Soudan: les militaires aux abois refusent un pouvoir civil quasi-inédit

Lundi encore, des milliers de Soudanais ont réaffirmé leur souhait d'un gouvernement démocratique en défilant dans la rue pour conspuer l'armée. Trois manifestants ont été tués et plus de 80 ont été blessés à Khartoum, selon des médecins. (AFP).
Lundi encore, des milliers de Soudanais ont réaffirmé leur souhait d'un gouvernement démocratique en défilant dans la rue pour conspuer l'armée. Trois manifestants ont été tués et plus de 80 ont été blessés à Khartoum, selon des médecins. (AFP).
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Publié le Mardi 26 octobre 2021

Soudan: les militaires aux abois refusent un pouvoir civil quasi-inédit

  • Si en 2019, l'armée faisait tomber Omar el-Béchir conformément au souhait de centaines de milliers de manifestants pro-démocratie, aujourd'hui, la lune de miel entre militaires et civils est terminée
  • Et la fracture est même désormais actée au sein du camp civil. De quoi offrir une brèche à l'armée et au général Abdel Fattah al-Burhane, qui a dissous lundi les autorités de transition qu'il dirigeait

KHARTOUM: En écartant les civils par la force, estiment des experts, les militaires cherchent à garder la mainmise au Soudan, où des manifestations massives rappellent pourtant que la rue veut en finir avec la férule de l'armée, au pouvoir quasiment sans discontinuer depuis l'indépendance.


"C'est une tentative des forces de sécurité de garder le contrôle de leurs intérêts économiques et politiques", affirme le chercheur Jonas Horner, d'International Crisis Group.


L'arrestation de la quasi-totalité des dirigeants civils de la transition par l'armée lundi "n'est pas une surprise", renchérit Magdi al-Gizouli, chercheur au Rift Valley Institute.


Car si en 2019, l'armée faisait tomber Omar el-Béchir conformément au souhait de centaines de milliers de manifestants pro-démocratie, aujourd'hui, la lune de miel entre militaires et civils est terminée.


Et la fracture est même désormais actée au sein du camp civil. De quoi offrir une brèche à l'armée et au général Abdel Fattah al-Burhane, qui a dissous lundi les autorités de transition qu'il dirigeait.

Blocs remaniés 

"Avant, il y avait d'un côté l'armée et les paramilitaires, de l'autre les Forces de la liberté et du changement (FLC)", bloc né de la révolte anti-Béchir, et enfin des "groupes rebelles", rappelle M. Gizouli.


Mais ces rebelles ont finalement signé la paix avec Khartoum fin 2020 et les FLC se sont divisées. Aujourd'hui, les militaires, les rebelles et une faction séditieuse des FLC sont alignés.


C'est d'ailleurs un ministre, Jibril Ibrahim, en charge des Finances, qui a lancé les hostilités avec un sit-in entamé le 16 octobre pour réclamer un "gouvernement militaire".


Aujourd'hui, la plupart de ses collègues sont détenus.


"Ce coup d'Etat vient du coeur même du gouvernement", affirme M. Gizouli.


Après avoir laissé filer une période de transition déjà allongée depuis l'accord de paix avec les rebelles, les militaires ont décidé de mettre tout leur poids dans la balance pour "refuser de passer à un pouvoir civil", comme ils s'y étaient engagés en 2019, assure M. Horner. 


Une transition qui était pourtant "le noyau essentiel de la transition prévue vers une démocratie multipartite", rappelle-t-il.


Lundi encore, des milliers de Soudanais ont réaffirmé leur souhait d'un gouvernement démocratique en défilant dans la rue pour conspuer l'armée. Trois manifestants ont été tués et plus de 80 ont été blessés à Khartoum, selon des médecins. 


C'est en leur nom que des émissaires britannique, américain et onusien se sont pressés auprès des civils et des militaires --qui tous ont donné des gages aujourd'hui caducs-- ces derniers jours à Khartoum.

