La lanceuse d'alerte fustige la nouvelle stratégie de Facebook au Web Summit

La lanceuse d'alerte Frances Haugen sera entendue par une commission du Parlement européen le 8 novembre, avant d'être auditionnée par les parlementaires français le 10 novembre. (Photo, AP)
La lanceuse d'alerte Frances Haugen sera entendue par une commission du Parlement européen le 8 novembre, avant d'être auditionnée par les parlementaires français le 10 novembre. (Photo, AP)
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Publié le Mardi 02 novembre 2021

La lanceuse d'alerte fustige la nouvelle stratégie de Facebook au Web Summit

  • «Encore et encore, Facebook choisit l'expansion dans de nouveaux domaines plutôt que de s'en tenir à ce qu'il a déjà fait. Il faut consacrer plus de ressources aux systèmes de sécurité de base»
  • «Au lieu d'investir pour s'assurer que leurs plateformes sont un minimum sûres, ils sont sur le point d'engager 10000 ingénieurs» en Europe dans le développement du «métavers»

LISBONNE : Pour son retour en présentiel, le Web Summit a offert à Frances Haugen une tribune de choix dans son combat contre Facebook: la lanceuse d'alerte a pressé lundi l'entreprise américaine d'investir davantage sur la "sécurité" avant le "métavers", nouvelle priorité du groupe désormais baptisé Meta.

"Encore et encore, Facebook choisit l'expansion dans de nouveaux domaines plutôt que de s'en tenir à ce qu'il a déjà fait. Je trouve cela inadmissible... Il faut consacrer plus de ressources aux systèmes de sécurité de base", a déclaré l'ancienne employée du géant des réseaux sociaux, en ouverture du Web Summit, grand-messe de l'économie numérique de retour dans sa version en chair et en os à Lisbonne.

"Au lieu d'investir pour s'assurer que leurs plateformes sont un minimum sûres, ils sont sur le point d'(engager) 10 000 ingénieurs" en Europe dans le développement du "métavers", a-t-elle ajouté à propos du monde parallèle numérique qui représente, selon le patron de Facebook, l'avenir d'internet. "Je ne peux imaginer que cela puisse avoir du sens"", a-t-elle encore dit.

Après avoir présenté le concept de "métavers", Mark Zuckerberg a annoncé jeudi que la maison mère du géant des réseaux sociaux s'appelait désormais "Meta" -"au-delà" en grec ancien.

Les noms des différents services (Instagram, WhatsApp, Messenger...) resteront toutefois inchangés.

Ce changement de nom est interprété comme une manoeuvre de distraction par les critiques du groupe californien, empêtré dans les scandales et controverses, de la désinformation à la confidentialité des données en passant par le respect du droit de la concurrence.

Pour un changement de dirigeant

Depuis plus d'un mois, les "Facebook papers", des milliers de documents internes remis à l'autorité boursière américaine (SEC) par Frances Haugen, montrent comment le groupe californien était conscient du potentiel de nuisance de ses réseaux sociaux -- contenus toxiques sur Instagram pour les adolescents, désinformation qui nuit à la démocratie, ... -- mais a choisi, en partie, de les ignorer, par souci de préserver ses profits.

"J'ai la foi que Facebook peut changer. (Mark Zuckerberg) a un beau rêve: il veut connecter les gens, faire du monde un meilleur endroit.... Cela ne fait pas de lui une mauvaise personne d'avoir fait des erreurs", a insisté lundi Frances Haugen. "Mais il est inacceptable de continuer à faire les mêmes erreurs après avoir su qu'il s'agissait d'erreurs".

"Je pense qu'il est peu probable que l'entreprise change s'il reste" à la tête du géant des réseaux sociaux, a-t-elle ajouté. "Facebook serait plus fort avec quelqu'un qui est prêt à se concentrer sur la sécurité".

Frances Haugen a déjà témoigné devant les législateurs américains et britanniques, mais le Web Summit marque sa première apparition devant un public plus large.

La lanceuse d'alerte sera entendue par une commission du Parlement européen le 8 novembre, avant d'être auditionnée par les parlementaires français le 10 novembre.

Facebook aura l'occasion de répondre aux critiques devant le public du Web Summit, son vice-président Nick Clegg étant prévu au programme de mardi.

Après avoir connu une édition 100% virtuelle en raison de la pandémie de Covid-19, le Web Summit est de retour en physique à Lisbonne.

L'édition 2021 de la conférence destinée aux entrepreneurs et aux investisseurs de la tech, qui se tiendra jusqu'à jeudi, espère rassembler 40 000 participants, alors qu'ils avaient été 70 000 à se rendre dans la capitale portugaise lors de la dernière édition pré-pandémie.

Au-delà de Facebook et du "métavers", les autres thèmes au programme du Web Summit se pencheront sur la manière dont la technologie peut aider à atténuer le changement climatique, alors que la grand-messe du numérique coïncide avec la conférence mondiale sur le climat COP26 en Ecosse.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.