Sévère mise en garde de Pékin aux partisans de l'indépendance de Taïwan

La Chine a renforcé récemment son activité militaire autour de Taïwan et un nombre record d'incursions d'avions de guerre chinois a été enregistré en octobre dans la zone d'identification de défense aérienne (Adiz) de Taïwan, un périmètre qui commence à 200 km des côtes taïwanaises. (AFP)
La Chine a renforcé récemment son activité militaire autour de Taïwan et un nombre record d'incursions d'avions de guerre chinois a été enregistré en octobre dans la zone d'identification de défense aérienne (Adiz) de Taïwan, un périmètre qui commence à 200 km des côtes taïwanaises. (AFP)
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Publié le Samedi 06 novembre 2021

Sévère mise en garde de Pékin aux partisans de l'indépendance de Taïwan

  • Le Premier ministre taïwanais a fait fi de la menace de Pékin, assurant qu'il «ne se laisserait pas impressionner»
  • Pékin, qui revendique sa souveraineté sur l'île, a intensifié ses actions ces dernières années pour isoler Taïwan sur la scène internationale

PEKIN: La Chine a assuré vendredi qu'elle punirait les politiciens taïwanais "jusqu'au-boutistes" partisans de l'indépendance en leur interdisant toute visite, au moment où les tensions entre Pékin et Taipeh sont au plus haut depuis des années.


Le Bureau des affaires taïwanaises à Pékin a averti vendredi que "le continent retiendra la responsabilité criminelle des jusqu'au-boutistes de l'indépendance pour Taïwan en accord avec la loi, et ceci à vie".


Dans un communiqué, une porte-parole de cet organisme du gouvernement chinois, Zhu Fenglian, qualifie le Premier ministre taïwanais Su Tseng-chang, le président du Parlement taïwanais Yu Shyi-kun et le ministre des Affaires étrangères Joseph Wu de membres d'une minorité de partisans de l'indépendance.


Selon Mme Zhu, ils "ont tenté de fomenter une confrontation à travers le Détroit, attaqué de manière malveillante et calomnié le continent (...) portant gravement atteinte aux relations de part et d'autre du Détroit".


Elle a ajouté que Pékin leur avait interdit ainsi qu'à leurs familles de pénétrer sur le territoire de Chine continentale, à Hong Kong et à Macao. Leurs relations se verront également interdire de toute coopération avec les organisations et individus du continent, a-t-elle ajouté sans autres précisions.


"Ceux qui oublient leurs ancêtres, trahissent leur mère patrie et divisent le pays ne finiront pas bien", a dit Mme Zhu.


Ses commentaires interviennent au lendemain de déclarations du responsable d'une délégation du Parlement européen en visite à Taipei, Raphaël Glucksmann, qui a qualifié la démocratie taïwanaise de "trésor" à protéger, promettant de continuer à soutenir l'île.


Le Premier ministre taïwanais a fait fi de la menace de Pékin, assurant qu'il "ne se laisserait pas impressionner".


Pékin "n'a jamais dirigé Taïwan mais veut jouer au petit chef", a déclaré M. Su interrogé au Parlement à propos de cette liste de "jusqu'au-boutistes".


L'île fut à la fin de la guerre civile chinoise en 1949 le refuge des nationalistes du Kuomintang, emmenés par Tchang Kaï-chek et vaincus par les communistes de Mao Tsé-toung. Ses 23 millions d'habitants vivent depuis lors sous la menace d'une invasion.


Pékin, qui revendique sa souveraineté sur l'île, a intensifié ses actions ces dernières années pour isoler Taïwan sur la scène internationale et enrayer toute tentative de reconnaissance comme Etat indépendant de ce territoire qui a son propre gouvernement.


Les tensions de part et d'autre du Détroit grimpent depuis l'élection en 2016 à la présidence taïwanaise de Tsai Ing-wen, issue d'un parti traditionnellement hostile à Pékin.


La Chine a renforcé récemment son activité militaire autour de Taïwan et un nombre record d'incursions d'avions de guerre chinois a été enregistré en octobre dans la zone d'identification de défense aérienne (Adiz) de Taïwan, un périmètre qui commence à 200 km des côtes taïwanaises.


Meghan Markle à Uvalde pour saluer la mémoire des victimes de la tuerie au Texas

La duchesse de 40 ans, en jeans, t-shirt et casquette, s'est recueillie devant un mémorial de fortune sur lequel elle a déposé des fleurs. (Photo, AFP)
La duchesse de 40 ans, en jeans, t-shirt et casquette, s'est recueillie devant un mémorial de fortune sur lequel elle a déposé des fleurs. (Photo, AFP)
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  • La duchesse de 40 ans, en jeans, t-shirt et casquette, s'est recueillie devant un mémorial de fortune sur lequel elle a déposé des fleurs
  • Megan et son mari Harry se sont éloignés de la vie royale de la couronne britannique il y a deux ans et vivent désormais en Californie avec leurs deux enfants

UVALDE: Meghan Markle, l'épouse du prince britannique Harry, s'est rendue jeudi à Uvalde pour saluer la mémoire des victimes de la tuerie de mardi dans une école de cette ville du Texas. 