 

En Afrique, une décennie de coups d'Etat

La prise de pouvoir lundi par des militaires au Soudan est la dernier en date d'une longue série de coups d'Etat et de coups de force lors de la décennie écoulée en Afrique.

2012

MALI: le 22 mars, des militaires renversent le régime d'Amadou Toumani Touré, qu'ils accusent "d'incompétence" dans la lutte contre les rebelles touareg dans le nord du pays. Un "Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat", dirigé par le capitaine Amadou Haya Sanogo, dissout les institutions.

GUINEE-BISSAU: le 12 avril, un coup d'Etat militaire interrompt le processus électoral, à deux semaines du second tour de la présidentielle. Les putschistes, dirigés par le général Antonio Indjai, déposent le président Pereira et le Premier ministre Gomes Junior.

2013

CENTRAFRIQUE: en mars, les rebelles de la Séléka, essentiellement musulmans, prennent la capitale Bangui, chassant François Bozizé, au pouvoir depuis dix ans. Leur chef, Michel Djotodia, s'autoproclame président. Le pays sombre dans une crise sécuritaire et politique opposant milices principalement chrétiennes et animistes, les anti-balaka, aux Séléka.

EGYPTE: le 3 juillet, après des manifestations monstres réclamant le départ de Mohamed Morsi, élu en 2012, l'armée le destitue et l'arrête.

2015 - BURKINA FASO: le 17 septembre, moins d'un an après la chute de Blaise Compaoré, chassé par un soulèvement populaire, le président Michel Kafando est renversé par un coup d'Etat mené par une unité d'élite de l'armée. Il est rétabli dans ses fonctions une semaine plus tard après un accord entre soldats loyalistes et putschistes.

2017 - ZIMBABWE: le 21 novembre, le président Robert Mugabe, plus vieux dirigeant de la planète à 93 ans, démissionne, poussé vers la sortie par l'armée, son parti et la rue, au terme d'une semaine de crise et alors que l'Assemblée nationale débattait de sa destitution.

2019 - SOUDAN: le 11 avril, Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 30 ans, est destitué par l'armée après quatre mois d'un mouvement de protestation populaire. Un conseil de transition est mis en place en août, un Premier ministre civil installé en septembre.

2020- MALI: le 18 août, le président Ibrahim Boubacar Keïta est renversé après plusieurs mois de crise politique. Le putsch militaire entraîne des sanctions internationales, levées après la formation le 5 octobre d'un gouvernement de transition, censé rendre le pouvoir aux civils dans les 18 mois.

2021

TCHAD: le 20 avril, au lendemain du décès du président Idriss Déby Itno, un conseil militaire de transition présidé par le fils du président défunt, Mahamat Idriss Déby, jusqu'alors chef de la puissante Garde présidentielle, dissout gouvernement et Assemblée nationale. Il promet de nouvelles institutions après des élections "libres et démocratiques" dans un an et demi.
Le général Déby n'a pas exclu récemment de prolonger la transition de 18 mois si "certaines conditions" n'étaient pas remplies.

MALI: le 24 mai, les militaires arrêtent le président et le Premier ministre après la nomination d'un nouveau gouvernement de transition qui les a mécontentés. Le colonel Assimi Goïta est investi en juin comme président de transition. 

Les colonels maliens assurent d'abord qu'ils rendront le pouvoir aux civils début 2022, mais affichent désormais leur volonté de reporter les élections prévues le 27 février. La Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) exige leur tenue à la date fixée, tandis que l'ONU s'inquiète du retard dans l'organisation du scrutin.

GUINEE: le 5 septembre, le président Alpha Condé, réélu en octobre 2020 pour un troisième mandat controversé, est renversé par un coup d'Etat militaire. Les putschistes, emmenés par le colonel Mamady Doumbouya, promettent une "concertation" nationale en vue d'une transition politique confiée à un "gouvernement d'union nationale".

Pressions internationales 

Il faut absolument que la communauté internationale "fasse pression pour un retour à la transition vers un pouvoir civil", estime Mohamed Osman, en charge du Soudan au sein de l'ONG Human Rights Watch (HRW).


