L'économie française a retrouvé son niveau d'avant-crise

Le ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, s'adresse à l'événement "Climate Finance Day" à Paris le 26 octobre 2021. (Eric Piermont:AFP)
Le ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, s'adresse à l'événement "Climate Finance Day" à Paris le 26 octobre 2021. (Eric Piermont:AFP)
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Publié le Vendredi 29 octobre 2021

L'économie française a retrouvé son niveau d'avant-crise

  • Sur les 11 pays européens dont les données trimestrielles sont disponibles, la France affiche le deuxième taux de croissance le plus important
  • Avec la réouverture des secteurs liés aux loisirs et au tourisme, les dépenses de consommation des ménages ont notamment fortement accéléré, gagnant 5% sur un trimestre

PARIS : Portée par une croissance exceptionnelle de 3% au troisième trimestre, presque jamais vue depuis plus de 50 ans, l'économie française est revenue à son niveau d'avant-crise dès la fin de l'été, un peu en avance sur les grands pays voisins européens.

"C'est un chiffre qui est au-delà nos espérances", a déclaré à l'AFP le ministre de l’Économie Bruno Le Maire quelques minutes après la publication du chiffre par l'Insee vendredi, le qualifiant de "résultat exceptionnel".

Alors que produit intérieur brut (PIB) n'est plus inférieur que de 0,1% à celui du quatrième trimestre 2019, l'économie française "revient à son niveau d'avant-crise", selon l'Institut national des statistiques.

"L'objectif que nous nous étions fixé était de retrouver ce niveau au mieux fin 2021 ou peut-être début 2022", a rappelé Bruno Le Maire. Par comparaison, l'Allemagne ou l'Italie n'ont pas encore tout à fait retrouvé leurs niveaux d'avant la pandémie.

Sur les 11 pays européens dont les données trimestrielles sont disponibles, la France affiche le deuxième taux de croissance le plus important avec 3%, derrière l'Autriche (+3,3%), tandis que le Portugal suit avec 2,9% et l'Italie enregistre 2,6%.

Moins touchée en 2020, l'Allemagne voit également sa reprise se faire plus lentement, avec un trimestre en croissance de 1,3% et reste 1,2% en deçà de ses niveaux de PIB d'avant-Covid, L'Italie étant à 1,4% et l'Espagne à encore 6%.

Il s'agit de la croissance la plus élevée depuis le troisième trimestre 1968, hormis le rebond de l'été 2020 (+18%) suite au premier confinement, une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron à six mois de l'élection présidentielle, lui qui joue la carte de la compétence économique depuis le début de la crise.

A fortiori avec le reflux du chômage.

L'estimation de croissance pour le deuxième trimestre est par ailleurs révisée en hausse de 1,1% à 1,3%, a encore rapporté l'Insee. Au premier trimestre, elle était de 0,1%.

Même si l'économie stagnait au dernier trimestre de l'année, la croissance sur l'année serait donc au minimum de 6,6%, a expliqué à l'AFP Charlotte de Montpellier, économiste de la banque ING... donc largement au-dessus des prévisions du gouvernement et de l'Insee, qui étaient de 6,25%.

Avec la réouverture des secteurs liés aux loisirs et au tourisme, les dépenses de consommation des ménages ont notamment fortement accéléré, gagnant 5% sur un trimestre, a précisé l'Institut.

- Environnement inflationniste -

L'économie a été tirée par la réouverture des services, l'activité de l'hôtellerie-restauration bondissant de 58,9% sur le trimestre.

En revanche, la production de biens manufacturiers reste à 6% en dessous de son niveau d'avant-crise.

"Si la production manufacturière marque le pas c'est par pénurie de matériaux et également par pénurie de main d'œuvre", explique Bruno Le Maire.

"Quand vous regardez dans la construction, il n'y a pas de bois, pas d'acier, pas d'aluminium", a-t-il ajouté.

Au troisième trimestre, la contribution du commerce extérieur à la croissance a par ailleurs été positive de 0,6 point de PIB, les exportations accélérant de 2,3% tandis que les importations sont restées quasi-stables.

Mais cette tendance pourrait s'inverser lorsque l'industrie française, grosse importatrice d'équipements, se remettra à importer davantage, a expliqué à l'AFP Selin Ozyurt, économiste de l'assureur-crédit Euler Hermes.

