Dans les campagnes afghanes, le retour des talibans nourrit l'espoir

Des enfants afghans jouent dans la cour de leur maison dans le village de Dashtan, dans la province de Balkh. (Photo, AFP)
Des enfants afghans jouent dans la cour de leur maison dans le village de Dashtan, dans la province de Balkh. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 09 novembre 2021

Dans les campagnes afghanes, le retour des talibans nourrit l'espoir

  • Les talibans ont été bien accueillis dans les campagnes, notamment celles où leur retour aux commandes à Kaboul a mis fin à vingt ans de guerre entre eux et les forces gouvernementales, soutenues par l'aviation de l'Otan
  • Dans ces zones délaissées, beaucoup espèrent que le nouveau pouvoir amènera la sécurité et mettra fin à la corruption qui gangrénait son prédécesseur

DASHTAN : Dans les villages naguère situés sur le front de la guerre en Afghanistan, la victoire des talibans a redonné de l'espoir en mettant fin au cauchemar des bombardements et combats meurtriers qui terrorisaient les habitants.

"Je donnerais tout pour les talibans", assure Maky, une femme de 72 ans qui trie la fibre de coton à la main avec d'autres femmes à Dashtan, un village isolé de la province de Balkh, dans le Nord du pays.

En août, le retrait militaire américain et le retour au pouvoir des ultra conservateurs a semé la panique chez nombre d'Afghans des villes, notamment les plus riches et la classe moyenne éduquée, premiers bénéficiaires de l'aide occidentale qui irriguait l'économie du pays depuis vingt ans. Beaucoup ont fui le pays ou tenté de le faire.

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Une femme afghane trie le coton à l'extérieur de sa maison dans le village de Dashtan dans la province de Balkh. (Photo, AFP)

Mais les talibans ont été bien mieux accueillis dans les campagnes, notamment celles où leur retour aux commandes à Kaboul a mis fin à vingt ans de guerre entre eux et les forces gouvernementales, soutenues par l'aviation de l'Otan.

"La guerre est terminée et nous sommes contents des talibans", ajoute Maky.

Dans ces zones délaissées, beaucoup espèrent que le nouveau pouvoir amènera la sécurité et mettra fin à la corruption qui gangrénait son prédécesseur.

Et s'attaquera au principal fléau qui y fait rage: la pauvreté.

A Dashtan, comme dans beaucoup de campagnes afghanes, les villageois sont très pauvres et préparent l'hiver en séchant des excréments d'animaux qu'ils utiliseront comme combustible pour le chauffage et la cuisine.

«Plus d'infidèles»

Dans le cimetière poussiéreux, les tombes des combattants talibans tombés au combat sont aujourd'hui décorées de drapeaux et breloques colorés.

"Les hommes et femmes du village, jeunes et vieux, soutiennent les talibans", déclare Hajifat Khan, 82 ans, assis en tailleur dans la maison d'un voisin. "Maintenant, il n'y a plus d'infidèles", se réjouit-il. 

Le village, autrefois communauté prospère de plus de 60 familles, s'est largement vidé à cause des combats et de la pauvreté, raconte-t-il.

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Un garçon afghan devant la porte de sa maison dans le village de Dashtan, dans la province de Balkh. (Photo, AFP)

Ces vingt dernières années, la démocratie avait été instaurée, les femmes pouvaient travailler et étudier, et la société civile s'exprimer librement. 

Mais la corruption très répandue et une justice absente ou inefficace ont vite terni la réputation du gouvernement soutenu par l'Occident.

Les forces étrangères qui combattaient les rebelles talibans ont, elles, été critiquées pour avoir fait alliance avec des chefs de guerre à la réputation douteuse et tué de nombreux civils dans leurs bombardements aériens. Chaque année, le conflit a coûté la vie à des milliers de civils.

Aux abords de la ville historique de Balkh, Farima, 26 ans, raconte que pendant la guerre elle évitait de sortir de chez elle, de peur d'être blessée. Elle est aujourd'hui employée dans une plantation de coton, avec des dizaines de femmes et d'enfants.

Un travail difficile selon la jeune femme, accompagnée de ses enfants de 3, 9 et 10 ans. Elle porte des gants roses pour protéger ses mains des épines.

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Un garçon afghan se promène dans le village de Dashtan dans la province de Balkh. (Photo, AFP)

Farima gagne trois à quatre euros par jour, les ramasseurs étant rémunérés environ 0,10 euro par kilo récolté. "Que puis-je faire d'autre?", déplore-t-elle.