Mais les militaires semblent avoir décidé de faire fi de ces nombreux appels du pied --alors même que le nombre de leurs opposants était sans commune mesure avec celui des pro-armée en sit-in.


Le coup d'Etat de lundi "montre avec clarté la peur des militaires d'un pouvoir civil dans un pays ayant passé 52 de ses 65 années d'indépendance sous le contrôle de l'armée", martèle M. Horner.


Prêts à tout et faisant face à "une résistance civile surtout dans les zones urbaines", leur seul moyen d'en venir à bout est une répression par la force", renchérit M. Gizouli.


Mais alors que les condamnations se multiplient à l'international, une autre option se profile: un partage du pouvoir en trompe-l'oeil.


"Il pourrait y avoir la formation d'un nouveau gouvernement qui déclarerait que le général Burhane reste au pouvoir le temps de la transition", affirme le chercheur, alors que le haut-gradé a déjà promis un nouveau cabinet de "personnes compétentes". 


Ce cabinet pourrait rassembler d'ex-rebelles ayant signé la paix et des leaders civils ayant échappé au coup de filet de lundi, prédit-il.


"Par exemple, il semblerait que la ministre des Affaires étrangères Mariam al-Sadeq al-Mahdi n'ait pas été arrêtée", souligne M. Gizouli. Elle et d'autres "pourraient faire partie de ce plan", suggère-t-il.

Cinq choses à savoir sur le Soudan 

Le Soudan, où des militaires ont pris le pouvoir lundi après la dissolution des autorités de transition, en place depuis la destitution de l'autocrate Omar el-Béchir en 2019, est un pays situé entre le Moyen-Orient et l'Afrique subsaharienne, confronté à une grave crise économique.

Entre Moyen-Orient et Afrique subsaharienne 

Entre l'Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient, le Soudan partage ses frontières avec le Soudan du Sud, la Centrafrique, le Tchad, la Libye, l'Egypte, l'Erythrée et l'Ethiopie, et dispose d'une façade maritime sur la mer Rouge.


Avant la sécession du Sud en 2011, c'était le plus grand pays d'Afrique. Sa superficie atteint désormais près de 1,88 million de km2, partiellement désertique.

Sa population de 43,8 millions d'habitants (Banque mondiale 2020), majoritairement musulmane, se caractérise par une forte diversité ethnique. L'arabe est la langue officielle. La charia (loi islamique) instaurée en 1983 puis gelée, a de nouveau été appliquée sous le régime de Béchir.

Gouvernement de transition 

En 1989, Omar el-Béchir prend la direction de cet ancien condominium anglo-égyptien, indépendant depuis 1956, après un coup d'Etat militaire soutenu par les islamistes. Il est élu président en 2010 puis en 2015 lors de scrutins boycottés par l'opposition.


Il est destitué par l'armée le 11 avril 2019, après quatre mois d'une contestation populaire déclenchée par le triplement du prix du pain. En juillet, militaires et contestataires signent un accord de transition de trois ans.


Le président déchu a depuis été condamné pour corruption. Il est également jugé à Khartoum pour le putsch qui l'a amené au pouvoir.


Lundi, après des semaines de tensions entre militaires et civils qui se partagent le pouvoir depuis 2019, l'armée a arrêté la quasi-totalité des dirigeants civils, notamment le Premier ministre parce qu'il refusait de soutenir un "coup d'Etat", selon le ministère de l'Information.


Le général Abdel Fattah al-Burhane, à la tête des autorités de transition, a annoncé la dissolution du gouvernement et du Conseil de souveraineté et décrété l'état d'urgence dans l'ensemble du pays. 

Guerres civiles et rébellions

Après une première guerre civile (1955-1972), un second conflit entre Nord et Sud fait deux millions de morts entre 1983 et 2005.


Un accord de paix est signé en 2005 et le Soudan du Sud proclame son indépendance le 9 juillet 2011.


