L'Iran est à l'origine d'une attaque contre une base US en Syrie

Les troupes américaines et de la coalition sont basées à Al-Tanf pour former les forces syriennes aux patrouilles contre les militants de Daesh. (Photo de l'armée américaine par le sergent William Howard)
Les troupes américaines et de la coalition sont basées à Al-Tanf pour former les forces syriennes aux patrouilles contre les militants de Daesh. (Photo de l'armée américaine par le sergent William Howard)
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Publié le Mardi 26 octobre 2021

L'Iran est à l'origine d'une attaque contre une base US en Syrie

  • «Il s'agissait de drones iraniens et l'Iran semble avoir facilité leur utilisation»
  • Les attaques ont mobilisé jusqu'à cinq drones munis de charges explosives

WASHINGTON : Des responsables américains ont déclaré qu'ils pensaient que l'Iran était à l'origine de l'attaque par drone de la semaine dernière contre l'avant-poste militaire dans le sud de la Syrie où sont basées des troupes américaines.

Les responsables ont déclaré lundi que les États-Unis pensent que l'Iran a financé et encouragé l'attaque, mais que les drones n'ont pas été lancés depuis l'Iran. Il s'agissait de drones iraniens, et l'Iran semble avoir facilité leur utilisation, ont déclaré les responsables, s'exprimant sous couvert d'anonymat afin de discuter de détails qui n'ont pas été rendus publics.

Les responsables ont déclaré qu'ils pensaient que les attaques avaient impliqué jusqu'à cinq drones porteurs de charges explosives et que ceux-ci avaient frappé à la fois le côté américain de la garnison d'Al-Tanf et le côté où se trouvent les forces d'opposition syriennes.

Aucun blessé ou mort n'a été signalé à la suite de l'attaque.

Les troupes américaines et de la coalition sont basées à Al-Tanf pour former les forces syriennes aux patrouilles destinées à contrer les militants de Daesh. La base est également située sur une route servant de lien vital pour les forces soutenues par l'Iran depuis Téhéran jusqu'au sud du Liban et Israël.

Interrogé sur ce rapport lors d'une conférence de presse lundi, le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a refusé de fournir de détails. Il a qualifié cette attaque de «complexe, coordonnée et délibérée» et a déclaré que les États-Unis avaient déjà été confrontés à des attaques similaires de la part de milices chiites soutenues par l'Iran. Il n'a cependant pas voulu entrer dans les détails et a indiqué ne pas avoir d'information sur les munitions utilisées dans l'attaque.

M. Kirby a également refusé d’indiquer si les troupes avaient été prévenues à l'avance ou si les États-Unis avaient l'intention de riposter par voie militaire.

«La protection et la sécurité de nos troupes à l'étranger restent une préoccupation majeure du secrétaire d'État, a déclaré M. Kirby, en faisant référence au secrétaire d'État à la défense, Lloyd Austin, et s'il doit y avoir une réponse, ce sera au moment, à l'endroit et de la manière que nous choisirons, et nous ne prendrons certainement pas ce genre de décisions à l’avance».

Les médias pro-iraniens ont déclaré que l'attaque d’Al-Tanf avait été menée par les «alliés de la Syri» une référence apparente aux groupes soutenus par l'Iran en représailles à une attaque menée quelques jours plus tôt près de la ville historique syrienne de Palmyre. Israël a été accusé de l'attaque, mais les responsables américains affirment que les États-Unis n'y étaient pas impliqués.

L'attaque d'Al-Tanf est survenue dans une période de tensions croissantes avec l'Iran.

L'administration Biden a déclaré cette semaine que les efforts diplomatiques internationaux visant à ramener l'Iran aux négociations pour son retour à l'accord nucléaire de 2015 étaient à un «point critique» et que leur patience était en train de s’épuiser.

La dernière grande attaque iranienne contre les forces américaines remonte à janvier 2020, lorsque Téhéran a lancé un barrage de missiles balistiques sur la base aérienne d'Al-Asad, en Irak. Les troupes américaines et de la coalition ont été averties de l'arrivée des missiles et ont pu se mettre à l'abri, mais plus de 100 membres des services américains ont subi des traumatismes crâniens à la suite des explosions.

L'attaque iranienne était une réponse à l'attaque de drone américaine menée au début du mois près de l'aéroport de Bagdad, qui a tué le général iranien Qassem Soleimani et le chef de milice irakien Abu Mahdi Al-Muhandis.

Deux mois après l'attaque d'Al-Asad, des avions de chasse américains ont frappé cinq sites en représailles, ciblant des membres de la milice chiite soutenue par l'Iran, considérée comme responsable de l'attaque à la roquette de janvier.

 

 

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.