La duchesse de 40 ans, en jeans, t-shirt et casquette, s'est recueillie devant un mémorial de fortune sur lequel elle a déposé des fleurs.  

Elle a ensuite marché autour de cet espace, situé près de l'école, où sont disposées des croix blanches sur lesquelles sont écrits les noms des victimes du massacre, où 19 enfants et deux adultes ont été tués. 

Megan et son mari Harry se sont éloignés de la vie royale de la couronne britannique il y a deux ans et vivent désormais en Californie avec leurs deux enfants. 


Après la tuerie à Uvalde, la colère et les questions sur le rôle de la police

Un policier se tient près d'un mémorial de fortune pour les victimes de la fusillade à l'école primaire Robb à Uvalde, Texas, le 26 mai 2022. (Photo, AFP)
Un policier se tient près d'un mémorial de fortune pour les victimes de la fusillade à l'école primaire Robb à Uvalde, Texas, le 26 mai 2022. (Photo, AFP)
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  • « Il y avait au moins 40 agents armés jusqu'aux dents mais ils n'ont rien fait jusqu'à ce qu'il soit trop tard »  a déclaré le père de l'une des victimes
  • Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux et obtenue par Storyful, on peut voir des parents frustrés, exhorter la police à entrer dans l'établissement au moment du drame

UVALDE : Le déroulé exact de la tuerie d'Uvalde au Texas, et le rôle des forces de l'ordre dans le drame, étaient au centre des questions jeudi, avec des témoignages de parents qui chargent durement la police, l'accusant d'avoir fait preuve mardi de passivité.

"Il y avait au moins 40 agents armés jusqu'aux dents mais ils n'ont rien fait jusqu'à ce qu'il soit trop tard", a déclaré à ABC Jacinto Cazares, père de Jacklyn Cazares, 10 ans, tuée dans le massacre dans l'école primaire Robb de la ville texane.

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux et obtenue par Storyful, on peut voir des parents frustrés, exhorter la police à entrer dans l'établissement au moment du drame. Les images montrent également un agent de police repousser sans ménagement l'une des personnes à l'extérieur de l'établissement.

L'un des parents s'écrie alors: "Vous savez que ce sont juste des enfants hein? (...) Des enfants de 6 ans, ils ne savent pas se défendre face à un tireur."

«Désespérés»

Daniel Myers, un pasteur de 72 ans, était arrivé avec sa femme Matilda à l'extérieur de l'école environ 30 minutes après l'entrée du tireur dans l'école.

Il a décrit à l'AFP comment les policiers ont attendu en l'absence d'une unité spécialisée pour donner l'assaut, et comment les parents assistant à la scène étaient "désespérés".

"Ils étaient prêts à rentrer (dans l'établissement). L'un des proches a dit: +J'ai été militaire, donnez-moi juste un pistolet, je vais y aller. Je ne vais pas hésiter. Je vais y aller+."

Les forces de l'ordre avaient indiqué mercredi avoir tenté d'empêcher Salvador Ramos, le tireur âgé de 18 ans, d'entrer dans l'école.

Mais, après un échange de coups de feu, il est parvenu à se barricader dans une salle de classe. C'est là qu'il a tué 19 enfants, mais aussi deux enseignantes.

Le directeur du département de la sécurité publique du Texas Steven McCraw a déclaré à CNN que Salvador Ramos est resté à l'intérieur de l'école pendant environ 40 minutes avant que la police ne réussisse à l'abattre.

Le chef de la police aux frontières Raul Ortiz, dont des agents étaient sur place, a lui assuré que ces derniers "n'ont pas hésité".

"Ils ont élaboré un plan. Ils sont entrés dans la salle de classe et ils ont résolu cela aussi rapidement qu'ils pouvaient", a-t-il déclaré également à CNN.

Inhumations

Outre les 21 tués, 17 personnes ont été blessées dont trois policiers.

En l'absence de médecin légiste, Eulalio Diaz, un responsable local, a été chargé d'identifier les corps jusque tard dans la nuit, a-t-il raconté au quotidien El Paso Times.

"Certains des enfants étaient dans un sale état", a relaté l'élu.

Les parents dans l'attente de nouvelles de leurs enfants ont fourni des échantillons ADN pour accélérer le processus d'identification.

Eulalio Diaz s'attend à ce que les corps puissent être inhumés dans les prochaines 48 heures, le temps de réaliser les autopsies.

"Cela va être dur quand je vais devoir rédiger 21 certificats de décès", a-t-il dit.

La tragédie a assommé de douleur Uvalde, ville de 16.000 habitants à mi-chemin entre San Antonio et la frontière mexicaine, et à majorité hispanique.

