Xi Jinping en piste pour cimenter son autorité en réécrivant l'histoire du PCC

Le président chinois Xi Jinping à Berlin le 28 mars 2014. (Photo, AFP/Getty Images)
Le président chinois Xi Jinping à Berlin le 28 mars 2014. (Photo, AFP/Getty Images)
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Publié le Samedi 06 novembre 2021

Xi Jinping en piste pour cimenter son autorité en réécrivant l'histoire du PCC

  • Le PCC réunit de lundi à jeudi son Comité central, le «parlement» du mouvement qui dirige la Chine d'une main de fer depuis 72 ans
  • Xi Jinping va de nouveau avoir recours à l'histoire pour accroître son influence et s'élever au même rang que ses illustres prédécesseurs

PEKIN : A l'égal de Mao? Xi Jinping va présider la semaine prochaine une réunion du Parti communiste chinois (PCC) qui, en adoptant une résolution "historique" pour la troisième fois seulement en 100 ans d’existence, devrait encore cimenter sa stature à la tête de la Chine.


Le PCC réunit de lundi à jeudi son Comité central, le "parlement" du mouvement qui dirige la Chine d'une main de fer depuis 72 ans.


Cette réunion à huis clos de près de 400 dirigeants est la seule prévue cette année. Elle précède d'environ un an le Congrès quinquennal qui devrait voir Xi Jinping décrocher un troisième mandat à la tête du Parti -- et donc du pays.


Quatre mois après avoir célébré en costume Mao le 100e anniversaire de la fondation du Parti sur l'immense place Tiananmen à Pékin, Xi Jinping va de nouveau avoir recours à l'histoire pour accroître son influence et s'élever au même rang que ses illustres prédécesseurs.


Le "plénum" du Comité central doit débattre "d'une importante résolution sur les grandes réussites et l'expérience historique des 100 années d'accomplissements du Parti", comme l'a annoncé l'agence Chine nouvelle, sans publier le texte de la résolution.


Si elle est approuvée dès la semaine prochaine, "cela signifiera que l'autorité de Xi Jinping est incontestée", observe le politologue dissident Wu Qiang, ancien de la prestigieuse Université Tsinghua à Pékin.

Sa «pensée» dans la constitution

Depuis son accession au poste de secrétaire général du PCC en 2012, puis de président de la République populaire l'année suivante, il n'a cessé de centraliser le pouvoir entre ses mains.


Il est souvent qualifié de plus puissant dirigeant chinois depuis le fondateur du régime, Mao Tsé-toung (1949-76).


En 2018, il a fait modifier la constitution pour pouvoir rester à la tête du pays au-delà de la limite de deux mandats. Sa "pensée" a également été inscrite dans la constitution, à l'instar de celle de Mao.


Il est désormais auréolé de la "victoire" chinoise contre le coronavirus, même si des flambées sporadiques se manifestent encore dans le pays où l'épidémie s'est déclarée fin 2019.


La question est de savoir "jusqu'où il peut encore monter", résume le sinologue Carl Minzner, du centre de réflexion américain Council on Foreign Relations.


Mao, Deng, Xi
A cet égard, la réunion du Comité central de la semaine prochaine s'annonce cruciale: durant son siècle d'existence, le PCC n'a adopté que deux résolutions "historiques", à chaque fois à des moments-clé, rappelle le politologue Anthony Saich, de l'Université Harvard aux Etats-Unis.


La première, en 1945, avait renforcé l'autorité de Mao Tsé-toung quatre ans avant l'arrivée au pouvoir des communistes.


La deuxième, en 1981, avait donné à Deng Xiaoping, au moment où il lançait les réformes économiques, l'occasion de tourner la page du maoïsme en reconnaissant les "erreurs" du grand timonier.


Cette fois, la résolution devrait se montrer "moins critique" envers Mao, prédit M. Saich.


D'autant que le pouvoir actuel s'éloigne des excès du libéralisme économique, s'en prenant ces derniers mois à certains secteurs comme l'immobilier et l'internet.


"On se dirige vers un retour à l'économie contrôlée, planifiée", anticipe Wu Qiang.


En faisant la synthèse du maoïsme et des réformes, la résolution devrait "montrer que Xi est l'héritier naturel de la glorieuse histoire du PCC", selon Anthony Saich.


Les experts occidentaux évaluent en général les conséquences de la politique de Mao Tsé-toung à entre 30 et 70 millions de morts mais l'ancien président reste une figure révérée dans son pays.


"Le ton et le contenu de la résolution révéleront probablement à qui Xi veut être comparé", analyse M. Minzner. "A l'égal de Mao et Deng? Ou bien de Mao seul?"

Changements de personnes
Le conclave devrait aussi donner lieu à des tractations en coulisses, à un an de l'entrée en fonctions d'une nouvelle équipe dirigeante lors du prochain Congrès.


Il ne fait guère de doute que Xi Jinping sera reconduit à l'automne 2022 pour un troisième mandat (du jamais vu depuis la fin de l'ère Mao), même s'il vient d'atteindre l'âge limite de 68 ans traditionnellement imposé aux dirigeants chinois.


Plusieurs d'entre eux devraient en revanche prendre leur retraite.


Le comité permanent du Bureau politique du Parti pourrait, lors du Congrès de l'an prochain, passer de sept à cinq membres, "ce qui accroîtrait encore l'autorité de Xi" au sein de ce cénacle qui détient la réalité du pouvoir, suppose Wu Qiang.


Les réunions du Comité central se déroulent loin du regard des médias étrangers et les conclusions du plénum ne devraient être dévoilées que jeudi soir après la fin des travaux.


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.