Assange risque de se suicider s'il est extradé, insiste sa défense

Des manifestants affichent une banderole avec une image du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, lors d'une manifestation devant la Cour royale de justice de Londres le 28 octobre 2021, le deuxième jour d'une audience d'appel du gouvernement américain contre le refus du Royaume-Uni d'extrader Assange. (Tolga Akmen / AFP)
Des manifestants affichent une banderole avec une image du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, lors d'une manifestation devant la Cour royale de justice de Londres le 28 octobre 2021, le deuxième jour d'une audience d'appel du gouvernement américain contre le refus du Royaume-Uni d'extrader Assange. (Tolga Akmen / AFP)
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Publié le Vendredi 29 octobre 2021

Assange risque de se suicider s'il est extradé, insiste sa défense

  • Julian Assange a été arrêté par la police britannique en avril 2019 après avoir passé sept ans à l'ambassade d'Équateur à Londres, où il s'était réfugié alors qu'il était en liberté sous caution
  • Les juges de la Haute Cour de Londres sont appelés à dire s'ils confirment ou annulent le refus d'extrader l'Australien de 50 ans, qui risque 175 ans de prison aux États-Unis

LONDRES : La défense de Julian Assange a insisté jeudi sur le risque de suicide du fondateur de WikiLeaks en cas d'extradition vers les Etats-Unis, malgré les assurances de Washington sur le sort qui lui serait alors réservé.

Les juges de la Haute Cour de Londres sont appelés à dire s'ils confirment ou annulent le refus d'extrader l'Australien de 50 ans, qui risque 175 ans de prison aux États-Unis pour avoir rendu publics des centaines de milliers de documents classifiés.

Leur décision n'est pas attendue avant plusieurs semaines. "Vous nous avez donné beaucoup de grain à moudre et nous prendrons notre temps", a déclaré sans donner de date le juge Ian Burnett, chargé du dossier avec un autre haut magistrat, à l'issue de deux jours d'audiences.

Quelle qu'elle soit, il est bien improbable que la décision marque l'épilogue de ce bras de fer judiciaire au long cours.

Si les États-Unis obtiennent gain de cause, la décision de janvier sera annulée et la justice britannique de nouveau amenée à trancher. Et quel que soit le perdant, il a la possibilité de demander à saisir la Cour suprême britannique.

Jeudi, les avocats du fondateur de Wikileaks ont mis l'accent sur le risque de suicide de Julian Assange s'il était remis aux États-Unis, risque qui avait expliqué le rejet de la demande d'extradition par la juge Vanessa Baraitser en janvier.

Ils ont rappelé avec insistance les assurances de Washington selon lesquelles Julian Assange ne serait pas incarcéré au redouté centre pénitentiaire ADX Florence, dans le Colorado, surnommé l'"Alcatraz des Rocheuses", et où sont détenus à l'isolement quasi-total des membres d'Al-Qaïda.

Des assurances diplomatiques qui sont "une question solennelle", a souligné jeudi l'avocat représentant les États-Unis, James Lewis, "on ne les distribue pas comme des Smarties".

Pour appuyer sa décision, la juge Vanessa Baraitser avait notamment mis en avant l'incapacité de ce pays à empêcher le suicide du financier américain Jeffrey Epstein, accusé d'un trafic sexuel de mineures.

- «Modérément déprimé» -

"Ces conclusions découlent avant tout de la nature des troubles mentaux de M. Assange et de sa crainte d'être extradé étant donné le caractère exceptionnel de son dossier", a déclaré l'avocat du fondateur de Wikileaks, Edward Fitzgerald.

"Rien n'indique que ces facteurs aient aucunement changé avec ces assurances", a-t-il plaidé.

Julian Assange a refusé de comparaître jeudi, après avoir participé mercredi de la prison de haute sécurité de Belmarsh, où il est détenu depuis deux ans et demi, à une partie des débats en visioconférence.

Il a été arrêté par la police britannique en avril 2019 après avoir passé sept ans à l'ambassade d'Équateur à Londres, où il s'était réfugié alors qu'il était en liberté sous caution. Il craignait une extradition vers les États-Unis ou la Suède, où il a fait l'objet de poursuites pour viol, depuis abandonnées.

Il est poursuivi pour avoir diffusé, à partir de 2010, plus de 700.000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, en particulier en Irak et en Afghanistan.

Mercredi, l'avocat représentant le gouvernement américain James Lewis a assuré que Julian Assange n'avait "aucun antécédent de maladie mentale grave et durable", assurant que même les experts mandatés par sa défense ne le trouvaient que "modérément déprimé".