Au printemps 2012, les relations Nord-Sud s'enveniment dans des zones frontalières riches en pétrole. Des combats opposent les deux armées.


A partir de 2003, la région du Darfour (ouest) est secouée par un conflit opposant les forces soudanaises à des rebelles de minorités ethniques, provoquant plus de 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés essentiellement les premières années, selon l'ONU.


En août, le Soudan a annoncé son intention de remettre Omar el-Béchir à la Cour pénale internationale (CPI), réclamé depuis plus de dix ans pour "génocide" et crimes contre l'humanité lors du conflit au Darfour.

- Crise économique -Le Soudan, qui compte de nombreuses mines d'or illégales, est l'un des pays les plus pauvres du monde, classé 170e sur 189 pour son Indice de développement humain (Pnud 2020).


La sécession du Sud a plombé l'économie soudanaise, privée des trois quarts de ses réserves de pétrole et de l'essentiel des revenus de l'or noir.


Le Soudan a également pâti de vingt ans d'embargo américain en raison de violations des droits humains et de liens avec le "terrorisme", jusqu'en 2017, et de son inscription sur la liste noire américaine des pays soutenant le "terrorisme", jusqu'en décembre 2020, freinant les investisseurs étrangers. 


Le pays pratique une politique d'austérité en échange de l'effacement de sa dette par le Fonds monétaire international (FMI), avec une suppression de subventions, notamment sur les carburants. L'inflation avoisine les 400%. La crise est encore aggravée par des blocages de manifestants. 


Le pays connaît par ailleurs des inondations dévastatrices.

Trésors archéologiques inexplorés

Les civilisations anciennes du Soudan ont érigé davantage de pyramides que celles d'Egypte mais restent largement méconnues.


Le site archéologique de l'île de Méroé (220 km au nord de Khartoum), classé au patrimoine mondial de l'humanité, a fait l'objet d'une exposition au Louvre en 2010.


Cette civilisation (du IIIe siècle avant J.-C. au IVe siècle après J.-C.) avait emprunté des traits culturels à l'Egypte pharaonique, à la Grèce puis à Rome, s'ajoutant à un substrat africain.


Israël sous le feu des critiques pour ses mesures visant à contrôler davantage la Cisjordanie

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990. (AFP)
Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990. (AFP)
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  • Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est "gravement préoccupé", a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric
  • "Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle sur le terrain, y compris cette décision, compromet la perspective d'une solution à deux Etats"

NATIONS-UNIES: Les critiques contre Israël se multiplient à l'international lundi, après les annonces la veille de mesures renforçant considérablement son contrôle sur la Cisjordanie, faisant craindre une annexion du territoire palestinien occupé depuis 1967.

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche une série de règles qui doivent permettre à Israël d'étendre son contrôle dans des zones qui sont administrées par l'Autorité palestinienne, en vertu des accords d'Oslo des années 1990.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est "gravement préoccupé", a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric.

"Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle sur le terrain, y compris cette décision, compromet la perspective d'une solution à deux Etats".

Plus tôt dans la journée, l'Union européenne avait également condamné "un nouveau pas dans la mauvaise direction".

"Conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, nous rappelons que l'annexion est illégale en droit international", a déclaré devant la presse Anouar El Anouni, un porte-parole.

Par conséquent, "toute mesure concrète prise en ce sens serait considérée comme une violation du droit international", a-t-il poursuivi.

Les ministres des Affaires étrangères d'Arabie saoudite, d'Egypte, de Turquie, du Qatar, de la Jordanie, des Emirats arabes unis, d'Indonésie et du Pakistan ont eux dénoncé l'imposition "d'une nouvelle réalité juridique et administrative en Cisjordanie occupée, accélérant ainsi les tentatives de son annexion illégale et le déplacement du peuple palestinien".

"Enterrer l'idée d'un Etat palestinien" 

Les Etats-Unis n'ont pas commenté dans l'immédiat, alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est attendu à Washington mercredi.

