L'ex-collaborateur de Ghosn chez Nissan plaide son innocence au dernier jour de son procès à Tokyo

Greg Kelly, ancien directeur représentant de Nissan Motor Co., arrive avant sa comparution devant le tribunal de district de Tokyo à Tokyo le 15 septembre 2021. (Photo, AFP)
Greg Kelly, ancien directeur représentant de Nissan Motor Co., arrive avant sa comparution devant le tribunal de district de Tokyo à Tokyo le 15 septembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 27 octobre 2021

L'ex-collaborateur de Ghosn chez Nissan plaide son innocence au dernier jour de son procès à Tokyo

  • « Je n'ai pas été impliqué dans une conspiration criminelle, et je ne suis coupable d'aucun crime », a insisté M. Kelly dans sa déclaration finale devant les juges
  • Fin septembre, les procureurs ont requis deux ans de prison ferme contre cet ancien responsable des affaires juridiques de Nissan âgé aujourd'hui de 65 ans

TOKYO: Greg Kelly, un Américain jugé à Tokyo depuis plus d'un an dans l'affaire des rémunérations que Nissan était censé verser ultérieurement à Carlos Ghosn, a de nouveau plaidé mercredi son innocence avec ses avocats, au dernier jour de son procès.

"Je n'ai pas été impliqué dans une conspiration criminelle, et je ne suis coupable d'aucun crime", a insisté M. Kelly dans sa déclaration finale devant les juges.

Les actions qu'il a menées avec d'autres responsables de Nissan visaient à "trouver un moyen légal de conserver" M. Ghosn dans le giron du constructeur automobile nippon après sa retraite, et ce dans le "meilleur intérêt" du groupe qui craignait qu'il ne rejoigne une société concurrente, a encore affirmé M. Kelly.

Fin septembre, les procureurs ont requis deux ans de prison ferme contre cet ancien responsable des affaires juridiques de Nissan âgé aujourd'hui de 65 ans. Ils l'avaient présenté comme le cerveau des efforts du constructeur automobile pour gonfler en secret les revenus de M. Ghosn.

Le parquet lui reproche d'avoir aidé M. Ghosn à cacher aux autorités boursières japonaises 9,1 milliards de yens (près de 70 millions d'euros) de revenus sur la période 2010-2018 que Nissan prévoyait de verser ultérieurement à son grand patron à l'époque.

"Greg Kelly n'est pas coupable", a aussi déclaré mercredi son principal avocat Yoichi Kitamura devant les juges.

Ni les montants, ni les moyens de paiement ni le calendrier de ces paiements n'étaient déterminés, et donc Nissan n'avait pas besoin de publier ces données, a plaidé M. Kitamura.

Carlos Ghosn et Greg Kelly avaient été interpellés au Japon le même jour en novembre 2018, puis placés en liberté sous caution dans l'attente de leur procès. Tous deux clament leur innocence depuis le début de l'affaire.

L'ancien magnat de l'automobile franco-libano-brésilien a fui le Japon fin 2019 dans des circonstances rocambolesques, et vit depuis au Liban, qui n'extrade pas ses ressortissants. M. Kelly s'est ainsi retrouvé en première ligne face aux juges nippons.

Fin septembre, M. Kitamura s'était dit "plutôt confiant" sur les chances de M. Kelly d'être acquitté. "Nous ferons automatiquement appel" s'il est condamné, même à une peine avec sursis, avait-il assuré à l'AFP.

Le verdict sera rendu le 3 mars, a fait savoir la cour.

Le nouvel ambassadeur désigné des Etats-Unis au Japon, Emanuel Rahm, a dit la semaine dernière devant le Sénat américain qu'il comptait suivre le dossier de près.

Egalement jugé dans ce procès, mais en tant qu'entité morale, Nissan a pour sa part plaidé coupable mercredi, tout en implorant la clémence des juges.

Les avocats du constructeur japonais allié au français Renault ont notamment fait valoir les amendes totalisant plusieurs dizaines de millions d'euros qu'il a déjà payées auprès des autorités boursières japonaises et américaines dans cette affaire, et les dommages pour son image de marque.

Le parquet a requis le mois dernier une amende symbolique de 200 millions de yens (1,5 million d'euros) contre Nissan.

