Le président de la KAUST veut reproduire le succès de Google-Stanford avec des licornes saoudiennes

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Publié le Lundi 08 novembre 2021

Le président de la KAUST veut reproduire le succès de Google-Stanford avec des licornes saoudiennes

  • Une entreprise licorne est une entreprise privée, souvent une startup technologique, qui atteint une valorisation de 1 milliard de dollars ou plus.
  • La KAUST compte environ 1 400 étudiants et étudiantes et 200 professeurs

RIYAD : Tony Chan, président de l'Université des sciences et technologies King Abdullah, ressemble plus à un investisseur providentiel ou à un gestionnaire de fonds de capital-investissement qu'à un universitaire lors de son interview avec Arab News. 

Le troisième président de KAUST a pour mission de créer des licornes saoudiennes et de transformer davantage d'idées issues de son université en entreprises. 

Une entreprise licorne est une entreprise privée, souvent une startup technologique, qui atteint une valorisation de 1 milliard de dollars ou plus. 

« Donc, si vous vous penchez sur les entreprises du monde entier, en particulier les grandes … elles sont toutes basées sur la technologie, n'est-ce pas ? D'où viennent leurs idées ? Beaucoup d'entre elles viennent d'universités », déclare Chan. 

« Ce que nous faisons dans notre université de recherche, c'est que repérons la fine pointe de la connaissance humaine. Un jour, l'une de ces grandes idées et innovations aura un impact sur chaque vie et sera également bonne pour les affaires et l'économie », ajoute-t-il. 

Chan, détenteur d’un doctorat en informatique de l'Université de Stanford aux EU, précise que l'université américaine est connue pour être derrière Google. Il ajoute que les gens ne pensent pas à combien d'argent Stanford gagne de Google, mais se concentrent plutôt sur la relation entre les deux. 

« Je suis allé à Stanford. Stanford est célèbre pour ça, non ? C'est donc ce que KAUST essaie de faire », ajoute-t-il. 

Licornes KAUST 

Chan souligne comment plusieurs professeurs de la faculté ont fondé des startups pour transformer leurs recherches de laboratoire en entreprises. 

Un groupe a « construit des fermes qui cultivent des tomates et d'autres légumes qui utilisent l'eau de mer pour l'irrigation », ce qui a le potentiel de transformer l'agriculture en Arabie saoudite et dans d'autres pays aux ressources en eau limitées. 

« J'espère que cela réussira et deviendra une ferme licorne », dit-il. 

Chan, qui s'adressait à Arab News en marge du Future Investment Initiative Forum à Riyad la semaine dernière, précise : « Nous disons à nos professeurs et à nos étudiants, si vous avez une idée de votre laboratoire qui, selon vous, peut réussir en deux ans environ, nous pouvons vous financer. Ensuite, le monde commercial, le secteur privé suivront avec de l'argent, pour les bonnes idées. » 

Chan dirige l'université de recherche privée, basée à Thuwal sur la côte de la mer Rouge, depuis 2018, après presque une décennie en tant que président de l'Université des sciences et technologies de Hong Kong. 

La KAUST compte environ 1 400 étudiants et étudiantes et 200 professeurs. Elle a été créée sur ordre royal en 2009 pour mener « des recherches axées sur la curiosité et les objectifs afin de relever les défis mondiaux liés à l'alimentation, à l'eau, à l'énergie et à l’environnement ». 

Cependant, de nombreux Saoudiens ne ressentent pas l'impact de l'université sur l'économie et la société du pays, ce qui conduit certains à remettre en question ses objectifs. 

Chan le reconnaît. « J'entends cela tout le temps », dit-il, attribuant cette perception au fait d'être isolé du reste de la société saoudienne à la fois géographiquement et socialement, quelque chose qu'il cherche à changer. » 

La KAUST est désormais ouverte aux visiteurs qui peuvent s'inscrire en ligne pour interagir avec son personnel. L'université soutient désormais les startups locales pour les aider dans leur cheminement. 

Évoquant des licornes potentielles, Chan déclare que deux autres professeurs ont formé une startup le mois dernier sur la base de leurs travaux révolutionnaires sur l'extraction du lithium de la mer, un élément clé utilisé dans les batteries. 

L'institution travaille également sur un projet où une cellule photoélectrique placée sur des fenêtres ordinaires transforme la lumière du soleil en électricité, tandis que d'autres membres du personnel administrent et certifient actuellement des tests PCR pour Covid-19 dans le Royaume. 

Fonds technologique KAUST 

Le directeur de la KAUST déclare que l'université a accès à un fonds d'innovation de 10 millions de dollars (8,65 millions d’euros) qui permet « à un professeur ou à un étudiant ayant une idée qu'ils ont élaborée en laboratoire de se lancer ». 

Mais la faculté prévoit également un « fonds beaucoup plus important pour les projets de profonde expertise » pour développer des applications et d'autres logiciels qui changent la donne. Chan déclare qu'il recherche des investisseurs mondiaux pour créer ce fonds. 

Il indique : « Nous démarchons la Silicon Valley, New York, Londres. Nous cherchons partout dans le monde car cet investissement est important. La technologie est mondiale. » 

Chan déclare que l'université cherche à embaucher un gestionnaire de fonds international pour gérer ce projet. 

En juin, KUAST a annoncé un projet avec la mégapole NEOM de 500 milliards de dollars pour construire une île de récifs coralliens de 100 hectares au large des côtes de la mer Rouge afin de protéger l'environnement existant, qui sera achevé en 2025. 

Chan ajoute que l'université aura une relation continue avec le mégaprojet. 

« NEOM va être le siège mondial de l'intelligence artificielle (IA). Nous travaillons en étroite collaboration avec eux », déclare le responsable de la KAUST. 

L'université a également de nombreux partenariats avec les plus grandes entreprises du Royaume et de nombreux ministères clés, dont le Saoudien Aramco, la National Water Co., ACWA Power, les ministères de l'énergie, de l'environnement, de l'eau et de l'agriculture. 

Son travail gouvernemental comprend la surveillance des niveaux de poussière, l'amélioration du dessalement de l'eau et l'étude de la consommation d'énergie. 

Lionel Messi de la KAUST 

Chan déclare à Arab News qu'il est important pour l'université d'embaucher les esprits universitaires les plus brillants du monde pour trouver les solutions les plus intelligentes aux problèmes du monde. 

 « Si vous voulez rivaliser avec les meilleurs au monde, vous devez être préparé. » 

« Cet endroit est comme l'équipe de la coupe du monde de l'Arabie saoudite dans la coupe du monde universitaire, nous devons rivaliser avec l'Imperial College au Royaume-Uni, ou Stanford et le MIT aux États-Unis. Il faut investir, il faut embaucher les meilleurs joueurs. Nous embauchons dans le monde entier et investissons en eux. 

Chan est particulièrement fier d'un nouveau professeur qu'il a embauché pour diriger le département d'IA de l'université. 

Il ajoute : « Il y a tout juste un mois, nous avons embauché l'un des meilleurs experts mondiaux en IA en machine learning, un Allemand venu de Suisse. Il est ici à cause de la vision que nous avons. Il dirige notre IA. Et nous l'avons présenté à Saudi Aramco, NEOM et d'autres. C'est notre Lionel Messi. 

Chan semble convaincu qu'avec des professeurs aussi bons que Lionel Messi dans ses rangs, KAUST sera en mesure d'atteindre les objectifs que le Royaume s’est fixé. 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com