Le rebond de l'activité a aussi fait baisser le nombre de chômeurs de 5,5% sur le trimestre, tandis que de nombreux secteurs connaissent des difficultés de recrutement.

L'embellie de l'emploi pourrait atténuer les craintes qui pèsent sur le pouvoir d'achat, même si ce dernier n'a pas baissé avec la crise et a progressé de 8% depuis le début du quinquennat, selon le gouvernement.

La pénurie de main d'oeuvre accroît en effet le pouvoir de négociation des salariés et devrait déboucher sur des augmentations de salaire de 1,8% à 2% cette année et de 2,5% en 2022, selon Selin Ozyurt, qui voit s'installer durablement un "environnement plus inflationniste" à 2% environ de hausse des prix.

En octobre, l'indice des prix à la consommation a progressé de 2,6% sur un an, après 2,2% en septembre.


Canicule: des températures nettement à la hausse mardi 

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
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  • Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse)
  • "Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00

PARIS: Avec des températures à la hausse, le cinquième épisode caniculaire de l'année s'étend à l'ouest de la France et 43 départements vont être placés mardi à partir de midi en vigilance orange par Météo-France.

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne.

Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse).

"Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00.

Météo-France prévoit de placer 67 départements, dont Paris et sa petite couronne, en vigilance orange canicule dans la journée de mercredi.

Météo-France table sur un "pic probable de l'épisode vers le milieu de semaine".


A Toulouse, deux policiers municipaux blessés à l'arme blanche

Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Des propos à caractère terroriste ont été signalés
  • Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc

TOULOUSE: Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc.

Des propos à caractère terroriste ont été signalés, a rapporté l'édile sur Facebook et sur X.

Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc.

Les deux agents, un homme et une femme, effectuaient une patrouille en plein coeur de Toulouse lorsqu'ils ont été agressés par un passant armé de plusieurs couteaux, selon le quotidien la Dépêche du Midi, citant l'adjoint à la Sécurité de Toulouse, Emilion Esnault.

Blessés aux bras durant l'affrontement, ils ont pu finalement maîtriser l'homme à l'aide de gaz lacrymogène, selon la même source.


En France, les canicules à répétition s'invitent dans la recherche de logement

Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
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  • La chaleur devient un critère immobilier à part entière : exposition, étage, volets, ventilation, extérieur, arbres et climatisation pèsent davantage dans les choix
  • Face à des canicules plus fréquentes, les acheteurs se projettent sur le confort d’été à long terme et questionnent désormais l’habitabilité réelle des logements

PARIS: Climatisation, volets, arbres: les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.

Exemple de cette évolution des comportements: Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente "un appartement magnifique, avec de grandes vitres" en plein centre de Paris. Malgré "beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu'il n'est pas traversant. Et donc, pour l'instant, il est toujours sur le marché !"

En France comme dans une grande partie de l'Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.

C'est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l'effet de la chaleur et du soleil.

"Au dernier étage d'un immeuble haussmannien la chaleur à l'intérieur devient vraiment insupportable", observe auprès de l'AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.

Il constate une évolution des critères depuis quelques mois, notamment une baisse de la demande pour l'exposition sud synonyme de soleil.

- Horizon "10-15 ans" -

La chaleur ressentie lors de la visite d'un studio de 14 m2 fait d'ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. "Etre sous les toits c'est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l'appartement", relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.

En achetant un appartement, il se projette "au moins à 10-15 ans" et s'inquiète donc de savoir s'il pourra "utiliser cet appartement de manière vivable" ou "devoir fuir comme tout le monde parce qu'il fait trop chaud".

Alors que l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud enregistré selon l'observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.

Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d'annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français "comme des épiphénomènes" mais "sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels". "La fraîcheur, le confort d'été sont devenus un critère immobilier à part entière", assure-t-elle.

Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s'intensifient.

- "Plus un tabou" -

Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d'air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d'arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l'immobilier interrogés par l'AFP voient émerger.

Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l'objet d'intenses débats politiques en France en début d'été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l'inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l'extérieur.

Mais lors des recherches de logement, "ce n'est plus du tout un tabou", tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.

"Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s'il est possible d'aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres", détaille-t-il.