Lors d'une conférence de presse mardi, le gouverneur du Texas Greg Abbott a révélé que le meurtrier avait tiré sur sa grand-mère de 66 ans en plein visage avant de se rendre à l'école primaire Robb, équipé d'un fusil semi-automatique AR-15, arme funestement connue pour avoir été utilisée dans d'autres massacres aux Etats-Unis comme celui dans un lycée de Parkland en Floride qui avait fait 18 morts.

En chemin, Salvador Ramos a eu un accident de voiture, et c'est là que les forces de l'ordre ont tenté de l'arrêter, en vain.

Entraînements

L'une des institutrices de l'école, présente dans l'établissement au moment du drame, a raconté à ABC que ses élèves regardaient un film de Disney pour célébrer la fin prochaine de l'année scolaire, quand des coups de feu ont retenti.

Ses élèves ont alors mis en pratique leurs années d'entraînements pour une telle situation, en se rassemblant en silence sous leur table. Ces entraînements sont devenus la norme dans les écoles aux Etats-Unis, où les fusillades meurtrières se répètent inlassablement d'année en année.

"Ils savaient que ce n'était pas un exercice. Nous devions être silencieux, ou sinon nous allions l'alerter de notre présence", a détaillé l'institutrice qui a souhaité garder l'anonymat.

La mère du tireur, Adriana Reyes, a déclaré à la même chaîne que son fils n'était pas "un monstre", mais qu'il pouvait lui arriver d'"être agressif".

"J'avais un sentiment de malaise parfois", a-t-elle dit, se demandant ce qu'il avait derrière la tête.

«Pas d'explication»

Des centaines de personnes se sont rassemblées mercredi soir dans les tribunes d'une salle de spectacle pour pleurer les victimes du massacre.

"J'ai le cœur brisé", sanglotait Ryan Ramirez, qui a perdu sa fille Alithia, 10 ans, lors de la tuerie. A ses côtés, son épouse Jessica pleurait doucement, leur autre fille dans les bras.

Aux Etats-Unis, les fusillades en milieu scolaire sont un fléau récurrent que les gouvernements successifs ont jusqu'à présent été impuissants à endiguer.

Le débat sur la régulation des armes à feu dans le pays tourne pratiquement à vide, étant donné l'absence d'espoir d'une adoption par le Congrès d'une loi nationale ambitieuse sur la question.

Le mouvement "March for our Lives", créé après la tuerie de Parkland, a appelé à un grand rassemblement le 11 juin à Washington pour appeler à un durcissement de la réglementation sur les armes.


Les Etats-Unis n'inviteront «absolument pas» le Venezuela au sommet des Amériques

Le Capitole des États-Unis le 16 mai 2022 à Washington, DC (Photo, AFP).
Le Capitole des États-Unis le 16 mai 2022 à Washington, DC (Photo, AFP).
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  • Washington ne reconnaît pas la réélection du président du Venezuela Nicolas Maduro en 2019, ni celle du président Daniel Ortega pour un quatrième mandat en novembre 2021 au Nicaragua
  • Les présidents du Mexique, de la Bolivie, du Guatemala, du Honduras, ainsi que plusieurs pays des Caraïbes, ont déclaré de leur côté qu'ils ne se rendraient pas au sommet si tous les pays de la région n'étaient pas conviés

WASHINGTON: Les Etats-Unis n'inviteront pas les représentants du Venezuela, dirigé par Nicolas Maduro, ni du Nicaragua au sommet des Amériques en juin à Los Angeles, a déclaré un responsable américain jeudi. 

"Absolument pas. Nous ne reconnaissons pas la légitimité de ce gouvernement", a expliqué Kevin O'Reilly, coordinateur du sommet, interrogé sur la participation du gouvernement de Nicolas Maduro lors d'une audition au Sénat. 

M. O'Reilly a aussi répondu par la négative à une possible participation du président nicaraguayen Daniel Ortega mais a été moins clair sur l'envoi d'une invitation au gouvernement cubain. 

Washington ne reconnaît pas la réélection du président du Venezuela Nicolas Maduro en 2019, ni celle du président Daniel Ortega pour un quatrième mandat en novembre 2021 au Nicaragua.

L'administration du démocrate Joe Biden avait indiqué que Cuba, le Nicaragua et le Venezuela ne devraient pas être présents car ils ne "respectent pas" les principes de la Charte démocratique interaméricaine en vigueur depuis 2001. 

Les présidents du Mexique, de la Bolivie, du Guatemala, du Honduras, ainsi que plusieurs pays des Caraïbes, ont déclaré de leur côté qu'ils ne se rendraient pas au sommet si tous les pays de la région n'étaient pas conviés. 

"Nous dialoguons avec le gouvernement mexicain et tous les gouvernements de la région au sujet de la structure et de l'organisation" de l'événement, a précisé Kevin O'Reilly.