Le retour au pouvoir des talibans a aggravé la crise économique dans le pays, l'un des plus pauvres au monde et déjà plombé par les conséquences du Covid ainsi que les sécheresses récentes.

"Qu'est-ce qui a changé?", demande Farima. "Nous n'avons toujours pas d'emplois et pas assez à manger".

Le spectre de la faim

Les réserves de la Banque centrale afghane détenues à Washington ont été gelées et la monnaie nationale, l'afghani, fortement dévaluée.

Les prix des aliments les plus essentiels, tels que l'huile ou le riz, se sont envolés, faisant craindre une crise humanitaire majeure.

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies, la faim risque de menacer en novembre "un nombre record de 22,8 millions de personnes", soit "plus de la moitié de la population afghane".

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Hajifat Khan, ancien du village afghan, pose dans sa maison du village de Dashtan, dans la province de Balkh. (Photo, AFP)

Dans la province voisine de Samangan, où 93% des 440 000 habitants vivent dans les campagnes, Noor Mohammad Sedaqat se rappelle les mois très tendus qui ont précédé la chute de Kaboul. Il n'a jamais osé prêter allégeance à personne.

"Si nous ne soutenions pas un camp, l'autre nous battait, et vice versa", raconte cet homme âgé de 28 ans, père de neuf enfants et qui cultive des légumes à Yakatut, à environ 20 kilomètres de la capitale de Samangan, Aybak.

Selon lui, le nouveau régime taliban a su faire diminuer le crime et la corruption.

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Un combattant taliban monte la garde le long de la route dans le village de Dashtan de la province de Balkh. (Photo, AFP)

Mais ses revenus sont en chute libre. Sur les marchés, il ne gagne parfois plus que près de 30 euros pour 10 ou 12 jours de travail, contre le double avant.

Aux côtés de ses enfants qui mangent des graines de tournesol, il se désespère: "que pouvons-nous faire? Comment allons-nous survivre?"

Il espère que les talibans finiront par être reconnus par la communauté internationale et faire repartir le commerce avec l'étranger.

"S'ils s'occupent des pauvres gens, nous serons contents, mais pas s'ils nous piétinent", conclut-il.


Le chef de l'armée pakistanaise Munir est en Chine avec le Premier ministre Sharif 

Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
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  • Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois
  • M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran

ISLAMABAD: Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi.

M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran.

La Chine a déclaré vouloir travailler avec le Pakistan afin de "contribuer de manière positive au rétablissement rapide de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient".

Shehbaz Sharif a commencé samedi sa visite officielle en Chine dans la ville de Hangzhou, dans la province du Zhejiang (est).

Le Pakistan multiplie ses efforts de médiation dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le pays avait accueilli en avril des pourparlers historiques en face-à-face qui n’ont pas abouti à un accord durable.

La Chine joue un rôle plus discret, facilitant des appels téléphoniques et des réunions avec des responsables des pays du Golfe concernés.

S’adressant aux dirigeants chinois à Pékin aux côtés de M. Munir, M. Sharif a déclaré que "le monde traverse un moment critique", selon les images de la télévision pakistanaise PTV.

"Le Pakistan a joué un rôle sincère de médiation entre les États-Unis et l’Iran. Le maréchal (Munir) était à Téhéran et ne voulait pas manquer cette grande visite", a-t-il ajouté.

"Les choses vont dans la bonne direction. Je voudrais remercier la Chine pour son soutien à la promotion de la paix", a-t-il encore déclaré.


Pakistan: un accident de bus fait 17 morts et 10 blessés

Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
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  • Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement
  • "Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique

PESHAWAR: Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités.

L'accident s'est produit lorsqu'un bus de passagers reliant le district de Swat à Peshawar, dans le nord du pays, a subi une panne mécanique et s'est arrêté sur le bord de la route.

Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement.

"Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique.

Muhammad Ali, un médecin d'un hôpital local accueillant les victimes, a également confirmé le bilan.

De nombreux passagers rentraient chez eux à l'approche de l'Aïd, l'une des fêtes religieuses les plus importantes du calendrier musulman.

