Afghanistan: Washington n'a pas fait assez pression sur le président Ghani

Le président afghan Ashraf Ghani rencontre le président américain Joe Biden à Washington, le 25 juin 2021. (Photo, AFP)
Le président afghan Ashraf Ghani rencontre le président américain Joe Biden à Washington, le 25 juin 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 24 octobre 2021

Afghanistan: Washington n'a pas fait assez pression sur le président Ghani

  • S'exprimant pour la première fois depuis sa démission annoncée le 18 octobre, Zalmay Khalilzad a défendu vivement l'accord de retrait des forces américaines qu'il avait négocié avec les talibans sous la présidence de Donald Trump
  • Il a exprimé quelques réserves indirectes sur sa mise en œuvre par l'actuel président Joe Biden

WASHINGTON: Les Etats-Unis n'ont pas fait suffisamment pression sur l'ex-président afghan Ashraf Ghani pour qu'il accepte de partager le pouvoir avec les talibans, a déploré l'émissaire américain pour l'Afghanistan qui vient de démissionner, dans un entretien diffusé dimanche sur la chaîne CBS.

S'exprimant pour la première fois depuis sa démission annoncée le 18 octobre, Zalmay Khalilzad a défendu vivement l'accord de retrait des forces américaines qu'il avait négocié avec les talibans sous la présidence de Donald Trump. Et exprimé quelques réserves indirectes sur sa mise en œuvre par l'actuel président Joe Biden.

"L'accord était un ensemble conditionnel" qui prévoyait notamment "des négociations" entre les insurgés et le gouvernement de Kaboul ainsi qu'un "cessez-le-feu global permanent", a expliqué le diplomate.

Mais une fois arrivé à la Maison Blanche, le président Biden a pris la "décision de mettre en œuvre le retrait sur la base d'un calendrier", sans tenir compte de ces conditions, a-t-il relevé.

"C'est une décision prise bien au-dessus de moi", a-t-il ajouté, regrettant que "certains" à Washington fassent de lui un bouc-émissaire pour le départ chaotique d'Afghanistan et la prise du pouvoir par les islamistes.

"On hérite toujours d'accords", "soit vous acceptez de les mettre en œuvre, soit vous dites +non, je veux renégocier+", a-t-il poursuivi.

Le gouvernement démocrate estime que, ayant hérité de l'accord négocié par l'équipe Trump, il n'avait d'autre choix que de quitter l'Afghanistan, car les négociations de paix inter-afghanes étaient dans l'impasse et les talibans auraient repris leurs attaques contre les forces américaines si elles étaient restées.

Zalmay Khalilzad reconnaît cette situation, et admet que les choses ne se sont pas déroulées comme il le souhaitait.

Mais le diplomate semble en imputer l'essentiel de la responsabilité au gouvernement afghan de l'ex-président Ashraf Ghani, qui selon lui n'a jamais accepté de partager le pouvoir alors même que les talibans étaient en position de force militairement.

"Ils préféraient le statu quo à un règlement politique", a-t-il expliqué.

"Nous avons été gentils avec le président Ghani. Nous avons été diplomates. Nous l'avons encouragé", mais "je pense que nous n'avons pas fait assez pression sur lui", a-t-il ajouté.

Selon lui, dans le cadre de l'accord de retrait conditionnel initial, les talibans auraient fini par accepter un partage du pouvoir, mais Ashraf Ghani s'est accroché à son poste, bloquant toute solution. Il déplore que Washington ne l'ait pas clairement menacé de cesser son soutien militaire pour le faire plier.

Zalmay Khalilzad a aussi réaffirmé que la fuite du président afghan, le 15 août, avait précipité la victoire totale des talibans et fait capoter un accord, négocié par les Etats-Unis, pour une transition plus en douceur et une forme de partage du pouvoir.

"Cela a renforcé les talibans les plus radicaux", très influents dans le nouveau gouvernement afghan, a-t-il déclaré. Il a ajouté qu'une issue plus ordonnée, conformément au plan initial, aurait au contraire "renforcé les plus modérés, ceux qui étaient impliqués dans les négociations".


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.