mettre fin au conflit, l'armée américaine a annoncé dimanche imposer son propre blocus aux "navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens" depuis lundi, à 14H00 GMT.