Le président Donald Trump, pourtant soutien indéfectible d'Israël, a averti plusieurs fois par le passé qu'il ne lui "permettrait pas d'annexer la Cisjordanie".

Dimanche, le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, figure de l'extrême droite, lui-même colon et partisan d'une annexion de la Cisjordanie, avait applaudi des mesures permettant "d'enterrer l'idée d'un Etat palestinien".

"Nous approfondissons nos racines dans toutes les régions de la Terre d'Israël", s'était-il félicité, quand son confrère à la Défense, Israël Katz, soulignait l'intérêt "sécuritaire, national et sioniste de premier ordre" des nouvelles règles.

Les autorités israéliennes n'ont pas précisé quand elles entreraient en vigueur. Elles ne requièrent cependant pas d'être approuvées par un autre organe que le cabinet de sécurité.

Le texte complet n'a pas été rendu public, mais les mesures dévoilées facilitent l'achat de terres pour les colons israéliens, avec notamment l'abrogation d'une loi datant de plusieurs décennies qui interdisait aux juifs d'acheter directement des terres en Cisjordanie.

Elles permettent aussi aux autorités israéliennes d'administrer certains sites religieux, même lorsqu'ils sont situés dans des zones placées sous le contrôle de l'Autorité palestinienne.

L'obtention de permis de construire pour les colons israéliens à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, est aussi facilité.

"Israël fait avancer l'annexion, c'est quelque chose que nous observons depuis trois ans, mais ce qui est également significatif dans ce cas, c'est qu'Israël a aussi décidé d'affaiblir l'Autorité palestinienne", affirme Yonatan Mizrachi, de l'organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant.

La présidence palestinienne à Ramallah avait fustigé dès dimanche soir des décisions visant à "approfondir les tentatives d'annexion de la Cisjordanie occupée".

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales au regard du droit international.

La croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie a atteint en 2025 un niveau record depuis le début du suivi de l'ONU en 2017, selon un rapport du secrétaire général des Nations unies.

"Nous parlions jusque là d'une annexion rampante, à présent c'est une course à toute allure", a déclaré à l'AFP un expert du groupe de réflexion palestinien Al-Shakaba, Fathi Nimer.


Effondrement d'un immeuble au Liban: le bilan s'alourdit à 14 morts

Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.  Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023. Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.  Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement. (AFP)
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  • "Les recherches et les opérations de secours sont terminées dans l'immédiat", a déclaré à la presse le chef de la Défense civile, Imad Khreish
  • Huit résidents ont été secourus mais "malheureusement 14 personnes sont décédées", a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts

BEYROUTH: Quatorze personnes sont décédées dans l'effondrement dimanche d'un immeuble à Tripoli, dans le nord du Liban, où les opérations de recherche sont terminées, a annoncé lundi le chef de la Défense civile.

Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines dans cette ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.

Le bâtiment situé dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement.

"Les recherches et les opérations de secours sont terminées dans l'immédiat", a déclaré à la presse le chef de la Défense civile, Imad Khreish.

Huit résidents ont été secourus mais "malheureusement 14 personnes sont décédées", a-t-il précisé, en révisant à la hausse un bilan précédent de neuf morts.

Le maire de Tripoli, Abdel Hamid Karimeh, a déclaré dimanche la "ville sinistrée" en raison de l'insécurité de ses bâtiments.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a lui dénoncé une "catastrophe", attribuée à "de longues années de négligence accumulée".

Le Liban compte de nombreux bâtiments délabrés. Beaucoup d'immeubles ont été construits illégalement, notamment pendant la guerre civile de 1975-1990, tandis que certains propriétaires ont ajouté des étages à des bâtiments sans autorisation.

En 2024, l'organisation de défense des droits humains Amnesty International estimait que "des milliers de personnes" vivaient encore dans des bâtiments à risque à Tripoli, plus d'un an après un puissant séisme ayant surtout frappé la Turquie et la Syrie.