- «Boule de cristal» -

Il a affirmé que l'Australien avait "toutes les raisons d'exagérer ses symptômes" et mis en garde contre une décision reposant sur des prédictions faites dans une "boule de cristal" concernant son sort en cas d'extradition.

Il a également insisté sur le fait que le psychiatre Michael Kopelman a trompé la justice en "dissimulant" le fait que son client était devenu père de deux enfants avec son avocate Stella Moris alors qu'il était cloîtré à l'ambassade d'Équateur à Londres.

 

Selon l'avocat de Julian Assange, les assurances apportées par les Etats-Unis n'excluent pas son incarcération dans une prison de très haute sécurité aux Etats-Unis et il n'existe "aucun fondement fiable" pour infirmer le refus d'extradition.

Il y a "un grand risque de suicide quelles que soient les mesures", a-t-il fait valoir, expliquant qu'"aucune erreur de droit n'a été identifiée" dans l'approche de la juge Baraitser.

 


Nouvel acte d'accusation de la justice américaine contre Maduro et son épouse

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  • L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays
  • Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis"

WASHINGTON: Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, emmenés de force par des militaires américains, sont visés par un nouvel acte d'accusation publié samedi pour "narcoterrorisme" et importation de cocaïne aux Etats-Unis.

Quelques heures après l'annonce de l'opération par le président Donald Trump, la ministre américaine de la Justice, Pam Bondi affirmait que le couple était inculpé pour ces faits devant un tribunal fédéral de New York.

Si les poursuites contre Nicolas Maduro et d'autres hauts responsables vénézuéliens dans cette procédure étaient connues depuis 2020, le nom de son épouse n'y apparaissait pas jusqu'à présent.

L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays.

Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis".

Nicolas Maduro et son épouse sont à bord d'un navire à destination de New York pour y être présentés à la justice, a indiqué Donald Trump sur Fox News.

Ils feront face "à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains", a assuré Mme Bondi.

En août, le ministère de la Justice et le département d'Etat avaient annoncé doubler à 50 millions de dollars la prime pour l'arrestation de Nicolas Maduro et son ministre de l'Intérieur.

Le gouvernement de Nicolas Maduro dénonce de longue date une ingérence des Etats-Unis dans les affaires vénézuéliennes.


Washington travaillera avec les reponsables vénézuéliens «s'ils prennent de bonnes décisions», dit Rubio

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  • Lors d'une opération spectaculaire, les troupes américaines ont capturé et exfiltré samedi le président vénézuélien qui attend désormais en prison à New York d'être traduit devant la justice américaine pour "narcoterrorisme"
  • Interrogé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez - à qui la Cour suprême vénézuélienne a confié le pouvoir par interim - le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington allait juger ses actions et celles des autres dirigeants encore en place

WASHINGTON: Les Etats-Unis travailleront avec les responsables vénézuéliens en place "s'ils prennent de bonnes décisions", a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, assurant que Washington gardait des moyens de pression sur le pays, notamment l'embargo pétrolier.

"S'ils ne prennent pas de bonnes décisions, les Etats-Unis conserveront de nombreux leviers d'influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l'embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l'avenir, nous allons juger tout ce qu'ils font", a-t-il dit à propos du gouvernement vénézuélien, lors d'une interview à la chaîne CBS.

Marco Rubio a également semblé nettement tempérer les déclarations faites samedi par le président américain Donald Trump, selon lesquelles les Etats-Unis allaient "diriger" le Venezuela et n'hésiteraient pas à déployer des troupes sur place "si besoin".

Si Donald Trump ne peut pas écarter publiquement toutes les options et notamment celle d'un déploiement de troupes, a-t-il déclaré, "ce n'est pas ce que vous voyez actuellement. Ce que vous voyez actuellement, c'est un embargo pétrolier qui nous permet d'exercer une influence considérable sur la suite des événements".

Lors d'une opération spectaculaire, les troupes américaines ont capturé et exfiltré samedi le président vénézuélien qui attend désormais en prison à New York d'être traduit devant la justice américaine pour "narcoterrorisme".

Interrogé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez - à qui la Cour suprême vénézuélienne a confié le pouvoir par interim - le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington allait juger ses actions et celles des autres dirigeants encore en place et "voir ce qui va se passer".

"La différence" avec Nicolas Maduro, est que "la personne qui était aux commandes (...) était quelqu'un avec qui on ne pouvait pas travailler", et qui ne "respectait pas ses accords", a ajouté Marco Rubio.