 


Afghanistan: des présentatrices télé défient l'ordre des talibans de se couvrir le visage

Mohammad Sadeq Akif Mohajir, porte-parole du ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice, a prévenu que ces femmes violaient la directive des talibans. (Photo, AP)
Mohammad Sadeq Akif Mohajir, porte-parole du ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice, a prévenu que ces femmes violaient la directive des talibans. (Photo, AP)
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  • Les journalistes femmes des chaînes TOLOnews, Shamshad TV et 1TV sont toutes passées à l'antenne, en direct, sans dissimuler leur visage
  • Au début du mois, le chef suprême des talibans a émis un ordre selon lequel les femmes devaient se couvrir entièrement en public, y compris le visage, idéalement avec la burqa traditionnelle

KABOUL : Les présentatrices des principales chaînes de télévision afghanes sont passées à l'antenne samedi sans se couvrir le visage, défiant l'ordre des talibans de dissimuler leur apparence et ainsi se soumettre à la vision austère de l'islam du groupe.

Depuis leur retour au pouvoir l'année dernière, les talibans ont imposé une série de restrictions insidieuses à la société civile, dont une grande partie visent à limiter les droits des femmes.

Au début du mois, le chef suprême des talibans a émis un ordre selon lequel les femmes devaient se couvrir entièrement en public, y compris le visage, idéalement avec la burqa traditionnelle.

Auparavant, seul un foulard couvrant les cheveux suffisait.

Le redouté ministère afghan de la Promotion de la vertu et de la prévention du vice avait ordonné aux présentatrices de télévision de s'y conformer d'ici samedi.

Mais les journalistes femmes des chaînes TOLOnews, Shamshad TV et 1TV sont toutes passées à l'antenne, en direct, sans dissimuler leur visage.

"Nos consoeurs craignent que si elles se couvrent le visage, la prochaine chose qu'on leur dira sera d'arrêter de travailler", a expliqué Abid Ehsas, chef des informations de Shamshad TV.

"C'est la raison pour laquelle elles n'ont pas respecté l'ordre jusqu'à présent", a-t-il dit à l'AFP.

Mohammad Sadeq Akif Mohajir, porte-parole du ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice, a prévenu que ces femmes violaient la directive des talibans. 

"Si elles ne s'y conforment pas, nous parlerons aux responsables", a-t-il déclaré à l'AFP. 

"Toute personne qui vit sous un système et un gouvernement particulier doit obéir aux lois et aux ordres de ce système, donc elles doivent appliquer l'ordre", a-t-il asséné. 

Les talibans ont ordonné que les femmes travaillant au sein du gouvernement soient licenciées si elles ne respectent pas le nouveau code vestimentaire. 

Les employés risquent également d'être suspendus si leurs épouses ou leurs filles ne s'y conforment pas.

Les talibans ont repris le pouvoir en août 2021 en annonçant un régime plus souple que lors de leur premier règne rigoriste.

Mais ils ont ces derniers mois recommencé à réprimer les oppositions et à éroder les libertés, notamment pour les femmes dans l'éducation, le travail et la vie quotidienne.

Ils ont commencé par exiger que les femmes portent au minimum un hijab, un foulard couvrant la tête mais laissant apparaître le visage. Puis, début mai, ils leur ont imposé le port en public d'un voile intégral, de préférence la burqa, déjà obligatoire lorsqu'ils étaient au pouvoir de 1996 à 2001.


La Russie assure avoir détruit un « important» envoi d'armes occidentales à l'Ukraine

L'Occident a intensifié les livraisons d'armes à l'Ukraine depuis l'invasion russe du 24 février et l'armée russe tente de les intercepter et de les détruire. (Photo, AFP)
L'Occident a intensifié les livraisons d'armes à l'Ukraine depuis l'invasion russe du 24 février et l'armée russe tente de les intercepter et de les détruire. (Photo, AFP)
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  • Selon le ministère russe de la Défense, ces armes étaient destinées aux forces ukrainiennes dans la région orientale du Donbass
  • Les pays occidentaux ont fourni à l'Ukraine des armes, y compris de l'artillerie, des missiles anti-aériens ou des armes anti-chars, et Kiev demande un soutien supplémentaire de ses alliés

MOSCOU : Le ministère russe de la Défense a affirmé samedi que ses forces avaient détruit dans le nord-ouest de l'Ukraine un important envoi d'armes fournies par l'Occident.

"Des missiles Kalibr à longue portée de haute précision, lancés depuis la mer, ont détruit un important envoi d'armes et d'équipements militaires fournis par les Etats-Unis et des pays européens, près de la gare de Malin, dans la région de Jytomyr", a indiqué le ministère.

Selon le ministère, ces armes étaient destinées aux forces ukrainiennes dans la région orientale du Donbass. Cette région, majoritairement russophone et partiellement contrôlée par des séparatistes pro-russes depuis 2014, est actuellement le théâtre de certains des plus intenses affrontements en Ukraine.

