Le Liban ira en « enfer» s'il échoue à former un gouvernement, prévient Aoun

La communauté internationale, particulièrement la France, exige du Liban des réformes structurelles en contrepartie d'un soutien international de plusieurs milliards d'euros. (AFP)
La communauté internationale, particulièrement la France, exige du Liban des réformes structurelles en contrepartie d'un soutien international de plusieurs milliards d'euros. (AFP)
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Publié le Mardi 22 septembre 2020

Le Liban ira en « enfer» s'il échoue à former un gouvernement, prévient Aoun

  • « Nous sommes confrontés à une crise de formation d'un gouvernement, ce qui n'était pas censé se produire car les échéances qui attendent le Liban ne permettent pas de perdre une seule minute »
  • Les partis politiques libanais s'étaient engagés début septembre à former un cabinet « de mission » composé de ministres « compétents » et « indépendants » dans un délai de deux semaines pour sortir le pays du marasme économique

BEYROUTH: Le Liban se dirige vers « l'enfer » si un nouveau gouvernement n'est pas formé dans les plus brefs délais, a averti lundi le chef de l'Etat Michel Aoun, alors que le processus de formation d'un cabinet semble dans l'impasse.

« Nous sommes confrontés à une crise de formation d'un gouvernement, ce qui n'était pas censé se produire car les échéances qui attendent le Liban ne permettent pas de perdre une seule minute », a affirmé M. Aoun, 85 ans, l'air fatigué, le verbe hésitant.

Les partis politiques libanais s'étaient engagés début septembre à former un cabinet « de mission » composé de ministres « compétents » et « indépendants » dans un délai de deux semaines pour sortir le pays du marasme économique, avait annoncé le président français Emmanuel Macron lors d'une visite à Beyrouth.  

Mais le processus piétine en raison de divergences sur l'attribution de portefeuilles ministériels.

Le principal obstacle vient de la milice chiite armée Hezbollah, poids lourd de la politique libanaise, et de son allié Amal, dirigé par le chef du Parlement Nabih Berri, qui réclament le portefeuille des Finances, une demande rejetée en bloc par leurs détracteurs, dont l'ancien Premier ministre sunnite Saad Hariri. 

« Avec le durcissement des positions, il ne semble pas y avoir de solution à l'horizon, car toutes les solutions proposées impliquent des gagnants et des perdants », a regretté le président Aoun. Faute d'accord, le Liban se dirigera « vers l'enfer », a-t-il prévenu.

Le chef de l'Etat a renvoyé dos à dos les deux camps, soulignant que « les blocs parlementaires ne devaient pas être écartés » du processus, en allusion à la démarche entreprise par le Premier ministre désigné Moustapha Adib qui refuse toute consultation préalable avec les blocs parlementaires pour le choix des ministres comme ce fut le cas ces dernières années. Fait rare, M. Aoun a aussi critiqué l'insistance de ses alliés, le Hezbollah et Amal, sur le portefeuille des Finances, soulignant qu'aucun ministère ne devait être attribué à une communauté spécifique d'après la Constitution.

Initiative française

Plus tôt dans la journée, Moustapha Adib avait demandé « la coopération de toutes les parties afin de faciliter la formation d'un gouvernement de mission avec un programme spécifique ». 

Dans un communiqué, il a appelé toutes les forces politiques à « œuvrer immédiatement et sans délai pour le succès de l'initiative française, qui ouvre la voie au sauvetage du Liban et met fin à la détérioration accélérée » de la situation générale du pays.

Le Liban vit depuis un an l'une des pires crises économiques, sociales et politiques de son histoire, marquée par une dégringolade de sa monnaie nationale, une hyperinflation et une paupérisation à grande échelle de la population.

La crise a été amplifié par la pandémie de Covid-19 et l'explosion tragique le 4 août au port de Beyrouth, qui a catalysé la mobilisation de la communauté internationale.

La communauté internationale, particulièrement la France, exige du Liban des réformes structurelles en contrepartie d'un soutien international de plusieurs milliards d'euros.


L'Iran appelle les civils à quitter les zones situées à proximité des forces américaines dans la région

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre. (AFP)
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre. (AFP)
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  • Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News, après que l'Iran a menacé de cibler les hôtels du Golfe
  • "Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ajoutent-ils

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre.

Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News, après que l'Iran a menacé de cibler les hôtels du Golfe.

"Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ajoutent-ils.

 


Attaque de drones sur le principal port de Koweït, des dégâts

Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
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  • L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X
  • Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics

KOWEIT: Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires.

L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X.

Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics.

Selon cette source, le port de Mubarak al-Kabeer a été touché tôt vendredi matin par des drones et des missiles qui ont causé, là aussi, des dégâts matériels mais n'ont pas fait de victimes.

Les pays du Golfe font l'objet d'une campagne de représailles iraniennes depuis le début de l'offensive américano-israélienne sur l'Iran il y a un mois et les tirs - pour la plupart interceptés - sont quasiment quotidiens.


L'armée israélienne dit avoir mené des frappes d'ampleur sur Téhéran

L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails
  • Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques"

JERUSALEM: L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails.

Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques".

Elle a aussi annoncé avoir "frappé diverses cibles liées aux dispositifs de puissance de feu du régime" dans l'ouest de l'Iran, dont "des lanceurs de missiles et des sites de stockage de missiles, qui constituaient une menace" pour Israël.

Le Moyen-Orient est plongé depuis le 28 février dans une guerre déclenchée par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, auxquelles Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant Israël et plusieurs pays de la région.