Comme on lui demandait si les Etats-Unis soutiendraient Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix et figure de l'opposition ou Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat de l'opposition à la présidentielle de 2024, Marco Rubio a botté en touche.

Les Etats-Unis, a-t-il assuré, ne peuvent plus s'impliquer dans la gestion politique de pays tiers.

Le Venezuela n'est pas "la Libye", "l'Irak", ou "l'Afghanistan". "Notre mission ici est très différente", a affirmé Marco Rubio. "Nous nous attaquons à ce qui constitue une menace pour les intérêts américains".

 


En Floride, Trump et Netanyahu mettent en garde le Hamas

 Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. (AFP)
Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. (AFP)
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  • Le président américain a minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien
  • Israël a "respecté le plan" pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n'être "préoccupé par rien de ce que fait Israël"

PALM BEACH: Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza.

Depuis les pupitres d'une conférence de presse commune organisée dans la résidence Mar-à-Lago du milliardaire, ce dernier a fermement mis en garde Téhéran, ennemi juré d'Israël, six mois après les frappes américaines contre son programme nucléaire.

"J'espère qu'ils ne sont pas encore en train d'essayer de se réarmer, parce que s'ils le font, nous n'aurons pas d'autre choix que d'éliminer très rapidement ce réarmement", qu'il s'agisse d'installations nucléaires ou de missiles balistiques, a-t-il averti.

Un proche conseiller du guide suprême iranien a réagi dans la foulée, déclarant que "toute agression" envers son pays serait "immédiatement suivie d'une réponse très sévère".

"La capacité balistique et de défense de l'Iran ne peut être contenue" et ne nécessite "aucune autorisation", a écrit sur X Ali Shamkhani.

Le président américain a également minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien.

Israël a "respecté le plan" pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n'être "préoccupé par rien de ce que fait Israël".

Donald Trump a en revanche pointé du doigt le mouvement islamiste palestinien Hamas et répété que son désarmement - un des points de la deuxième phase du plan pour Gaza - était nécessaire.

"Prix fort" 

"S'ils ne se désarment pas comme ils s'y sont engagés" et "dans un délai relativement court", "ils paieront le prix fort", a-t-il menacé.

La branche armée du Hamas a toutefois réaffirmé lundi qu'elle "ne renoncerait pas" aux armes "tant que l'occupation perdurera".

Benjamin Netanyahu, qui a qualifié son entrevue avec le républicain de "très productive", a profité de sa visite pour remettre à Donald Trump la plus haute distinction civile du pays.

"Nous n'avons jamais eu d'ami comme le président Trump à la Maison Blanche", a-t-il apprécié.

"Il peut être très difficile" mais Israël "n'existerait peut-être pas" sans le leadership dont Benjamin Netanyahu a fait preuve après les attaques sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023, a salué le président américain.

La rencontre entre les deux hommes était la cinquième aux Etats-Unis depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump il y a près d'un an.

Washington souhaite accélérer la cadence du plan de cessez-le-feu, fragile, en vigueur depuis octobre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas - qui s'accusent mutuellement de fréquentes violations.

Avertissement envers l'Iran 

Le passage vers sa deuxième phase, qui prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif de l'armée israélienne de Gaza, la mise en place d'une autorité de transition et le déploiement d'une force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien, piétine.

Le média américain Axios rapporte que Washington veut faire des annonces concernant un gouvernement palestinien de technocrates comme autorité de transition pour Gaza dès janvier.

Donald Trump s'est borné lundi à espérer que la "reconstruction" puisse commencer bientôt dans le territoire palestinien, dévasté par deux années d'une guerre déclenchée par l'attaque du 7 octobre 2023.

Un des objectifs du déplacement de Benjamin Netanyahu visait à insister sur le "danger que posent l'Iran" et son programme balistique, "non seulement pour le Moyen-Orient mais aussi pour les Etats-Unis", selon une porte-parole de son gouvernement.

Il s'agit d'une "tentative de fabriquer un nouveau casus belli" contre l'Iran après "l'argument du nucléaire", analyse Sina Toossi, chercheur au Centre pour la politique internationale (CIP) à Washington.

L'Iran "se comporte peut-être mal" en cherchant à se réarmer mais reste intéressé par un accord avec Washington sur ses programmes nucléaires et balistiques, a estimé Donald Trump.

Donald Trump a également espéré que Benjamin Netanyahu pourrait "s'entendre" avec le nouveau président syrien et ancien jihadiste, Ahmad al-Chareh, après des frappes d'Israël à la frontière syrienne et contre le Hezbollah libanais.