Liban: un chef islamiste capturé par Israël, quatre morts dans des attaques

Des attaques israéliennes au Liban ont tué lundi quatre personnes dont un membre des forces de sécurité et son enfant, selon les autorités libanaises, quelques heures après la capture d'un cadre du groupe islamiste libanais Jamaa islamiya. (AFP)
Des attaques israéliennes au Liban ont tué lundi quatre personnes dont un membre des forces de sécurité et son enfant, selon les autorités libanaises, quelques heures après la capture d'un cadre du groupe islamiste libanais Jamaa islamiya. (AFP)
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  • Israël mène régulièrement des opérations militaires dans le sud du Liban, malgré la trêve conclue en novembre 2024, censée mettre fin à plus d'un an d'hostilités avec le mouvement pro-iranien Hezbollah
  • Lundi, le ministre libanais de la Santé a indiqué qu'une frappe israélienne sur le village de Yanouh (sud) avait tué trois personnes

BEYROUTH: Des attaques israéliennes au Liban ont tué lundi quatre personnes dont un membre des forces de sécurité et son enfant, selon les autorités libanaises, quelques heures après la capture d'un cadre du groupe islamiste libanais Jamaa islamiya.

Israël mène régulièrement des opérations militaires dans le sud du Liban, malgré la trêve conclue en novembre 2024, censée mettre fin à plus d'un an d'hostilités avec le mouvement pro-iranien Hezbollah.

Lundi, le ministre libanais de la Santé a indiqué qu'une frappe israélienne sur le village de Yanouh (sud) avait tué trois personnes.

L'armée israélienne a dit avoir ciblé Ahmad Ali Salameh, le présentant comme un responsable de l'artillerie du Hezbollah, qu'elle accuse de chercher à se réarmer.

La frappe a aussi tué un membre des forces libanaises de sécurité intérieure et son enfant de trois ans qui passaient par là, selon l'Agence de presse officielle du Liban Ani.

Plus tard lundi, le ministère de la Santé a également annoncé qu'une personne avait été tuée par des tirs israéliens dans le village frontalier d'Aïta al-Chaab. L'armée israélienne a déclaré qu'il s'agissait également d'un membre du Hezbollah.

Un peu plus tôt, l'organisation Jamaa islamiya - qui a revendiqué de nombreuses attaques contre Israël pendant la guerre - a condamné lundi "l'infiltration des forces d'occupation israéliennes" et "l'enlèvement à son domicile du responsable du groupe dans la région de Hasbaya et Marjayoun, Atwi Atwi".

L'armée israélienne a déclaré dans un communiqué avoir mené un "raid ciblé" durant la nuit de dimanche à lundi et "appréhendé un haut responsable terroriste" du groupe, qui a été "transféré sur le territoire israélien" pour y être interrogé.

Ce raid est intervenu quelques heures après la fin de la visite de deux jours du Premier ministre libanais Nawaf Salam dans le sud, où de larges secteurs proches de la frontière avec Israël restent désertés et en ruines.

Dans un communiqué, Nawaf Salam a condamné l'enlèvement d'Atwi Atwi, parlant d'"attaque flagrante contre la souveraineté libanaise, de violation de l'accord de cessez-le-feu et du droit international".

Le Hezbollah a, quant à lui, appelé l'État à "prendre des mesures dissuasives et claires, à agir immédiatement à tous les niveaux politique, diplomatique et juridique, et à œuvrer sérieusement pour la protection des citoyens".

Le député du Hezbollah Hussein al-Haj Hassan a accusé le mois dernier Israël de détenir "20 prisonniers libanais", affirmant que 10 d'entre eux ont été enlevés "sur le territoire libanais après le cessez-le-feu".

Aux termes de l'accord de trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais s'est engagé à désarmer le Hezbollah. L'armée a déclaré le mois dernier avoir terminé cette opération dans une première zone du pays, située entre le fleuve Litani et la frontière israélienne, à une trentaine de kilomètres plus au sud.