Au Kurdistan irakien, un village englouti refait surface à cause de la sécheresse

Une vue aérienne montre les vestiges du village submergé de Guiri Qasrouka abandonné il y a 36 ans. (Photo, AFP)
Une vue aérienne montre les vestiges du village submergé de Guiri Qasrouka abandonné il y a 36 ans. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 06 novembre 2021

Au Kurdistan irakien, un village englouti refait surface à cause de la sécheresse

  • Le barrage de retenue, situé à deux kilomètres au nord de la ville de Dohouk, a été construit à partir de 1985, entraînant le départ des habitants de Guiri Qasrouka
  • Avant d'être submergé, Guiri Qasrouka comptait quelque 50 familles kurdes de la tribu Doski depuis les années 1970

DOHOUK : Au Kurdistan d'Irak, les vestiges du village de Guiri Qasrouka, englouti sous les eaux d'un barrage il y a 36 ans, ont soudainement ressurgi à l'air libre à cause de la baisse du niveau des eaux provoquée par la sécheresse.

Le barrage de retenue, situé à deux kilomètres au nord de la ville de Dohouk, a été construit à partir de 1985, entraînant le départ des habitants de Guiri Qasrouka. Depuis, le village était sous les eaux qui servent à irriguer les terres agricoles de la région.

Mais "à cause de la sécheresse" le niveau de l'eau a baissé de sept mètres en septembre par rapport à la même période l'an dernier, libérant les vestiges du village, explique Farhad Taher, chef du barrage.

1
(Photo, AFP)

"Toute l'eau du barrage provient de la pluie qui est très peu tombée cette année", a-t-il précisé. "Par trois fois par le passé, en 1992, 1999 et 2009, les vestiges de Guiri Qasrouka sont réapparus à l'occasion d'une forte baisse du niveau d'eau".

"Ce phénomène est certainement lié au changement climatique", ajoute M. Taher.

L'Irak est l'un des pays les plus vulnérables au changement climatique. Et le nord du pays -- de la région autonome du Kurdistan à la plaine de Ninive -- souffre d'une sécheresse qui frappe de plein fouet les habitants et le secteur agricole. 

Aujourd'hui, les vestiges de Guiri Qasrouka peuvent se visiter à pied sec et notamment une maison, la seule dont les murs en pierre sont encore debout. Par endroits, des algues et des coquillages séchés s'accrochent encore à la pierre. "On pense que ce bâtiment était une école", explique Farhad Taher. 

Les autres bâtiments ont disparu et seules quelques pierres restent encore en place ainsi. 

1
(Photo, AFP)

Avant d'être submergé, Guiri Qasrouka comptait quelque 50 familles kurdes de la tribu Doski depuis les années 1970.

"Les habitants ont quitté leur village une première fois" lors d'une insurrection kurde en 1974 et y sont revenus en 1976, explique l'historien Karzan Mohammed Bamerni. "C'est l'un des nombreux villages à avoir été évacués à l'époque en raison du conflit".

Ils ont définitivement plié bagages en 1985 à la construction du barrage et se sont installés sur un terrain proche grâce à une compensation financière, baptisant leur nouveau village... Guiri Qasrouka, tout comme l'ancien.

1
(Photo, AFP)

Aujourd'hui, les touristes venus de Dohouk et de la région viennent se prendre en photo devant ses ruines avec les imposantes montagnes kurdes en arrière-plan. Les eaux devraient remonter avec l'arrivée de l'hiver et des précipitations.


L'armée jordanienne annonce avoir intercepté cinq drones iraniens

L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume. Photo d'illustration. (AFP)
L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume. Photo d'illustration. (AFP)
Short Url
  • Les Gardiens de la Révolution ont confirmé sur leur site Sepah News avoir procédé à une attaque
  • Ils ont ciblé selon eux un "complexe abritant des forces terroristes américaines dans la région de Rukban"

AMMAN: L'armée jordanienne a annoncé mardi dans un communiqué l'interception de cinq drones iraniens qui visaient le royaume, dans le cadre des frappes menées par la République islamique en riposte aux bombardements américains.

Les Gardiens de la Révolution ont confirmé sur leur site Sepah News avoir procédé à une attaque, ciblant selon eux un "complexe abritant des forces terroristes américaines dans la région de Rukban".

