Birmanie: les fidèles affluent vers le refuge d'un célèbre moine sorti de son mutisme

Le célèbre moine bouddhiste Myaing Sayadaw face à ses fidèles (Capture d’écran, AFP).
Le célèbre moine bouddhiste Myaing Sayadaw face à ses fidèles (Capture d’écran, AFP).
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Publié le Lundi 25 octobre 2021

Birmanie: les fidèles affluent vers le refuge d'un célèbre moine sorti de son mutisme

  • Au milieu de la jungle, Myaing Sayadaw, âgé de 80 ans, apparaît à ses fidèles chaque matin à l'aube pour une séance de méditation et un petit-déjeuner servi par ses proches
  • Le sage est devenu une source d'espoir et de réconfort pour des dizaines de milliers de Birmans

SAGAING: Reclus dans le mutisme depuis des années, un célèbre moine bouddhiste birman s'est remis récemment à méditer en public, attirant des foules immenses à l'affût d'un mot de sa part concernant la situation politique ou sanitaire.

Au milieu de la jungle, Myaing Sayadaw, âgé de 80 ans, apparaît à ses fidèles chaque matin à l'aube pour une séance de méditation et un petit-déjeuner servi par ses proches. 

Dans un pays déchiré par des mois de troubles suite au coup d'état de l'armée en février et traversé par une forte vague de coronavirus ces derniers mois, le sage est devenu une source d'espoir et de réconfort pour des dizaines de milliers de Birmans.

Personne n'avait vu le moine depuis des années lorsqu'il a décidé d'organiser ces rituels matinaux dans une forêt de la région de Sagaing (nord), couverte de temples, il y a quelques mois.

Grâce au bouche à oreille, amplifié par les réseaux sociaux, très vite des milliers de fidèles ont fait le pèlerinage vers cette poche de sérénité alors que d'autres parties de cette région ont sombré dans la violence.

Des Birmans viennent en nombre assister à la méditation du sage (Photo, AFP).

Certains ont fait de nombreuses heures de route, comme Moe Zaw, un chef d'entreprise de Rangoun, la capitale économique à 700 km de là. En chemin, les risques de rencontrer des barrages de l'armée ou des affrontements entre militaires et groupes armés est grand.

Mais la route était paisible et sa douleur au dos consécutive à une opération avait disparu.

"Je crois qu'il n'y a aucun danger pour nous grâce au pouvoir et à la bienveillance de Sayadaw", a-t-il déclaré à l'AFP, au milieu de véhicules garés le long du chemin de terre menant jusqu'au moine.

"Nous ne devrions pas voyager du tout en ce moment", a déclaré Moe Moe Lwin, une femme au foyer, après cinq heures de route depuis Mandalay (centre), dans l'espoir de voir le moine.

"Mais c'est une occasion rare... Sayadaw doit avoir sa raison pour recevoir les pèlerins... Il apparaît devant les gens pour qu'ils se sentent en paix et à l'abri du danger."

Autorité morale suprême

Autorité morale suprême, les moines ont de tout temps pris part à la vie de la cité en Birmanie, mobilisant parfois les oppositions aux différents régimes militaires.

Dans l'histoire récente, ce sont eux qui ont mené la fronde contre la hausse des carburants en 2007 et organisé les secours après le dévastateur cyclone Nargis en 2008, face à l'inaction de la junte de l'époque.

Des Birmans assistent à la séance (Photo, AFP).

Pour les riverains du moine, le retour des pèlerins est une aubaine. Beaucoup, comme Kaythi, se sont improvisés moto-taxi pour acheminer les fidèles vers la retraite du moine.

"Notre région est stable pendant que Sayadaw reçoit les pèlerins", a déclaré l'agricultrice à l'AFP après avoir déposé sa dernière course.  

Depuis le putsch du 1er février, plus de 1.100 civils ont été tués en Birmanie et près de 9.000 arrêtés, selon une ONG de défense des droits. 

Sagaing a connu certains des combats les plus sanglants entre des "forces de défense du peuple" et des troupes de la junte, accusées d'avoir incendié des maisons et perpétré des massacres dans certains villages.

Dans les villes proches du refuge du moine, les magasins sont fermés et les rues calmes.

Le clergé bouddhiste est divisé sur le coup d'État qui a mis fin à une brève expérience de démocratie, et certains chefs religieux éminents ont défendu la nouvelle junte.

"Sayadaw n'a rien dit de la situation politique", a déclaré Khin Maung Win, l'un de ses proches disciples qui supervise les audiences du matin. 

"Il ne fait que remplir son devoir religieux. Mais le faire tout en étant aussi célèbre peut être délicat", a ajouté Khin Maung Win. 

"La principale difficulté à laquelle nous sommes confrontés est le bruit", a-t-il déclaré. 

"Sayadaw aime le silence. Il est vraiment difficile pour nous de faire en sorte que tout le monde se taise."


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.