De la rue au Parlement: quand des manifestants irakiens deviennent députés

Une photo prise le 27 février 2020 montre le bâtiment du parlement, ou Conseil des représentants, dans la zone verte de Bagdad. SABAH ARAR / AFP
Une photo prise le 27 février 2020 montre le bâtiment du parlement, ou Conseil des représentants, dans la zone verte de Bagdad. SABAH ARAR / AFP
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Publié le Mercredi 03 novembre 2021

De la rue au Parlement: quand des manifestants irakiens deviennent députés

  • Alaa, pharmacien, a été élu au Parlement irakien pour la première fois sur une liste issue de la société civile qui a fait du ras-le-bol de la corruption et de l'entre-soi son programme
  • Les rues de Nassiriya témoignent encore de la colère des manifestants antipouvoir qui accusent la coalition paramilitaire pro-Iran du Hachd al-Chaabi d'exactions à leur rencontre

NASSIRIYA : Finie la "routine", place au "défi": Alaa, pharmacien, a été élu au Parlement irakien pour la première fois sur une liste issue de la société civile qui a fait du ras-le-bol de la corruption et de l'entre-soi son programme.

Originaire de Nassiriya, Alaa al-Rikabi, 47 ans, a tout connu des manifestations antigouvernementales qui ont secoué l'Irak fin 2019. Le mouvement, qui juge le régime actuel sclérosé et corrompu, a accouché d'un nouveau parti, Imtidad (extension, en arabe). 

Imtidad s'oppose au régime des quotas de répartition des postes sur une base confessionnelle et partisane, comme l'explique M. Rikabi, membre du parti. 

"Nous ne participerons à aucun gouvernement mis en place sur la base des quotas, comme ça nous serons en mesure de demander des comptes aux dirigeants", assène Alaa al-Rikabi depuis sa maison à Nassiriya, un haut lieu de la contestation antipouvoir situé dans le sud chiite de l'Irak.

Vent debout contre les grands "blocs" politiques qui dirigent l'Irak depuis la chute de Saddam Hussein après l'invasion américaine en 2003, Imtidad rejoindra les bancs de l'opposition. 

Imtidad, qui a fait campagne avec des moyens financiers et humains limités, est parvenu à faire élire neuf candidats, dont Alaa al-Rikabi, sur les 329 sièges au Parlement lors des élections du 10 octobre, selon des résultats préliminaires.

C'est peu et "je suis conscient que notre taille au Parlement ne nous permettra pas d'avoir une grande marge de manoeuvre" pour faire bouger les choses, reconnaît M. Rikabi.

Alliances

Le grand gagnant des législatives devrait être le leader chiite Moqtada al-Sadr et son courant avec environ 70 sièges, selon les résultats qui devraient être déclarés définitifs d'ici quelques semaines.

En coulisses, les discussions vont bon train entre les différents partis pour former des "blocs" parlementaires susceptibles d'être majoritaires et se répartir les postes ministériels. 

Or, c'est exactement contre ce monopole des grands partis que le mouvement de protestation, dont est issu Imtidad, entend lutter depuis 2019.

Mais Imtidad va devoir nouer des alliances avec d'autres petites formations pour se faire entendre. Car, juge le politologue Saleh al-Alawi, avec seulement neuf députés, le parti "ne pourra pas étendre son influence au Parlement".

"Selon la Constitution, nous avons besoin d'être au moins 25 députés pour pouvoir interroger n'importe quel ministre", énonce Alaa al-Rikabi. "Nous essayons de nous entendre (avec d'autres formations, ndlr)" pour y parvenir. Des tractations ont lieu notamment avec le petit parti kurde Nouvelle génération, qui compte lui aussi neuf députés.

Stéréotype du député

Les rues de Nassiriya témoignent encore de la colère des manifestants antipouvoir qui accusent la coalition paramilitaire pro-Iran du Hachd al-Chaabi d'exactions à leur rencontre. En ville, les affiches représentant les "martyrs" tués pendant les manifestations ornent les murs.

"J'ai voté pour Imtidad parce que j'espère qu'ils pourront se battre pour les droits des manifestants", fait valoir Hussein Ali, 28 ans, cloué dans un fauteuil roulant depuis qu'une balle lui a transpercé le dos lors des manifestations il y a deux ans à Nassiriya. "Depuis que j'ai été blessé, je n'ai reçu aucune compensation du gouvernement".

Alaa al-Rikabi a dû, lui, mener une campagne à bas coût. Imtidad n'a dépensé que quatre millions de dinars (environ 2.700 dollars) pour les affiches et meetings dans la province de Zi Qar, dont Nassiriya est le chef-lieu, quand les grands partis brassent des dizaines de millions.

Le nouveau député n'a pas de permanence et il conduit sa voiture lui-même, pour "changer le stéréotype du député" déconnecté de la réalité.

Mais il y a encore plus émancipé: les indépendants, comme Mohammed al-Anouz. Elu dans la ville sainte chiite de Najaf, il a acquis une renommée dans tout l'Irak lorsque des photos sont apparues sur les réseaux sociaux le montrant en train d'accrocher lui-même ses affiches de campagne.

Pour lui, ce sera l'opposition sinon rien. "Les grands partis m'ont contacté pour connaître ma position", dit-il à l'AFP.

"Je ne ferai pas alliance avec les partis qui ont dirigé le pays ces dernières années. Ce sont eux qui nous ont amenés à cette situation où les services publics manquent et la corruption règne", assène-t-il.


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
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  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.