 

 

 


Liban: l'armée se déploie dans les « zones pilotes » du sud

Des soldats de l'armée libanaise inspectent le lieu d'une explosion qui a visé leur véhicule dans la région d'Al-Mansouri, au sud du Liban, près de Tyr, le 18 juillet 2026. (AFP)
Des soldats de l'armée libanaise inspectent le lieu d'une explosion qui a visé leur véhicule dans la région d'Al-Mansouri, au sud du Liban, près de Tyr, le 18 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • L'établissement de "zones pilotes" confiées à l'armée est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux
  • Ce déploiement est le premier test de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah pro-iranien

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé mardi avoir entamé son déploiement dans un village du sud du pays dont l'armée israélienne contrôlait les abords, en vertu d'un accord avec Israël sur les "zones pilotes" parrainé par Washington.

Cette mesure intervient alors que le président libanais doit rencontrer mardi Donald Trump à la Maison Blanche.

"Les unités militaires ont commencé ce matin à se déployer à Zawtar al-Gharbiya", une localité de la région de Nabatiyé, a annoncé un communiqué de l'armée.

Des médias libanais ont montré des véhicules de l'armée, l'un d'eux arborant le drapeau libanais, entrant dans la localité située à la lisière de la "zone de sécurité" établie par l'armée israélienne.

L'établissement de "zones pilotes" confiées à l'armée est prévu par l'accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l'état de guerre entre eux.

Ce déploiement est le premier test de l'accord visant à obtenir le retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Le département d'Etat américain avait annoncé lundi soir que l'armée libanaise avait commencé à assurer la sécurité de trois villages du sud, Zawtar Al-Gharbiya, Froun et Srifa.

Mais l'armée israélienne n'est pas présente dans ces deux dernières localités.

"C'est l'occasion pour l'Etat libanais de commencer à réaffirmer son contrôle de zones historiquement dominées par le Hezbollah", avait réagi un haut responsable de la diplomatie américaine.

L'armée israélienne a pour sa part déclaré qu'elle allait "adapter son dispositif dans l'une des zones pilotes afin de permettre aux Forces armées libanaises de remplir leur mission, tout en garantissant la sécurité des soldats de Tsahal et en préservant son droit à l'autodéfense et à la neutralisation des menaces".

Le Hezbollah pro-iranien est opposé à l'accord avec Israël et refuse d'être désarmé.

Le groupe avait entraîné le pays début mars dans une nouvelle guerre avec Israël, en solidarité avec l'Iran.


Les Houthis annoncent un blocus maritime de l'Arabie saoudite en plein affrontement irano-américain

Short Url
  • Les Houthis "annoncent un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat"
  • Riyad a exprimé "la plus ferme condamnation du Royaume d'Arabie saoudite à l'égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie (...) imposant un blocus maritime au Royaume"

RIYAD: Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont annoncé lundi un blocus maritime de l'Arabie saoudite, en pleine intensification de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, menaçant la capacité du premier exportateur de pétrole brut au monde à contourner le détroit d'Ormuz.

Intervenant au neuvième jour consécutif d'hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran, d'une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d'avril, ces menaces "contre la liberté de navigation (...) risquent de mener à une escalade régionale encore plus grande", s'est inquiété le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, appelant à une "désescalade immédiate".

Les Houthis "annoncent un blocus maritime contre l'ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat", avait plus tôt déclaré leur porte-parole militaire, Yahya Saree, sans préciser comment la formation comptait mettre en oeuvre cette mesure.

De son côté, le ministère des Affaires étrangères de la monarchie du Golfe a exprimé "la plus ferme condamnation du Royaume d'Arabie saoudite à l'égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie (...) imposant un blocus maritime au Royaume". Et de préciser que Riyad "continue de soutenir le peuple yéménite frère et son gouvernement légitime".

L'annonce fait suite à des échanges de tirs entre les deux camps au Yémen la semaine dernière, mettant en péril la trêve négociée en 2022, toujours active malgré son expiration.

Ces hostilités se sont enclenchées après la tentative d'atterrissage à Sanaa d'un avion iranien en provenance de Téhéran, défiant l'hégémonie saoudienne sur l'espace aérien yéménite.

"Même si aucun navire n'est attaqué, l'annonce risque à elle seule de perturber le trafic maritime et de semer le doute dans les ports saoudiens. La question cruciale reste de savoir si les Houthis passeront des menaces à l'action", estime Mohammed al-Basha, du cabinet de conseil en gestion des risques Basha Report.