 


Les Etats-Unis disent être près d'un accord «solide» avec l'Iran

Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Alors que les Etats-Unis travaillent à trouver un accord, le président Donald Trump a tempéré les espoirs dimanche, malgré des signes de progrès des deux côtés
  • "J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons ce que je crois être une chose assez solide sur la table en ce qui concerne leur capacité à ouvrir le détroit" d'Ormuz, mais aussi "à entrer dans des négociations" sur le nucléaire iranien, a déclaré le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio depuis New Delhi.

"Nous pensions avoir des nouvelles hier soir, peut-être aujourd'hui (lundi), je ne m'avancerais pas trop là-dessus", a-t-il ajouté.

Déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, le conflit s'est étendu à une grande partie du Moyen-Orient et a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban où le mouvement pro-iranien Hezbollah a rejoint les hostilités début mars en visant le territoire israélien.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis, mais l'économie mondiale continue d'être secouée par le quasi blocage du stratégique détroit d'Ormuz à l'initiative de l'Iran depuis près de trois mois.

Alors que les Etats-Unis travaillent à trouver un accord, le président Donald Trump a tempéré les espoirs dimanche, malgré des signes de progrès des deux côtés.

"J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social, en prévenant aussi que le blocus imposé par son pays aux ports iraniens resterait en vigueur "jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, certifié et signé".

La présidence pense toutefois "que l'approbation de l'accord par le pouvoir iranien pourrait prendre plusieurs jours", selon le média Axios.

"Comme le président l'a dit, il n'est pas pressé, il ne va pas conclure un mauvais accord, et le président ne signera pas un mauvais accord", a souligné Marco Rubio lundi.

Selon les médias américains, l'accord en préparation entre Téhéran et Washington permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz, passage par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde avant le conflit.

Portés par ces espoirs d'accord, les cours du pétrole refluent lundi matin en Asie. Les prix des baril de Brent de la mer du Nord et de WTI américain chutaient de plus de 5% peu après 04H00 GMT.

Quid du nucléaire? 

Selon CBS News, qui cite des sources proches des discussions, la dernière proposition comprendrait également le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l'étranger.

"Malgré des discussions entamées aujourd'hui (dimanche), les Etats-Unis continuent de bloquer certaines clauses de l'accord, notamment la question du déblocage des avoirs iraniens gelés, et ces points restent à ce moment irrésolus", a cependant indiqué l'agence de presse Tasnim en fin de journée.

Fars rapporte quant à elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient également levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l'Iran d'exporter ces productions, primordiales pour son économie.

L'accord discuté ne semble pas régler en revanche la question nucléaire.

"
Les négociations sur le nucléaire sont des questions hautement techniques. On ne peut pas régler une question nucléaire en 72 heures sur un coin de table", a déclaré Marco Rubio au New York Times.

Une fois acquise la réouverture du détroit d'Ormuz, "nous entamerons, selon des modalités convenues, des négociations très sérieuses sur l'enrichissement, sur l'uranium hautement enrichi et sur leur engagement à ne jamais se doter d'armes nucléaires", a-t-il dit, évoquant à cet égard un délai de "60 jours".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit dimanche avoir convenu avec M. Trump que tout accord final avec l'Iran devait "éliminer entièrement la menace nucléaire", selon un communiqué après un entretien téléphonique samedi soir entre les deux alliés.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans ces négociations, a alimenté dimanche le scénario d'une résolution du conflit en plusieurs temps, en déclarant espérer "accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations". Une première s'était tenue à Islamabad le 11 avril, sans débouché.

"Droit de se défendre" 

Sur le front libanais, deux personnes ont été tuées dimanche par des frappes israéliennes, au lendemain d'un raid israélien qui a fait 11 morts, a annoncé le ministère de la Santé, malgré la trêve en cours depuis le 17 avril.

Et l'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats la veille dans le sud du Liban.

M. Netanyahu a affirmé dimanche que Donald Trump avait, lors de son appel téléphonique, réitéré "le droit" d'Israël à se défendre sur tous les fronts, notamment au Liban. "Israël a toujours le droit de se défendre. Chaque pays du monde en a le droit", a encore dit Marco Rubio lundi.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a, lui, dit espérer que l'accord entre Washington et Téhéran inclurait son pays. Mais le dirigeant du mouvement chiite a aussi une nouvelle fois rejeté les négociations directes du gouvernement libanais avec Israël, dont une quatrième session est prévue début juin à Washington, et répété qu'un désarmement de son organisation, exigé par les autorités libanaises, concrétiserait un "projet israélien".