L'Ukraine fait face depuis le 24 février à une offensive russe visant, selon Moscou, à "dénazifier" ce pays, l'accusant d'un prétendu génocide des populations russophones.

Les pays occidentaux ont fourni à l'Ukraine des armes, y compris de l'artillerie, des missiles anti-aériens ou des armes anti-chars, et Kiev demande un soutien supplémentaire de ses alliés.


Biden et Yoon veulent renforcer leur coopération militaire face à la «menace» de Pyongyang

Le président américain Joe Biden et le président sud-coréen Yoon Suk-yeol lors d'une conférence de presse conjointe au bureau présidentiel de Séoul le 21 mai 2022 (Photo, AFP).
Le président américain Joe Biden et le président sud-coréen Yoon Suk-yeol lors d'une conférence de presse conjointe au bureau présidentiel de Séoul le 21 mai 2022 (Photo, AFP).
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  • M. Biden avait déclaré que l'alliance américano-sud-coréenne était «un pilier de la paix, de la stabilité et de la prospérité»
  • M. Biden a salué la décision de Samsung de construire une nouvelle usine de semi-conducteurs au Texas, qui ouvrira en 2024

SÉOUL: Les Etats-Unis et la Corée du Sud veulent renforcer leur coopération militaire afin de contrer la "menace" croissante de la Corée du Nord, ont affirmé samedi à Séoul les présidents des deux pays, Joe Biden et Yoon Suk-yeol.

Les deux dirigeants, qui se sont rencontrés à l'occasion du premier déplacement de M. Biden en Asie en tant que président, ont néanmoins tendu la main à la Corée du Nord pour l'aider à faire face à la pandémie de Covid-19. Et ce alors que Pyongyang a accéléré son programme militaire et semble préparer un essai nucléaire.

"Compte tenu de l'évolution de la menace posée par la République populaire démocratique de Corée (RPDC, le sigle officiel de la Corée du Nord, NDLR), les deux dirigeants conviennent d'entamer des discussions en vue d'élargir la portée et l'ampleur des exercices et des entraînements militaires conjoints dans et aux alentours de la péninsule coréenne", selon un communiqué conjoint publié à l'issue du sommet.

Cette déclaration intervient alors que les services de renseignement sud-coréens ont averti que la Corée du Nord avait terminé des préparatifs pour réaliser un essai nucléaire, qui serait le septième de son histoire et le premier depuis cinq ans.

Washington n'a pas exclu une "provocation" de Pyongyang pendant ou juste après la tournée de M. Biden en Asie.

Ajoutant aux incertitudes, la Corée du Nord, dont la population n'est pas vaccinée contre le Covid-19, fait actuellement face à une flambée épidémique, avec près de 2,6 millions de cas et 66 morts, selon les derniers chiffres officiels publiés samedi.

MM. Yoon et Biden ont exprimé "leur préoccupation concernant la récente épidémie de Covid-19" en Corée du Nord, et "sont prêts à travailler avec la communauté internationale pour fournir une assistance", ont-ils fait savoir dans leur communiqué conjoint.

Décision déterminante

M. Biden a indiqué que Washington avait proposé des vaccins à Pyongyang mais n'avaient "pas obtenu de réponse".

La manière dont cette crise sanitaire va influer sur les décisions militaires du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un est la grande inconnue qu'Américains et Sud-Coréens essayent de tirer au clair.

Quoi qu'il en soit, la décision de procéder ou non à un essai nucléaire sera déterminante pour fixer le cap des relations américano-sud-coréennes pendant les cinq ans de mandat du président Yoon, explique à l'AFP l'ancienne analyste de la CIA Soo Kim.

"Si Kim procède à un essai pendant la visite de Biden, il aidera effectivement les deux pays à trouver une plus grande justification pour travailler ensemble sur la question de la Corée du Nord", dit-elle.

La Corée du Nord a accéléré ses essais d'armes depuis le début de l'année. Les pourparlers en vue de son désarmement sont au point mort depuis l'échec d'un sommet en 2019 entre Kim Jong Un et le président américain de l'époque Donald Trump.

Samedi, M. Biden a déclaré qu'il n'accepterait une éventuelle rencontre avec le dirigeant nord-coréen que si ce dernier était "sincère".

Si les tensions avec la Corée du Nord figuraient en tête des sujets de conversation, le principal objectif de M. Biden lors du sommet de samedi était d'établir "une relation personnelle forte" avec M. Yoon, arrivé au pouvoir le 10 mai, a déclaré un responsable américain avant la rencontre.